Le Bhoutan est un ensemble de fiefs mineurs en guerre jusqu'au début du XVIIesiècle, quand le lama et chef militaire Shabdrung Ngawang Namgyal, fuyant la persécution religieuse au Tibet, unifie la région et cultive une identité bhoutanaise distincte. À la fin du XVIIIesiècle, le Bhoutan entre en contact avec l'Empire britannique. Il en devient ensuite un protectorat. Le Bhoutan continue de maintenir des relations bilatérales fortes avec l'Inde, de laquelle il se détache en 1949.
La géographie du Bhoutan varie des plaines subtropicales dans le sud aux montagnes de l'Himalaya au nord, où certains sommets excèdent 7 000 m. Sa superficie est de 38 394 km2 et le pays mesure environ 300 km dans sa plus grande longueur est-ouest, et 170 km dans le sens nord-sud.
À partir de 1985, le gouvernement bhoutanais décide de ne plus considérer comme bhoutanaise la population d'origine népalaise, ce qui entraîne l'exil, plus ou moins contraint, de ces Bhoutanais d'origine népalaise, privés de leur citoyenneté. Nombre d'entre eux vivent désormais au Népal dans des camps de réfugiés sous l'égide du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Carte de Rennell, 1777. Le Tibet y est appelé Bootan (coin supérieur droit).
L'étymologie précise de Bhoutan est inconnue, mais il est probable que le nom dérive de l'endonymetibétainBod, utilisé pour le Grand Tibet. Bod passe traditionnellement pour être une transcription du sanscritBhoṭa-anta (भोट-अन्त, «extrémité du Tibet»)[12], allusion à la position du Bhoutan à l'extrémité sud du plateau tibétain et sa culture[13],[14].
Des noms similaires à Bhoutan, comme Bottanthis, Bottan et Bottanter, font leur apparition en Europe à partir des années 1580[réf.nécessaire]. Dans la Relação (lettre) du jésuite portugais Estêvão Cacella, écrite en octobre 1627, le Bhoutan est appelé Cambirasi («parmi les Cooch Beharis»)[15], Potente et Mon (un endonyme pour le sud du Tibet)[16]. La première fois qu'un royaume distinct du Bhoutan apparaît sur une carte occidentale, il est désigné sous son nom local, Broukpa[16].
L'orthographe Boutan (sans le h) apparaît pour la première fois dans Six voyages du Français Jean-Baptiste Tavernier, publié en 1676. Toutefois, tous ces usages renvoient non au Bhoutan tel qu'on le connaît aujourd'hui, mais au royaume du Tibet. La distinction moderne entre ces deux entités ne se fait qu'à partir de la fin de l'expédition de 1774 de George Bogle. Celui-ci apprend à discerner les différences entre les deux régions, cultures et États. Dans son rapport final à la Compagnie britannique des Indes orientales, il propose d'appeler officiellement le royaume de Druk DesiBoutan (selon l'orthographe française), et celui du panchen-lamaTibet. Le géomètre-expertJames Rennell anglicise le nom du premier en Bootan, avant de populariser la distinction entre celui-ci et le grand Tibet[16].
Sur place, le Bhoutan a beaucoup de noms différents. Le nom local du pays est Brug-yul, souvent transcrit Druk Yul, il signifie «terre du dragon». Il est aussi nommé Druk Tsendhen («terre du dragon tonnerre»), le tonnerre étant interprété comme étant les grognements de dragons. D'autres noms recensés sont Lho Mon («terres sombres du sud»), Lho Tsendenjong («terres du sud du cyprès»), Lhomen Khazhi («terres du sud des quatre chemins»), et Lho Men Jong («terres du sud des plantes médicinales»)[17],[18].
Des outils en différents matériaux, des armes, des ivoires et des ossements d'éléphants et des ruines de constructions en pierre témoignent de la présence humaine vers 2000 av. J.-C., mais il n'existe pas de documents écrits.
Le Bhoutan aurait été peuplé entre 500 et 600 av. J.-C. par l'ethnie Monba, pratiquant la tradition animiste du bön. Cette culture aurait existé dans l'État de Lho Mon («terres sombres du sud») ou Mon Yul («terres sombres»)[19],[20].
Le bouddhisme y prend racine au VIIesiècle de notre ère. Le roi tibétain Songtsen Gampo (régnant de 627 à 649)[21] se convertit au bouddhisme et étend l'empire tibétain jusqu'au Sikkim et au Bhoutan[22]: il ordonne la construction de deux temples bouddhistes, l'un à Jakar et l'autre à Kyichu (près de Paro, dans la vallée du Paro)[23]. Le bouddhisme se propage véritablement[21] dès 746[24], sous le roi Sindhu Raja (aussi appelé Künjom[25], Sendha Gyab ou Chakhar Gyalpo), un roi indien exilé. Il établit un gouvernement au palais de Chakhar Gutho, dans le district de Bumthang[26],[27]. Le maître et saint indien Padmasambhava (aussi appelé Gourou Rinpoche) arrive en 747[28].
La dzong de Punakha et son pont en bois au printemps.La dzong de Jakar.
La plus grande partie de l'histoire bhoutanaise n'est pas très bien connue car en 1827, un incendie a ravagé l'ancienne capitale, Punakha, détruisant les archives.
Au Xesiècle, le développement politique du Bhoutan est très fortement influencé par la religion. Plusieurs variantes du bouddhisme y émergent, soutenues par divers chefs de guerre mongols. À la suite du déclin de la dynastie Yuan au XIVesiècle, ces ordres religieux luttent entre eux pour dominer la région politiquement et religieusement. Ceci mène à la victoire de l'ordre Drukpa au XVIesiècle[23],[29].
Au XIesiècle, le territoire est occupé par des forces militaires tibéto-mongoles. Jusqu'au début du XVIIesiècle, il n'est qu'une mosaïque de petits fiefs guerriers que va unifier le lama tibétain Shabdrung Ngawang Namgyal en créant un réseau de forteresses (dzong) à codirection administrative (penlop) et spirituelle (lama). Il promulgue la Tsa Yig, un code législatif qui aide à unifier les chefs locaux. Beaucoup de ces dzong existent toujours, et jouent encore un rôle spirituel et administratif. Les jésuites portugais Estêvão Cacella et João Cabral sont les premiers Européens dont on peut attester la présence au Bhoutan. Ils le traversent, en route pour Shigatsé, au Tibet. Ils y sont fort courtoisement reçus[30]. Après presque huit mois dans la région, Cacella écrit une longue lettre décrivant ses voyages. Elle contient une des rares références contemporaines au Shabdrung[31],[32]. La mort de Ngawang Namgyal en 1651 reste secrète pendant 54 ans. Après une période de consolidation, le Bhoutan est à nouveau le théâtre de conflits armés internes. En 1711 commence une guerre contre l'empire moghol et ses subedars, qui restaurent le royaume du Cooch Behar dans le sud. Dans le chaos qui s'ensuit, les Tibétains cherchent à reprendre le Bhoutan en 1714, sans succès[33].
Au XVIIIesiècle, les Bhoutanais envahissent et occupent le Cooch Behar au sud. En 1772, le Cooch Behar fait appel à la Compagnie britannique des Indes orientales, qui l'aide à expulser les Bhoutanais et à attaquer le Bhoutan lui-même en 1774. Un traité de paix est signé et le Bhoutan se replie sur ses frontières de 1730. La paix est fragile: les escarmouches avec les Britanniques continuent pendant encore un siècle. Ces escarmouches mènent à la guerre du Bhoutan (1864-1865) pour le contrôle des Duars. Après sa défaite, le Bhoutan signe le traité de Sinchula avec l'Inde britannique. L'indemnité de guerre inclut la cession des Duars au Royaume-Uni en échange d'une rente de 50 000 roupies.
Dans les années 1870, une guerre civile entre les gouverneurs (penlop) des vallées rivales du Paro et du Tongsa débouche sur la victoire d'Ugyen Wangchuck qui, soutenu par les Britanniques, instaure en 1907 la dynastie royale des Wangchuck. De sa base au centre du Bhoutan, Ugyen Wangchuck met en échec ses rivaux politiques et unifie le pays après plusieurs guerres civiles et rébellions de 1882 à 1885[34].
Le (la fête nationale célébrée le commémore cet événement)[35], Ugyen Wangchuck est unanimement élu roi héréditaire du pays par une assemblée de lamas, des penlops et des chefs de clans (nobles). Le gouvernement britannique reconnaît aussitôt la monarchie. En 1910, le Bhoutan signe le traité de Punakha, qui le place sous protectorat britannique: les Britanniques s'occupent des relations internationales mais s'abstiennent de s'immiscer dans les affaires intérieures du Bhoutan. Ce traité n'affecte pas les relations du Bhoutan avec le Tibet, indépendant de facto à ce moment. Lors de l'indépendance de l'Inde le 15 août 1947, le Bhoutan devient l'un des premiers pays à reconnaître le nouveau pays. Le 8 août 1949, un traité similaire à celui de 1910 est signé avec l'Inde[19].
Le nouveau roi Jigme Dorji Wangchuck entend réformer et moderniser le pays. En 1953, il fonde la législature du pays (une assemblée nationale de 130 membres, appelée Tshogdu), afin de promouvoir un système de gouvernement moins autocratique. En 1956, il abolit le servage et l'esclavage et opère une réforme agraire[36]. En 1965, il fonde le Conseil consultatif royal, et en 1968 le conseil des ministres. Le Bhoutan devient membre des Nations unies en 1971 après avoir été membre observateur pendant trois ans.
Le couronnement du quatrième roi, Jigme Singye Wangchuck, en 1974, est l'occasion pour le royaume de s'ouvrir davantage sur le monde. Il introduit de nouvelles réformes politiques significatives. Il transfère la plus grande partie de ses pouvoirs administratifs au conseil des ministres, et permet la motion de censure du roi par une majorité de deux tiers de l'Assemblée nationale[37]. Mais il cherche aussi à unifier le pays en imposant la langue bhoutanaise dzongkha et la culture bhoutanaise à tous les habitants, assimilant ainsi de force les minorités issues de l'immigration: en 1985, une loi prive de leur citoyenneté les Lhotshampas, population d'origine népalaise vivant dans les plaines du Sud; leur langue est interdite, ils doivent porter la tenue vestimentaire drukpa[38]. En septembre 1990, des manifestations contre la politique du gouvernement visant à éradiquer les cultures, les langues, les religions et les tenues vestimentaires non-drukpa sont réprimées et se soldent par 400 victimes[39]. Des violences (vols, agressions, viols et meurtres) visant des citoyens bhoutanais d'origine népalaise répandent un climat de peur et d'insécurité qui déclenche, à partir de 1992, un exode des Lhotshampa vers l'Assam ou le Bengale-Occidental en Inde et vers le Népal[40],[41]. 100 000 d'entre eux fuient la répression.
Toutefois, pour Françoise Pommaret, directeur de recherche spécialiste du Bhoutan, si certains expulsés le furent de façon illégitime, la majorité d'entre eux n'étaient pas originaires du Bhoutan, où ils sont arrivés ces dernières décennies, à la recherche de terres et de services sociaux inexistants au Népal. En raison de leur tradition de castes, ils méprisaient les autres communautés et la plupart refusaient de parler le dzongkha, ce qui était mal perçu par les ethnies bouddhistes[42]. Contestant les chiffres, les autorités bhoutanaises affirment que nombre de réfugiés ayant rejoint les camps ne viennent pas du Bhoutan, mais de l'Inde ou du Népal, pour bénéficier de l'aide internationale[42].
En 1999, le gouvernement lève l'interdiction sur la télévision et internet. Le Bhoutan devient ainsi l'un des derniers pays du monde à avoir accédé à la télévision. Dans un discours, le roi annonce que la télévision est un pas critique en avant pour la modernisation du Bhoutan, et qu'elle contribuera au bonheur national brut[43]. Toutefois, il met en garde contre «l'usage abusif» de la télévision, qui pourrait effacer certaines valeurs traditionnelles bhoutanaises[44].
Une nouvelle constitution est présentée en 2005. Le Bhoutan rejoint Interpol le 19 septembre de la même année[45]. Le , Jigme Singye Wangchuck abdique en faveur de son fils aîné, Jigme Khesar Wangchuck. Celui-ci est couronné le [46].
Les premières élections parlementaires ont lieu en décembre 2007 et mars 2008[47].
Le , le roi du Bhoutan, Jigme Singye Wangchuck, annonce[48] que le royaume se transformera en une démocratie parlementaire en 2008 et qu'il abdiquera à cette date en faveur du prince héritier Dasho Jigme Khesar Wangchuck, son fils aîné, âgé de vingt-cinq ans en 2005. Il abdique le et délègue ses pouvoirs à son fils. Le , Jigme Khesar Namgyel Wangchuck est officiellement couronné cinquième roi du Bhoutan, et devient ainsi, à vingt-huit ans, le plus jeune roi de l'histoire du Bhoutan[49]. Le , il épouse une roturière, Jetsun Pema[50].
Le projet de Constitution, en préparation depuis 2001, prévoit la création d'un Parlement bicaméral, composé d'une Assemblée nationale de 75 membres et d'un Conseil national de 25 membres. Le chef de l'État demeure le roi, mais il pourrait être destitué par un vote réunissant les voix des deux tiers des membres du Parlement.
Les élections pour la chambre haute (le Conseil national) ont lieu le et le , et celles pour la chambre basse (l'Assemblée nationale) le et le .
Suivant sa constitution, le pays promet de maintenir au moins 60% de son territoire sous couverture forestière[52].
Forces militaires et affaires étrangères
L'Armée royale du Bhoutan est la force militaire du pays. Elle inclut la Garde royale et la Police royale. Le service militaire est volontaire, l'âge minimum étant fixé à 18 ans. L'armée compte 18 000 membres et est formée par l'armée de terre de l'Inde[53]. Son budget annuel est d'environ 13,7 millions de dollars, soit 1,8% du PIB du pays. N'ayant pas accès à la mer, le Bhoutan n'a pas de marine. Il n'a pas de forces aériennes: son armée de terre dépend du Commandement de l'Est de la Force aérienne indienne pour les actions aériennes.
Le Bhoutan maintient des relations économiques, stratégiques et militaires étroites avec l'Inde voisine[54],[55]. Le , le Bhoutan et l'Inde signent un nouveau traité clarifiant le contrôle du Bhoutan sur ses propres relations internationales. Ce traité remplace celui signé en 1949. Le traité de 1949 est encore parfois interprété comme permettant à l'Inde de contrôler les affaires étrangères du Bhoutan, mais c'est le gouvernement du Bhoutan qui se charge de toutes les affaires étrangères du pays, y compris les sujets intéressant le gouvernement indien, comme la frontière entre le Bhoutan et la Chine.
Le Bhoutan maintient des relations diplomatiques avec 52 pays et l'Union européenne. Il a des ambassades ou consulats en Inde, au Bangladesh, en Thaïlande, au Koweït, et en Belgique, ainsi que deux missions aux Nations unies (l'une à New York et l'autre à Genève). Thimphou abrite deux ambassades, celles de l'Inde et du Bangladesh, ainsi qu'un consulat, celui de Thaïlande. D'autres pays maintiennent un contact diplomatique informel via leurs ambassades à New Delhi. Il existe des consulats bhoutanais honoraires à Londres et à Washington[56],[57],[58].
Un accord de longue date permet aux citoyens de l'Inde et du Bhoutan de voyager dans le pays voisin sans passeport ni visa, mais avec leurs documents d'identité. Les Bhoutanais peuvent également travailler en Inde sans restriction aucune.
Le Bhoutan ne maintient pas de relations diplomatiques formelles avec son voisin au nord, la Chine, mais en ces dernières années, il y a eu une hausse significative de réunions bilatérales. Le premier accord bilatéral entre la Chine et le Bhoutan est signé en 1998, et le Bhoutan a des consulats honoraires à Macao et à Hong Kong. La frontière avec la Chine est en grande partie non délimitée, et donc contestée à certains endroits. Environ 269 km2 restent contestés entre les deux pays[59].
Le , des soldats chinois pénètrent les territoires contestés entre la Chine et le Bhoutan, et commencent à y construire des routes et des ponts[60]. Le ministre bhoutanais des affaires étrangères, Khandu Wangchuk, parle du problème avec les autorités chinoises après une discussion à ce sujet au Parlement bhoutanais. Qin Gang, porte-parole de la Chine, répond que la frontière reste contestée et que les deux parties continuent à travailler afin de trouver une solution pour le conflit[61]. Un officier du service de renseignement indien dit que la délégation chinoise au Bhoutan accuse les Bhoutanais de «dramatiser». Le journal bhoutanais Kuensel dit que la Chine pourrait utiliser les routes construites pour promouvoir la possession chinoise de la région contestée[60].
L'une des particularités du Bhoutan est sa recherche du bonheur à travers l'amélioration de ce qu'il appelle le «bonheur national brut» ou BNB. Là où la majorité des gouvernements se basent sur la valeur du produit national brut (PNB) pour mesurer le niveau de richesse des citoyens, le Bhoutan lui a substitué le BNB pour mesurer le niveau de bonheur de ses habitants. Cet indice, instauré par le roi Jigme Singye Wangchuck en 1972, se base sur quatre principes fondamentaux, piliers du développement durable, à savoir:
la croissance et le développement économiques responsables[62];
la conservation et la promotion de la culture bhoutanaise[62];
la sauvegarde de l'environnement et la promotion du développement durable[62];
Une première rencontre internationale sur la définition de la prospérité a eu lieu en 2004 à l'Université Saint-Francis-Xavier, au Canada. Sur les quatre cents personnes venant de plus de dix pays différents, plus d'une trentaine étaient bhoutanaises, dont des enseignants, des moines et des responsables politiques. Elle a été suivie de rencontres en 2007 (en Thaïlande), en 2008 (au Bhoutan) et en 2011 (à l'ONU)[64].
Le discours sur le Bonheur national brut est remis en cause par le Premier ministre nommé en juillet 2013, Tshering Tobgay, qui explique que le gouvernement précédent a passé beaucoup plus de temps à en parler qu'à agir, et relève que le pays est confronté à quatre grands défis: l'endettement, la monnaie, le chômage (dont celui des jeunes), et la perception d'une corruption croissante[65].
Un gewog (en dzongkha «bloc») est un groupe de villages formant une unité administrative géographique intermédiaire entre le village et le dzongkhag. Le pays comprend 205 gewog, qui couvrent chacun en moyenne une région de 190 km2.
Depuis la fin des années 1980, le roi du Bhoutan, Jigme Singye Wangchuck, poursuit un programme à long terme de décentralisation. En 1991, les gewog sont devenus des unités administratives officielles, chacun d'entre eux étant dirigé par un gup («chef»).
La superficie du Bhoutan est de 38 394 km2. L'Himalaya domine le paysage du Nord du pays et de nombreux sommets dépassent les 7 000 mètres d'altitude. Le Kula Kangri est généralement considéré comme le point culminant du Bhoutan, à 7 553 mètres, mais la Chine le revendique. La forêt couvre 70% du territoire national. La plus grande partie de la population est concentrée sur les hauts plateaux et dans les vallées de l'ouest.
Frontières terrestres: 1 075 km (Inde605 km; Chine470 km)
Littoral: 0 km
Altitude: minimale + 97 m (Drangeme Chhu); maximale + 7 553 m (Gangkhar Puensum)
Le climat du Bhoutan est un climat de montagne qui varie beaucoup d'une région à l'autre. Le climat bhoutanais varie au vu de sa diversité géographique et de ses différents degrés d'altitude. Le sud du Bhoutan est marqué par un climat tropical avec des périodes de mousson (pluies venues du golfe du Bengale). Le centre du pays est marqué par un climat semi-tropical tandis que le nord du pays (autour de Thimphou, Paro et Ha) est caractérisé par un climat rude et très froid, avec des chutes de neige en hiver qui peuvent bloquer certains cols[66].
Le Bhoutan fait partie des quelques pays au bilan carbone négatif, notamment grâce à une couverture forestière d’environ 70% du territoire[67]. Il n'en est pas moins menacé par le réchauffement climatique: crues soudaines des lacs d’altitude en raison de la fonte des glaciers, tempêtes, éboulements mortels à répétition. Les populations de yaks, animaux emblématiques du pays, sont en baisse à cause des modifications dans leur environnement (herbe à brouter plus rare et de moins bonne qualité, transhumance décalée en raison de l’arrivée précoce du printemps...)[67].
L'économie du Bhoutan est une des moins développées au monde; elle est fondée sur l'agriculture, l'élevage, l'exploitation forestière, l'industrie minière, la vente à l'Inde d'électricité d'origine hydraulique et le tourisme.
Au nord du pays, au-delà de 3 500 mètres d'altitude (région du Grand Himalaya), l'élevage du yack prédomine mais perd en rentabilité pour les éleveurs. Cette activité, en 2010, ne représente plus que 3% de la production du beurre, du fromage et de la viande du pays. Elle a, par contre, l'avantage d'être utilisée pour les fêtes traditionnelles et surtout d'être un attrait touristique[68].
Caractéristiques
Paysans lors des récoltes.
L'agriculture est en grande partie vivrière et comprend l'élevage. Les montagnes dominent le territoire et rendent la construction de routes et de toute autre infrastructure difficile et chère. L'économie est étroitement alignée sur celle de l'Inde par de forts liens commerciaux et monétaires et dépend fortement de l'aide financière de ce pays. Le secteur, très délaissé, de la technologie industrielle n'est pas une priorité et la plupart des productions proviennent d'ateliers familiaux.
La majorité des projets de développement, tels que la construction de routes, est tributaire de la main-d'œuvre saisonnière indienne. Le potentiel de production hydro-électrique et l'activité touristique sont les ressources principales en capitaux du pays.
Les programmes modèles sociaux d'éducation et d'environnement en cours se font avec l'appui d'organismes multilatéraux de développement. Chaque programme économique doit tenir compte de la politique gouvernementale de protection de l'environnement et des traditions culturelles du pays.
Les contrôles poussés et les politiques dans les domaines de l'industrie, du commerce, du travail et des finances constituent une maîtrise de l'investissement étranger.
Le pays ne s'est ouvert aux touristes qu'en 1974. Cette ouverture reste très mesurée et exclut le tourisme de masse par le prix élevé des séjours organisés, culturels et de randonnée. Le tourisme en 2002 fournissait un cinquième des ressources du pays[69].
Dans les années 1970 et 1980, le gouvernement royal du Bhoutan a émis des timbres-poste aux formes et dans des matières originales afin d'obtenir de nouveaux revenus. Ces timbres sont aujourd'hui très recherchés par les philatélistes. Le promoteur de cette production philatélique, l'Américain Burt Todd, en a fait commencer la production en 1962. Des timbres destinés à la poste aérienne ont été diffusés avant même que le pays soit doté d'un aéroport, en 1992.
De manière générale, le courrier est très marginal au Bhoutan, pays de tradition bouddhiste où les familles vivent très rapprochées. Les timbres visent surtout à rapporter des devises. Les timbres oblitérés vraiment sur place, et oblitérés en d'autres villes et villages autres que Thimphou, la capitale, sont très recherchés par les philatélistes, et considérés comme étant plus authentiques.[réf.nécessaire]
Les moins de 14 ans constituent 27% de la population.Évolution de la population entre 1961 et 2003 en milliers d'habitants (chiffre de la FAO, 2005).
Selon le World Factbook de la CIA, la population s'élève à 741 919 habitants[1]. Le gouvernement recense 777 000 Bhoutanais en 2024[70]. Ceci provient du fait que les Lhotshampas, constituant une partie de la population vivant au Bhoutan, sont d'origine népalaise et de religion hindoue et le gouvernement bhoutanais ne les reconnaît plus comme citoyens depuis 1988. Depuis cette date, l'enseignement du népalais est interdit à l'école et le dzongkha est obligatoire[71]. Les Lhotshampas subissent une discrimination culturelle et ethnique au point que certaines professions leur sont interdites (administration, enseignement, etc.)[72],[73].
La liste qui suit regroupe quelques statistiques démographiques:
population par tranche d'âge: 0-14 ans: 26,76%; 15-64 ans: 67,11%; + 65 ans: 6,12%[1];
La langue officielle du Bhoutan est le dzongkha, bien qu'il existe au moins une vingtaine d'autres langues à travers le pays[75]. Toutes ces langues sont tibéto-birmanes et présentent des similitudes linguistiques, excepté le népalais parlé par la minorité lhotshampas[76]. Le dzongkha, langue de l'ethnie ngalop[77], est désigné comme langue nationale par le roi Jigme Dorji Wangchuck en 1961. Auparavant, la seule langue écrite du pays était le tibétain classique, dont le dzongkha est la langue bhoutanaise la plus proche[78].
En 1992, les trois principales langues sont le dzongkha (160 000 locuteurs), le népalais (156 000 locuteurs) et le tshangla (138 000 locuteurs)[76]. Selon les estimations de la CIA en 2005, le tshangla est en première position (28% de locuteurs), suivi du dzongkha (24%) et du népalais (22%), les autres langues —y compris étrangères— représentant les 26% restant[79].
L'anglais est également très répandu, ayant été introduit dans l'enseignement scolaire à la fin des années 1950 pour pallier les lacunes du dzongkha dans les sciences, la diplomatie et le commerce[80]. Les premières stations de radio, le premier journal télévisé ainsi que la plupart des journaux d'actualités sont édités en dzongkha et en anglais, voire parfois seulement en anglais[81]. Bien que les écoliers et étudiants soient attachés au dzongkha comme langue historique, la majorité dit préférer apprendre l'anglais, plus simple et plus utile comme moyen de communication[80].
La religion principale (et religion d'État) du pays est le bouddhisme vajrayāna, le bouddhisme tibétain dans sa forme tantrique, appelé aussi lamaïsme, pratiqué par 75% de la population[82]. Le Bhoutan est actuellement le seul royaume au monde où le bouddhisme tantrique est religion d'État. Le reste de la population (25%) a pour religion l'hindouisme indien (et à influence népalaise)[8].
Selon des ONG d'obédience chrétienne, les chrétiens y sont peu nombreux en raison d'entraves à la foi chrétienne dans ce royaume[83],[84]. D'après le site de l'Aide à l'Église en détresse, en 2009, les chrétiens seraient au nombre de 12 255, dont 1 000catholiquesbaptisés. Ils ne représentent que 0,9% de la population contre 84% pour les bouddhistes, 11,4% pour les hindous, 3,4% pour les animistes et 0,3% pour ceux n'entrant pas dans ces catégories[85].
Santé
Le système de santé est totalement gratuit pour tout le monde quel que soit le traitement. Tous les villages sont dotés d'une école et d'une antenne locale de santé[62].
Le pays est régulièrement touché par le paludisme, surtout dans la zone méridionale. Les autres maladies présentes au Bhoutan sont la polio, la diphtérie, la méningite et la rougeole.
Le réseau routier, très sommaire, suit les anciens chemins caravaniers. On compte très peu de ponts ou de tunnels. Mettre huit heures de voiture pour parcourir deux cents kilomètres est la norme en raison de l'étroitesse des routes, dont l'entretien est difficile.
Il n'y a pas de réseau ferroviaire. Une étude de liaison entre Kokrajhar en Assam (Inde) et Gelephu au Bhoutan en train est en cours[86].
En 2014, le Bhoutan passe un accord avec Renault-Nissan pour l'achat d'une centaine de voitures électriques. L'objectif fixé par le premier ministre Tshering Tobgay est d'atteindre à terme le «zéro émission»[87].
Médias
La télévision n'est autorisée au Bhoutan qu'en 1999, ce qui en fait le dernier pays au monde à y accéder[88]. Un premier assouplissement de la part des autorités a lieu en juillet 1998, lors de la finale de la Coupe du monde de football: le gouvernement installe un écran géant sur une place de Thimphou pour permettre aux habitants de suivre le match[89],[90]. Le roi Jigme Singye Wangchuck introduit officiellement la télévision et Internet lors de son jubilé d'argent, en 1999, considérant que le pays est prêt mais qu'il faut rester prudent face à ces nouvelles technologies. La première chaîne du Bhutan Broadcasting Service (BBS) est alors créée. Pendant quelques mois, elle ne diffuse que 30 minutes d'informations chaque jour, en dzongkha puis en anglais, puis le pays est relié à la télévision indienne, offrant jusqu'à 45 chaînes[91]. Mais dans les années 2000, la télévision est perçue comme un danger par un certain nombre de Bhoutanais, qui la jugent responsable de l'augmentation de la criminalité, de la consommation de drogue et du décrochage scolaire, et incompatible avec les valeurs du pays[90].
Le dzong du Bhoutan est un monastère-forteresse bouddhiste. Il servait autrefois de centre religieux, militaire, administratif et social du district qu'il commandait. Il pouvait abriter une garnison si nécessaire ainsi qu'une armurerie. Il accueillait les structures administratives du district ainsi que les moines. C'était aussi un lieu d'échanges et souvent le site d'un tséchu ou festival religieux annuel. Les premiers dzongs furent construits dans le pays dès le XIIesiècle, mais leur âge d'or fut la première moitié du XVIIesiècle, qui vit le renforcement défensif du pays par le shabdrung ou grand lamaNgawang Namgyal (1594-1651), l'unificateur du Bhoutan moderne.
Artisanat
La joaillerie et l'argenterie sont au cœur de l'artisanat local. Parmi les objets les plus populaires figurent les récipients à alcool en bois sertis et décorés avec de l'argent martelé. La bijouterie est relativement peu développée mais comporte cependant un important savoir-faire: les boucles d'oreilles en or et turquoise, les bracelets et les ceintures en argent ou encore les colliers en perles baroques rendent l'artisanat bhoutanais singulier.
Cinéma
Le Lugar Theatre de Thimphou, premier cinéma du pays, ouvert en 1972.
Le cinéma est un domaine relativement récent au Bhoutan[92],[93].
Le premier cinéma du pays, le Lugar Theatre, ouvre à Thimphou en 1972[94],[95]. À partir de 1999, date à laquelle le pays accède à internet et à la télévision, un nombre grandissant de Bhoutanais peut regarder des films, surtout hollywoodiens et bollywoodiens[96]. Quelques réalisateurs autodidactes produisent les premiers films bhoutanais à petit budget avec des caméras VHS, surtout des copies de mélodrames bollywoodiens en dzongkha, qu'ils diffusent eux-mêmes dans la capitale et ailleurs[97],[98]. Le premier film à succès, Jigdrel de Karma Tshering (1996), est un mélodrame romantique dans le style de bollywood et librement inspiré du film étasunien Cœur sauvage[99],[100]. Les quelques pionniers du cinéma au Bhoutan se rassemblent et forment en 1999 la Motion Picture Association of Bhutan afin de soutenir leurs intérêts auprès du gouvernement[101],[102]. Le premier festival local, le Beskop Film Festival, est fondé en 2010[103].
Quelques réalisateurs bhoutanais ont été récompensés dans des festivals internationaux, comme Dorji Wangchuk et Ugyen Wangdi, parfois considérés comme les premiers réalisateurs bhoutanais[104],[98],[105]. Mais le premier réalisateur à rencontrer un vrai succès international est Khyentse Norbu. Ses deux premiers films, La Coupe (1999) et Voyageurs et Magiciens (2003), sont co-produits par une société australienne, ce qui permet à Norbu d'obtenir des budgets bien plus élevés que la moyenne du cinéma bhoutanais[106],[100]. À sa suite, Neten Chokling réalise Milarépa: La Voie du bonheur, une production à 1,5 million de dollars financée par la même société australienne et par une levée de fonds auprès de la communauté bouddhiste internationale[107]. Les films de Norbu et Chokling, bien qu'ils soient très appréciés du public international et des réalisateurs bhoutanais, n'ont qu'un faible succès populaire dans le pays[108].
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Habillement
Le gho traditionnel du Bhoutan.Jeunes Bhoutanaises dansant en costume traditionnel.Compétition de tir à l'arc à Thimphou.
Le code vestimentaire bhoutanais (Driglam Namzha) incite la population à porter les vêtements traditionnels que sont le gho (pour les hommes) et la kira (pour les femmes)[110].
Littérature
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Musique
La musique bhoutanaise est proche des musiques tibétaine et indienne en raison de son passé colonial et sa culture bouddhiste. Du fait de la fermeture politique du pays, cette culture a été préservée jusqu'à très récemment[C'est-à-dire?]. Il existe encore une nette délimitation entre musique religieuse et musique profane[111],[112], la première ayant une large prééminence et s'associant volontiers aux danses.
Sports
Du côté sportif, le tir à l'arc est considéré comme la discipline sportive traditionnelle du pays[113],[114].
Le Bhoutan est ouvert au tourisme extérieur depuis 1974[115],[116]. Afin de préserver le pays du surtourisme et de respecter la philosophie du Bonheur national brut, le gouvernement suit une stratégie «haute valeur, faible volume» (en anglais: high value, low volume)[115], avec un tourisme très encadré et une vision sur le long terme, privilégiant qualité et durabilité[116],[117]. L'ouverture de l'aéroport international de Paro en 1983, puis la privatisation partielle du secteur touristique en 1991, ont accru le nombre de visiteurs[116]. Il reste malgré tout limité: de 287 personnes en 1974, il atteint un pic de 315 599 personnes en 2019. Après une fermeture complète du pays entre 2020 et 2022 pendant la pandémie de Covid-19, le nombre de touristes atteint 209 376 en 2025[118].
Jusqu'en 2022, les visiteurs devaient obligatoirement passer par des agences accréditées pour se rendre au Bhoutan[119],[116]. Les règles sont assouplies en 2022 et il est possible d'organiser soi-même son voyage. Cependant, il faut obligatoirement être accompagné d'un guide pour visiter le pays et entrer dans les monuments et les dzongs, certains sites sont interdits d'accès et les itinéraires sont contrôlés[119],[117]. Le gouvernement encourage vivement les touristes à visiter les monastères, assister à des festivals officiels et découvrir l'artisanat traditionnel[117]. Le Bhoutan entretient une image de destination luxueuse d'exception, aux modes de vie et à la spiritualité authentiques, tournée vers l'écotourisme[117],[116]. Selon Evelyne Combeau-Mari (2015), «les promoteurs de la destination vantent un territoire intact, organisé selon un ordre "médiéval", "un royaume hors du temps", qui aurait échappé aux assauts de la "civilisation"»[116].
Taxe journalière
Les visiteurs qui se rendent au Bhoutan doivent payer une taxe journalière, appelée Sustainable Development Fee («Taxe de développement durable»)[117]. Jusqu'en 2022, cette taxe atteignait 200 à 250 dollars américains par personne[117]. Depuis, elle est passée à 100 dollars par personne à partir de 13 ans, 50 dollars entre 6 et 12 ans, et gratuite en-dessous de 6 ans. Les visiteurs indiens doivent payer 1200 ngultrum à partir de 13 ans et 600 ngultrum entre 6 et 12 ans (ou l'équivalent en roupies indiennes)[119]. La réduction de la taxe journalière est suivie d'une augmentation notable du nombre de touristes[118].
Cette taxe limite efficacement le nombre de touristes, puisque seuls ceux ayant des revenus suffisants peuvent la payer[117],[116]. Elle est redistribuée par le gouvernement bhoutanais pour financer différents secteurs (infrastructures, santé, éducation, préservation de l'environnement et de la culture, initiatives locales) et permettre un partage équitable des bénéfices du secteur[119],[117]. En 2019, la Sustainable Development Fee a généré 88,63 millions de dollars[118].
Les touristes qui souhaitent conduire leur propre véhicule doivent payer une taxe journalière supplémentaire de 4500 ngultrum par jour et par véhicule et être accompagné d'un guide, également payant[119].
Comparaisons et critiques
Grâce à son ouverture tardive au tourisme international, le Bhoutan peut étudier les erreurs de ses voisins pour ne pas les reproduire[116]. Sa stratégie est radicalement différente de celle du Népal, ouvert au tourisme dès les années 1950 et devenu aujourd'hui une destination prisée et victime du surtourisme[117]. En 2019, le Bhoutan accueillait 315 599 visiteurs, contre plus d'un million au Népal[117]. En 2024, on compte à nouveau plus d'un million de touristes au Népal, environ deux millions au Sri Lanka et aux Maldives, contre 145 065 au Bhoutan[118]. Néanmoins, le système de taxe journalière et la philosophie «haute valeur, faible volume» assurent un bénéfice relativement haut pour le Bhoutan[118],[117]. Le tourisme devient ainsi la troisième source de revenus du pays en 1999[116]. Alors que les destinations naturelles au Népal sont largement dégradées par le tourisme de masse, les itinéraires au Bhoutan sont bien plus préservés et l'empreinte écologique du pays est faible[117].
Ce système très encadré et coûteux est parfois critiqué, puisqu'il exclue les touristes à petits budgets et crée une authenticité contrôlée, qui privilégie certaines traditions au détriment d'autres[117]. Selon Evelyne Combeau-Mari, «si le nombre de touristes au Bhoutan n'est pas limité dans les faits, les tarifs pratiqués sont suffisamment élevés pour trier la clientèle sur le volet»[116]. Le système de redistribution des bénéfices assuré par le gouvernement est aussi discuté, certaines communautés rurales ne touchant que peu ou pas de bénéfices[117].
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↑Robson 1993: «The Nepali-speaking Lhotshampas population in southern Bhutan has been the main target of government repression. […] The Citizenship Act of 1985 arbitrarily deprives many Lhotshampas of citizenship. Those who had migrated to Bhutan before 1958 could become citizens […]. The "Drukpanisation" policy of the government attempted to eradicate all non-Drukpa culture, language, religion and dress. […] In response, the Lhotshampas people began to organise a pro-democracy and human rights movement. Under the banner of the Bhutan Peoples Party a peaceful demonstration was organised in September 1990. Tens, even hundreds of thousands of people participated in the demonstrations all over Bhutan on the same day. A deputation of the leaders of the movement went to see the king to put their demands, but they were arrested. Following this, in fighting more than 400 people were killed and many arrested. […]»
↑Brown et Armington 2007, p.43: «A series of violent acts in the South, including robberies, assaults, rapes and murders – created a sense of fear and insecurity that led to an exodus of Nepali speakers from Bhutan.»
↑Robson 1993: «An exodus began, with most refugees taking shelter in the Indian states of Assam and West Bengal.»
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↑Françoise Pommaret, Guide Bhoutan: Forteresse bouddhique de l'Himalaya, Editions Olizane, (lire en ligne), «Le Tir à l'Arc et Autres Sports», p.290.
Marie Dervillé, «L’élevage des yaks au Bhoutan: II. Un symbole menacé de marginalisation par la modernisation de l’économie. Quelles politiques publiques pour préserver ce patrimoine?», Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines, nos43-44, (ISSN2101-0013, DOI10.4000/emscat.2162, lire en ligne).