Forbidden Stories

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Forbidden Stories
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(en) They silenced the journalists. They won't silence the stories.Voir et modifier les données sur Wikidata
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Fondateur
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Sites web

Forbidden Stories, litt. « Histoires interdites », est une organisation à but non lucratif fondée en novembre 2017 par Laurent Richard[1]. Sa mission est de poursuivre et de publier les travaux d'autres journalistes si ces derniers sont menacés, emprisonnés ou assassinés.

Pour ce faire, elle permet aux journalistes de sécuriser et de partager leurs travaux avec l'organisation, afin que d'autres journalistes puissent y avoir accès au cas où l'enquêteur d'origine ne serait plus en mesure de poursuivre son travail. Elle travaille en partenariat avec des organisations telles que Reporters sans frontières et la Freedom of the Press Foundation.

Au niveau international, elle a été salué par la Columbia Journalism Review, Deutschlandfunk, The Guardian, Le Monde et la RTBF.

En mars 2018, Forbidden Stories a remporté le grand prix du « projet journalistique de l'année » lors du Festival International de Journalisme en France, et a été présélectionnée pour le Prix européen de la presse dans la catégorie « innovation » en 2019.

Histoire

La plateforme est créée en par Laurent Richard, journaliste et rédacteur en chef de l'agence Premières Lignes. Elle est portée par l'association de journalistes Freedom Voices Network, et est soutenue par Reporters sans frontières[2].

Forbidden Stories est un « projet à but non lucratif », qui dépend du soutien financier d’organismes philanthropiques et de dons[3]. En 2020, une enquête dirigée par Audrey Azoulay met au jour l'indiscrétion d'une employée marocaine de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) à Rabat quant à un financement de l'organisation au profit de Freedom Voices Network[4],[5].

Le site propose aux journalistes de protéger leurs informations sur un système sécurisé, dans un contexte mondial de menaces importantes : depuis 2007, plus de 700 journalistes sont morts dans l’exercice de leurs fonctions. Si le journaliste est emprisonné ou tué, l'enquête peut être vérifiée et poursuivie par les confrères du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), dont 96 médias sont membres, et qui est partenaire de Forbidden stories. Selon Laurent Richard, le site est « une arme de dissuasion contre les commanditaires de ces crimes »[6].

Principales enquêtes

Projet Daphne

Les enquêteurs du projet Daphne, du réseau Forbidden Stories, poursuivent l'enquête de Daphne Caruana Galizia, journaliste maltaise assassinée en 2017. La journaliste assassinée avait dénoncé les liens de Christian Kälin et Joseph Muscat, Premier ministre de Malte. Christian Kälin vendait la nationalité maltaise à des personnes fortunées[7].

Green Blood

En 2019, trente médias dont Le Monde, le Guardian et la Süddeutsche Zeitung s'associent à Forbidden Stories pour mener l'enquête « Green Blood »  (litt. « sang vert ») sur les pratiques opaques des entreprises du secteur minier en Tanzanie, au Guatemala et en Inde[8].

Projet Pegasus

Le consortium révèle le l'espionnage d'opposants politiques, de journalistes, de militants et de chefs d'État par plusieurs États, principalement le Maroc, au moyen du logiciel Pegasus commercialisé par l'entreprise israélienne NSO Group[9].

Story Killers

En , le consortium révèle un dispositif de désinformation à l'échelle mondiale opéré depuis Israël et ayant pour principales destinées des campagnes électorales[10].

Gaza Project

En , puis en , l'organisation Forbidden Stories a enquêté sur le ciblage des journalistes palestiniens par l'armée israélienne à travers le « Gaza Project »[11],[12].

Récompenses

Forbidden Stories reçoit le grand prix des Assises du journalisme de Tours en 2018[3], et le prix spécial de l'European Press Prize en 2019[13].

En , la plate-forme collaborative reçoit le premier prix Daphne Caruana Galizia pour le journalisme pour son enquête sur le logiciel espion Pegasus[14].

Notes et références

  1. « Forbidden Stories », sur gijn.org (consulté le )
  2. Sonia Devillers, « Forbidden Stories : une plateforme pour protéger les journalistes menacés », sur France Inter, (consulté le ).
  3. 1 2 Aude Carasco, « « Forbidden stories » poursuit les enquêtes entravées », La Croix, (ISSN 0242-6056, consulté le ).
  4. « Pegasus : une employée marocaine de l'Unesco sanctionnée pour avoir divulgué les financements de Forbidden Stories », sur LeDesk.ma (consulté le )
  5. « Affaire Pegasus-Maroc : l’Unesco a-t-elle financé l’enquête ? », Jeune Afrique (consulté le ).
  6. Frédéric Saliba, « Forbidden Stories, le site qui sauvegarde l’information des journalistes », Le Monde date=2017-11-09 (consulté le ).
  7. Jean-Baptiste Chastand, « « Projet Daphne » : profession, vendeur de passeports », Le Monde, (consulté le ).
  8. « L’enquête « Green Blood » menée par 30 médias avec « Forbidden Stories » », Le Monde, (consulté le ).
  9. Jacques Monin, « Le "projet Pegasus" : de nombreux États utilisent un logiciel espion pour cibler leurs concitoyens », France Inter, .
  10. Frédéric Métézeau et Jacques Monin, Forbidden Stories, Cellule investigation de Radio France, « "Story Killers" : derrière un journaliste de BFMTV, une société de désinformation israélienne », France Inter, .
  11. Stéphane Pair, « Comment le renseignement israélien collecte des éléments à charge contre les journalistes de Gaza supposés être affiliés au Hamas », sur France info, (consulté le )
  12. « Gaza Project », sur Forbidden Stories (consulté le )
  13. Stéphane Horel, « L’European Press Prize pour The Guardian, « Bellingcat » et le projet Forbidden Stories », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  14. AFP, « Le réseau Forbidden Stories reçoit le premier prix Daphne-Caruana-Galizia pour son enquête sur « Pegasus » », Le Monde, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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