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Située sur la Garonne, à proximité de l'estuaire de la Gironde et de l'océan Atlantique, entre le vignoble de Bordeaux et les Landes de Gascogne, Bordeaux occupe depuis l'Antiquité une position importante sur les voies de communication terrestres, fluviales et maritimes. Cette situation a contribué au développement de son port et de ses activités commerciales, étroitement liées à l'histoire de la ville.
Connue sous le nom de Burdigala durant l'Empire romain, Bordeaux devient dans l'Antiquité l'une des principales cités de la Gaule aquitaine, dont elle est la capitale. Au Moyen Âge, elle est successivement intégrée au duché d'Aquitaine puis à l'ensemble territorial désigné sous le nom de Guyenne. Après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt en 1152, la ville passe sous la souveraineté des rois d'Angleterre avant d'être définitivement rattachée au domaine royal français en 1453. À la Renaissance, elle constitue un foyer intellectuel important, notamment autour du collège de Guyenne.
Aux XVIIeetXVIIIesiècles, le port de Bordeaux connaît une forte expansion grâce au commerce maritime et colonial. Bordeaux participe alors à la traite négrière atlantique, dont elle devient l'un des principaux ports français. Au XVIIIesiècle, les intendants Claude Boucher et Louis-Urbain Aubert de Tourny conduisent d'importants travaux d'urbanisme qui transforment profondément la ville: création de places et de cours monumentales, aménagement de jardins et édification d'ensembles architecturaux qui caractérisent encore largement son centre historique. Bordeaux est également associée à plusieurs figures des Lumières, notamment Montesquieu. Au XIXesiècle, Georges Eugène Haussmann, alors préfet de la Gironde, entreprend de nouveaux aménagements urbains, parmi lesquels le dégagement de la place Pey-Berland et le percement de la rue Vital-Carles; d'autres transformations poursuivent au cours du siècle la restructuration du centre-ville.
Bordeaux possède un important patrimoine architectural et culturel, comprenant plus de quatre cents édifices protégés au titre des monuments historiques. Une grande partie de son centre historique, désignée sous le nom de Port de la Lune, est inscrite depuis sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Le périmètre inscrit, d'une superficie de 1 810 hectares, constitue l'un des plus vastes ensembles urbains ainsi distingués et témoigne notamment de l'urbanisme et de l'architecture classiques et néo-classiques développés à partir du XVIIIesiècle.
La ville constitue également un important pôle d'enseignement supérieur et de recherche, notamment autour de l'université de Bordeaux. L'agglomération bordelaise rassemble plus de 100 000 étudiants et plusieurs établissements d'enseignement supérieur et organismes de recherche.
Bordeaux est internationalement associée au vin et au vignoble bordelais, dont elle constitue le principal centre économique et commercial. La gastronomie, le tourisme patrimonial et le tourisme d'affaires, notamment à travers l'accueil de congrès et de manifestations internationales, participent également à son rayonnement.
Bordeaux a reçu plusieurs distinctions internationales. Elle obtient notamment le prix de l'Europe en 1957, décerné par le Conseil de l'Europe aux collectivités œuvrant en faveur de l'idéal européen. L'inscription du Port de la Lune au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007 reconnaît quant à elle la valeur de son ensemble urbain et architectural, façonné notamment par les transformations entreprises depuis le XVIIIesiècle.
Géographie
Localisation
Représentations cartographiques de la commune
Mairie
Carte OpenStreetMap
Carte topographique
Avec les communes environnantes
Carte de la position de Bordeaux par rapport au département de la Gironde.
1: carte dynamique; 2: carte OpenStreetMap; 3: carte topographique; 4: communes environnantes; 5: situation de Bordeaux dans le département de la Gironde.
Implantée sur les deux rives de la Garonne, Bordeaux occupe une position centrale au sein de son agglomération. Son territoire s'étend principalement sur la rive gauche du fleuve, tandis que le quartier de La Bastide se développe sur la rive droite.
Selon le découpage de l'Insee établi en 2020, Bordeaux appartient à l'unité urbaine de Bordeaux, qui regroupe 73 communes[2]. Elle est également la commune-centre de l'aire d'attraction de Bordeaux, composée de 275 communes et peuplée de 1 426 278 habitants, ce qui en fait la 6eaire d'attraction la plus peuplée de France[3].
Cette organisation territoriale s'inscrit dans un processus de métropolisation dépassant les limites administratives de Bordeaux Métropole. À partir de la seconde moitié du XXesiècle, l'influence de l'agglomération bordelaise contribue à recomposer les relations entre la ville-centre, ses périphéries et le reste de la Gironde. Jean-Pierre Augustin et Michel Favory décrivent ainsi la formation d'un espace métropolitain de plus en plus étendu, discontinu et hétérogène, marqué notamment par une extension des dynamiques urbaines vers l'ouest et la façade atlantique[4]. Cette évolution s'inscrit dans une organisation départementale historiquement structurée autour de Bordeaux, mais également caractérisée par des logiques territoriales propres à la façade océanique et aux espaces de l'intérieur girondin[5].
Bordeaux se situe dans la partie septentrionale du Bassin aquitain, vaste bassin sédimentaire dont le remplissage résulte de l'accumulation, depuis le Mésozoïque, de formations d'origine marine, lacustre et continentale. Son histoire géologique est marquée par l'alternance de phases de transgression et de régression marines, auxquelles s'ajoutent des apports détritiques provenant notamment de l'érosion du Massif central et des Pyrénées. Les formations cénozoïques, particulièrement développées dans cette partie du bassin, comprennent notamment des calcaires, des marnes, des sables et des molasses[8],[9].
À l'échelle régionale, Bordeaux occupe le synclinal girondin, vaste dépression structurale encadrée par plusieurs bombements anticlinaux. La région girondine constitue une zone de subsidence vers laquelle convergent les réseaux hydrographiques d'une grande partie du Sud-Ouest. En direction de son centre, les formations du Crétacé supérieur s'enfoncent progressivement sous des terrains cénozoïques de plus en plus récents. Cette organisation structurale contribue à expliquer l'importante épaisseur et la succession des couches sédimentaires présentes sous l'agglomération bordelaise[10].
Parmi les principales formations affleurant dans la région bordelaise figure le calcaire à Astéries, formation marine de l'Oligocène, principalement attribuée au Rupélien. Son origine marine est attestée par son abondant contenu fossilifère, comprenant notamment des huîtres, des coraux et des fragments d'astéries. Généralement jaunâtre et poreux, ce calcaire est caractéristique du sous-sol de l'Entre-deux-Mers et des coteaux situés à l'est de la Garonne[11]. Il s'insère dans une série oligocène comprenant également des faluns, des grès et des niveaux marneux.
Les formations carbonatées du Bassin aquitain ont par ailleurs connu, au cours de leur histoire, différentes phases de karstification. Les systèmes karstiques observés notamment sur la bordure nord-est du bassin résultent d'une évolution polyphasée associant altération, dissolution, érosion et réorganisation des réseaux souterrains[12]. Ces phénomènes participent notamment à l'organisation de certains réservoirs aquifères régionaux.
La Garonne constitue l'élément majeur de la géomorphologie bordelaise. Son creusement, puis les phases successives d'érosion et d'accumulation fluviatile, ont façonné une large vallée occupée par des formations alluvionnairesquaternaires. Le fleuve sépare deux ensembles topographiques nettement différenciés: sur la rive gauche s'étend une plaine basse et faiblement inclinée, qui se prolonge vers l'ouest en direction des terrains sableux des Landes de Gascogne, tandis que sur la rive droite le relief s'élève plus rapidement vers les coteaux calcaires de l'Entre-deux-Mers. Ceux-ci dominent la vallée de plusieurs dizaines de mètres et sont entaillés par de petits affluents de la Garonne. Cette dissymétrie constitue l'un des caractères majeurs du relief bordelais[10].
La configuration actuelle de la basse vallée s'inscrit également dans l'évolution quaternaire récente de l'ensemble estuarien girondin. À la suite de la dernière période glaciaire, le réchauffement de l'Holocène s'accompagne d'une remontée rapide du niveau marin. La vitesse de cette transgression marine diminue fortement vers 6 000 ans avant le présent, lorsque le niveau marin se rapproche du niveau actuel. Les milieux estuariens girondins connaissent alors des transformations successives sous l'effet conjoint des variations du niveau marin, des apports sédimentaires et des fluctuations climatiques[13]. Cette évolution contribue à la mise en place progressive des environnements alluviaux et estuariens qui caractérisent aujourd'hui la basse Garonne et l'estuaire de la Gironde.
Le sous-sol bordelais renferme également d'importantes ressources en eau souterraine. Au droit de l'agglomération se superposent au moins sept nappes correspondant à différentes formations géologiques et constituant un «système aquifère multicouche aquitain». Les différents réservoirs, situés à des profondeurs variables, présentent des caractéristiques hydrogéologiques distinctes et sont notamment exploités pour l'alimentation en eau potable, l'industrie, l'irrigation et la géothermie[14]. Les calcaires, faluns et grès oligocènes constituent notamment l'un des systèmes aquifères présents de part et d'autre de la Garonne[15].
La commune de Bordeaux couvre une superficie de 49,36 km2. Son altitude s'échelonne de 1 m à 42 m, traduisant à la fois sa situation dans la basse vallée de la Garonne et la faible amplitude générale du relief sur la rive gauche[16].
Paysages
Topographie de Bordeaux.
Bordeaux se situe au contact de deux grands ensembles topographiques séparés par la Garonne: à l'est, les reliefs vallonnés de l'Entre-deux-Mers et, à l'ouest, le plateau des Landes, caractérisé par un relief beaucoup plus plat[17].
La rive gauche, sur laquelle s'étend la majeure partie du territoire communal, appartient à une vaste plaine alluviale de faible altitude. Celle-ci comprend notamment, au nord, d'anciennes zones marécageuses, en particulier dans le secteur de Bordeaux-Lac[18]. Malgré quelques variations du relief, l'altitude y demeure généralement peu élevée[19]. Les terrains sont constitués en grande partie de dépôts alluviaux, comprenant notamment des graviers[20],[21].
Vers l'ouest, l'agglomération atteint la plaine sableuse des Landes, caractérisée par des sols sableux et perméables[22]. Au nord et au sud de Bordeaux s'étendent respectivement les régions viticoles du Médoc et des Graves, dont les terroirs sont notamment marqués par la présence de terrasses graveleuses.
La rive droite présente une topographie différente. La plaine alluviale bordant la Garonne laisse rapidement place à des coteaux puis à un plateau calcaire[23]. Le relief s'élève ainsi nettement à l'est du fleuve. Ce système de coteaux et de plateaux calcaires se prolonge vers le Libournais, où se trouvent notamment les vignobles de Saint-Émilion, Pomerol et Fronsac.
À l'échelle de l'agglomération, la nature des sols varie ainsi fortement entre les terrains sableux et graveleux de l'ouest et de la vallée de la Garonne et les formations calcaires situées à l'est. Les sols sont par ailleurs relativement humides dans plusieurs secteurs de la région bordelaise, notamment dans l'Entre-deux-Mers[24].
Hydrographie
Garonne et lac de Bordeaux
La Garonne à Bordeaux, vue depuis Lormont, sur la rive droite.
La Garonne à Bordeaux, vue du ciel en 2019.
Bordeaux est traversée par la Garonne[25], qui constitue l'élément majeur de son réseau hydrographique et sépare la ville en deux rives. Le fleuve atteint environ 450 m de largeur au niveau du pont de pierre[c]. Le large méandre qu'il décrit au cœur de la ville est à l'origine de l'appellation de «port de la Lune»[26].
La Garonne joue également un rôle majeur dans l'histoire et l'activité portuaire de Bordeaux. Le grand port maritime de Bordeaux, accessible aux navires de haute mer, dispose de plusieurs terminaux répartis le long de la Garonne et de l'estuaire. Dans le centre de Bordeaux, les quais du port de la Lune accueillent notamment des navires de croisière, tandis que l'essentiel des activités commerciales du port s'effectue sur des sites situés plus en aval.
Au nord de la commune, le lac de Bordeaux est un plan d'eau artificiel aménagé dans le cadre de l'urbanisation du quartier du Lac. D'une superficie d'environ 1,4 km2[28], il s'étend à proximité de la limite entre Bordeaux et Bruges. Il constitue aujourd'hui un espace de loisirs permettant notamment la baignade et la pratique de certaines activités nautiques[29].
Petits cours d'eau
Outre la Garonne, plusieurs petits cours d'eau parcourent le territoire bordelais, aujourd'hui en grande partie canalisés ou souterrains.
Le Peugue, long d'environ 14 km, prend sa source à Pessac, à environ 51 m d'altitude[30], au lieu-dit «bois des sources du Peugue»[31]. Il traverse l'agglomération d'ouest en est et est en grande partie souterrain sur le territoire bordelais[32]. Une partie de son cours marque la limite entre Mérignac et Pessac[33]. À Bordeaux, son réseau hydrographique est étroitement associé à celui de la Devèze, autre cours d'eau aujourd'hui souterrain, avant leur débouché dans la Garonne[34].
Au sud de la ville, le ruisseau d'Ars, également largement canalisé, s'étend sur environ 10 km. Il prend sa source à Pessac, dans le prolongement du ruisseau du Serpent, puis rejoint la Garonne[35].
Au nord, la Jallère appartient au réseau des jalles qui drainent les secteurs de faible altitude du nord-ouest de l'agglomération. Elle rejoint la Garonne après un parcours d'environ 7 km[36].
Le climat de la Gironde, et notamment celui de Bordeaux, est de type océanique aquitain, classé «Cfb» selon la classification de Köppen. Il résulte principalement de l'influence de l'océan Atlantique et du golfe de Gascogne, qui limite les écarts thermiques saisonniers et contribue à la douceur des hivers[37]. Cette influence océanique demeure prépondérante dans l'ensemble de la région bordelaise, même si le Sud-Ouest constitue plus largement un espace de transition où peuvent également intervenir des influences continentales et méditerranéennes[38].
À Bordeaux, les hivers sont généralement doux et les étés chauds. Les précipitations sont présentes toute l'année, avec néanmoins des variations saisonnières et interannuelles importantes[39]. Le record de précipitations en 24 heures enregistré à la station de Bordeaux-Mérignac est de 137,9 mm, le [40].
La proximité de l'océan et du golfe de Gascogne contribue à modérer les températures hivernales. Les épisodes de froid intense restent néanmoins possibles, comme lors de plusieurs vagues de froid historiques ayant affecté le Sud-Ouest[41]. Les chutes de neige sont en revanche peu fréquentes et la neige persiste généralement peu de temps au sol[39].
L'ensoleillement annuel dépasse 2 000 heures à Bordeaux-Mérignac[40]. Les températures élevées sont également fréquentes pendant la saison estivale et les épisodes de forte chaleur se sont accentués au cours des dernières décennies.
L'analyse des observations réalisées à la station météorologique de Mérignac depuis 1921 met en évidence une évolution sensible du climat local. Une étude fondée sur les données de Météo-France entre 1921 et 2018 relève ainsi une augmentation de 1,3°C de la température moyenne annuelle entre la période antérieure à 1960 et celle postérieure à 2008[42]. Cette évolution n'est cependant pas uniforme au cours de l'année: les écarts observés entre les périodes étudiées sont notamment plus marqués en automne[42].
Cette étude observe également des modifications d'autres paramètres climatiques. Les précipitations annuelles présentent une diminution d'environ 10% entre les périodes étudiées, mais cette variation n'est pas considérée comme statistiquement significative en raison de la forte variabilité interannuelle; parallèlement, les auteurs constatent une augmentation de la fréquence des jours pluvieux[42]. La durée annuelle d'insolation présente une hausse d'environ 5% au cours de la période récente étudiée, principalement en automne, là encore sans différence statistiquement significative entre les moyennes comparées[42].
D'autres évolutions concernent le régime des vents et l'humidité atmosphérique. À Mérignac, le nombre de jours au cours desquels le vent instantané maximal dépasse 8m/s, soit environ 29km/h, est passé d'environ 200 jours par an autour de 1980 à plus de 260 jours au cours des dernières années de la période étudiée. L'humidité relative moyenne mesurée à 18 heures a parallèlement diminué de 5,4 points entre les deux périodes de référence, cette baisse étant particulièrement marquée en été et en automne[42].
Statistiques 1991-2020 et records station BORDEAUX-MERIGNAC (33) - alt: 47 m, situation: lat: 44°49'50"N, lon: 0°41'28"O (à 8,8 km) Records établis sur la période du au
Malgré son caractère fortement urbanisé, le territoire bordelais conserve plusieurs milieux naturels ou semi-naturels. Ceux-ci comprennent notamment des prairies, des zones humides et marécageuses en bordure de la Garonne, ainsi que plusieurs étendues d'eau, parmi lesquelles le lac de Bordeaux et les bassins à flot, dans le nord de la commune. La Garonne bénéficie par ailleurs d'une protection au titre du réseau Natura 2000 depuis le , sur une superficie de 6 684ha[48],[49].
Plusieurs espaces naturels situés dans la commune ou à proximité font également l'objet de mesures de protection[50]. Au nord de Bordeaux, la réserve naturelle nationale des marais de Bruges constitue l'un des principaux espaces naturels protégés de l'agglomération. Un périmètre de protection de 192,0ha y a été institué par arrêté préfectoral le [51].
La diversité des biotopes de ces marais favorise une importante richesse écologique: plus de 4 000 espèces animales et végétales y ont été recensées. Selon les saisons, le site accueille notamment la Cigogne blanche, le Milan noir, le Héron cendré, la Sarcelle d'hiver, la Cistude d'Europe et le Cuivré des marais, ainsi que des espèces végétales telles que l'euphorbe des marais et le jonc fleuri. La réserve constitue également un habitat favorable au Vison d'Europe, mustélidé particulièrement rare et menacé d'extinction[52]. Elle forme l'un des derniers vestiges des anciens «grands marais de Bordeaux», qui s'étendaient autrefois sur plus d'un millier d'hectares entre Bordeaux et la Forêt des Landes, associant zones maraîchères et terres basses régulièrement inondées[53].
Enfin, cinq sites archéologiques bordelais, parmi lesquels l'auditorium de Bordeaux et la cité judiciaire, sont recensés par l'Inventaire national du patrimoine naturel au titre des sites archéozoologiques et archéobotaniques[56].
Urbanisme
Typologie
Au , Bordeaux est catégorisée comme un grand centre urbain selon la grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[57].
La commune est également la commune-centre de l'aire d'attraction de Bordeaux[Note 3],[I 1]. Cette aire, qui regroupe 275 communes, appartient à la catégorie des aires de 700 000 habitants ou plus, hors Paris[59],[60].
Morphologie urbaine et occupation des sols
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
La morphologie de Bordeaux résulte de l'extension progressive de la ville depuis son noyau historique établi sur la rive gauche de la Garonne. Le centre ancien et les faubourgs qui l'entourent présentent un tissu urbain dense, tandis que les quartiers périphériques, notamment Caudéran, offrent une urbanisation plus lâche et davantage résidentielle. Depuis la fin du XXesiècle, plusieurs opérations d'aménagement ont également contribué au développement de nouveaux quartiers sur les anciens espaces industriels, ferroviaires et portuaires, notamment autour des Bassins à flot, de La Bastide et de Bordeaux-Euratlantique.
L'occupation des sols, telle qu'elle ressort de la base de données européenne Corine Land Cover (CLC), traduit le caractère fortement urbanisé de la commune. Les territoires artificialisés représentaient 83,8% de sa superficie en 2018, contre 83% en 1990.
Le territoire communal de Bordeaux est organisé en huit grands quartiers administratifs, eux-mêmes subdivisés en 30 quartiers de proximité. Ces ensembles présentent des morphologies, des fonctions et des trajectoires urbaines contrastées. Le centre historique et les anciens faubourgs occupent principalement la rive gauche de la Garonne, tandis que l'urbanisation de la rive droite, autour de La Bastide, s'est développée plus tardivement. L'extension du territoire communal, notamment par l'annexion d'une partie de La Bastide en 1865 puis de Caudéran en 1965, a également contribué à diversifier les formes urbaines de la ville.
Depuis la seconde moitié du XXesiècle, plusieurs secteurs ont par ailleurs fait l'objet d'importantes opérations d'aménagement ou de renouvellement urbain. Aux grands ensembles et quartiers sur dalle des décennies 1950 à 1970, comme le Grand Parc, les Aubiers ou Mériadeck, ont succédé, à partir des années 1990 et 2000, des opérations de reconquête des quais et d'anciennes emprises ferroviaires, portuaires ou industrielles. Ces transformations concernent notamment les Bassins à flot, Bordeaux-Nord, la rive droite et les abords de la gare Saint-Jean.
Bordeaux Maritime occupe le nord de la commune, entre le cours du Médoc, les limites de Bruges et de Blanquefort et la Garonne. Plus vaste des huit grands quartiers administratifs, il rassemble des secteurs aux morphologies et aux fonctions très différentes. Une étude de l'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine (A'urba) publiée en 2013 le décrit comme un «territoire mosaïque», où se juxtaposent quartiers résidentiels, emprises industrialo-portuaires, zones économiques, grands équipements métropolitains et vastes espaces naturels[61],[62].
Le quartier comprend notamment Bacalan, les Bassins à flot, Les Aubiers et Bordeaux-Lac. Sa physionomie est en partie héritée des contraintes naturelles et du développement historique du port et de l'industrie dans les quartiers septentrionaux de Bordeaux. Au milieu du XXesiècle, le géographe Pierre Barrère souligne le rôle joué dans cette implantation par les terres basses et autrefois marécageuses bordant la Garonne, mais surtout par leur proximité avec les infrastructures portuaires et ferroviaires, qui favorise l'installation des grands établissements industriels[63]. Dans la seconde moitié du XXesiècle, l'aménagement de Bordeaux-Lac transforme à son tour profondément le nord de la commune, avec l'urbanisation d'anciens terrains marécageux et l'implantation de logements et de grands équipements[64]. Le secteur accueille notamment le parc des expositions, le palais des congrès, le vélodrome, le lac et sa base nautique ainsi que le Matmut Atlantique[65].
À Bacalan et autour des Bassins à flot, l'urbanisation demeure longtemps étroitement liée aux fonctions portuaires et industrielles. Les Bassins à flot et les installations qui les entourent participent ainsi à la constitution d'un vaste ensemble productif dans le nord de Bordeaux, tandis que Bacalan développe une identité de quartier populaire liée notamment aux activités du port et des industries voisines[66]. À partir de la fin du XXesiècle et surtout au début du XXIesiècle, le recul d'une partie de ces activités ouvre la voie à une importante reconversion urbaine[67],[68]. L'arrivée du tramway, la transformation d'anciennes emprises industrielles et la construction de logements, de bureaux et d'équipements ont progressivement fait émerger un quartier mixte. Le Grand port maritime de Bordeaux y conserve néanmoins des activités portuaires et nautiques.
Les Bassins à flot sont ainsi devenus à la fois un quartier résidentiel et un pôle métropolitain associant activités économiques, enseignement supérieur, hôtellerie, restauration, culture et loisirs. Une étude de l'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine publiée en 2025 souligne toutefois que la vie de quartier demeure en construction et que la coexistence des usages résidentiels, professionnels, étudiants et touristiques produit des attentes différentes en matière d'espaces publics et de mobilités[69]. Le secteur accueille notamment la Cité du Vin, la base sous-marine, les Bassins des Lumières, les Vivres de l'Art, les halles de Bacalan et le musée Mer Marine; le pont Jacques-Chaban-Delmas, inauguré en 2013, le relie à la rive droite.
Plus au nord, les Aubiers constituent l'un des principaux ensembles d'habitat social de Bordeaux. Édifié au début des années 1970 dans le contexte de l'aménagement du secteur du Lac, le quartier comprend environ un millier de logements et forme à l'origine un ensemble relativement isolé du reste du tissu urbain[70]. Il fait aujourd'hui l'objet d'opérations de renouvellement urbain dans le cadre de la politique de la ville[71]. À l'échelle de Bordeaux-Nord, les projets urbains cherchent notamment à mieux articuler les Aubiers, Ginko, le Lac, Bacalan et les Bassins à flot tout en conciliant développement résidentiel, activités économiques et espaces naturels[72].
Le quartier administratif Chartrons - Grand Parc - Jardin Public s'étend au nord du centre historique et réunit des secteurs urbains d'époques et de morphologies contrastées[73].
Les Chartrons, au nord du centre historique, doivent leur nom à l'installation de Chartreux au XIVesiècle. Le quartier se développe par la suite en relation étroite avec le port et devient l'un des principaux lieux du négoce des vins, marqué notamment par l'installation de négociants étrangers et par la présence d'entrepôts et de chais[74]. Au XVIIIesiècle, son développement accompagne l'extension et l'embellissement de Bordeaux au-delà de l'ancienne ville, notamment sous l'action de l'intendant Louis-Urbain Aubert de Tourny. Celui-ci contribue à l'aménagement de la ceinture des cours et du Jardin public, qui structurent la transition entre le centre historique et les Chartrons.
Cette organisation s'inscrit dans un mouvement plus général d'extension de Bordeaux hors de ses anciennes enceintes. Le géographe Pierre Barrère souligne qu'à partir de la seconde moitié du XVIIIesiècle, la croissance urbaine dépasse progressivement les limites de la ville ancienne et donne naissance, sur la rive gauche, à des faubourgs aux morphologies et aux fonctions différenciées[75].
Les cours de Verdun et Georges-Clemenceau et la place Tourny constituent l'une des principales séquences monumentales du centre bordelais. Leur requalification contemporaine s'inscrit dans la politique de réaménagement des espaces publics engagée à partir des années 1990 et accompagnée par le retour du tramway. Elle vise notamment à concilier mise en valeur du patrimoine, transports collectifs, déplacements piétons et structure végétale[76]. La rénovation des quais a parallèlement accompagné, à partir des années 2000, une profonde transformation des Chartrons. Le recul des anciennes fonctions portuaires et négociantes, la réhabilitation du bâti et des anciens locaux d'activité et le développement des commerces, des services et des activités culturelles ont progressivement modifié la physionomie du quartier[77].
Plus au nord, le Grand Parc est principalement issu des opérations d'urbanisme et de construction de logements de l'après-guerre. Son développement s'inscrit dans une période de forte croissance de l'agglomération et de multiplication des grands ensembles d'habitat collectif à sa périphérie. Dans son étude de 1956, Pierre Barrère observe déjà l'importance croissante de la construction de logements collectifs et sociaux dans les faubourgs et les périphéries bordelaises[63]. Aménagé principalement dans les années 1950 et 1960 sur une superficie d'environ 60ha, le Grand Parc s'organise autour d'un vaste espace paysager central regroupant équipements, services et commerces[78].
Son urbanisme de grand ensemble a toutefois contribué à son relatif enclavement; les études menées depuis les années 2000 visent notamment à renforcer ses relations avec les quartiers environnants, à valoriser son parc central et à coordonner la réhabilitation des logements[79]. Depuis les années 2010, plusieurs immeubles et espaces publics ont ainsi été réhabilités. La salle des fêtes du Grand Parc, lieu important de la vie culturelle bordelaise dans la seconde moitié du XXesiècle, a notamment rouvert en 2018 après rénovation.
Bordeaux Centre
Mériadeck est l'un des principaux pôles administratifs et économiques de l'agglomération bordelaise. Le quartier accueille notamment les sièges de l'exécutif régional et de Bordeaux Métropole (siège en photo).
Bordeaux Centre correspond au cœur historique et administratif de la ville. Il rassemble notamment les secteurs de l'Hôtel-de-Ville, Saint-Seurin, Fondaudège et Mériadeck[80]. Son tissu urbain associe ainsi le centre ancien, largement constitué aux XVIIIeetXIXesiècles, et des secteurs profondément transformés au XXesiècle.
Mériadeck constitue la principale rupture morphologique avec la «ville de pierre». Ancien quartier populaire profondément restructuré dans la seconde moitié du XXesiècle, il est reconstruit selon les principes de l'urbanisme sur dalle, séparant en partie les circulations automobiles des cheminements piétons. Il devient progressivement le principal pôle administratif de Bordeaux et accueille notamment l'hôtel de Bordeaux Métropole, l'hôtel du département de la Gironde, l'hôtel de région, la préfecture et plusieurs administrations[81].
Au milieu des années 2000, le quartier comptait environ 240 700 m2 de bureaux accueillant quelque 14 000 emplois, contre environ 800 logements, illustrant sa forte spécialisation tertiaire et administrative[82].
La conception sur dalle a cependant engendré des difficultés d'articulation avec le tissu urbain environnant: manque de lisibilité de certains accès, différences de niveau avec les rues voisines et effet de coupure de certaines infrastructures. Les projets de requalification cherchent donc à améliorer les liaisons piétonnes avec le centre ancien, les continuités paysagères et la diversité des usages[82]. L'arrivée du tramway et les opérations immobilières menées sur ses franges ont depuis contribué à améliorer son intégration au centre-ville, sans effacer sa physionomie caractéristique héritée de l'urbanisme des Trente Glorieuses.
À l'ouest de la commune, Caudéran constitue un vaste quartier à dominante résidentielle. Ancienne commune indépendante, il est rattaché à Bordeaux le , entraînant une importante extension du territoire municipal vers l'ouest. Cette intégration, envisagée dès les années précédentes, intervient alors que Caudéran est déjà largement inscrit dans la continuité urbaine de l'agglomération bordelaise[83].
Son urbanisme se distingue de celui du centre par un tissu généralement moins dense, composé de secteurs pavillonnaires, d'échoppes, de résidences collectives et d'espaces végétalisés. Cette morphologie conserve en partie l'héritage de l'ancienne commune de banlieue, progressivement gagnée par l'expansion de l'agglomération bordelaise avant son rattachement à Bordeaux.
Caudéran comprend plusieurs secteurs aux identités distinctes, notamment Saint-Amand - Parc bordelais, Poincaré - Primrose et Stéhélin - Monséjour[84]. Il accueille le Parc bordelais, vaste parc paysager à l'anglaise aménagé par Eugène Bühler et inauguré en 1888 par le président Sadi Carnot, qui s'étend sur environ 28ha[85]. Le quartier accueille également la cité administrative, construite dans les années 1960; ses deux tours, dont la plus élevée compte parmi les premiers immeubles de grande hauteur de Bordeaux, constituent un repère dans le paysage de l'ouest bordelais[86].
La Bastide
La Garonne à Bordeaux, vue depuis Lormont, sur la rive droite.
La Bastide occupe l'essentiel de la rive droite de Bordeaux. Longtemps faiblement urbanisé, ce territoire de palus et de terres basses est relié à la rive gauche par des bacs avant l'ouverture du pont de pierre en 1822, qui facilite les échanges et accélère son développement urbain[87],[88]. L'arrivée du chemin de fer au milieu du XIXesiècle, avec l'établissement d'une gare sur la rive droite, puis l'implantation d'activités industrielles renforcent cette transformation. Les terrains bas de La Bastide et de Queyries accueillent notamment des installations ferroviaires et industrielles, favorisées par la proximité du fleuve et les possibilités de liaison entre trafics portuaire et ferroviaire[63]. Une partie de la commune de Cenon, comprenant La Bastide, est annexée à Bordeaux en 1865; le secteur devient alors l'un des principaux quartiers ouvriers et industriels de la ville[89].
À partir de la fin du XXesiècle, le recul des fonctions industrielles et ferroviaires ouvre une nouvelle phase dans l'évolution de la rive droite, marquée par la reconversion de friches et la diversification des fonctions urbaines[90]. L'aménagement du parc aux Angéliques et du Jardin botanique, l'installation d'équipements universitaires et culturels, la reconversion de l'ancienne caserne Niel avec Darwin, puis les opérations Bastide-Niel et Bordeaux-Euratlantique ont progressivement diversifié les fonctions du quartier. La place Stalingrad, située au débouché du pont de pierre, constitue l'une des principales portes d'entrée de la rive droite; réaménagée avec l'arrivée du tramway, elle accueille depuis 2005 le Lion de Xavier Veilhan, devenu l'un des repères contemporains du quartier[91]. L'ouverture du pont Jacques-Chaban-Delmas en 2013 a par ailleurs renforcé les liaisons de La Bastide avec le nord de la rive gauche.
Au nord-est, l'opération Bastide-Niel, développée sur d'anciennes emprises ferroviaires et militaires autour de la caserne Niel, prolonge cette reconversion par la création d'un quartier mixte associant logements, activités, commerces et équipements. Encore en cours d'aménagement au milieu des années 2020, le secteur connaît une installation progressive de ses habitants, commerces et services[92].
Au sud, Deschamps et Belvédère appartiennent à la ZAC Garonne-Eiffel, composante de Bordeaux-Euratlantique associant logements, activités, commerces, équipements et espaces publics. Encore en cours de constitution au milieu des années 2020, ces secteurs présentent les caractéristiques de quartiers récents dont les usages et l'identité se structurent progressivement. Une enquête réalisée en 2025 auprès de résidents, travailleurs et visiteurs souligne notamment le caractère récent de leur peuplement[93].
Bordeaux Sud
Bordeaux Sud s'étend du sud du centre historique aux secteurs de Saint-Jean Belcier. Il comprend notamment Saint-Michel, les Capucins, la Victoire, ainsi que les quartiers situés autour de la gare[94].
Saint-Michel, structuré autour de la basilique Saint-Michel, et les Capucins appartiennent aux anciens faubourgs du sud de Bordeaux. Le marché des Capucins, dont les origines remontent au XVIIIesiècle, s'impose progressivement comme l'un des principaux lieux d'approvisionnement de la ville. D'abord associé au commerce du bétail, il devient au cours du XIXesiècle un important marché de gros et de détail, contribuant à faire du quartier l'un des principaux pôles commerciaux et alimentaires de Bordeaux[95]. La réorganisation de l'approvisionnement alimentaire de l'agglomération conduit au transfert de ses activités de gros vers le marché d'intérêt national de Bordeaux-Brienne, ouvert en 1963, tandis que les Capucins conservent leur fonction de marché de détail[96]. La Victoire accueille par ailleurs le campus historique de l'Université de Bordeaux[97].
Plus au sud, la gare Saint-Jean et Belcier connaissent une transformation majeure dans le cadre de l'opération d'intérêt nationalBordeaux-Euratlantique. Les réflexions engagées dès les années 2000 identifiaient l'arrivée de la LGV, le développement du tramway, le désenclavement du sud de la gare, la reconversion des friches ferroviaires et l'amélioration des liaisons entre Bordeaux et Bègles comme les principaux leviers de transformation du secteur[98].
Développée autour de la gare et de l'arrivée de la LGV Sud Europe Atlantique, Bordeaux-Euratlantique couvre 738 hectares répartis entre Bordeaux, Bègles et Floirac. Associant logements, bureaux, équipements et espaces publics, elle constitue l'une des principales opérations contemporaines de transformation du sud de l'agglomération.
Nansouty - Saint-Genès
Au sud-ouest du centre, Nansouty et Saint-Genès correspondent à d'anciens faubourgs progressivement intégrés au tissu urbain bordelais. Ils sont caractérisés par un bâti résidentiel dense, comprenant de nombreuses échoppes et maisons bourgeoises, et sont notamment structurés par les cours de la Somme et de l'Argonne, qui relient les boulevards à la place de la Victoire[99].
Le développement de ces anciens faubourgs s'accélère au XIXesiècle, à mesure que l'urbanisation progresse vers les boulevards. La place Nansouty, située au carrefour de plusieurs voies anciennes, devient l'un des principaux pôles du quartier. Anciennement appelée «place de la Pyramide», elle doit ce nom à un monument commémoratif élevé sous la Restauration à la suite de l'entrée à Bordeaux des troupes britanniques du général Beresford en 1814, puis détruit lors de la révolution de 1830. Une fontaine y est aménagée sous le Second Empire[100]. La place et ses abords connaissent par la suite plusieurs transformations, tout en conservant leur fonction de centralité commerciale et de lieu de vie du quartier[101],[102].
Saint-Genès présente également un tissu urbain largement constitué au cours des XIXeetXXesiècles, associant échoppes, maisons de ville et demeures bourgeoises. Son développement accompagne l'extension de Bordeaux au-delà de son centre ancien et l'urbanisation progressive des terrains compris entre celui-ci et les boulevards[103]. L'ensemble Nansouty–Saint-Genès conserve ainsi une morphologie caractéristique des anciens faubourgs bordelais, marquée par un parcellaire relativement fin et une forte présence de maisons individuelles mitoyennes. Sa proximité avec le centre historique, les établissements d'enseignement et les principaux axes de transport en fait un secteur principalement résidentiel, étroitement intégré au fonctionnement du centre-ville.
Saint-Augustin - Tauzin - Alphonse Dupeux
À l'ouest du centre, Saint-Augustin, Tauzin et Alphonse-Dupeux forment un ensemble principalement résidentiel, développé autour d'anciens faubourgs et de grands équipements implantés à proximité des boulevards[104].
Saint-Augustin accueille notamment le stade Chaban-Delmas et le complexe sportif du parc Lescure, ainsi que le groupe hospitalier Pellegrin du CHU de Bordeaux. Ce dernier forme, avec les établissements d'enseignement supérieur voisins, l'un des principaux pôles hospitaliers et universitaires de la métropole.
La barrière Saint-Augustin constitue l'une des principales articulations du quartier avec les boulevards. La concentration d'équipements sportifs, hospitaliers et de transports a donné lieu à plusieurs réflexions sur l'organisation des déplacements et la valorisation urbaine du secteur. Une étude de l'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine menée en 2011 a notamment examiné les possibilités de restructuration des installations d'exploitation des bus autour du site Lescure et leur compatibilité avec les objectifs d'aménagement du quartier[105].
Logement
En 2022, Bordeaux comptait 168 458logements, contre 154 963 en 2016 et 145 235 en 2011[I 2]. Le parc de logements a ainsi augmenté de plus de 23 000 unités entre 2011 et 2022, dans un contexte de forte croissance démographique de Bordeaux et de son agglomération.
Les résidences principales représentaient 87% du parc, les résidences secondaires et logements occasionnels 5,9% et les logements vacants 7,1%. Le parc était composé à 78,9% d'appartements et à 20,6% de maisons individuelles[I 3]. Cette forte prédominance de l'habitat collectif distingue Bordeaux de nombreux territoires périurbains et ruraux girondins, où la maison individuelle représente une part beaucoup plus importante du parc.
La proportion de résidences secondaires et de logements occasionnels (5,9%) est inférieure à celles observées en Gironde (9%) et dans l'ensemble de la France (9,7%). En 2022, 32,7% des ménages bordelais étaient propriétaires de leur résidence principale, contre 31,9% en 2016, 54,9% en Gironde et 57,5% en France entière[I 4]. La commune se caractérise ainsi par une forte présence du parc locatif, liée notamment à la structure urbaine dense de la ville, à la présence d'une importante population étudiante et à la concentration des petits logements.
Résidences secondaires et logements occasionnels (en%)
5,9
9,0
9,7
Logements vacants (en%)
7,1
6,1
8,0
Marché locatif privé
Le marché locatif privé de Bordeaux s'inscrit dans celui, particulièrement tendu, de l'agglomération bordelaise. L'Observatoire des loyers de l'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine, membre du réseau national des observatoires locaux des loyers, étudie chaque année les logements du parc locatif privé loués vides. En 2024, son enquête portait sur environ 30 000 logements de l'agglomération bordelaise[106].
Dans l'ensemble de l'agglomération, le loyer médian hors charges atteignait 12 € par mètre carré en 2022, tandis que le loyer moyen s'établissait à 675 € pour une surface habitable moyenne de 58 m2. Les appartements présentaient un loyer médian de 12,3 €/m2, contre 10,6 €/m2 pour les maisons[106].
Le niveau des loyers varie fortement selon la taille du logement. Pour les appartements, le loyer médian atteignait 16,4 €/m2 pour les logements d'une pièce, 12,5 €/m2 pour les deux-pièces, 10,9 €/m2 pour les trois-pièces et 10,1 €/m2 pour les appartements de quatre pièces ou plus. Les petits logements sont donc proportionnellement les plus coûteux au mètre carré[106].
Les différences sont également importantes selon la localisation: l'a'urba relève en 2022 des loyers médians allant d'environ 10 €/m2 dans les secteurs les moins chers de l'agglomération à 14,2 €/m2 dans les secteurs les plus onéreux. Ces écarts reflètent notamment la proximité du centre de Bordeaux, l'accessibilité en transports collectifs, les caractéristiques du parc immobilier et l'attractivité résidentielle des différents quartiers[106].
Entre 2020 et 2022, le loyer médian observé à l'échelle de l'agglomération est passé de 11,7 €/m2 à 12 €/m2. Cette évolution s'inscrit dans une période caractérisée par une forte demande de logements dans l'aire métropolitaine bordelaise[106].
Dynamiques territoriales de l'habitat
À l'échelle girondine, les dynamiques de logement sont fortement différenciées. Bordeaux et les communes de la première couronne métropolitaine concentrent une part importante du parc collectif et locatif, tandis que la maison individuelle et la propriété occupante deviennent plus fréquentes à mesure que l'on s'éloigne du cœur de l'agglomération.
Les travaux menés dans le cadre du Plan départemental de l'habitat de la Gironde mettent en évidence la diversité des marchés locaux de l'habitat et des problématiques rencontrées selon les territoires: pression foncière et immobilière dans la métropole et sur certains espaces littoraux, besoins de logements accessibles, vieillissement d'une partie du parc existant et dépendance à l'automobile dans les secteurs périurbains. L'observation de ces dynamiques constitue l'un des outils utilisés par les collectivités pour adapter les politiques locales de l'habitat[107].
La croissance démographique métropolitaine s'accompagne ainsi d'enjeux portant à la fois sur la production de logements, leur accessibilité financière, la diversification des formes d'habitat et la limitation de l'étalement urbain. Ces problématiques contribuent à expliquer le développement de nouveaux quartiers résidentiels dans Bordeaux et sa périphérie ainsi que les opérations de renouvellement du parc existant.
Logement social et quartiers prioritaires
Le logement social occupe une place importante dans plusieurs secteurs de Bordeaux, notamment au Grand Parc, à Bacalan, aux Aubiers et dans certains quartiers du sud de la commune. Une partie de ces ensembles appartient ou a appartenu aux quartiers prioritaires de la politique de la ville de Bordeaux Métropole.
À l'échelle métropolitaine, ces quartiers regroupaient environ 69 420 habitants en 2018, soit 8,7% de la population de Bordeaux Métropole. Leur population avait progressé de seulement 2% entre 2013 et 2018, contre 7% pour l'ensemble de la métropole, avec toutefois de fortes différences selon les quartiers[108].
La structure du parc de logements joue également un rôle dans les trajectoires résidentielles de leurs habitants. L'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine observe que la mobilité résidentielle est généralement plus faible dans les quartiers prioritaires que dans le reste de la métropole, notamment en raison de la faible présence du parc locatif privé et de la place plus importante du logement social. Les quartiers du Grand Caillou, de Bacalan et du Lac figurent notamment parmi ceux où le peuplement est le plus stable: la proportion d'habitants installés depuis moins de deux ans y était inférieure à 6% dans les données étudiées[108].
L'étude nuance toutefois l'idée d'une immobilité résidentielle systématique dans ces quartiers. L'analyse des migrations d'allocataires de la Caisse d'allocations familiales (CAF) montre que certains quartiers peuvent jouer un rôle de «sas» dans les parcours résidentiels, notamment pour des ménages disposant de ressources modestes ou des familles monoparentales. Les mouvements observés dépendent donc à la fois de la structure du parc de logements et des trajectoires individuelles des ménages[108].
Bordeaux constitue un important carrefour de transports du Sud-Ouest de la France. Sa situation sur l'axe reliant le nord de la France à la péninsule Ibérique, ainsi qu'au débouché des vallées de la Garonne et de la Dordogne, explique le développement d'importantes infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et aériennes. Les mobilités bordelaises se caractérisent toutefois par de fortes différences entre le centre de la métropole, où les transports collectifs, la marche et le vélo occupent une place croissante, et les territoires périurbains et ruraux, où l'automobile demeure largement dominante.
Une enquête mobilité réalisée en 2021 à l'échelle de la Gironde et d'une partie du nord des Landes met en évidence une évolution importante des pratiques depuis 2009. Pour les habitants de Bordeaux Métropole, la part des déplacements effectués en voiture est passée à 46%, soit une baisse de 13 points depuis 2009, tandis qu'elle demeure de 71% pour les habitants situés hors de la métropole. À l'inverse, la marche, le vélo et les transports collectifs ont progressé au sein de l'agglomération[109]
L'agglomération est ceinturée par la rocade de Bordeaux, longue d'environ 45 km. Elle est constituée de l'A630 sur la rive gauche et de la RN 230 sur la rive droite. Elle assure la connexion entre les principales autoroutes convergeant vers l'agglomération. L'ensemble de son parcours est aménagé à 2 × 3 voies depuis mai 2023[111].
À une échelle plus centrale, les boulevards de Bordeaux forment une ceinture autour des anciens faubourgs[112]. Ils sont ponctués par les anciennes «barrières», correspondant historiquement aux postes d'octroi établis aux principales entrées de la ville.
Malgré le développement des transports collectifs et des mobilités actives, les déplacements routiers restent marqués par une importante congestion aux heures de pointe. Une étude de l'a'urba portant sur la période 2017-2021 estime qu'en 2021, un trajet automobile entre les communes de l'aire urbaine et le centre de Bordeaux nécessitait en moyenne 56 min à 8 heures, dont environ 20 min imputables à la congestion. Dans le sens inverse, à 17 h 30, le trajet moyen atteignait 51 min, dont environ 15 min supplémentaires liés au trafic. La circulation augmentait ainsi le temps de parcours d'environ 35% vers Bordeaux le matin et de 29% au départ de Bordeaux le soir[113].
Ces phénomènes traduisent notamment l'importance des déplacements pendulaires entre la ville-centre, la métropole et les couronnes périurbaines. Plus de 110 000 actifs ne résidant pas dans Bordeaux Métropole viennent travailler dans la métropole en voiture, Bordeaux constituant leur principale destination[113].
Dans le centre de Bordeaux, la politique de mobilité engagée depuis la fin du XXesiècle s'est parallèlement traduite par une diminution de l'espace consacré à l'automobile au profit des transports collectifs, des piétons et des cyclistes. La mise en place du tramway, la piétonisation de plusieurs secteurs du centre historique, la requalification des quais et l'abaissement des vitesses sur une grande partie du réseau viaire ont participé à cette évolution. Les réflexions sur l'«apaisement» du territoire compris à l'intérieur des boulevards visent notamment à réduire les trafics de transit, favoriser les mobilités actives et améliorer la qualité des espaces publics[114].
Le développement urbain de Bordeaux a longtemps été contraint par la difficulté à franchir la Garonne. L'ouverture du pont de pierre en 1822 constitue à ce titre une étape majeure en établissant la première liaison permanente entre les deux rives et en favorisant le développement de La Bastide[88].
La passerelle Eiffel, construite entre 1858 et 1860, assure ensuite le franchissement ferroviaire du fleuve jusqu'à son remplacement, en 2008, par un nouveau pont ferroviaire à quatre voies. La passerelle historique a été conservée[115].
Le rôle des ponts a également évolué avec le développement des mobilités actives. La fermeture du pont de pierre au trafic automobile de transit a notamment renforcé son rôle pour les transports collectifs, les cyclistes et les piétons et en a fait l'un des principaux axes de déplacement entre les deux rives.
La remise en service du tramway à partir de 2003 s'est accompagnée d'importantes transformations urbaines: réaménagement des principales places et avenues, réduction de la circulation automobile dans une partie du centre, développement des espaces piétonniers et rénovation des quais. Le réseau de tramway est ainsi devenu l'un des principaux éléments structurants du développement urbain de l'agglomération.
Le réseau TBM comprend notamment plusieurs lignes de tramway () et de bus express (GH), complétées par un important réseau d'autobus, des services de transport à la demande, des navettes fluviales et un système de vélos en libre-service. Il dessert les 28 communes de Bordeaux Métropole. À l'échelle régionale, ces transports sont complétés par les cars régionaux, les TER Nouvelle-Aquitaine et le RER métropolitain de Bordeaux.
Les transports collectifs représentaient en 2021 environ 13% des déplacements réalisés par les habitants de Bordeaux Métropole, contre 5% pour les habitants du reste du territoire étudié. Leur part modale métropolitaine avait progressé de trois points depuis 2009 et le nombre de déplacements en transports collectifs de 28%. Cette progression est toutefois plus marquée sur la rive gauche que sur la rive droite de la métropole[109].
À l'échelle métropolitaine, le tramway représente la majeure partie des déplacements réalisés en transports collectifs, devant les autobus. Cette organisation radiale, longtemps centrée sur Bordeaux, est progressivement complétée par des liaisons périphériques et par le développement du RER métropolitain, destiné notamment à améliorer les déplacements entre les communes de la couronne périurbaine et le cœur de l'agglomération.
Marche et mobilités actives
La marche occupe une place importante dans les déplacements quotidiens, particulièrement dans les secteurs centraux et denses. En 2021, environ 30% des déplacements effectués par les habitants de Bordeaux Métropole étaient réalisés à pied, contre 18% pour les habitants situés hors de la métropole. La part de la marche avait progressé de sept points dans la métropole par rapport à 2009[109].
Cette évolution est liée notamment à la densité du tissu urbain, à la présence de nombreux commerces et équipements de proximité, à l'extension des secteurs piétonniers ainsi qu'aux opérations de requalification des espaces publics. Elle s'inscrit plus largement dans les politiques d'apaisement du centre métropolitain visant à favoriser les déplacements de courte distance sans recours à l'automobile.
Bordeaux et sa métropole ont développé un important réseau d'aménagements cyclables. La fermeture du pont de pierre à la circulation automobile de transit, ainsi que la création de pistes cyclables sur plusieurs grands axes, ont renforcé la place du vélo dans les déplacements urbains.
La pratique cyclable a fortement progressé au sein de Bordeaux Métropole au cours des années 2010. En 2021, le vélo représentait 8% des déplacements des habitants de la métropole, contre 2% pour ceux résidant hors de celle-ci. Sa part modale métropolitaine avait doublé depuis 2009 et le nombre total de déplacements à vélo avait augmenté de 124%, avec une progression particulièrement forte sur la rive droite[109].
L'usage du vélo présente toutefois de fortes différences territoriales. Les travaux de l'a'urba consacrés aux mobilités périurbaines montrent que la possession d'un vélo demeure élevée dans les territoires ruraux et périurbains, mais que son utilisation quotidienne diminue avec l'éloignement des principaux pôles urbains. Le vélo y est davantage utilisé pour les loisirs que pour les déplacements domicile-travail. Les trajets de courte distance constituent néanmoins un potentiel important de développement: l'usage du vélo est particulièrement élevé pour les parcours de deux à trois kilomètres[121].
À Bordeaux même, la pratique cyclable est nettement supérieure aux moyennes régionale et départementale. Les données analysées par l'a'urba à la fin des années 2010 indiquaient déjà que 12% des actifs bordelais se rendaient au travail à vélo, contre 7,7% à l'échelle de Bordeaux Métropole et 3,8% à l'échelle de la Gironde[121].
Plusieurs itinéraires de longue distance traversent également Bordeaux. L'EuroVelo 3, dite «Scandibérique», traverse notamment l'agglomération avant de rejoindre l'EuroVelo 1 à Bayonne. Une voie verte aménagée sur l'ancienne voie ferrée de Bordeaux à Lacanau relie par ailleurs l'agglomération à Lacanau-Océan.
Le réseau TBM propose également un service de vélos en libre-service, Le Vélo, réparti dans de nombreuses stations de la métropole.
Pratiques de déplacement
Les pratiques de déplacement varient fortement selon la localisation résidentielle. En 2021, 78% des déplacements effectués par les habitants de Bordeaux Métropole avaient une longueur inférieure à 5 km, contre 61% pour les habitants situés hors de la métropole. Dans la métropole, la part de l'automobile augmente progressivement avec la distance, tandis que le vélo conserve une part relativement stable pour les trajets jusqu'à 5 km. Hors de la métropole, l'automobile devient largement majoritaire dès que la distance dépasse environ un kilomètre[109].
L'intermodalité demeure relativement limitée: environ 3% de l'ensemble des déplacements associent plusieurs modes de transport. Elle est toutefois plus fréquente dans les trajets utilisant les transports collectifs, dont environ un tiers comprend au moins une correspondance ou l'association de plusieurs modes de transport collectif[109].
Les études consacrées aux usagers des réseaux de transport mettent également en évidence une diversité de comportements: certains déplacements reposent sur un usage presque exclusif de l'automobile, tandis que d'autres usagers combinent régulièrement transports collectifs, marche, vélo et voiture en fonction de la destination, du motif et des contraintes du trajet[122]
La Garonne demeure à la fois un axe de transport et un élément structurant du paysage urbain. Le réseau TBM exploite un service de navettes fluviales, Le Bato, permettant de relier plusieurs points des deux rives.
L'activité portuaire commerciale, autrefois concentrée au cœur de Bordeaux, s'est progressivement déplacée vers l'aval de l'estuaire au cours du XXesiècle. Les principales installations du Grand port maritime de Bordeaux sont désormais réparties entre Bassens, Blaye, Pauillac et Le Verdon-sur-Mer.
Dans le centre-ville, le port de la Lune accueille principalement des activités touristiques et de plaisance, notamment des bateaux de croisière maritime et fluviale.
Bordeaux constitue un important nœud ferroviaire entre Paris, le Sud-Ouest et la péninsule Ibérique. La gare de Bordeaux-Saint-Jean est la principale gare de voyageurs de l'agglomération. Elle est desservie par les TGV, les trains Intercités et les TER Nouvelle-Aquitaine.
L'ouverture de la LGV Sud Europe Atlantique le a réduit à environ deux heures le temps de parcours entre Bordeaux et Paris.
Le chemin de fer apparaît à Bordeaux en 1841 avec l'ouverture de la ligne de Bordeaux à La Teste-de-Buch. Plusieurs gares ont successivement desservi la ville, notamment Bordeaux-Ségur, la gare de Bordeaux-Bastide et la gare Saint-Louis. La gare Saint-Jean, dont le développement commence au milieu du XIXesiècle, s'impose progressivement comme la principale gare bordelaise[87].
La commune dispose également de la gare de Caudéran - Mérignac, située sur la ceinture de Bordeaux. Les anciennes gares de Bordeaux-Benauge et de Ravezies ont quant à elles été fermées dans le cadre des réaménagements ferroviaires et du développement du réseau de tramway.
Le développement du RER métropolitain de Bordeaux vise depuis les années 2020 à renforcer le rôle du réseau ferroviaire dans les déplacements quotidiens de l'aire métropolitaine, notamment en améliorant la fréquence des trains, les liaisons traversantes et les correspondances avec les autres modes de transport.
L'Aéroport de Bordeaux-Mérignac est implanté sur la commune voisine de Mérignac, à l'ouest de Bordeaux. Il assure des liaisons nationales et internationales, principalement avec des destinations européennes. Il constitue également un équipement important pour l'économie régionale, tant par son activité de transport de passagers que par les activités aéronautiques et les emplois qui lui sont associés[123].
L'aéroport est relié au réseau routier par la rocade de Bordeaux et au centre-ville par la ligne A du tramway de Bordeaux, dont l'extension jusqu'à l'aéroport est entrée en service en 2023[124]. Son activité fait par ailleurs l'objet de débats concernant les nuisances subies par les communes riveraines, notamment celles liées aux vols nocturnes et à leur éventuelle restriction[125].
Risques naturels et technologiques
Risques naturels
Le territoire bordelais est principalement exposé aux risques d'inondation et de retrait-gonflement des sols argileux. La commune est également située en zone de sismicité faible (niveau 2) et présente un potentiel radon classé en catégorie intermédiaire[126].
Inondations
La situation de Bordeaux dans la partie aval de la Garonne, soumise à l'influence des marées, expose l'agglomération à un régime d'inondation fluvio-maritime. Les crues de la Garonne peuvent se conjuguer avec les marées, les surcotes océaniques et les épisodes de fortes précipitations.
À ce risque de débordement s'ajoute celui du ruissellement urbain, favorisé par l'imperméabilisation des sols. Depuis les années 1980, l'agglomération s'est dotée de plusieurs ouvrages souterrains destinés au stockage et à l'évacuation des eaux pluviales[127].
La tempête Martin de décembre 1999 a notamment provoqué d'importantes inondations dans l'agglomération bordelaise[128].
Retrait-gonflement des argiles et autres risques
Le phénomène de retrait-gonflement des argiles concerne une partie du territoire communal. Il résulte des variations de volume des sols argileux sous l'effet des alternances entre périodes humides et sécheresses et peut provoquer des dommages aux constructions[129].
Bordeaux est par ailleurs classée en zone de sismicité 2 sur 5, correspondant à une sismicité faible[126].
Risques technologiques
Les risques technologiques présents sur le territoire communal sont principalement liés aux anciennes activités industrielles, aux installations classées et au transport de matières dangereuses. Une canalisation d'hydrocarbures traverse notamment l'extrême nord du territoire communal[126].
La centrale nucléaire du Blayais, installation nucléaire la plus proche de Bordeaux, se trouve à environ 50 km au nord de la ville.
Prévention des risques
Bordeaux est couverte par les dispositifs de prévention du risque d'inondation de l'agglomération bordelaise[130]. Ceux-ci encadrent notamment l'urbanisation des secteurs exposés et définissent les mesures destinées à réduire la vulnérabilité des personnes et des biens.
Le nom antique de Bordeaux est attesté sous la forme latinisée Burdigala, ainsi que sous la forme grecque grec ancien: Βουρδίγαλα chez le géographe Strabon[132]. Le maintien du nom de la ville durant l'époque romaine est remarquable: contrairement à de nombreuses cités de Gaule qui prennent à l'époque impériale le nom du peuple dont elles constituent le chef-lieu, Burdigala ne prend pas celui des Bituriges Vivisques, dont le nom ne semble d'ailleurs avoir laissé aucune trace dans la toponymie bordelaise[133].
Le nom connaît ensuite de nombreuses évolutions phonétiques et graphiques. Au Moyen Âge apparaissent notamment les formes Burdegale, Burdeghla et Burdiale, ces deux dernières étant également attestées sur des monnaies anciennes. La forme latine médiévale Burdellum figure notamment dans une lettre adressée en 1147 à l'abbé Suger.
En langue d'oc, la forme Bordelh apparaît dans le troisième couplet du sirventès de Bertran de BornD'un sirventes no m qual far longo ganda («Sai de Bordelh, ni dels Cascos part landa»), tandis que la ville est désignée sous le nom de Bordel dans la Chanson de la croisade albigeoise de Guillaume de Tudèle. Les formes gasconnes Bordeu et Bordel sont également attestées, la première dès 1280[134]. Au XIXesiècle, Achille Luchaire relève également la prononciation populaire gasconne Burdéu[135]. La forme moderne en gascon est Bordèu[136].
La graphie française Bordeaux résulte de l'évolution de ces formes médiévales et gasconnes. Elle a été rapprochée de l'ancien pluriel de bordel, qui avait originellement le sens de «petite maison» ou de «petite ferme», rapprochement qui permet par ailleurs d'expliquer d'autres toponymes français tels que Bordeaux-Saint-Clair ou Bourdeaux[137]. Les formes Bordeaux, Bourdeaux, Bordel, Bourdel, Bordeil ou Bourdelle se rencontrent d'ailleurs dans de nombreux autres toponymes français[138].
Les documents cartographiques témoignent également de la persistance de graphies anciennes: un plan manuscrit de 1705 conservé aux Archives nationales porte ainsi le titre Plan des Ville et Chateaux de Bour-deaux, Capitale de la Guienne et du Bourdelois et de ses environs[139].
Au cours de la Convention (1792-1795), la commune reçoit temporairement le nom révolutionnaire de «Commune-Franklin»[140],[141].
Du fait notamment de l'importance ancienne du port et de ses relations avec la façade atlantique, le nom de la ville possède des formes propres dans plusieurs langues européennes: Bourdel en breton, Bordele en basque, Burdeos en espagnol, Bordeos en galicien, Bordéus en portugais et Bordozo en espéranto.
Étymologie
L'étymologie de Burdigala demeure discutée. Dès le XIXesiècle, Camille Jullian souligne la difficulté d'établir avec certitude l'origine du toponyme, en raison de la connaissance très lacunaire de la langue parlée dans la région avant la romanisation. Il considère néanmoins que la physionomie du nom pourrait indiquer une origine aquitanique plutôt que gauloise[142]. L'origine du nom a cependant suscité de nombreuses hypothèses depuis l'Antiquité et aucune des propositions anciennes ne peut être considérée à elle seule comme démontrée[133].
Parmi les étymologies anciennes figure celle proposée par Isidore de Séville, qui interprète le nom comme Burgos Gallos, en référence à un «bourg des Gaulois»[143]. D'autres rapprochements ont été avancés à l'époque moderne. En 1695, le Mercure de France propose ainsi une association entre «bourde» et «jalle». Dans ses Recherches sur la ville de Bordeaux, l'abbé Baurein rapproche quant à lui le nom de racines qu'il considère comme celtiques, burg («ville») et cal («port»)[144]. Cette dernière explication présente toutefois des difficultés linguistiques: ces éléments ne sont pas attestés sous cette forme et avec ces significations dans les langues celtiques et la reconstruction *Burg-i-cal-a rend difficilement compte de la forme antique Burdigala.
Une origine aquitanique ou apparentée au basque a également été envisagée. Au début du XXesiècle, les linguistes Alfredo Trombetti(en) et Karl Bouda rapprochent notamment le premier élément de Burdigala du basque burdina, «fer». Bouda interprète ainsi le nom comme un composé évoquant un «château du fer» et suppose un lien avec le commerce du métal. Cette proposition est examinée en 1952 par le linguiste René Lafon, qui insiste cependant sur les difficultés inhérentes à la démonstration d'une étymologie aussi ancienne[142].
D'autres analyses rapprochent Burdigala d'éléments pré-latins ou aquitaniens. Le linguiste Michel Morvan propose de l'analyser à partir de deux éléments *burd- et *gala, auxquels il attribue respectivement les sens de «boueux» et de «crique» ou «abri». *Burd- serait apparenté à un élément pré-latin *bard-, également rapproché du nom de Bardos, tandis que *gala serait lié à un radical pré-latin *cal- désignant un abri ou une crique et rapproché notamment de «calanque»[145]. Selon cette interprétation, Burdigala aurait donc désigné une «crique» ou un «abri dans les marais»[145].
Cette interprétation s'accorde avec les caractéristiques géographiques anciennes du site bordelais, installé à proximité de la Garonne et des embouchures de la Devèze et du Peugue, dans un environnement longtemps marqué par les zones humides. Elle reste néanmoins une proposition étymologique parmi plusieurs hypothèses formulées depuis l'Antiquité, l'origine exacte du nom Burdigala ne pouvant être établie avec certitude.
Le Palais Gallien est l'un des rares vestiges antiques de Bordeaux encore visibles.
Les premières traces archéologiques connues d'une occupation humaine sur le site de Bordeaux remontent au VIesiècleav. J.-C.. Le noyau ancien se développe entre les cours du Peugue et de la Devèze, dans un secteur correspondant notamment aux actuelles porte Dijeaux et rue Sainte-Catherine[146].
Entre les IIIeetIersiècles av. J.-C., les Bituriges Vivisques s'installent dans la région. La date exacte et les circonstances de leur établissement demeurent discutées[147],[148]. En 56 av. J.-C., la Gaule aquitaine est conquise par les troupes romaines conduites par Publius Crassus, légat de Jules César[149]. La cité, connue sous le nom de Burdigala, s'intègre alors progressivement à l'organisation politique et économique romaine[150].
Au Iersiècleav. J.-C., le tissu urbain est structuré autour d'un cardo et d'un decumanus[151]. Aux IeretIIesiècles, Burdigala supplante progressivement Mediolanum Santonum, l'actuelle Saintes, comme capitale de la Gaule aquitaine[152]. La réorganisation administrative de l'Empire entreprise sous Vespasien, entre 69 et 79, contribue à renforcer son rôle régional[153],[154].
La prospérité de la ville se traduit par la construction de monuments importants. Le Palais Gallien, amphithéâtre dont subsistent encore des vestiges, est édifié au début du IIesiècle. À la fin du siècle, Burdigala atteint sa plus grande extension durant l'Antiquité. Les Piliers de Tutelle, probablement liés à un important édifice public ou religieux, sont construits au cours du IIIesiècle.
Cette période de prospérité est interrompue par les troubles affectant l'Empire romain. En 276, la ville est pillée lors des invasions qui touchent la Gaule. Vers 290, une enceinte fortifiée est achevée afin de protéger le centre urbain[155]. Burdigala se replie alors à l'intérieur d'un castrum, beaucoup plus réduit que la ville du Haut-Empire[156].
À la fin du IIIesiècle débute la christianisation de la cité. Sous le règne de Dioclétien, entre 284 et 305, une nouvelle réorganisation administrative fait de Burdigala le chef-lieu de l'Aquitaine seconde[151],[157]. Aux IVeetVesiècles, la nécropole de Saint-Seurin témoigne du développement de la communauté chrétienne bordelaise. Bordeaux reste l'une des principales villes de Gaule jusqu'au début du Vesiècle[158].
Au début du Vesiècle, l'autorité romaine s'affaiblit en Gaule. En 413, lors de l'expansion des Wisigoths en Aquitaine, Bordeaux se déclare «ville ouverte», évitant ainsi une bataille et les destructions qui auraient pu l'accompagner[159]. La cité passe progressivement sous domination wisigothique.
Après la disparition de l'Empire romain d'Occident, Bordeaux connaît plusieurs changements de domination. Au VIesiècle est entreprise la construction de l'abbatiale Sainte-Croix. La victoire des Francs de Clovis sur les Wisigoths lors de la bataille de Vouillé en 507 entraîne le rattachement de l'Aquitaine au royaume franc[160]. La tradition attribue également à cette période la création de la paroisse Saint-Rémi.
Au VIIIesiècle, la région est touchée par les incursions musulmanes venues de la péninsule Ibérique. En 732, Bordeaux est attaquée et pillée par les troupes de l'émir omeyyade Abd al-Rahman lors de la bataille de Bordeaux[161]. La même année, leur progression vers le nord est arrêtée par Charles Martel lors de la bataille de Poitiers. Charles Martel reprend Bordeaux en 735.
À la fin du VIIIesiècle, Bordeaux est intégrée au royaume d'Aquitaine mis en place dans le cadre de l'Empire carolingien[162]. La ville subit ensuite plusieurs raids vikings au IXesiècle, notamment en 848 et en 855. Dans ce contexte d'insécurité, les fortifications sont renforcées et étendues à la fin du siècle, tandis qu'apparaissent les premiers milites, qui participent à la défense et à l'organisation politique de la cité[163].
À partir du XIesiècle, la croissance urbaine s'accompagne d'un renouveau religieux[164]. Les églises Saint-Rémi et Saint-Seurin sont reconstruites ou développées. Le , la cathédrale Saint-André est consacrée par le pape Urbain II. Elle devient un point de référence spirituel majeur pour la ville et un lieu de pèlerinage, notamment en raison de la renommée du Saint-Suaire, un artefact religieux vénéré. Au XIIesiècle sont également édifiées ou réaménagées les églises Saint-Siméon et Saint-Pierre.
Le destin politique de Bordeaux bascule au milieu du XIIesiècle à la faveur des alliances matrimoniales de la duchesse Aliénor d'Aquitaine. Celle-ci épouse Louis VII en 1137 à la cathédrale Saint-André. Leur mariage est annulé en 1152 et Aliénor épouse peu après Henri Plantagenêt, futur Henri II. Lorsque celui-ci monte sur le trône anglais en 1154, Bordeaux et une grande partie de l'Aquitaine se trouvent intégrées à l'ensemble territorial des Plantagenêts.
Cette longue période de domination anglaise favorise notamment le développement du commerce bordelais, en particulier celui du vin avec les îles Britanniques[165]. La ville acquiert progressivement une autonomie municipale. En 1206 apparaît la Jurade, institution municipale considérée comme l'ancêtre du conseil municipal. Plusieurs grandes familles, notamment les Cailhau, Soler et de Condom, y jouent un rôle prépondérant, générant des rivalités qui persistent jusqu'au début du XIVesiècle[166].
La croissance démographique et urbaine se poursuit au XIIIesiècle. Une léproserie est attestée en 1225 et une première grande extension de l'enceinte est entreprise en 1227[167]. Le traité de Paris de 1259 précise les rapports entre les rois de France et d'Angleterre concernant la Guyenne, sans mettre fin aux tensions.
Celles-ci débouchent sur plusieurs conflits, dont la guerre de Guyenne entre 1294 et 1303 puis la guerre de Saint-Sardos en 1324[168]. La Guyenne est restituée à Édouard Ier au début du XIVesiècle. Une seconde grande extension des remparts est réalisée en 1327.
Pendant la guerre de Cent Ans, Bordeaux constitue l'un des principaux points d'appui de la puissance anglaise dans le sud-ouest de la France. La ville est néanmoins touchée par la Peste noire à partir de 1348[169]. En 1355 et 1356, le Prince Noir conduit depuis l'Aquitaine plusieurs opérations militaires contre le royaume de France. Après la bataille de Poitiers, au cours de laquelle Jean II est fait prisonnier, une trêve est négociée à Bordeaux en 1357[170].
Dans les décennies suivantes, les armées françaises reconquièrent progressivement une grande partie de l'Aquitaine. Bertrand du Guesclin mène notamment une campagne en Guyenne dans les années 1370, et Bordeaux manque d'être prise en 1379. Malgré les conflits, la ville conserve un rôle économique et administratif majeur. En 1390, Vital Carles fonde l'hôpital Saint-André[171].
La domination anglaise prend fin au milieu du siècle. Après une première reddition de Bordeaux en 1451, la ville repasse momentanément sous contrôle anglais en 1452. La victoire française lors de la bataille de Castillon, le , met définitivement fin aux ambitions anglaises en Guyenne. Bordeaux est assiégée entre août et octobre puis capitule. Le , Charles VII fait son entrée solennelle dans la cité[172].
Afin d'assurer le contrôle royal sur une ville longtemps attachée à la couronne d'Angleterre, le pouvoir français fait édifier le fort du Hâ et le château Trompette entre 1454 et 1456[172].
À la fin du XVesiècle et au début du XVIesiècle, Bordeaux connaît une importante phase de constructions monumentales. La flèche de la basilique Saint-Michel est édifiée à partir de 1472[173],[174]. Le traité de Picquigny, signé en 1475, met de jure un terme à la guerre de Cent Ans et aux prétentions anglaises sur la Guyenne[175]. La porte Cailhau est construite entre 1493 et 1496, tandis que la tour Pey-Berland est achevée vers 1500. La ville compte alors environ 50 000 habitants[176].
Au XVIesiècle, Bordeaux demeure une grande ville administrative et commerciale du royaume. En 1526, elle organise d'importantes festivités pour le retour de captivité de François Ier après la bataille de Pavie[177]. Le Collège de Guyenne, fondé en 1533, devient l'un des principaux établissements d'enseignement humaniste du royaume.
La ville connaît cependant plusieurs épisodes de troubles. En 1548, la révolte des Pitauds, provoquée notamment par l'extension de la gabelle, touche Bordeaux et sa région[178]. À partir de 1562, les guerres de Religion opposant catholiques et protestants affectent également la cité. Le , Charles IX effectue une entrée solennelle dans Bordeaux à l'occasion de son grand tour du royaume[179]. En 1581, Montaigne est élu maire par les jurats sur la volonté de Henri III et exerce deux mandats successifs[180]. L'arrivée d'Henri IV sur le trône et l'édit de Nantes permettent de mettre fin aux guerres de Religion. Désormais, les protestants disposent d'un temple et de deux cimetières pour enterrer leurs morts[181].
Au siècle suivant, Bordeaux accueille en 1615 le mariage de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, célébré dans la cathédrale Saint-André[182]. Entre 1648 et 1653, la ville prend part aux troubles de la Fronde, notamment à la Fronde dite des Ormées[183]. Le rétablissement de l'autorité royale renforce ensuite la tutelle monarchique sur Bordeaux.
À partir de la seconde moitié du XVIIesiècle, Bordeaux connaît un important essor maritime et commercial. Entre 1672 et 1837, des armateurs et négociants bordelais participent à la traite négrière, notamment dans le cadre du commerce triangulaire atlantique. Ce trafic s'inscrit plus largement dans les échanges entre Bordeaux, les colonies antillaises, l'Afrique et l'Europe, qui contribuent à l'enrichissement d'une partie de la bourgeoisie négociante[184].
Le XVIIIesiècle constitue l'une des grandes périodes de prospérité de Bordeaux. La croissance du commerce maritime et colonial transforme profondément la ville, qui connaît une importante extension urbaine et un renouvellement architectural. L'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux est créée en 1712.
Sous l'action des intendants de Guyenne, en particulier Claude Boucher, en fonction de 1720 à 1743, puis Louis-Urbain Aubert de Tourny, de 1743 à 1757, les anciennes fortifications sont progressivement remplacées par de nouveaux quartiers, promenades et portes monumentales. La place de la Bourse, initialement place Royale, est aménagée entre 1730 et 1755 afin d'ouvrir la ville sur la Garonne.
Cette transformation urbaine culmine avec la construction du Grand-Théâtre, œuvre de l'architecte Victor Louis, inauguré en 1780[185]. L'ensemble de ces aménagements donne au centre de Bordeaux une grande partie de son aspect monumental actuel[186],[187]. Bordeaux est alors l'une des villes les plus prospères d'Europe et la troisième du royaume[184],[188].
Pendant la Terreur, le palais Rohan est le siège de la Commission militaire révolutionnaire de Bordeaux. Les prévenus y étaient conduits depuis le fort du Hâ où ils étaient détenus. En cas de condamnation à mort, les exécutions avaient lieu à quelques pas de là sur la place Gambetta.
Plan de la ville en 1832. Au centre de l'image, on aperçoit la place des Quinconces, alors nommée Place de LouisXVI. Sur la rive droite, seules quelques rues sont présentes. Le pont de pierre y est représenté.
Carte postale représentant la gare d'Orléans, en service de 1852 à 1955. Le bâtiment est victime d'un incendie en 1990 alors qu'il devait être restauré. Les bâtiments restant accueillent aujourd'hui un cinéma[189].
La Révolution française bouleverse les institutions politiques bordelaises. En 1790, Bordeaux devient le chef-lieu du nouveau département de la Gironde[190]. La ville donne son nom au groupe politique des Girondins, dont plusieurs représentants jouent un rôle important dans les premières années de la Révolution.
La création du corps préfectoral par la loi du28pluviôsean VIII () renforce le rôle administratif de Bordeaux. En 1802, le gouvernement de Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage dans plusieurs colonies françaises.
Les guerres napoléoniennes et surtout le blocus continental, mis en place à partir de 1806, affectent fortement le commerce maritime bordelais. La guerre d'Espagne, entre 1808 et 1813, place également Bordeaux à proximité d'un important théâtre d'opérations militaires.
Parallèlement, de grands travaux sont entrepris. La construction du pont de Pierre débute en 1810[197]. L'aménagement de la place des Quinconces commence à la même période sur les terrains libérés par le château Trompette. En 1814, Bordeaux est l'une des premières grandes villes françaises à se rallier au retour des Bourbons, ce qui lui vaut le surnom de «première ville de la Restauration»[198]. Le château Trompette est démoli à partir de 1816 et le pont de Pierre est achevé en 1822.
Entre 1824 et 1828, le peintre espagnol Francisco de Goya s'établit à Bordeaux, où il meurt. Il est d'abord inhumé au cimetière de la Chartreuse, avant que ses restes ne soient transférés à Madrid à la fin du XIXesiècle. En 1829 est inauguré le nouvel hôpital Saint-André.
L'industrialisation transforme progressivement la ville à partir des années 1840. La première ligne ferroviaire bordelaise, reliant Bordeaux à La Teste-de-Buch, ouvre en 1841[199]. Après l'abolition définitive de l'esclavage dans les colonies françaises en 1848, Bordeaux poursuit sa mutation économique dans le contexte de la révolution industrielle. Il faut attendre la fin du siècle pour que le taux de fécondité de la ville soit inférieur à celui des campagnes environnantes, signe de la prospérité économique de la ville[200].
Le développement ferroviaire s'accélère sous le Second Empire. La gare d'Orléans ouvre en 1852 sur la rive droite et la gare Saint-Jean en 1855 sur la rive gauche[87]. Un premier système moderne d'adduction d'eau est mis en place en 1858[201]. La passerelle Eiffel, permettant de relier les réseaux ferroviaires des deux rives de la Garonne, est inaugurée en 1860.
L'expansion territoriale accompagne la croissance urbaine. En 1865, le quartier de La Bastide, jusque-là situé sur la commune de Cenon, est annexé à Bordeaux. La gare Saint-Louis ouvre quelques années plus tard.
Dans les dernières décennies du siècle, Bordeaux poursuit sa modernisation. L'église Saint-Seurin est élevée au rang de basilique mineure en 1873. Le premier réseau de tramway est inauguré en 1880[203]. Entre 1894 et 1901 est élevé le Monument aux Girondins sur la place des Quinconces. À l'aube du XXesiècle, les premières lignes de tramway électriques remplacent progressivement la traction hippomobile[204].
XXesiècle
Au début du XXesiècle, Bordeaux reste un grand port commercial et un centre administratif majeur du sud-ouest de la France. Pendant la Première Guerre mondiale, l'avancée des troupes allemandes vers Paris conduit le gouvernement français et plusieurs administrations à s'installer provisoirement à Bordeaux en 1914.
L'entre-deux-guerres est fortement marqué par l'action d'Adrien Marquet, maire de 1925 à 1944. À partir de 1925, le Plan Marquet engage une politique ambitieuse de grands travaux destinée à moderniser la ville et à soutenir l'emploi. De nombreux équipements publics sont réalisés dans un style marqué par l'Art déco, notamment la Bourse du travail, la Piscine Judaïque et le parc Lescure. Ce dernier accueille plusieurs rencontres de la Coupe du monde de football de 1938.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bordeaux accueille une nouvelle fois le gouvernement français pendant quelques jours en juin 1940, avant l'armistice[205]. La ville est ensuite occupée par les forces allemandes jusqu'en 1944. Son port, sa position sur l'Atlantique, ses installations ferroviaires et la base sous-marine construite par l'occupant lui confèrent une importance stratégique majeure dans le dispositif allemand en Europe occidentale[206].
Après la Libération débute une période de profondes transformations urbaines dominée par la figure de Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux de 1947 à 1995. Son long mandat coïncide avec une forte croissance démographique de l'agglomération, le développement de l'automobile et l'émergence de nouveaux quartiers périphériques.
À partir de la fin des années 1940, les pouvoirs publics envisagent le transfert hors du centre-ville d'une partie des établissements universitaires. La gare de Bordeaux-Bastide cesse son activité voyageurs en 1951. En 1954 débute l'aménagement du quartier du Grand Parc, tandis que le secteur de Mériadeck fait l'objet d'une vaste opération de rénovation urbaine à partir du milieu des années 1950.
Le , la dernière rame de l'ancien tramway bordelais circule dans la ville[207]. L'automobile devient alors l'élément central de la politique de déplacement.
Les années 1960 sont marquées par de grands projets d'infrastructures. À partir de 1962, les terrains marécageux situés au nord de la ville sont assainis afin de permettre l'aménagement de Bordeaux-Lac. Le , la commune de Caudéran fusionne avec Bordeaux et devient un quartier de la ville, donnant au territoire communal une configuration proche de celle qu'il possède aujourd'hui.
La même année est inauguré le pont Saint-Jean. Le pont d'Aquitaine, ouvert le , améliore considérablement les communications entre les deux rives et constitue l'un des principaux ouvrages de la future rocade bordelaise[197].
En 1968 est créée la Communauté urbaine de Bordeaux, qui regroupe Bordeaux et plusieurs communes de son agglomération afin de gérer en commun une partie des grands équipements et services publics[208]. Le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan ouvre progressivement à partir de 1970, consacrant le déplacement d'une grande partie de l'université vers la périphérie sud-ouest de Bordeaux[209].
Dans les années 1970, la rénovation de Mériadeck transforme profondément l'ouest du centre-ville. Le quartier devient l'un des principaux pôles administratifs et commerciaux de l'agglomération, avec la construction de bureaux, d'équipements publics et de centres commerciaux selon les principes de l'urbanisme sur dalle.
La coopération intercommunale connaît parallèlement plusieurs périodes de tensions politiques. Entre 1977 et 1983, Jacques Chaban-Delmas perd notamment la présidence de la Communauté urbaine au profit du maire de Mérignac Michel Sainte-Marie.
À partir des années 1980 se pose de manière croissante la question de la saturation automobile du centre de Bordeaux. Un projet de métro est étudié entre 1986 et 1994, avant d'être abandonné au profit d'un nouveau réseau de tramway[210],[211],[212].
Bordeaux depuis les années 1990
L'élection d'Alain Juppé à la mairie en 1995 ouvre une nouvelle phase de transformation urbaine. La politique municipale accorde une place croissante à la rénovation du centre historique, à la réhabilitation des quais et au développement des transports collectifs.
Le principal changement dans les transports intervient avec le retour du tramway. Sa première ligne est inaugurée le en présence du président de la République Jacques Chirac. Le nouveau réseau participe à une profonde requalification de l'espace public, notamment dans le centre-ville et le long des quais[197],[213].
En 2007, une grande partie du centre historique et des quartiers bordant la Garonne est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO sous l'appellation «Bordeaux, Port de la Lune»[214]. La même année, le stade Chaban-Delmas accueille plusieurs rencontres de la Coupe du monde de rugby à XV 2007.
Le franchissement de la Garonne continue parallèlement à évoluer. Un nouveau pont ferroviaire remplace en 2008 la passerelle Eiffel pour l'essentiel du trafic ferroviaire. La gare de Ravezies ferme puis est démolie en 2012. Le , le pont Chaban-Delmas, pont levant reliant les quartiers de Bacalan et de La Bastide, est inauguré en présence de François Hollande.
Dans les années 2010, l'aménagement urbain se poursuit dans le cadre de projets tels que «Bordeaux 2030». En 2015, la Communauté urbaine de Bordeaux devient Bordeaux Métropole, renforçant la coopération institutionnelle à l'échelle de l'agglomération. L'ouverture de la Cité du Vin en 2016 renforce le rayonnement culturel et touristique de Bordeaux. Le bâtiment devient l'un des nouveaux symboles de la ville et contribue à élargir l'offre touristique au-delà du seul patrimoine architectural. Le guide de voyage Lonely Planet désigne Bordeaux comme la ville la plus tendance du monde pour l'année 2017[215].
Le tourisme viticole se développe parallèlement dans les vignobles environnants, renforçant les liens entre Bordeaux et les territoires viticoles de la Gironde[216].
La même période voit la création de nouveaux équipements métropolitains. Le stade Atlantique, ouvert en 2015, accueille plusieurs rencontres de l'Euro 2016[217]. L'arrivée de la LGV Sud Europe Atlantique, inaugurée en 2017, réduit fortement le temps de parcours ferroviaire entre Bordeaux et Paris[110]. Le , la circulation automobile est interdite sur le pont de Pierre, désormais principalement réservé aux transports collectifs, aux cyclistes et aux piétons[218].
À partir de 2018, l'hypothèse d'un métro bordelais, abandonnée dans les années 1990, réapparaît dans le débat métropolitain[219].
Après vingt-cinq années durant lesquelles Alain Juppé occupe l'essentiel du temps la fonction de maire, les élections municipales de 2020 portent Pierre Hurmic à la tête de la ville. Son mandat s'inscrit notamment dans un contexte de développement des mobilités alternatives et de transformation des espaces publics.
Bordeaux continue parallèlement d'accueillir de grands événements sportifs. En 2023, le stade Atlantique reçoit plusieurs rencontres de la Coupe du monde de rugby à XV 2023. La même année, Bordeaux Métropole engage une étude de faisabilité concernant la création d'un métro.
Le , le pont Simone-Veil, situé au sud de l'agglomération entre Bordeaux, Bègles et Floirac, est ouvert à la circulation. Il constitue un nouveau franchissement de la Garonne et participe au développement des liaisons entre les deux rives.
En 2026, à la suite du renouvellement de la gouvernance municipale et métropolitaine, le projet de métro est mis en pause, marquant une nouvelle étape dans les débats récurrents sur l'organisation des transports et le développement de l'agglomération bordelaise[220].
L'intercommunalité bordelaise constitue historiquement un échelon important de l'organisation et de l'aménagement de l'agglomération. Dès la création de la communauté urbaine, plusieurs compétences relatives notamment à l'urbanisme, aux transports, à l'eau et aux déchets sont exercées à cette échelle. Son fonctionnement a longtemps reposé sur une recherche de compromis entre les communes membres, généralement associée au «système Chaban», qui visait notamment à préserver les intérêts et l'autonomie politique des maires au sein de l'institution intercommunale[222].
Le renforcement progressif des compétences intercommunales, puis la transformation de la communauté urbaine en métropole en 2015, ont toutefois modifié les relations entre l'échelon métropolitain et les communes. Cette articulation est particulièrement visible en matière d'urbanisme: le plan local d'urbanisme intercommunal définit les règles à l'échelle métropolitaine, tandis que les communes et leurs maires conservent une influence dans leur application aux projets locaux. Une étude consacrée aux pratiques de planification bordelaises met ainsi en évidence les négociations entre objectifs métropolitains, règles communes et prise en compte des contextes municipaux dans l'instruction des projets urbains[223].
La commune participe également à plusieurs autres groupements intercommunaux. Elle est notamment membre du Syndicat départemental d'énergie électrique de la Gironde (SDEEG) depuis 1937, aux côtés de 193 autres communes[224], ainsi que du Conservatoire botanique Sud-Atlantique depuis 2006, avec quatre autres communes[225],[226]
La ville de Bordeaux engage à partir de 2007 une politique de développement durable, notamment à travers la mise en œuvre d'un Agenda 21[269]. Cette politique s'accompagne d'investissements dans les infrastructures environnementales. Entre 2009 et 2013, la station d'épuration Louis-Fargue est ainsi reconstruite au terme de 54 mois de travaux[270]. L'installation dispose d'une capacité de traitement de 447 000 équivalents-habitants[271].
Le développement des énergies renouvelables constitue également l'un des axes de la politique environnementale métropolitaine. Le parking du parc des expositions est notamment équipé d'ombrièresphotovoltaïques, constituées de 61 000 panneaux répartis sur 20 hectares et développant une puissance crête de 13 MWc. Lors de sa mise en service, l'installation est présentée comme la plus grande centrale photovoltaïque urbaine de France[272]. D'autres dispositifs reposent sur la géothermie profonde, notamment à Mériadeck, ainsi que sur la récupération de chaleur issue des réseaux d'eaux usées. Ces installations participent à l'alimentation en chaleur de logements collectifs et de bâtiments tertiaires ou commerciaux.
L'écoquartier Ginko, aménagé dans le secteur de Bordeaux-Lac, s'inscrit également dans cette politique. Son réseau de chaleur est notamment alimenté par une chaufferie biomasse utilisant du bois issu de la forêt des Landes, dont une partie provient des arbres abattus par les tempêtes[273],[274].
La politique de développement durable concerne par ailleurs les transports collectifs et l'articulation entre les différents modes de déplacement. Le développement du réseau de tramway, complété par l'évolution du réseau d'autobus et des autres modes de transport, accompagne les transformations urbaines de l'agglomération[275],[276]. Cette politique est complétée par l'aménagement progressif de continuités végétalisées et d'itinéraires destinés notamment aux mobilités douces, à Bordeaux et dans plusieurs communes de Bordeaux Métropole, à l'image de la Brazzaligne sur la rive droite[277],[278].
La ville compte également de nombreux parcs et jardins. Le Jardin public, créé en 1746 et situé à proximité du centre historique, s'étend sur environ 10 hectares[279],[280]. Sur la rive droite, le Jardin botanique rassemble différentes collections végétales et propose des activités pédagogiques destinées notamment aux scolaires et au grand public[281].
Finances communales
Les informations suivantes proviennent principalement de Ministère de l'économie, des finances et de la relance[282],[283].
Cette section est consacrée aux finances locales de Bordeaux de 2000 à 2018[f].
Les comparaisons des ratios par habitant sont effectuées avec ceux des communes de plus de 100 000 habitants appartenant à un groupement fiscalisé, c'est-à-dire à la même strate fiscale.
Budget général
Pour l'exercice 2020, le compte administratif du budget municipal de Bordeaux s'établit à 512 183 000€ en dépenses et 512 183 000€ en recettes:
les dépenses se répartissent en 334 437 000€ de charges de fonctionnement[g] et 134 818 000€ d'emplois d'investissement[h];
les recettes proviennent des 362 757 000€ de produits de fonctionnement[i] et de 149 426 000€ de ressources d'investissement[j].
Dépenses et produits de fonctionnement de la ville de Bordeaux par an[284].
Le graphique qui aurait dû être présenté ici ne peut pas être affiché car il utilise l'ancienne extension Graph, désactivée pour des questions de sécurité. Des indications pour créer un nouveau graphique avec la nouvelle extension Chart sont disponibles ici.
Dépenses et produits de d'investissement de la ville de Bordeaux par an[284].
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Chiffres clés des finances de Bordeaux de 2017 à 2020[284].
Bordeaux possède des taux d'imposition supérieurs à sa strate fiscale. La taxe d'habitation est 10% plus élevée, la taxe foncière sur le bâti est 24% plus élevé, et la taxe foncière sur le foncier non bâti est 2,44 fois plus élevé que la moyenne des communes de sa strate fiscale[k],[286].
Endettement
L'endettement de Bordeaux au peut s'évaluer à partir de trois critères: l'encours de la dette[l], l'annuité de la dette[m] et sa capacité de désendettement[n],[284]
L'encours de la dette est d'une valeur de 254 598 000€, soit 1 003€ par habitant, ratio voisin de la valeur moyenne de la strate. Pour la période allant de 2014 à 2018, ce ratio fluctue et présente un minimum de 1 003€ par habitant en 2018 et un maximum de 1 537€ par habitant en 2015[284].
L'annuité de la dette est d'une valeur totale de 31 423 000€, soit 124€ par habitant, ratio inférieur de 13% à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (142€ par habitant). Depuis 5 ans, ce ratio fluctue et présente un minimum de 119€ par habitant en 2017 et un maximum de 231€ par habitant en 2015[284].
La capacité d'autofinancement (CAF) est de 70 695 000€, soit 279€ par habitant, ratio supérieur de 51% à la valeur moyenne pour les communes de la même strate (185€ par habitant). En partant de 2014 et jusqu'à 2018, ce ratio fluctue et présente un minimum de 119€ par habitant en 2016 et un maximum de 292€ par habitant en 2015. La capacité de désendettement est d'environ 3 années en 2018. Sur une période de 19 années, ce ratio présente un minimum d'environ 3 années en 2006 et un maximum d'environ 11 années en 2001[284].
Plus généralement, la valeur de la dette de la ville diminue significativement depuis plusieurs années. Elle est passée de 377 106€ en 2015 à 254 598€ en 2018[284].
Jumelages
Liste des jumelages
Outre les quelque 150 accords de coopération conclus depuis une cinquantaine d'années avec des villes étrangères, Bordeaux est jumelée avec plusieurs villes à travers le monde[287]:
En , après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le député Thomas Cazenave demande à son tour l'interruption du jumelage. Le maire Pierre Hurmic s'y oppose, estimant qu'une telle mesure risquerait d'isoler davantage la population russe, tout en annonçant que le 30e anniversaire du jumelage ne serait pas célébré[326].
Bakou
Le , le groupe municipal d'opposition Les Républicains (LR), conduit par Nicolas Florian, demande la suspension du jumelage avec Bakou en soutien aux Arméniens touchés par le blocus du Haut-Karabagh. Pierre Hurmic écarte cette demande, qualifiant le jumelage de «dormant» et déclarant espérer «que l'Histoire nous donnera l'occasion de jours meilleurs»[327].
À partir de , dans le contexte de la guerre à Gaza, la conseillère municipale d'opposition Myriam Eckert (Bordeaux en luttes) demande la suspension du jumelage entre Bordeaux et la ville israélienne d'Ashdod. En juin 2024, la majorité municipale rejette cette demande. Pierre Hurmic estime alors que «le peuple israélien» ne peut être réduit «à ses dirigeants actuels»[328].
En juin 2025, la municipalité maintient formellement le jumelage mais suspend «toute activité de coopération» avec Ashdod jusqu'à l'établissement d'un «cessez-le-feu durable» et l'engagement d'un «processus de paix»[329]. La mairie réaffirme parallèlement sa solidarité avec les otages israéliens et dénonce les conséquences de l'offensive israélienne sur la population civile palestinienne[330].
Bordeaux est également jumelée avec Ramallah, en Cisjordanie. En avril 2025, une délégation d'élus bordelais doit s'y rendre dans le cadre de ce partenariat, mais les autorités israéliennes refusent les autorisations nécessaires à son déplacement. La municipalité sollicite alors la présidence de la République afin qu'elle intervienne auprès des autorités israéliennes en vue de permettre la reprogrammation de la mission[330].
Équipements et services publics
Eau et déchets
Gestion de l'eau
La gestion du cycle de l'eau à Bordeaux relève principalement de Bordeaux Métropole, compétente notamment en matière d'alimentation en eau potable, d'assainissement et de gestion des eaux pluviales urbaines. Après plusieurs décennies de gestion déléguée, la production et la distribution de l'eau potable sont assurées depuis le par la Régie de l'Eau Bordeaux Métropole. Depuis le , celle-ci assure également l'assainissement collectif et la gestion des eaux pluviales urbaines, réunissant ainsi l'essentiel du «petit cycle de l'eau» au sein d'un opérateur public métropolitain.
Ce retour à une gestion publique directe constitue l'aboutissement d'un processus de remunicipalisation engagé après plusieurs décennies de délégation à des opérateurs privés. David A. McDonald analyse le cas bordelais comme une transformation institutionnelle visant à reconstruire un opérateur public métropolitain de l'eau, tout en soulignant que le caractère public du service dépend également de ses modes de gouvernance, de transparence et de participation[331].
L'approvisionnement de l'agglomération dépend très majoritairement des nappes souterraines profondes du sous-sol girondin. À l'échelle de la Gironde, celles-ci fournissent environ 97% de l'eau destinée à l'alimentation en eau potable[332]. Cette ressource, naturellement protégée des pollutions superficielles, est cependant soumise à d'importantes pressions quantitatives. Certaines nappes profondes présentent des prélèvements supérieurs à leurs capacités de renouvellement, ce qui conduit les acteurs locaux à rechercher des économies d'eau et des ressources de substitution[333].
En 2023, hors prélèvements destinés au refroidissement de la centrale nucléaire du Blayais, environ 251 millions de m3 d'eau ont été prélevés en Gironde. L'alimentation en eau potable représentait 50,7% de ces volumes, devant l'irrigation agricole (38,2%) et les activités économiques (7,2%). Les eaux souterraines représentaient 87,1% des prélèvements. Entre 2008 et 2023, leur volume total a progressé de 7,5%, tandis que la population départementale augmentait de 18,9%, conduisant à une diminution d'environ 10% des prélèvements rapportés au nombre d'habitants[333].
La préservation de la ressource concerne également les eaux superficielles. D'après les travaux préparatoires au SDAGE Adour-Garonne 2027-2033, une part importante des masses d'eau girondines subit des pressions liées aux prélèvements, aux modifications hydromorphologiques et aux pollutions urbaines, industrielles ou agricoles[334].
Dans ce contexte, les politiques publiques cherchent à réduire la consommation d'eau potable, limiter les pertes des réseaux et développer, lorsque les conditions sanitaires et techniques le permettent, l'utilisation d'eaux non conventionnelles. Les eaux pluviales, eaux de pluie, eaux grises ou eaux usées traitées peuvent notamment être mobilisées pour l'arrosage, le nettoyage de la voirie ou certains usages industriels, afin de réserver l'eau potable aux usages nécessitant cette qualité[332].
L'eau constitue parallèlement un élément de l'aménagement des espaces publics. Une étude de l'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine consacrée aux points d'eau dans les 28 communes métropolitaines souligne leur rôle dans l'accès à l'eau potable, mais aussi dans l'adaptation de la ville aux épisodes de chaleur. Leur implantation peut notamment être articulée aux espaces verts, aux aires de jeux, aux équipements sportifs et aux principaux itinéraires piétons et cyclables[335].
Gestion des déchets
La collecte et le traitement des déchets ménagers et assimilés relèvent de Bordeaux Métropole. La métropole a adopté en 2022 un plan stratégique visant à réduire la production de déchets et à accroître leur valorisation, avec notamment pour objectif une diminution de 15% de la quantité de déchets produite par habitant à l'horizon 2030[336].
Depuis 2023, l'extension des consignes de tri permet de déposer dans les contenants destinés aux emballages l'ensemble des emballages en plastique et en métal ainsi que les papiers. La collecte sélective a progressé de 3,83% en 2023, tandis que le tonnage des déchets déposés dans les poubelles d'ordures ménagères résiduelles a diminué de 10,96% entre 2021 et 2023[336].
Le tri à la source des biodéchets se développe parallèlement depuis 2024. Bordeaux Métropole met à disposition des habitants des composteurs individuels ou collectifs ainsi que des bornes destinées aux déchets alimentaires. Dans l'hypercentre de Bordeaux, où l'installation de dispositifs permanents est contrainte par la densité urbaine, des bornes mobiles sont également déployées à certains emplacements. Les déchets alimentaires représentent environ un tiers du poids d'une poubelle d'ordures ménagères résiduelles et leur séparation permet notamment d'éviter leur incinération[337].
La politique métropolitaine associe ainsi réduction à la source, réemploi, recyclage, compostage et valorisation des déchets résiduels. La question du traitement des déchets s'inscrit également dans une coopération plus large entre collectivités girondines, notamment en raison des capacités de traitement et d'incinération disponibles dans l'agglomération bordelaise.
La propreté de l'espace public constitue un enjeu distinct de la collecte des déchets ménagers. Dans les secteurs denses de Bordeaux, les dépôts sauvages et les déchets abandonnés à proximité des points d'apport volontaire ont conduit la collectivité à expérimenter différents dispositifs d'amélioration de la collecte, de nettoyage et de sensibilisation des usagers.
Les espaces publics bordelais comprennent un ensemble de parcs, jardins, places, quais et promenades. Leur aménagement intègre progressivement des objectifs de végétalisation, d'adaptation au changement climatique, de gestion de l'eau, de développement des mobilités actives et de diversification des usages.
La réflexion sur la place de la nature dans l'agglomération a notamment été structurée par la démarche «55 000 hectares pour la nature», engagée à l'échelle de l'ancienne Communauté urbaine de Bordeaux. Celle-ci visait à replacer les espaces naturels et agricoles au cœur du projet métropolitain et à accompagner la densification urbaine par le renforcement des continuités écologiques, la préservation des zones humides et inondables et la valorisation des paysages[338].
Parmi les principaux espaces verts de Bordeaux figurent le bois de Bordeaux, le parc floral, le parc bordelais, le jardin public, le parc aux Angéliques et le jardin botanique. Plusieurs espaces paysagers accompagnent également la Garonne, notamment sur les quais de la rive gauche et au parc aux Angéliques sur la rive droite.
La végétalisation concerne également les équipements publics. À partir de 2020, des expérimentations conduites dans des écoles bordelaises ont étudié la transformation des cours d'école afin d'accroître la place des végétaux et des sols perméables, d'améliorer le confort thermique et de diversifier les possibilités de jeu. La méthode développée associe les enfants et les adultes fréquentant les établissements à la conception des aménagements[339],[340].
La place des enfants dans l'espace public constitue plus largement un sujet d'aménagement. Les travaux menés par l'a'urba mettent notamment en évidence la réduction de l'autonomie des enfants dans les déplacements quotidiens et la forte spécialisation d'une partie des espaces urbains. L'apaisement des abords des établissements scolaires, les rues scolaires, les zones de rencontre et l'aménagement d'espaces permettant le jeu libre participent à la recherche d'un espace public davantage accessible aux jeunes publics[341].
Les espaces publics accueillent également un nombre croissant de pratiques sportives libres. Aux équipements spécifiquement aménagés — terrains multisports, skateparks, pumptracks ou agrès de street workout — s'ajoutent les quais, parcs, places et cheminements utilisés pour la marche, la course à pied, le vélo ou différents exercices physiques. L'a'urba décrit à l'échelle métropolitaine une «trame active» constituée par l'articulation entre ces équipements et les grands axes propices aux déplacements actifs[342].
Ces évolutions contribuent à faire des espaces publics des supports d'adaptation climatique, de santé et de sociabilité, tout en soulevant des enjeux de partage entre usages, d'accessibilité et de répartition des équipements entre quartiers.
La commune dispose d'un réseau d'écoles maternelles et élémentaires publiques et privées réparties dans ses différents quartiers. Outre l'enseignement, les écoles publiques proposent des services de restauration et d'accueil périscolaire, dont l'organisation associe selon les établissements la municipalité et des structures associatives.
L'évolution des effectifs scolaires s'inscrit dans un contexte démographique contrasté. À l'échelle de l'académie, 287 723 élèves sont scolarisés dans le premier degré à la rentrée 2025, soit 4 590 de moins qu'un an auparavant. La moitié des élèves du premier degré de l'académie sont scolarisés en Gironde et un quart dans Bordeaux Métropole[344]. À l'échelle métropolitaine et communale, ces évolutions se traduisent par des situations variables selon les quartiers et les dynamiques résidentielles.
La transformation des établissements scolaires participe également aux politiques d'adaptation climatique de la ville, notamment à travers la végétalisation des cours d'école et l'augmentation de la part des surfaces perméables.
Les établissements bordelais s'inscrivent dans un contexte de diminution des effectifs scolaires observée à l'échelle académique, particulièrement dans le premier degré, évolution liée notamment à la baisse du nombre de naissances et aux transformations démographiques des territoires.
Bordeaux constitue le principal pôle d'enseignement supérieur de la Nouvelle-Aquitaine. À la rentrée 2024, l'académie de Bordeaux compte 139 841 étudiants, dont 77,4% étudient sur le territoire de Bordeaux Métropole[345]. Parmi eux, 74 297 sont inscrits dans les universités et leurs IUT, 23 005 dans les formations post-baccalauréat telles que les sections de techniciens supérieurs et les classes préparatoires, et 42 539 dans d'autres établissements d'enseignement supérieur[345].
Le principal établissement est l'Université de Bordeaux, issue en 2014 de la fusion de trois des quatre universités bordelaises. Elle dispense des formations notamment en droit, économie, sciences politiques, sciences et technologies, santé et sciences humaines. L'Université Bordeaux-Montaigne, spécialisée dans les lettres, langues, arts et sciences humaines et sociales, prévoit environ 17 000 étudiants pour l'année universitaire 2024-2025[346].
L'offre hospitalière bordelaise est structurée autour du centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, dont les principaux sites sont les groupes hospitaliers Pellegrin et Saint-André à Bordeaux et le groupe hospitalier Sud dans le reste de l'agglomération[209]. La ville accueille également plusieurs établissements publics et privés spécialisés, dont le centre hospitalier spécialisé Charles-Perrens et l'Institut Bergonié, centre régional de lutte contre le cancer.
Le CHU assure des missions de soins de proximité et de recours, d'enseignement, de recherche et d'innovation. Il constitue l'un des principaux employeurs de la région avec plus de 15 700 professionnels en 2025[347].
Le CHU dispose de services spécialisés dans de nombreux domaines, notamment les transplantations d'organes, la chirurgie cardiovasculaire, la neurologie, l'oncologie et la prise en charge des grands brûlés. Ses équipes participent parallèlement à la recherche clinique et fondamentale, notamment en collaboration avec l'Université de Bordeaux, l'Inserm et le CNRS.
Le CHU de Bordeaux figure régulièrement parmi les établissements les mieux classés dans le palmarès hospitalier du magazine Le Point. En 2025, il occupe la deuxième place nationale parmi les hôpitaux publics français et se maintient depuis plus de vingt ans parmi les trois premiers établissements de ce classement[347].
Elle accueille également l'École nationale de la magistrature, seule école française chargée de la formation initiale des magistrats de l'ordre judiciaire.
Sécurité et prévention
La police municipale de Bordeaux.
La sécurité publique relève conjointement des services de l'État et de la police municipale. Celle-ci assure notamment des missions de proximité, de prévention, de surveillance de l'espace public et de contrôle du respect des arrêtés municipaux.
La prévention des risques constitue également une composante de la politique municipale. Bordeaux dispose notamment d'un dispositif de téléalerte permettant de transmettre aux habitants inscrits des messages par téléphone, courrier électronique ou SMS lors d'événements majeurs, notamment en cas d'inondation ou de phénomène météorologique exceptionnel. Des sirènes du système d'alerte et des ensembles mobiles d'alerte complètent ce dispositif[348].
Secours
La commune relève du Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde (SDIS 33). Plusieurs centres d'incendie et de secours assurent la couverture de Bordeaux et des communes voisines. En raison de la présence de la Garonne, des infrastructures portuaires, d'immeubles de grande hauteur et d'importants axes de circulation, les moyens de secours comprennent différentes unités spécialisées, notamment dans les interventions nautiques et en milieu périlleux.
La présence militaire bordelaise est ancienne. La ville a notamment accueilli l'état-major de la 18erégion militaire entre 1873 et 1963, l'École de santé navale de 1890 à 2011 et différentes unités de l'Armée de terre.
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10000habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8% de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[349],[Note 4].
En 2023, la commune comptait 267 991 habitants[Note 5], en évolution de +5,33% par rapport à 2017 (Gironde: +6,76%, France hors Mayotte: +2,36%).
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (sans coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50% de la population de l'agglomération ou de celle de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de Bordeaux, celle-ci comprend une ville-centre et 72 communes de banlieue.
↑Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations de référence postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10000habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10000habitants, ainsi que la dernière population de référence publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1erjanvier2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2025, date de référence statistique: 1erjanvier2023.
L'évolution de la population bordelaise est connue avec précision à partir des premiers recensements contemporains, réalisés depuis la fin du XVIIIesiècle. Pour les périodes antérieures, les estimations reposent principalement sur les registres paroissiaux, les données fiscales et différentes sources administratives, dont l'exploitation demeure plus incertaine. Une étude publiée au début du XXesiècle estimait ainsi la population de Bordeaux à partir des séries de naissances et de décès disponibles depuis le XVIesiècle, tout en soulignant les limites documentaires de telles reconstitutions[351],[352].
Pour l'Antiquité, l'importance de Burdigala est notamment attestée par l'abondance de son épigraphie funéraire. L'exploitation démographique de ces inscriptions a permis d'étudier certains caractères de la population des trois premiers siècles de notre ère, sans toutefois permettre d'en déterminer précisément l'effectif total en raison de la nature et de la représentativité de la documentation disponible[353].
Au XIXesiècle, Bordeaux connaît une importante croissance démographique parallèlement à son développement économique et à l'extension de l'espace urbanisé. Cette croissance s'accélère notamment sous le Second Empire. L'augmentation enregistrée entre les recensements de 1861 et 1866 tient à la fois aux dynamiques démographiques de l'agglomération et à l'agrandissement du territoire communal, notamment avec le rattachement de La Bastide et de secteurs jusqu'alors dépendants de communes voisines[354].
Après avoir atteint ses niveaux les plus élevés au début du XXesiècle, la population municipale diminue durant une grande partie du siècle. Entre 1801 et 1936, la population est multipliée par deux[355]. Le phénomène s'accentue après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de développement rapide des communes périphériques et de redistribution de la population à l'échelle de l'agglomération[356]. L'essor résidentiel des banlieues s'accompagne d'un recul du poids démographique de la ville-centre et d'importantes transformations de sa structure sociale. Entre les années 1950 et 1970, Bordeaux perd une partie de sa population ouvrière ainsi que de nombreux artisans et commerçants, tandis que la part des cadres, professions intellectuelles, professions libérales et catégories salariées intermédiaires augmente[357].
L'évolution statistique de la commune doit également être interprétée au regard des modifications de ses limites administratives. Le rattachement de Caudéran à Bordeaux en 1965 entraîne ainsi mécaniquement une augmentation de la population municipale au recensement suivant. En 1962, Bordeaux et Caudéran comptaient ensemble 278 403 habitants; leur population cumulée diminue néanmoins entre les recensements de 1962 et 1968[358].
À partir des années 1990, la tendance s'inverse. Bordeaux retrouve une croissance démographique soutenue, parallèlement à la rénovation de son centre, au réaménagement des quais et d'anciennes emprises portuaires ou ferroviaires et à la création de nouveaux quartiers résidentiels. La commune gagne environ 50 000 habitants en un quart de siècle et se redensifie[359].
Cette évolution s'inscrit dans une transformation plus générale de l'agglomération bordelaise. La croissance démographique et économique se déploie désormais à l'échelle métropolitaine, tandis que la ville-centre connaît une recomposition de sa population et de ses fonctions. Les travaux sociologiques consacrés à Bordeaux mettent notamment en évidence le renforcement des activités tertiaires et des classes moyennes, mais aussi la persistance d'importantes disparités sociales et territoriales[360]. La métropolisation contemporaine s'accompagne également d'une attractivité résidentielle et touristique accrue du centre de Bordeaux et de phénomènes de gentrification, mais aussi de contestations liées aux effets sociaux, urbains et environnementaux de cette croissance[361].
Pyramide des âges
La population bordelaise est relativement jeune. En 2022, les personnes âgées de moins de 30 ans représentent 43,2% de la population municipale, contre 35,3% à l'échelle de la Gironde. À l'inverse, les personnes âgées de 60 ans ou plus représentent 19,1% des habitants, contre 25,6% dans le département.
En 2022, la commune compte 124 444 hommes et 140 884 femmes; les femmes représentent ainsi 53,1% de la population, proportion légèrement supérieure à celle observée dans l'ensemble du département.
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit:
Pyramide des âges de la commune en 2023 en pourcentage[I 7]
Hommes
Classe d’âge
Femmes
3,2
80 ou +
6,2
9,1
65-79 ans
11,1
9,0
55-64 ans
8,9
18,2
40-54 ans
16,9
26,9
25-39 ans
24,2
19,1
15-24 ans
20,2
14,5
0-14 ans
12,5
Pyramide des âges du département de la Gironde en 2023 en pourcentage[I 8]
Bordeaux accueille tout au long de l'année de nombreuses manifestations culturelles et festives dans les domaines de la musique, de la littérature, des arts de la scène, du cinéma, des arts visuels et des cultures urbaines[362].
Cette tradition de manifestations culturelles s'affirme notamment dans la seconde moitié du XXesiècle. Créé en 1965, le festival Sigma occupe à cet égard une place particulière dans l'histoire culturelle bordelaise. Consacré aux formes contemporaines et expérimentales dans des domaines aussi divers que le théâtre, la danse, les arts plastiques et l'audiovisuel, il contribue à renouveler un paysage culturel jusque-là largement dominé par les institutions et manifestations classiques. D'abord itinérant, le festival s'installe en 1975 dans l'entrepôt Lainé, aux côtés notamment du Centre d'arts plastiques contemporains (CAPC), participant à l'affirmation de ce lieu comme l'un des pôles de la création contemporaine à Bordeaux[363].
Parmi les principaux rendez-vous contemporains figurent notamment le Festival international des arts de Bordeaux Métropole (FAB), consacré au spectacle vivant, l'Escale du livre, consacrée à la littérature et à la création éditoriale, ainsi que plusieurs manifestations musicales comme le festival Bordeaux Rock et le festival Relâche. D'autres événements sont consacrés à la danse, au cinéma, aux arts urbains et aux cultures contemporaines[362].
La municipalité organise ou accompagne également plusieurs grands rendez-vous populaires dans l'espace public[364]. Le Carnaval des deux rives, organisé chaque année, associe défilés, spectacles et créations réalisées notamment avec les acteurs associatifs et culturels des quartiers. La Foire aux plaisirs, installée deux fois par an sur la place des Quinconces, constitue pour sa part l'un des principaux rendez-vous forains de la ville.
Les quais de la Garonne sont devenus un espace majeur des manifestations de grande ampleur. Bordeaux fête le vin, créée en 1998, est consacrée aux vins et aux appellations du vignoble bordelais. Installée principalement sur les quais, elle associe dégustations, présentations des terroirs et programmation culturelle. Son développement participe également à la valorisation touristique de Bordeaux et de son vignoble[364].
La Fête du fleuve, créée à la fin des années 1990, a quant à elle mis en valeur le rapport historique de la ville à la Garonne en associant rassemblements de navires, animations nautiques et programmation culturelle. Ces grands événements accompagnent plus largement la réappropriation des quais par les habitants et les visiteurs depuis leur réaménagement au début du XXIesiècle.
La constitution de ce réseau résulte en partie d'une politique culturelle municipale développée au cours de la seconde moitié du XXesiècle. Sous les mandats de Jacques Chaban-Delmas, maire de 1947 à 1995, la culture prend progressivement une place importante dans l'action municipale. Cette politique se traduit notamment par le soutien aux festivals, le développement d'équipements et l'importance croissante des dépenses culturelles: en 1992, celles-ci représentent 27% du budget municipal, contre une moyenne de 10,2% pour l'ensemble des communes françaises. L'historienne Françoise Taliano-des Garets qualifie cette politique de «chabanisme culturel», tout en soulignant à la fois son volontarisme et les limites de son mode de gouvernance[366].
La politique d'accès aux collections municipales a également évolué. Rendues gratuites pour tous en 2005, les collections permanentes de plusieurs musées municipaux redeviennent payantes en 2014, tandis qu'est notamment instaurée la gratuité le premier dimanche de chaque mois, hors juillet et août[367].
La concentration des principaux équipements et institutions culturels participe enfin au rayonnement de Bordeaux au-delà de son territoire communal. À la fin du XXesiècle, Jean-Pierre Augustin et Michel Favory analysent cette organisation comme l'une des dimensions de la métropolisation de la Gironde: parallèlement au poids culturel de la ville-centre et de son agglomération, le développement d'équipements, de manifestations et de politiques culturelles dans les communes périphériques et les autres pôles du département contribue à structurer un espace culturel dépassant les limites de Bordeaux[4].
La pratique sportive à Bordeaux repose sur un réseau d'équipements municipaux, métropolitains, associatifs et privés couvrant aussi bien le sport de haut niveau que la pratique amateur et les activités de proximité. La ville développe également des équipements permettant la pratique libre dans l'espace public[368].
La construction du stade Matmut-Atlantique, inauguré en 2015, s'inscrit par ailleurs dans les stratégies d'aménagement et de rayonnement métropolitain développées à Bordeaux au début du XXIesiècle. André Suchet, Noémie Rondel et Michel Favory analysent cet équipement comme une composante d'un projet politique et urbain visant à conforter le positionnement de Bordeaux comme métropole du Sud-Ouest européen. Sa réalisation illustre également l'évolution des relations entre acteurs publics et privés dans la production des grands équipements sportifs et urbains contemporains[65].
À ces équipements s'ajoute un maillage de gymnases, piscines, terrains de proximité, courts de tennis, installations d'athlétisme, équipements nautiques, skateparks et espaces de sport en accès libre répartis entre les différents quartiers[368].
Bordeaux accueille régulièrement des compétitions nationales et internationales. Parmi les rendez-vous récurrents figurent le Jumping international de Bordeaux, compétition internationale de sports équestres, et le BNP Paribas Primrose Bordeaux, tournoi professionnel de tennis organisé à la Villa Primrose. La ville accueille également des courses pédestres, des épreuves cyclistes et diverses manifestations nautiques.
L'histoire sportive bordelaise est marquée par plusieurs compétitions aujourd'hui disparues ou transformées. Le Grand Prix automobile de Bordeaux s'est notamment déroulé dans les années 1950, tandis que les Six jours de Bordeaux ont été organisés au vélodrome entre 1989 et 1997. Le marathon de Bordeaux Métropole s'est pour sa part tenu de 2015 à 2019.
Bordeaux possède un tissu associatif particulièrement diversifié, couvrant notamment les domaines du sport, de la culture, de l'éducation, de l'action sociale, de l'environnement, de la solidarité internationale et de la vie locale. La ville tient un annuaire numérique permettant aux associations bordelaises de présenter leurs activités et aux habitants de rechercher des structures par quartier ou domaine d'intervention[369].
Le service municipal de la Vie associative accompagne les associations dans leur création, leur fonctionnement et le développement de leurs projets. Il propose notamment des conseils, des formations, un accompagnement à la recherche de bénévoles ainsi que la mise à disposition de ressources et de locaux[370]. Le dispositif des Lieux des associations et des bénévoles bordelais (LABB) met à disposition des associations des espaces de travail, des ressources documentaires et numériques, des salles et différents services d'accompagnement.
La ville organise par ailleurs chaque année la Rentrée des associations, rendez-vous permettant aux structures locales de présenter leurs activités et de rencontrer de nouveaux bénévoles ou adhérents.
Bordeaux est le siège de l'archidiocèse de Bordeaux. Son église cathédrale est la cathédrale Saint-André, consacrée en 1096 par le pape UrbainII et profondément transformée au cours du Moyen Âge. Son clocher indépendant, la tour Pey-Berland, construit au XVesiècle, est classé au titre des monuments historiques[371].
La basilique Saint-Michel, bâtie principalement entre les XIVeetXVIesiècles, constitue un autre édifice majeur du patrimoine religieux bordelais. Elle se caractérise notamment par son clocher indépendant, la flèche Saint-Michel, qui s'élève à plus de 100 mètres.
Avec la basilique Saint-Seurin, Saint-André et Saint-Michel témoignent également du rôle ancien de Bordeaux comme étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. La ville se trouve sur la Via Turonensis, dite voie de Tours, qui relie notamment Paris, Tours et Poitiers aux Pyrénées. Bordeaux était également fréquentée par des pèlerins arrivant par voie maritime depuis les îles Britanniques et les côtes de l'Europe du Nord[372].
Les trois édifices bordelais que sont Saint-Seurin, Saint-André et Saint-Michel font partie du bien en série «Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France», inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998[373]. Ils correspondent à différentes étapes de l'histoire du pèlerinage bordelais: Saint-Seurin constitue l'un des plus anciens lieux de dévotion jacquaire de la ville, tandis que Saint-André puis Saint-Michel prennent une importance croissante au cours du Moyen Âge[372].
La présence protestante à Bordeaux est attestée dès la première moitié du XVIesiècle. À la suite de l'édit de Nantes, les protestants bordelais ne peuvent toutefois établir leur lieu de culte à l'intérieur de la ville et disposent notamment d'un temple à Bègles, détruit peu avant la révocation de l'édit en 1685.
À partir du XVIIIesiècle, plusieurs communautés protestantes s'organisent de nouveau à Bordeaux. La ville compte aujourd'hui notamment le Temple du Hâ, principal lieu de culte de l'Église protestante unie de France dans le centre de Bordeaux, et le temple de la Bastide. Le Temple des Chartrons, construit au début du XIXesiècle, est désaffecté depuis les années 1970[374].
Christianisme orthodoxe
Plusieurs communautés orthodoxes sont établies à Bordeaux. Elles comprennent notamment la paroisse roumaine Saint-Joseph, installée dans la chapelle Saint-Joseph, ainsi que des communautés relevant des traditions orthodoxes serbe et russe.
Judaïsme
La communauté juive bordelaise, dont l'histoire remonte à plusieurs siècles et qui a notamment été marquée par l'installation de familles séfarades venues de la péninsule Ibérique, dispose de la grande synagogue de Bordeaux. Construite au XIXesiècle, celle-ci associe des références architecturales néogothiques et orientalistes. Elle constitue l'un des principaux monuments cultuels juifs de France.
Islam
Plusieurs mosquées et salles de prière musulmanes sont présentes à Bordeaux et participent à la diversité religieuse de la ville.
Bordeaux constitue l'un des principaux pôles médiatiques de la Nouvelle-Aquitaine. La ville accueille des rédactions de presse écrite, des stations de radio ainsi que plusieurs chaînes ou rédactions de télévision couvrant l'actualité locale et régionale.
Presse
Le principal quotidien régional est Sud Ouest, dont le siège et la rédaction principale sont établis dans l'agglomération bordelaise[376]. Fondé en 1944, il couvre une large partie de la Nouvelle-Aquitaine. L'information locale est également assurée par des publications et médias numériques consacrés à Bordeaux et à son agglomération.
Radios
Bordeaux est couverte par les principales stations nationales ainsi que par plusieurs radios locales ou régionales. Parmi celles-ci figurent notamment Ici Gironde, station locale du réseau Ici, Radio Campus Bordeaux, La Clé des Ondes et RCF Bordeaux[377].
Télévision
Bordeaux accueille le siège régional de France 3 Nouvelle-Aquitaine, qui produit les éditions d'information et différents programmes consacrés à l'actualité régionale. La ville accueille également TV7 Bordeaux, chaîne locale appartenant au groupe Sud Ouest, dont les programmes sont consacrés principalement à l'actualité de Bordeaux, de la Gironde et de la Nouvelle-Aquitaine[378].
Économie
Revenus de la population et fiscalité
En 2018, le revenu médian des ménages bordelais s'élevait à 23 070 euros par an, soit un classement de 10 819 sur 32 974 villes analysées[379],[o]. En 2018, 56% des foyers fiscaux de la ville sont imposables et le taux de pauvreté s'élève à 16%, soit légèrement plus que le taux de pauvreté français (12,6%)[380].
En 2021, le revenu médian par unité de consommation s'élève à 24 870 €:
Histogramme des revenus médians disponibles par unité de consommation - département de la Gironde[381],[382]
10 000
20 000
30 000
40 000
Communes de plus de 2 000 habitants du département - Insee 2021 - Fichier localisé social et fiscal - géographie du 01/01/2025
Bordeaux: 24 870 €
Autres communes du département
Gironde: 23 950 €
France métropolitaine: 23 080 €
Les revenus sont toutefois inégalement répartis au sein de l'agglomération. En 2019, Bordeaux présente le niveau de vie médian le plus élevé des communes de Bordeaux Métropole. À l'échelle métropolitaine, un tiers des habitants vivent dans des espaces considérés comme très mixtes du point de vue des revenus, tandis qu'un quart résident dans des espaces très peu mixtes. Au sein de Bordeaux, les quartiers de Saint-Seurin–Fondaudège et de Caudéran, autour du parc Bordelais, accueillent notamment une forte proportion de ménages à hauts revenus[383].
Emploi
En 2018, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 183 767 personnes, parmi lesquelles on comptait 70,8% d'actifs dont 60,6% ayant un emploi et 10,3% de chômeurs[379].
On comptait 190 022 emplois dans la zone d'emploi, contre 164 701 en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 113 145, l'indicateur de concentration d'emploi est de 167,9%, ce qui signifie que la zone d'emploi offre un peu plus d'un emploi et demi par habitant actif[379].
Les 132 065 actifs[384] se répartissant dans les diverses catégories socioprofessionnelles comme suit:
Le taux de chômage était de 9,9% en 2006, de 10,3% en 2011 et de 14,5% en 2018, soit légèrement plus que la moyenne nationale[I 9],[385].
Cette situation s'inscrit dans une forte croissance de l'emploi à l'échelle métropolitaine et départementale. Entre 2010 et 2021, la Gironde passe de 616 948 à 732 905 emplois, soit près de 116 000 emplois supplémentaires et une progression annuelle moyenne de 1,5%. Sur la même période, Bordeaux Métropole gagne plus de 61 000 emplois pour atteindre 463 538 emplois en 2021, soit une création nette moyenne d'environ 5 500 emplois par an. Bordeaux et Mérignac, qui concentrent les plus importants volumes d'emplois de la métropole, connaissent une croissance annuelle supérieure à la moyenne girondine[386].
Les dynamiques demeurent néanmoins contrastées à l'intérieur de l'agglomération: entre 2010 et 2021, la croissance de l'emploi est plus forte sur la rive gauche que sur la rive droite et l'écart s'accentue notamment entre 2015 et 2021[386]. Sur une période plus récente, l'emploi salarié privé connaît toutefois des évolutions différentes. Entre 2010 et 2024, la Gironde et Bordeaux Métropole enregistrent des dynamiques supérieures à celles observées aux échelles régionale et nationale. En 2024, la Gironde perd néanmoins 2 700 emplois salariés privés, première baisse annuelle observée depuis 2010[387].
Le bassin d'emploi de Bordeaux demeure parallèlement marqué par d'importants besoins de main-d'œuvre. En 2024, les employeurs y déclarent environ 54 000 projets de recrutement, soit 13% de moins qu'en 2023. Parmi eux, 66% sont considérés comme difficiles à pourvoir et 16% sont saisonniers. La santé et l'action sociale constituent le premier secteur recruteur et représentent près du quart des projets, contre 13% à l'échelle nationale[388].
Au , Bordeaux compte 41 236 établissements, dont[I 10] 27,4% dans le commerce de gros et de détail, le transport, l'hébergement et la restauration, 25,3% dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les activités de services administratifs et de soutien, 14,8% dans l'administration publique, l'enseignement, la santé humaine et l'action sociale et 7,2% dans les autres activités de service.
En 2020, 7 883 entreprises ont été créées à Bordeaux[I 10]. Le graphique ci-dessous montre l'évolution du nombre de créations d'entreprises chaque année entre 2011 et 2020 à Bordeaux, en comparaison de l'ensemble de la France.
Évolution du nombre d'entreprises à Bordeaux en base 100[I 10].
Le graphique qui aurait dû être présenté ici ne peut pas être affiché car il utilise l'ancienne extension Graph, désactivée pour des questions de sécurité. Des indications pour créer un nouveau graphique avec la nouvelle extension Chart sont disponibles ici.
La pandémie de Covid-19 entraîne en 2020 une forte contraction temporaire de l'activité. L'a-urba estime alors la baisse de l'activité économique de Bordeaux Métropole à 31,5%. Les services aux entreprises en constituent le premier contributeur, à hauteur de 6,5 points, devant le commerce (4,3 points), la construction (4 points), l'administration publique, l'enseignement, la santé et l'action sociale (3,2 points) et les transports et l'entreposage (3,1 points)[390].
Cette dynamique entrepreneuriale présente d'importantes disparités au sein de la métropole. En 2019, les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) regroupent 5% des établissements de Bordeaux Métropole mais 8% des créations d'établissements. À l'exception de Saint-Michel, le nombre de créations rapporté à la population est inférieur dans les QPV à celui observé dans les communes auxquelles ils appartiennent. Parmi les entreprises créées dans ces quartiers, 37% relèvent du régime de l'auto-entreprise; le commerce, les transports, l'hébergement-restauration, la construction et les activités spécialisées y sont particulièrement représentés[391].
L'immobilier d'entreprise constitue également un indicateur de l'activité métropolitaine. En 2025, 122 000 m2 de bureaux sont commercialisés dans l'aire métropolitaine bordelaise, soit 3% de plus qu'en 2024. Le marché des locaux d'activités atteint 178 000 m2, en hausse de 21%, tandis que celui des entrepôts recule à 45 000 m2, soit une baisse de 69%. L'offre disponible à un an atteint respectivement 289 500 m2 pour les bureaux, 282 000 m2 pour les locaux d'activités et 92 500 m2 pour les entrepôts[392].
Agriculture urbaine
L'agriculture urbaine connaît également un développement au sein de l'agglomération bordelaise. Outre les jardins collectifs et les formes non professionnelles, plusieurs exploitations agricoles urbaines à vocation professionnelle se sont développées dans Bordeaux Métropole. Une étude de l'a-urba publiée en 2020 souligne la diversité de leurs modèles économiques, de leurs implantations et de leurs modes de production, ainsi que les difficultés liées notamment à l'accès au foncier et à la viabilité économique des projets[393].
La ville tient un rôle important dans le secteur des vins et spiritueux et accueille notamment la Cité du Vin. Le négoce du vin constitue par ailleurs une activité historique de Bordeaux.
Secteur secondaire
Le transport d'une aile d'Airbus A380 dans le port de Bordeaux, sur la Garonne.
Bordeaux est également une ville industrielle. L’industrie emploie 45 000 salariés en 2020 dans la zone d'emploi de Bordeaux[399].
Bien que l'industrie bordelaise ait connu d'importantes restructurations au cours des dernières décennies, l'agglomération conserve des activités industrielles spécialisées, notamment dans l'aéronautique et le spatial. Bordeaux est l'un des pôles d'Aerospace Valley. Sont notamment implantées à Bordeaux et dans son agglomération les entreprises Dassault Aviation, Safran, ArianeGroup et Thales. C'est notamment en périphérie de Bordeaux que sont construits les avions Falcon et Rafale, différents équipements aéronautiques, les propulseurs d'appoint de la fusée Ariane et le M51. Le Laser Mégajoule, situé au Barp, au sud-ouest de l'agglomération, a également favorisé le développement d'activités liées à l'optique et aux lasers[400].
L'aéronautique demeure l'une des activités industrielles les plus dynamiques: en 2024, la fabrication de matériels de transport figure parmi les secteurs girondins dont l'emploi salarié privé progresse de plus de 3% sur un an[387].
Sont aussi présentes l'industrie pharmaceutique, notamment à Ambarès-et-Lagrave, ainsi que l'industrie agroalimentaire et les activités liées aux vins et spiritueux.
Secteur tertiaire
Le secteur tertiaire reste dominant dans la capitale girondine, notamment grâce à la forte attractivité commerciale et à une concentration des services liés aux entreprises. Il représente environ 80% du total de la population active, dont 25% pour le commerce, 15% pour les activités scientifiques et techniques, 13% pour le transport, 4% pour l'hébergement et la restauration[399]. Bordeaux est également la quatrième place bancaire française[401].
Les services aux entreprises et le commerce constituent en 2024 les principaux secteurs d'emploi salarié privé en Gironde. Parmi les activités connaissant les plus fortes progressions figurent également l'information et la communication ainsi que l'hébergement et la restauration[387].
Tourisme
Bordeaux constitue une importante destination touristique urbaine. En 2025, Bordeaux Métropole enregistre 6,96 millions de nuitées marchandes, soit une diminution de 1,8% par rapport à 2024. La clientèle française représente environ 70% de la fréquentation et recule de 4%, tandis que la fréquentation internationale reste stable. La clientèle américaine progresse de 20% en un an et devient la deuxième clientèle étrangère derrière les Espagnols. Les croisières fluviales connaissent parallèlement une hausse de fréquentation de 27%[402].
En 2005, 55 manifestations ont été réalisées, représentant 10 000 congressistes, pour des retombées économiques estimées à près de 3 millions d'euros. En 2018, Bordeaux était la quatrième ville de congrès de France[403]. En 2025, 3 164 événements professionnels sont organisés dans la métropole. Le nombre de journées-congrès recule de 8% par rapport à 2024 mais demeure supérieur de 25% à son niveau de 2015[402].
Un bateau de croisière sur les quais de la ville.Le Colbert (ancien croiseur), dans le port de la Lune.
La ville de Bordeaux a une activité portuaire importante. Le Grand port maritime de Bordeaux accueille chaque année 1 600 navires et traite environ neuf millions de tonnes de marchandises, dont 4,1 millions de tonnes d'hydrocarbures. En 2010, 50% du trafic du port de Bordeaux est constitué par les liquides énergétiques. Les solides en vrac constituent une part de 30%, tandis que les marchandises diverses et les vracs liquides non pétroliers représentent les 20% restants[406].
Le Grand port maritime de Bordeaux est un établissement public exerçant des missions administratives et des activités industrielles et commerciales sous la tutelle de l'État.
Le port accueille également des navires rouliers conçus pour le transport d'éléments aéronautiques en transit vers Toulouse[408].
L'activité portuaire demeure présente au cœur de Bordeaux, notamment aux Bassins à flot et à Bacalan, où se trouve un pôle naval consacré à la maintenance, à la réparation et au réaménagement de navires. Il dispose notamment de quais d'armement, de formes de radoub et d'un slipway. Plus de 250 navires y sont accueillis chaque année pour des opérations de maintenance, de réparation, de livraison, de refit ou de retrofit[409],[410].
L'architecture bordelaise est particulièrement marquée par le classicisme et le néoclassicisme, qui se développent au XVIIIesiècle dans le contexte de l'expansion économique et démographique de la ville. Inspiré de l'architecture antique et notamment des principes hérités de Vitruve, le néoclassicisme privilégie des formes régulières et monumentales et connaît en France un premier développement sous la dénomination de «goût grec» à partir des années 1760[414].
À Bordeaux, cette transformation urbaine débute toutefois dès la première moitié du XVIIIesiècle. Sous l'impulsion des intendants Boucher et Tourny, puis avec l'intervention de l'architecte Ange-Jacques Gabriel, la ville s'affranchit progressivement de son enceinte médiévale. L'aménagement de la place Royale, actuelle place de la Bourse, ouvre notamment la ville sur la Garonne et accompagne le développement du port et du commerce[415].
Cette politique d'embellissement se poursuit avec la création des places Royale, Dauphine et d'Aquitaine, des allées de Tourny et du Jardin public. À partir de 1773, Victor Louis complète cet ensemble avec le Grand Théâtre, édifié sur la place de la Comédie. L'escalier extérieur actuel résulte de l'abaissement du niveau de la place en 1848[416].
La façade du Grand Théâtre est précédée d'un portique de 88 mètres, soutenu par douze colonnes corinthiennes. Sa corniche est surmontée de douze statues en pierre de 2,3 mètres de hauteur, représentant trois déesses — Junon, Vénus et Minerve — ainsi que les neuf Muses. Elles sont conçues par Pierre-François Berruer, qui en réalise quatre, les huit autres étant exécutées par son assistant Van den Drix d'après ses modèles[417].
La place de la Bourse constitue l'un des principaux ensembles de l'architecture classique française du XVIIIesiècle. Le palais de la Bourse, au nord, accueille aujourd'hui la Chambre de commerce et d'industrie Bordeaux Gironde, tandis que l'ancien Hôtel des Fermes, au sud, abrite la direction interrégionale des douanes et le Musée national des Douanes. Ce dernier est construit entre 1735 et 1738 sous la direction de Gabriel[418]. Les décors sculptés et les mascarons, dus notamment à Jacques Verbeckt, Vernet et Prome, développent des thèmes liés au pouvoir, au commerce et aux activités du port[419].
La roche calcaire, pierre angulaire de l'architecture bordelaise
De la pierre de taille en calcaire à astéries, utilisée pour de nombreuses constructions bordelaises.
L'architecture bordelaise est caractérisée par l'emploi de pierres calcaires aux teintes blondes, à l'origine du surnom de «ville blonde» parfois donné à Bordeaux[420].
L'origine des pierres employées évolue au fil des siècles: le Bourgeais à l'époque gallo-romaine, Saint-Émilion au Moyen Âge, le Fronsadais au XVIIesiècle, puis le Sauternais et l'Entre-deux-Mers au XIXesiècle. La nature de la pierre varie selon les carrières: les calcaires extraits en amont de Bourg sont généralement plus durs, tandis que ceux situés en aval sont plus tendres[421].
La pierre de Roque-de-Thau est utilisée dès l'époque gallo-romaine, notamment pour les Piliers de Tutelle. Par la suite, les calcaires régionaux servent aussi bien à la construction des édifices monumentaux et des hôtels particuliers que des constructions ordinaires, expliquant leur omniprésence dans le paysage urbain bordelais[422].
Le calcaire à astéries, également appelé «pierre de Bordeaux» ou «calcaire de Saint-Émilion», est l'une des roches les plus emblématiques de cette architecture[423]. Daté de l'Oligocène inférieur, il doit son nom aux fragments fossiles d'étoiles de mer qu'il contient, auxquels s'ajoutent notamment des huîtres et des coraux[424].
Utilisé comme moellon et pierre de taille depuis l'Antiquité jusqu'à la fin du XIXesiècle, le calcaire à astéries participe à l'unité architecturale de nombreux monuments et constructions de Bordeaux et de la Gironde[425]. Depuis le XXesiècle, son exploitation a fortement diminué. La carrière de Frontenac fournit notamment de la pierre destinée à la restauration du patrimoine ancien. Les anciennes carrières souterraines ont également connu d'autres usages, notamment comme champignonnières[426].
Brume matinale sur le port de la Lune. La photo est prise depuis la rive gauche. En fond, on aperçoit la basilique Saint-Michel, située dans le centre de la ville.
Surnommée «la Belle Endormie»[429], la ville bénéficie également du label Ville d'art et d'histoire[430]. Elle compte un nombre particulièrement élevé de monuments historiques protégés[431].
Les quais et les berges de la Garonne, profondément réaménagés à partir du début du XXIesiècle, constituent également un axe majeur du paysage urbain. Sur la rive gauche se succèdent notamment les façades du XVIIIesiècle, la place de la Bourse, la porte de Bourgogne, le pont de pierre et la basilique Saint-Michel. Sur la rive droite, le quartier de la Bastide comprend notamment la place Stalingrad, le Lion de Xavier Veilhan et l'église Sainte-Marie.
La place Pey-Berland, la rue Sainte-Catherine et la rue Vital-Carles appartiennent également au cœur historique. Cette dernière abrite la résidence préfectorale dans laquelle séjournent notamment Raymond Poincaré et Paul Reynaud lors du transfert du gouvernement français à Bordeaux pendant les deux guerres mondiales[432].
Le musée d'Aquitaine trouve son origine dans les collections du musée lapidaire constitué à la fin du XVIIIesiècle. Il retrace l'histoire de Bordeaux et de l'Aquitaine à travers des collections archéologiques, historiques et ethnographiques, de la Préhistoire à l'époque contemporaine. Il conserve également les collections de l'ancien musée Goupil.
Le centre d'interprétation Bordeaux Patrimoine mondial est consacré à l'histoire urbaine, à l'architecture et au patrimoine de la ville.
La base sous-marine, construite pendant la Seconde Guerre mondiale, accueille depuis 2020 les Bassins de Lumières, centre d'art numérique proposant des expositions immersives[433]. Depuis le , son annexe accueille également la Boîte noire, un «lieu culturel de proximité» porté par les associations Le Grand Incendie et Dézip et disposant d'une salle de 1 000 personnes[434],[435].
L'Arkéa Arena, située à Floirac, est la plus grande salle de spectacle de la métropole bordelaise. Sa capacité varie de 2 500 à 11 300 places selon les configurations et elle accueille principalement des concerts, spectacles et manifestations sportives[441]. Le Matmut Atlantique, d'une capacité d'environ 42 000 places, accueille également de grands concerts en complément de son usage sportif[442].
La ville possédait autrefois un réseau beaucoup plus dense de salles de quartier. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, on en dénombrait une quarantaine. Nombre d'entre elles disparaissent progressivement avec l'évolution des pratiques culturelles, le développement de la télévision puis celui des multiplexes[447].
Le casino de Bordeaux, situé dans le quartier de Bordeaux Lac, comprend des salles de jeux, des espaces de restauration et une salle de spectacle pouvant accueillir jusqu'à 700 personnes. Il appartient au groupe Barrière[448].
La gastronomie bordelaise comprend plusieurs spécialités associées à la ville et à sa région, parmi lesquelles le canelé, les bouchons au chocolat, les croquants bordelais et les sarments du Médoc.
L'origine précise du canelé fait l'objet de plusieurs récits. Il est notamment rapproché de pâtisseries autrefois confectionnées par des communautés religieuses bordelaises et de l'utilisation des jaunes d'œufs restant après le collage du vin, procédé pour lequel étaient traditionnellement employés les blancs d'œufs[449].
Le patrimoine gastronomique local est également étroitement associé au vignoble bordelais. Celui-ci produit des vins rouges, blancs secs et liquoreux, ainsi que des rosés, des clairets et des vins effervescents tels que le crémant de Bordeaux[450]. La diversité des appellations reflète celle des terroirs, des cépages et des méthodes de vinification.
La Cité du Vin participe à la valorisation de ce patrimoine culturel lié au vin.
L'ancien grand séminaire, construit au XVIIIesiècle par les Lazaristes, devient l'Hôtel des monnaies en 1800 puis la Grande Poste en 1892[456].
Le cimetière de la Chartreuse, principal cimetière historique de Bordeaux, est lui-même protégé au titre des monuments historiques[457].
Le patrimoine mémoriel comprend également des Stolpersteine, ou «pavés de la mémoire», installés à partir de 2017 dans le cadre du projet européen de Gunter Demnig en hommage aux victimes du régime nazi. Bordeaux en compte 17 en 2024; les deux derniers ont été posés à la mémoire des parents de Boris Cyrulnik[458].
Patrimoine linguistique
Le bordeluche, variété populaire du français autrefois largement employée à Bordeaux et influencée par le gascon, est aujourd'hui beaucoup moins utilisé[459]. Certaines expressions restent néanmoins associées au parler régional, notamment «gavé» au sens de «beaucoup», «ça caille», «ça daille» ou encore «chocolatine», terme répandu dans une grande partie du Sud-Ouest[460].
Montaigne, maire de Bordeaux de 1581 à 1585, est l'auteur des Essais, œuvre dont l'influence s'étend largement dans la littérature et la philosophie européennes.
La bibliothèque Mériadeck, d'une surface de 26 000 m2, dont 8 000 m2 accessibles au public, constitue la principale bibliothèque municipale de Bordeaux[463]. Ses collections comprennent notamment plus de 300 000 documents patrimoniaux.
Parmi les pièces remarquables conservées figurent la bible de l'abbaye de La Sauve-Majeure, plusieurs cartulaires médiévaux ainsi que l'Exemplaire de Bordeaux, exemplaire de l'édition de 1588 des Essais portant de nombreuses corrections et annotations autographes de Montaigne.
La ville accueille également la librairie Mollat, l'une des principales librairies indépendantes françaises, installée à l'emplacement de la dernière demeure bordelaise de Montesquieu[464].
L'architecture contemporaine est notamment représentée par le quartier de Mériadeck, dont l'urbanisme sur dalle et les immeubles de béton et de verre contrastent avec le tissu urbain traditionnel du centre historique[467]. À l'échelle métropolitaine, la Cité Frugès de Pessac, conçue par Le Corbusier, est inscrite depuis 2016 au patrimoine mondial dans le cadre de L'œuvre architecturale de Le Corbusier.
Le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux et Arc en rêve centre d'architecture participent également à la diffusion de l'art contemporain, de l'architecture et de l'urbanisme.
Bordeaux bénéficie de plusieurs distinctions et labels liés à son patrimoine, à sa culture et à son cadre de vie.
En 1957, elle reçoit le prix de l'Europe, conjointement avec Turin, pour son action en faveur de la coopération entre les villes européennes[470].
Depuis 2007, 1 731ha du centre de Bordeaux sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial au titre du bien «Bordeaux, Port de la Lune». L'UNESCO souligne à la fois la qualité de son ensemble urbain et architectural issu notamment du siècle des Lumières et son rôle historique de centre d'échanges et d'influences[428]. L'histoire de cette prospérité portuaire est également liée à la traite atlantique, à l'esclavage et au système colonial[471].
La ville a également obtenu différentes distinctions dans les domaines de l'innovation, du sport, du cyclotourisme, de la qualité des services publics municipaux et du fleurissement. Elle bénéficie notamment du label «quatre fleurs» du Concours des villes et villages fleuris[473].
En 2017, Bordeaux est placée en tête du classement annuel des villes à visiter établi par l'éditeur de guides Lonely Planet, qui met alors en avant la transformation des quais de la Garonne et les aménagements urbains réalisés sur les deux rives[474].
Parmi les principales personnalités politiques liées à la ville figurent Jacques Chaban-Delmas, maire de 1947 à 1995, et Alain Juppé, maire de 1995 à 2004 puis de 2006 à 2019.
Le premier blason connu de Bordeaux remonte à l'époque de Richard Cœur de Lion. Les armoiries de la ville évoluent ensuite au gré des changements de suzeraineté et de régime politique, notamment entre les périodes anglaise et française[477].
En héraldique, le blasonnement désigne la description codifiée des armoiries. En 1913, Meaudre de Lapouyade propose pour celles de Bordeaux la description suivante[478]: «De gueules; à la Grosse Cloche ouverte, ajourée et maçonnée de sable et sommée d’un léopard d’or; à la mer d’azur, ondoyée de sable et d’argent, chargée d’un croissant aussi d’argent; au chef d’azur, semé de France.»
Meubles de l'écu
Les différents éléments de l'écu renvoient à l'histoire et à la géographie de Bordeaux.
Le «léopard» renvoie aux armes des rois d'Angleterre[480]. En héraldique, le lion et le léopard correspondent au même animal et se distinguent notamment par la position de la tête: représenté de profil, il est blasonné «lion»; la tête tournée de face, «léopard». Durant la période anglaise (1154-1453), les armoiries de Bordeaux comportent trois lions. Après la bataille de Castillon et la fin de la domination anglaise en 1453, un seul est conservé[479].
La «mer d’azur ondoyée de sable et d’argent» symbolise la Garonne, tandis que le croissant évoque la forme incurvée du port de Bordeaux, à l'origine de l'appellation de «Port de la Lune».
Le chef d'azur semé de fleurs de lys représente les armes du roi de France. Il est ajouté après la période anglaise, en remplacement de deux des trois lions, et marque ainsi le retour de Bordeaux sous la souveraineté du roi de France.
Ornements extérieurs de l'écu
Les armoiries sont soutenues par deux antilopes blanches enchaînées et colletées de couronnes fleurdelisées. Elles sont traditionnellement interprétées comme une évocation de la reconquête française: les antilopes, associées à l'héraldique anglaise, sont retenues par des couronnes ornées des fleurs de lys françaises[477].
L'écu est surmonté d'une couronne murale, ajoutée au XIXesiècle. Symbole traditionnel des communes, elle comporte ici cinq tours, correspondant au rang de capitale régionale. Auparavant, Bordeaux utilisait une couronne comtale, encore représentée sur la grille du jardin de l'hôtel de ville. Cette couronne rappelle que la jurade de Bordeaux, institution municipale sous l'Ancien Régime, possédait depuis le XVIesiècle le comté d'Ornon, qui comprenait approximativement les territoires des actuelles communes de Gradignan et de Villenave-d'Ornon. Cette possession explique l'association historique de la ville à un titre comtal[481].
Le «chiffre» de Bordeaux, également appelé «petites armoiries»[477], est composé de trois croissants entrelacés[p]. Cette représentation stylisée des armes de la ville sert aujourd'hui de signature graphique.
Son usage est attesté à partir du milieu du XVIIesiècle. Il apparaît d'abord sur le dos et les plats des reliures des livres de prix décernés par le collège de Guyenne. Au XVIIIesiècle, il orne notamment le fronton de la fontaine Saint-Projet (1715), puis la fontaine de la Grave (1788). Il est ensuite repris sur de nombreux monuments et éléments du mobilier urbain.
Les trois croissants constituent aujourd'hui le symbole employé dans le logotype de la ville[477].
Cette devise constitue une lecture symbolique des principaux éléments du blason: les lys représentent la monarchie française, la lune le croissant du port, les ondes la Garonne, la forteresse l'ancien hôtel de ville et le lion l'héritage de la période anglaise. Elle affirme ainsi la souveraineté du roi de France sur Bordeaux après la fin de la domination anglaise en 1453, également matérialisée dans les armoiries par l'ajout des armes de France au chef de l'écu[477].
↑Le canton a changé de nom à la suite du décret du .
↑Les populations indiquées correspondent à la «population municipale» de l'INSEE. Sont donc exclus les résidents temporaires du canton. Plus d'information sur le site de l'INSEE.
↑Selon l'INSEE, les charges de fonctionnement correspondent aux frais de fonctionnement courant de la collectivité (frais de personnel, dépenses d'entretien,etc.).
↑Selon l'INSEE, les dépenses d'investissement correspondent aux opérations en capital. En particulier, elles comprennent les remboursements d'emprunts, les prêts et avances accordés par la collectivité, les dépenses directes d'investissement (acquisitions mobilières et immobilières, travaux neufs, grosses réparations) et les subventions d'équipements versées.
↑Selon l'INSEE, les recettes de fonctionnement correspondent principalement à la fiscalité locale directe, aux dotations de l'État et aux produits financiers.
↑Selon l'INSEE, les recettes d'investissement correspondent aux dotations et subventions, tels que les fonds de la compensation de la TVA (FCTVA), la dotation globale d'équipement (DGE), les autres subventions d'investissement et les emprunts.
↑En comparaison des taux d'imposition de 2018, soit respectivement 22,02%, 23,8% et 37,18%.
↑L'«encours de la dette» représente la somme que la commune doit aux banques au de l'année considérée.
↑L'«annuité de la dette» équivaut à la somme des intérêts d'emprunts de la commune et du montant de remboursement du capital au cours de l'année.
↑La «capacité de désendettement» est basée sur le ratio suivant défini par la formule: ratio = encours de la dette⁄capacité d'autofinancement. Ce ratio montre, à un instant donné, le nombre d'années qui seraient nécessaires au remboursement des dettes en considérant les ressources de Bordeaux.
↑L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié les données des revenus médians par habitant en 2015 et 2018. Les données n'ont pas été divulguées pour les communes de moins de 50 ménages et de moins de 100 personnes pour des raisons de confidentialité, c'est pourquoi seules 32 974 des 34 968 communes ont des données disponibles.
↑Le chiffre de Bordeaux ne contient pas d'initiales et n'est donc pas, à proprement parler, un monogramme.
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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