Elle commence à chanter et faire de la musique enfant, avec ses frères, avant d'enregistrer son premier disque à l'âge de quinze ans. Elle devient alors le symbole d’une jeunesse gentiment irrévérencieuse avec des tubes tels que Sacré Charlemagne et Laisse tomber les filles, repris dans les chorales et les écoles. Sa popularité passe les frontières françaises à partir de 1965, date à laquelle elle remporte le premier prix en tant que candidate du Luxembourg au Concours Eurovision de la chanson avec le titre Poupée de cire, poupée de son, écrit et composé par son collaborateur régulier Serge Gainsbourg. Cette chanson est traduite dans de nombreuses langues et France Gall devient célèbre en Italie et surtout en Allemagne, mais aussi en Espagne où elle est très populaire au début des années 1970.
Le couple crée également l'opéra-rockStarmania, regroupant un florilège d'artistes populaires des années 1970 et 1980. France Gall y interprète le personnage de Cristal, et sa chanson Besoin d'amour devient un franc succès.
France Gall s'engage également auprès d'œuvres caritatives, contre la famine et la sécheresse au Mali notamment, avec l'ONG Action Écoles.
France Gall et Michel Berger viennent de coécrire un nouvel album lorsque ce dernier meurt brutalement, le . Après la mort de leur fille Pauline en 1997, elle quitte définitivement la scène, se consacrant à la création et l'organisation d'une comédie musicale en hommage à Michel Berger, intitulée Résiste, à partir de 2015.
France Gall comptabilise plus de 20 millions de disques vendus dans le monde.
La petite Isabelle est surnommée « Babou »[Note 1] par sa famille, surnom qu’elle portera jusqu'à sa mort. Son père, devant son caractère affirmé, lui octroie le sobriquet de « petit caporal ».
Elle apprend le piano à cinq ans, puis la guitare vers onze ans. Ses violons d’Ingres sont la peinture et les jeux de société. Vers l’âge de treize ou quatorze ans, elle fonde un petit orchestre avec ses deux frères jumeaux Patrice et Philippe. Ils jouent en public l'été sur les plages et l'hiver à Paris.
Isabelle Gall donne son premier concert privé à Auxerre dans l'atelier de sculpture de son cousin éloigné Noël Brochet[4].
Pendant les vacances de Pâques en 1963, son père l'incite à enregistrer quelques chansons et remet les bandes à un éditeur musical, Denis Bourgeois. Le suivant, Denis Bourgeois lui fait passer une audition au théâtre des Champs-Élysées, où elle interprète cinq chansons[5],[Note 2]. Du fait qu'elle est encore mineure (quinze ans, majorité à 21 ans à l'époque), c'est son père qui signe pour elle le contrat chez Philips où Denis Bourgeois est déjà directeur artistique de Serge Gainsbourg. Elle enregistre quatre titres avec l'arrangeur Alain Goraguer[Note 3], jazzman et compositeur, qui a notamment travaillé avec Gainsbourg et Boris Vian.
Pour ne pas interférer avec Isabelle Aubret, alors grande vedette de la même maison de disques, Isabelle change de prénom à la demande de son directeur artistique pour « France Gall »[6]. Ce prénom aurait été une idée de son père[7] ou de Denis Bourgeois[8], tous deux grands amateurs de rugby, comme un jeu de mots avec le match France-Galles, ayant lieu au moment de l'enregistrement de ses premières chansons[7],[Note 4]. Au sujet du prénom France, la chanteuse commente simplement plus tard[6] :
« J’ai toujours été contre « France », je trouvais que c’était trop dur. « Isabelle », ça me correspondait, ça me plaisait. Je ne sais pas ce qui s’est passé pour que je me mette à aimer mon nom. Et maintenant c’est « France Gall ». C’est exactement moi. »
Le jour de ses seize ans, le , ses chansons sont diffusées pour la première fois à la radio française. C'est le titre phare, Ne sois pas si bête, qui obtient le succès. France Gall se place à la 44e place du hit-parade de Salut les copains du mois de novembre[Note 5]. Denis Bourgeois a alors une idée qui va s'avérer fructueuse. La carrière de son poulain Serge Gainsbourg piétine malgré plusieurs albums à son actif, ainsi que des compositions estimées pour des chanteurs rive gauche, comme Michèle Arnaud ou Juliette Gréco. Il propose à Gainsbourg d'écrire pour France Gall. Le compositeur signe N'écoute pas les idoles sur le deuxième 45 tours de la chanteuse, titre qui se place en tête du hit-parade du mois de . À propos de Serge Gainsbourg, France Gall confie[6] :
« C’est quelqu’un que j’avais du plaisir à voir parce que je l’admirais et j’aimais ce qu’il écrivait. Et j’aimais bien sa timidité, son élégance et son éducation. C’était très agréable comme relation. […] J’étais très impressionnée que cet homme travaille pour moi et s’intéresse à moi… »
Avec le succès, elle quitte le lycée Paul-Valéry après avoir redoublé sa classe de troisième[5]. Paris Match, lui consacre un article pour la première fois en mars 1964,. Elle fait ses premiers pas sur scène le , en première partie de Sacha Distel, à l'Ancienne Belgique de Bruxelles[5]. Elle hérite de l'impresario de ce dernier, Maurice Tézé, également parolier. Sous la direction de cette équipe, composée de vétérans du métier, France Gall peine à défendre le choix de son répertoire (la seule chanson qu’elle coécrit avec son père est Pense à moi, sur une musique jazzy de Jacques Datin. C'est un des quatre titres de son premier 45 tours).
France Gall posant en 1965 pour la revue italienne BIG.
Avec cette équipe, elle crée un répertoire original, alors que la plupart de ses collègues yéyés recourent systématiquement à des adaptations de succès anglo-saxons. Formée à cette école, elle confie plus tard[9] :
« Une interprète, déjà qu'elle n'écrit pas les paroles et la musique, si en plus elle pique les chansons des autres, si elle ne crée pas la chanson, cela n'a pas un grand intérêt. »
Les orchestrations élaborées du jazzman Alain Goraguer harmonisent et unifient le style de cette chanteuse qui navigue entre jazz, yéyé et pop. Sur scène, elle est successivement accompagnée par les groupes « Patrick Samson et les Phéniciens » puis par « Les Français ».
La même année, France Gall se plie aux demandes de ses managers et enregistre un 45 tours destiné aux enfants. Son père lui écrit, sur une musique du compositeur Georges Liferman, un titre culte, qu'elle enregistre à contrecœur, Sacré Charlemagne[11] :
« Sacré Charlemagne, j'en étais malade, je me souviens, je n'aimais pas du tout ça. Je ne l'aimais pas et pourtant je l'ai laissé sortir. C'est vous dire à quel point je ne maîtrisais pas la situation. »
Sacré Charlemagne connaît un grand succès en France, où il se classe no 2 des ventes, mais aussi en Espagne (no 20) et en Turquie (no 5)[12]. Cette chanson devient l'hymne du mouvement de la jeunesse algérienne[13], et donne même son nom à une rue, quelques décennies plus tard, à la demande des élèves du pôle scolaire d'Auvillers-les-Forges (Ardennes)[Note 6].
À l'automne 1964, France Gall apparaît sur la couverture du magazine Mademoiselle Âge tendre. L'interview de la chanteuse inspire Serge Gainsbourg, qui compose alors la chanson Poupée de cire, poupée de son[14]. Cette chanson permet à France Gall de représenter le Luxembourg au 10e Concours Eurovision de la chanson qui a lieu en . Elle est sélectionnée par la station de radio RTL qui soutient le Luxembourg au concours, en nommant des artistes pas forcément originaires du pays comme la chanteuse grecqueNana Mouskouri en 1963 ou Hugues Aufray en 1964. Parmi les dix chansons qui lui sont proposées, France Gall choisit Poupée de cire, poupée de son.
Le , l'équipe des « 3 G », Gainsbourg-Gall-Goraguer, est à Naples, à la Sala di Concerto della RAI (la salle de concerts des studios napolitains de la télévision italienne) où se tient l'Eurovision. Alors âgée de 17 ans, France Gall est la plus jeune concurrente de cette édition. Les répétitions sont marqués par des incidents entre l'orchestre italien et Serge Gainsbourg, en raison de l'attitude à leur égard de l'auteur-compositeur de la chanson. Les musiciens comparent sa partition au bruit d'une cavalcade, et d'autres huent la chanteuse[14]. Gainsbourg, furieux, claque la porte des répétitions et menace de retirer sa chanson du concours[14].
Un compromis finit par être trouvé, mais une certaine tension persiste, qui se reflète dans l'attitude et la prestation de France Gall, déstabilisée par l'incident[15],[14]. En 2015, elle indique : « J’y suis allée, dans ma tête, tellement perdante[14]. » Passant en quinzième position sur les dix-huit participants et sous la direction d'Alain Goraguer, elle chante en effet d'une voix mal assurée devant plus de 150 millions de téléspectateurs.
La singularité de la chanson étonne. Elle arrive en tête du vote final (jurys nationaux uniquement lors de cette édition) du début jusqu'à la fin et finit par remporter le Grand Prix[14]. La chanson obtient quatre fois la note maximale, mais huit pays, dont la France, ne lui attribuent aucun point[14]. France Gall apporte ainsi la deuxième victoire au Luxembourg, quatre ans après le chanteur français Jean-Claude Pascal et son titre Nous les amoureux. Gainsbourg et France Gall reçoivent chacun la médaille du Grand Prix des mains de Mario Del Monaco. Pour la première fois dans l'histoire du concours, la chanson gagnante n'est pas une ballade. Elle rechante alors le titre tout à la fin de la soirée.
Entre ses deux prestations, Claude François, alors en couple avec la jeune artiste, lui annonce la rupture de leur relation au téléphone lorsque celle-ci lui apprend sa victoire. Le chanteur aurait déclaré : « Tu as gagné, mais tu m’as perdu ». De plus, juste après avoir remporté le concours, France Gall est giflée dans les coulisses par Kathy Kirby, la représentante du Royaume-Uni, classée deuxième avec la chanson I Belong et persuadée de s'être fait voler la victoire alors qu'elle est la favorite de cette édition[14]. Déstabilisée par cette suite d'évènements, elle retourne sur scène en larmes pour interpréter son rappel[16],[14]. Elle n’assiste pas à la conférence de presse du lendemain afin de regagner Paris pour se réconcilier avec Claude François[14].
Le succès de Poupée de cire, poupée de son dépasse les frontières européennes et France Gall l'enregistre en trois langues : allemand, italien et japonais. La chanson atteint le top 10 de plusieurs pays : France, Allemagne, Espagne, Norvège, Danemark, Japon, Turquie, Argentine, Chili, Singapour, Autriche, Pays-Bas, Finlande, Suède[12]. Elle est l'une des premières chansons de l'histoire du concours à rencontrer un tel succès[réf. nécessaire]. Le public français reproche à France Gall d'avoir gagné pour le Luxembourg et non pour leur propre pays ; elle rétorque ne guère connaître les coulisses de sa sélection par RTL[16].
France Gall, aux Pays-Bas en mai 1965 après sa victoire à l'Eurovision
Elle part pour une tournée d'été de plusieurs mois sur les routes françaises avec le chapiteau du Cirque de France. Son frère Philippe remplace le bassiste de l'orchestre. Elle continue d'engranger les succès écrits par Gainsbourg : Attends ou va-t'en, Nous ne sommes pas des anges ainsi que L'Amérique du parolier Eddy Marnay et du compositeur Guy Magenta.
Serge Gainsbourg rend hommage à France Gall pour leurs nombreuses collaborations, en 1978, dans l'émission Numéro un :
« France Gall m'a sauvé carrément la vie, puisque j'étais un marginal. En 1964, N'écoute pas les idoles, en 1965, l'Eurovision avec Poupée de cire, poupée de son et là, les portes se sont ouvertes. Maintenant, je ne suis plus un marginal, mais c'est toi qui es avec France Gall[17]. »
L'année 1966 débute avec un nouveau tube de Gainsbourg, Baby pop, un texte que France Gall qualifie de « brutal », mais dont on n'écoute pas la noirceur des paroles chantées par cette adolescente de dix-huit ans.
Claude Dejacques, producteur chez Philips en 1966, conçoit de sortir, pour le 1er avril de la même année, un album-gag dans lequel les plus grands artistes maison échangent leurs tubes respectifs. Ainsi, France Gall reprend Jolie Môme, chanson écrite par Léo Ferré pour Juliette Gréco en 1961, tandis qu'Anne Sylvestre reprend L'Amérique, un tube de France Gall de 1965. Comme beaucoup d'idées originales, l'album « poisson d'avril » reste dans les placards de Philips[18].
Son quatrième album, sorti en 1966 est intitulé FG, mais sera communément appelé Les Sucettes, en référence à la chanson éponyme, écrite par Gainsbourg, dont les sous-textes sexuels provoqueront un scandale et entacheront l'image de la jeune artiste. Le titre fait tâche au milieu des autres chansons au ton enfantin de l'album : Je me marie en blanc, Ça me fait rire et Quand on est ensemble.
Si France Gall enregistre le titre sans se douter de son double sens, elle vit très difficilement les retombées de celui-ci. Moquée publiquement, par Gainsbourg même dans l'émission Le bouton rouge, accusée de feindre l'ingénuité, elle révèle des années plus tard avoir vécu cette séquence comme une profonde humiliation, et en avoir été affectée longuement : « Ça a changé mon rapport aux garçons. Ça m'a humiliée, en fait »[19].
La chanson est chantée lors du spectacle télévisé italien Viva Morandi, qui s'inscrit dans la mouvance psychanalytique du film Juliette des esprits, de Fellini, où la chanteuse, aux cotés de Christine Lebail, interprète une jeune fille innocente séduisant le yéyé italien Gianni Morandi. Les deux filles sont estampillées respectivement « La Grâce » et « La Pureté ». L'émission participe encore à alimenter le sous-texte de la chanson[20].
France Gall aura par ailleurs du mal à retrouver la route du succès après cette polémique, enchainant des chansons dans lesquels le public entrevoit des doubles sens, qu'ils soient volontaires ou non, comme les chansons Les Leçons particulières[Créd 1],Bonsoir John-John[Créd 2] dédiée à John Fitzgerald Kennedy, Jr.[20], ou son duo avec Maurice Biraud, La Petite, sortant au début de 1967, évoquant une jeune fille convoitée par l'ami de son père ; qui éclipse son interprétation plus poétique de Néfertiti écrite par Gainsbourg.
Comme en témoigne France Gall dans Les Inrockuptibles : « Mon personnage s’est parfois retrouvé transformé par les gens avec lesquels je travaillais. ». En effet, suite au succès qu'a été la chanson polémique, certains hommes travaillant avec France Gall jouent volontairement cette carte de l'ambiguïté, comme Jean-Christophe Averty, qui la met en scène promenant un troupeau de vieillards en laisse pour illustrer sa chanson enfantine J'ai retrouvé mon chien dans l'émission télévisée Les Raisins verts[21].
Son 45 tours suivant, intitulé 1968, est enregistré avec l'orchestrateur David Whitaker, talentueux compositeur anglais. De nouveaux auteurs, Frank Thomas et Jean-Michel Rivat, associés au compositeur-chanteur Joe Dassin, écrivent pour France Gall le succès Bébé requin, qui occulte les autres titres. Teenie weenie boppie, chanson à charge contre le LSD, est un échec et marque la fin de la collaboration de la chanteuse avec Serge Gainsbourg. Leur duo consacré à la peine de mort, Qui se souvient de Caryl Chessman ?, ne sera pas commercialisé[22].
Succès en Allemagne et déclin en France (1968-1972)
Dès 1966, France Gall entame une carrière en Allemagne où elle enregistre régulièrement jusqu'en 1972, notamment avec le compositeur et orchestrateur Werner Müller. Des vedettes lui écrivent des textes, comme Heinz Buchholz (Love, l'amour und liebe en 1967, Hippie, hippie en 1968) ou le compositeur de musiques de films Giorgio Moroder (Ich liebe dich, so wie du bist en 1969 et Mein Herz kann man nicht kaufen en 1970). Quelques-uns de ses autres succès en allemand : Haifischbaby[Créd 3], Die schönste Musik, die es gibt (Music to Watch Girls By)[Créd 4], Was will ein Boy[Créd 5], Zwei Apfelsinen im Haar (A Banda), Der Computer Nr. 3[Créd 6], Ein bißchen Goethe, ein bißchen Bonaparte[Créd 7], I Like Mozart[Créd 8], Komm mit mir nach Bahia[Créd 9], Miguel[Créd 10].
En France cependant, elle ne connait plus de succès discographique et son association avec Serge Gainsbourg ne fonctionne plus. Avec David Whitaker, elle enregistre un 45 tours sur un nouveau texte du trio Thomas, Rivat et Dassin, Toi que je veux, sans succès. Les arrangements de Whitaker, tels ceux de la Chanson indienne, ne sauvent pas le disque.
« À cause des batailles du Quartier latin et des grèves, voilà que la sortie de mon nouveau super 45 tours était compromise. Moi qui avais tant travaillé pour qu'il soit réussi. Et à l'irritation a succédé la peur. Une peur carabinée[24]. »
France Gall, dans le n° 15 d'avril 1969 des archives de Radiocorriere TV (Italie).
Ses chansons suivantes suscitent peu d'intérêt, que ce soit le jazzy Y'a du soleil à vendre[Créd 15] ou les compositions de Joe Dassin : Toi que je veux, 24 / 36, Souffler les bougies. France Gall profite, fin 1968, de sa récente majorité, 21 ans à l'époque, et de l'échéance de son contrat chez Philips la même année pour voler de ses propres ailes en se séparant de Denis Bourgeois.
Elle enregistre début 1969 pour une nouvelle maison de disques, La Compagnie, née de l'association d'artistes comme Hugues Aufray, Nicole Croisille et Michel Colombier.
Avec La Compagnie et Norbert Saada comme producteur de musique et directeur artistique, France Gall enregistre des titres aux styles variés et au succès irrégulier. En 1969 elle signe deux adaptations, qu'elle reniera par la suite : L'Orage (La Pioggia) de l'italienne Gigliola Cinquetti[Note 8] et Les Années folles (Gentlemen Please) de la britannique Barbara Ruskin. Elle reviendra sur cette période en 1996 dans Platine magazine, en la qualifiant de « galère »[25].
Parallèlement, France Gall assiste à la version française de la comédie musicale Hair où Julien Clerc tient le premier rôle. Celui-ci entre alors dans sa vie, en . Souffrant de rester dans son ombre alors qu'elle-même est en pleine traversée du désert artistique, elle finit par le quitter en 1974. Leur relation inspire à Julien Clerc la chanson Chasse-neige en 1971, tandis que leur séparation lui inspire en 1975 Souffrir par toi n'est pas souffrir[Créd 20].
En 1972, France Gall reprend le contact avec Gainsbourg. Celui-ci signe les titres Frankenstein et Les Petits Ballons[Créd 22], tentant de reproduire le succès sulfureux des Sucettes, qu'elle enregistre au label EMI-Pathé. Elle travaille aussi avec Jean-Michel Rivat comme directeur artistique sur des textes plus matures comme Cinq minutes d'amour et La Quatrième Chose (1972), puis sur son 45 tours suivant, Par plaisir et Plus haut que moi (1973). Pour elle, sa carrière reste au creux de la vague.
En 1971, elle participe avec son frère Patrice à un roman-photo que le magazine Télé Poche publie en huit épisodes et qu'elle commente ainsi aux journalistes de Platine magazine : « Pour moi, ce roman-photo, c'était la déchéance. L'étape d'après aurait été de faire un film porno »[25].
Rencontre avec Michel Berger et premier album studio (1973-1976)
Au printemps 1973, France Gall entend à la radio la chanson Attends-moi interprétée par Michel Berger[26]. Convaincue par le titre, elle rencontre le chanteur dans les coulisses des studios de radio Europe 1, où elle sollicite son avis à propos des chansons que son producteur voudrait lui faire enregistrer[27]. Elle fait une voix sur le titre Mon fils rira du rock'n'roll du nouvel album de Berger, Chansons pour une fan. La chanteuse lui demande alors de composer pour elle : « Ce sera lui ou ce sera personne »[6]. Celui-ci lui donne La Déclaration d'amour, titre qu'il avait écrit pour lui-même, et premier succès d'un nouvel essor dans la carrière de la chanteuse[28]. Lors de l'enregistrement, Michel Berger demande au guitariste Jean-Pierre Castelain d'improviser un solo de guitare sur la piste.
Elle ajoute à propos de cette rencontre décisive : « Ça a transformé mon existence, ma vie. Ça m’a apaisée »[6].
Le , après douze ans de carrière, paraît son premier album studio (les neuf précédents étant plutôt des compilations des titres parus en 45 tours), France Gall, enregistré en 1975[28]. L'interprète s'entretient à ce sujet avec le journaliste Richard Cannavo : « C'est mon premier album ! C'est un truc énorme pour moi ». Ce premier album studio marque un tournant majeur dans le style et la musique de l'artiste[28].
Sous l'impulsion de Berger, elle reprend goût à la scène. En 1978, elle monte de nouveau sur les planches, celles du théâtre des Champs-Élysées (où elle avait auditionné quinze ans plus tôt), pour un concert intitulé Made in France. Le spectacle repose sur une formation exclusivement féminine, à l'orchestre, aux chœurs[Note 9] et à la danse, chose rare à l'époque. En milieu de spectacle, le duo de chanteurs travestis brésiliens Les Étoiles assurent un interlude, reprenant avec France Gall sa chanson Plus haut que moi[Note 10].
En 1979, c'est un spectacle inédit auquel France Gall participe dans le rôle de Cristal[Note 11] et qui reste dans les mémoires. L'opéra-rockStarmania est présenté pendant un mois au Palais des congrès de Paris. Composé par Michel Berger et écrit par l'auteur québécois Luc Plamondon, c'est une réussite, alors que ce genre musical ne rencontre pas les faveurs des producteurs en France.
Elton John, au début des années 1980, s'intéresse à France Gall et Michel Berger.
Le tube Il jouait du piano debout, qui fait référence au rocker et musicien américain Jerry Lee Lewis, issu de l'album Paris, France, obtient un grand succès populaire durant l'été 1980. À la même époque, Elton John qui vit une partie de l'année en France, découvre la musique du couple. Il les contacte pour une collaboration. De cette rencontre naîtront Donner pour donner et Les Aveux, deux titres réunis en 1980 sur un 45 tours qui atteindra bientôt le sommet du hit-parade français ; ainsi qu'une solide amitié[30].
Après la sortie de l'album Tout pour la musique en 1981, France Gall investit début 1982 le Palais des sports de Paris pendant trois semaines à guichets fermés, pour présenter un spectacle novateur, haut en couleur et en musiques électriques. Le public reprend en chœur les chansons, dont deux titres devenus depuis des standards de la chanson française : Résiste et Il jouait du piano debout.
Musique et actions humanitaires (1985-1992)
Les années 1980 sont celles des grandes actions humanitaires dont l'impulsion est donnée par le groupe Band Aid et leur tube Do They Know It's Christmas ?. France Gall se joindra aux Chanteurs sans frontières, à l'initiative de Valérie Lagrange et sous l'égide de Renaud, pour chanter, en 1985, le titre SOS Éthiopie au profit de la population du pays en question.
Les années 1985 et 1986 voient France Gall avec Michel Berger, Richard Berry, Daniel Balavoine et Lionel Rotcage œuvrer notamment pour le Mali grâce à leur association Action Écoles. Des écoliers volontaires vont récolter des denrées de première nécessité pour ces pays d'Afrique où sévissent la famine et la sécheresse. Ainsi, des livraisons de nourriture et de pompes à eau sont expédiées par l'ONG.
En 1987, paraît l'album Babacar, qui deviendra l'album le plus vendu de sa carrière, grâce au succès des singles Babacar, Ella, elle l'a, Évidemment (en hommage à Daniel Balavoine) et La Chanson d'Azima. Le titre Ella, elle l'a, hommage à la chanteuse de jazz Ella Fitzgerald, reste en tête des ventes durant quatre semaines en Allemagne, où il rencontre un succès encore plus retentissant qu'en France, devenant le cinquième single le plus vendu cette année-là.
Lors d'un passage à Grenoble en , France Gall est abordée par un jeune fan de seize ans venant de participer à une émission de RTL consacrée à de jeunes talents. Elle décèle immédiatement les qualités du jeune Calogero et en parle à sa maison de production Apache. Calogero dira plus tard « qu'après l'avoir rencontrée, il était certain de réussir son rêve »[31].
L'album Babacar donne lieu à un nouveau spectacle. C'est l'éblouissant Tour de France 88 mis en scène par Berger. Représenté à guichets fermés durant six semaines au Zénith de Paris fin 1987, il est suivi d'une tournée triomphale courant jusqu'en 1988. France Gall est accompagnée sur scène par le groupe de cuivres américains Phenix Horns (section de cuivre de Earth, Wind and Fire, Phil Collins et Genesis) et par la troupe africaine de Doudou N'diaye Rose. Elle considère ce spectacle et la puissance du mélange de musiques des trois continents comme le sommet de sa carrière.
Après le tourbillon du succès de l'album Babacar et de la tournée consécutive, elle désire pourtant interrompre sa carrière un temps, à la surprise de Michel Berger qui lui en veut beaucoup, se sentant trahi[32]. Ayant déjà songé à arrêter la musique, elle avait déclaré à Richard Cannavo[33] :
« Le jour où je m'arrêterai, ce sera quelque chose de très douloureux […] Mais c'est une chose à laquelle je me prépare depuis des années déjà. Tant que je me sens proche de mon public, ça va. Mais un jour je m'arrêterai, c'est sûr. Je crois que ce qui sera plus fort que ma passion pour ce métier, c'est la crainte de tout gâcher. Parce que ce qui me fait peur surtout, c'est l'idée de ne pas me rendre compte que je vieillis »
Mort de Michel Berger (1992)
France Gall prend du recul et enregistre peu pendant les années qui suivent. Elle consent à reprendre le chemin des studios pour enregistrer, avec Michel Berger, l'album Double Jeu, création à deux voix mais pas tout à fait un duo, qui sort en . Le couple tourne ensemble le clip du titre-phare Laissez passer les rêves et annonce une série de concerts dans des salles parisiennes comme La Cigale et Bercy.
À l'été , Michel Berger repose aux côtés de son épouse dans leur propriété de Ramatuelle, dans le sud de la France, où il meurt le d'une crise cardiaque à la suite d'une partie de tennis avec Marie-Françoise Holtz, l'épouse du journaliste Gérard Holtz.
Selon les confidences en de Franka Berger, sœur de Michel Berger, et de Bernard Saint-Paul, proche collaborateur de Véronique Sanson, Michel Berger aurait eu une histoire sentimentale avec Béatrice Grimm[34], jeune mannequin et chanteuse, durant les mois précédant son décès en 1992[35] et projetait de s'installer avec elle dans une maison à Santa Monica[36]. Grégoire Colard, l'agent de Michel Berger et de France Gall, ayant cessé de travailler pour le couple en 1990, affirme que France Gall est à cette époque parfaitement au courant de la liaison extraconjugale de son époux et qu'elle en parle librement[37]. À contrario, Serge Perathoner et Jannick Top, musiciens et proches collaborateurs de Michel Berger jusqu'à sa mort déclarent ne jamais avoir eu connaissance de cette liaison[37].
Michel Berger est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris, dans la 29e division. Après une bataille juridique l'opposant à Franka Berger[38] (alors tutrice d'Annette Haas, la mère de Michel), France Gall obtient en le transfert de la sépulture dans la concession de leur fille Pauline[39], située quelques mètres plus loin[40] et que la chanteuse fait transformer en maison de verre le [41].
Fin de carrière et comédie musicale Résiste (1993-2016)
Avec la disparition de Michel Berger, le projet de concerts en duo est annulé, mais France Gall décide de ne pas laisser tomber leur dernier album et de le défendre seule sur scène à Bercy, au printemps 1993.
Déjà très affectée par cette perte, elle apprend pendant les répétitions de son spectacle de Bercy être atteinte d'un cancer du sein. Le spectacle et la tournée sont repoussés en , le temps des soins et du rétablissement.
Prévu pour six dates, Bercy rencontre un vif succès et deux dates supplémentaires sont prévues. Première scène depuis plus de six ans, France Gall renoue avec son public dans un spectacle minimaliste et grandiose à la fois.
À peine la tournée de Bercy terminée, France Gall enchaîne avec un nouveau spectacle donnant lieu à des représentations à la salle Pleyel, ainsi qu'à une nouvelle tournée en France et en Belgique en . Le spectacle se veut plus joyeux et dansant qu'à Bercy. Elle confie plus tard s'être « noyée dans la musique » après la disparition de son mari, pour détourner son esprit de cette épreuve.
En 1995, elle vit quelques mois à Los Angeles avec ses enfants[42],[43]. Loin des souvenirs, elle enregistre l'album France constitué de reprises de chansons de Michel Berger et d'elle-même, dans un style new jack. Elle est entourée de très grands musiciens américains et de son nouveau compagnon Bruck Dawit(en)[44]. Ce nouvel album annonce une tournée et un spectacle à l'Olympia à l'automne 1996.
Les problèmes de santé de sa fille Pauline étant de plus en plus fréquents, elle met définitivement un terme à sa carrière de chanteuse en donnant un dernier concert privé sur la chaîne M6 en 1997. Comme pour boucler la boucle, elle y reprend notamment Attends ou va-t'en, sa « chanson préférée »[9] écrite en 1965, puis interprète en duo avec Charles Aznavour, La Mamma, chanson écrite par son père en 1960. Fin 1997, Pauline meurt à 19 ans de la mucoviscidose.
En 2003, Universal sort le CD Volume no 5 (S.O.S. mesdemoiselles) de son anthologie compilée Pop à Paris. C'est avec surprise qu'on découvre France Gall chanter un titre « inédit » écrit par Serge Gainsbourg en 1967, Bloody Jack, sur la musique et les arrangements de Teenie weenie boppie, et le texte de la chanson éponyme que Gainsbourg interprète en 1968, sur une musique totalement différente[Note 12].
Après une longue période de deuil et de repli dans l'ombre, le , jour anniversaire des vingt ans de la mort de Michel Berger, la radio Europe 1 diffuse un entretien dans lequel France Gall annonce travailler à l'écriture d'une comédie musicale intitulée Résiste, rendant hommage à son mari défunt[49]. Le spectacle est coécrit par son compagnon Bruck Dawit et mis en scène par Ladislas Chollat. C'est l'occasion pour France Gall de renouer avec la scène, même si elle n'envisage pas d'y chanter. Le spectacle est présenté au Palais des sports de Paris de à [50]. Une tournée en France, en Belgique et en Suisse s'ensuit et s'achève le au Zénith de Lille[51].
Début 2015, malgré ses précédentes déclarations, elle laisse entendre son éventuel retour à la chanson[52].
Fin de vie et mort
Tombe de France Gall, Michel Berger et de leur fille Pauline.
Le cancer du sein de France Gall, révélé au grand public et traité en 1993[53], connaît une récidive en 2015[54].
Le , elle participe à la cérémonie des Globes de cristal, où son spectacle Résiste reçoit le prix de la meilleure comédie musicale ; c'est sa dernière apparition publique[55].
France Gall s'éteint le , à l'âge de 70 ans, des suites d'une rechute de son cancer[58],[59].
Son cercueil est exposé au public au funérarium du Mont Valérien pendant deux jours[60]. Des obsèques civiles (sans office religieux[61]) ont lieu le [62] au cimetière de Montmartre, « dans la plus grande intimité », selon le souhait de la famille, et en présence de quelques 80 personnes, du cercle amical et familial[61],[63]. Carole Bouquet et Jacques Attali prennent la parole pendant la cérémonie[63]. France Gall repose auprès de Michel Berger et de leur fille, Pauline[60],[61],[63].
Vie privée
En 1964, à l'âge de 17 ans, France Gall entame une relation avec Claude François, alors âgé de 25 ans et marié. Leur séparation définitive, en , inspire au chanteur les paroles de Comme d'habitude qui connaîtra un succès international[64]. Après s'être séparés en mauvais termes, ils ne se revoient qu'en pour chanter quelques-uns des titres de France Gall lors d'une émission de télévision.
Dans les années 1970, ils acquièrent la maison du Clos Saint-Nicolas, une résidence à Vasouy, près d'Honfleur (Normandie), qu'agrandit par la suite le frère de Michel Berger. C'est dans ces lieux que le chanteur aurait composé le tube Résiste. Après la mort de sa fille en 1997, France Gall quitte la maison préférant aller se reposer au Sénégal[72].
Michel Berger meurt le , à la suite d'un infarctus, alors qu’il passe ses vacances en famille dans sa résidence d’été à Ramatuelle[68]. Quelques mois après ce drame, France Gall est diagnostiquée un cancer du sein, dont elle est opérée avec succès le [73]. Elle déclare à ce sujet : « Mon cancer était la concrétisation de mon mal intérieur »[54].
Marquée par ce tragique événement, affaiblie par son cancer du sein, France Gall, ne fait ensuite que quelques rares apparitions sur la scène musicale (Bercy en 1993, Pleyel en 1994, Olympia en 1996), avant de s'en retirer complètement à la mort de sa fille.
France Gall se rend régulièrement à Dakar au Sénégal depuis 1969. Elle co-fonde avec Abdoulaye Diallo l'association « Les Amis de N'gor ». Elle fait construire une résidence dans l’île de N’Gor en 1990, ainsi qu'un restaurant et une école[75]. Après s'être retirée du monde de la chanson, elle y vit six mois par an[76].
Postérité
Elle refuse toute création de fan-club et n’encourage pas l’édition de biographies. Elle déclare à ce sujet, en 1987[77] :
« Qu’il reste quelque chose de moi m’indiffère. Je ne suis pas comme ces personnalités politiques qui éprouvent le besoin de faire bâtir un monument afin de laisser une trace tangible de leur passage : moi, je ne construis que ma vie… »
En 2001, elle revient sur sa vie et sa carrière dans un portrait filmé pour France 3. Elle considère cette émission comme sa seule autobiographie, et n'envisage pas l'écriture de mémoires[78],[79].
En 2002, elle déclare avoir voté pour Lionel Jospin, pour faire barrage à la candidature de Jean-Marie Le Pen : « Au second tour, j'ai jeté les bulletins Le Pen sur le trottoir »[70].
En 2013, elle exprime ses doutes sur le projet de loi autorisant le mariage homosexuel en France, mais déclare ensuite s'être mal exprimée : « À force de vouloir tout expliquer, je me suis mal exprimée. […] Et j'ai été mal comprise. […] Mes potes gays étaient furieux et stupéfaits. […] Donc je le dis clairement, je ne suis pas, absolument pas, contre le mariage pour tous, au contraire, je suis pour l'égalité des droits »[84].
Inspiration et hommages
Ses ruptures sentimentales inspirent trois chansons :
Si elle s'impose comme une icône musicale, France Gall se tiendra toujours loin du cinéma, n'aimant pas jouer la comédie, même dans ses clips musicaux. Elle refuse des propositions de rôles de Claude Chabrol et Robert Hossein[52].
En 1965, une émission pour la télévision, réalisée par Jean-Christophe Averty et consacrée aux chansons de France Gall, est distribuée aux États-Unis. Gall est alors pressentie par Walt Disney pour incarner Alice dans une version musicale qu’il souhaite réaliser après avoir déjà fait Alice au pays des merveilles en dessin animé en 1951, dont il n'est pas satisfait musicalement. C’est le seul projet cinématographique auquel elle répond favorablement, alors qu’elle a toujours demandé à son entourage de « l’empêcher de faire du cinéma ». Disney, déjà gravement malade, meurt en 1966 et son idée disparaît avec lui[85].
En 1968, elle décline l'offre du réalisateur Jean Herman pour interpréter, dans Adieu l'ami, le rôle de Dominique « Waterloo », à cause d'une scène où elle aurait dû embrasser Alain Delon, car, à l'époque, elle entretient une relation amoureuse avec Claude François[86].
Elle participe tout de même, en mars 1974, au téléfilm Notre correspondant à Madras réalisé par Jean-Pierre Spiero et diffusé sur la nouvelle troisième chaîne. Elle incarne la secrétaire lascive de Sacha Pitoëff dans cet épisode court d’une série expérimentale et ambitieuse voulue par la chaîne, qui passera finalement inaperçu.
En 1988, elle refuse même un projet cinématographique de Michel Berger, souhaitant lui faire tenir un rôle dans un film musical. Elle confie à Christophe Nicolas sur Radio Nostalgie[87] :
« J’ai refusé de faire ce film à la grande tristesse de Michel parce que je déteste jouer la comédie. [...] J’avais déjà du mal à tourner des clips de trois minutes, donc je me suis dit si je pars dans un film ça va être horrible, je vais être malheureuse. Voilà pourquoi ça ne s’est pas fait. »
En 1993-1994, naît l'idée d'une collaboration cinématographique avec son amie la scénariste Telsche Boorman[88], mais le projet s'éteint avec le décès de Telsche en .
En 1996, elle contacte Jean-Luc Godard, dont elle a notamment aimé le film Nouvelle Vague (1990), pour qu’il réalise le clip de sa chanson Plus haut à la suite de la sortie de son album France[89]. Godard, qui n'a jamais été sollicité pour tourner un clip, accepte. Ne souhaitant pas réaliser un simple clip, les deux artistes mettent en boîte un court-métrage pictural et onirique, intitulé Plus oh !, diffusé une seule fois sur sur M6 en 1996, avant d'être interdit d'antenne car Godard ne s’est pas acquitté de tous les droits d'auteur[réf. nécessaire].
Son personnage au cinéma
France Gall apparait comme personnage secondaire dans deux biopics sur des personnages qu'elle a côtoyé :
2016 : France Gall et Michel Berger : Toi, sinon personne, documentaire écrit et commenté par Franck Ferrand, réalisé par Olivier Amiot et Antoine Coursat[Créd 50]
Vidéographie
1978 : Live au Théâtre des Champs-Élysées, Super 8
En 1995, la chanteuse April March reprend Cet air-là et Laisse tomber les filles en version française et anglaise (Chick Habit) sur son album Chick Habit ;
En 2013, la chanteuse Jenifer reprend sur son album Ma déclaration quelques-uns de ses plus grands succès. France Gall s'élève contre cet album qu'elle ne cautionne pas[91]. France Gall s'est aussi élevée contre l'usage que TF1 fait de son répertoire dans une soirée « hommage » qu'elle qualifie de « cheap et ratée » et pour laquelle elle n'est pas présente[92] ;
En 2016, Mick Harvey, adaptateur - en anglais - de très nombreuses chansons de Gainsbourg, reprend sur son album Intoxicated Women : Les Sucettes(All Day Suckers), Poupée de cire, poupée de son(Puppet of Wax, Puppet of Song) (voix: Xanthe Waite) et Dents de lait, Dents de loup (Baby Teeth, Wolfy Teeth) (voix Solomon Schroeder)
↑In biographie réalisée par Martine Bordeneuve, initialement parue dans Jukebox Magazine no 20 de juillet-août 1988 puis publiée dans les intégrales de Polydor. Les années Philips 1963-1968 : Poupée de son, coffret 4 CD (1992) et France Gall, longbox 3 CD (2001).
↑Deux enregistrements, les reprises par Juliette Gréco du Folklore américain de Sheila et du Jouet extraordinaire de Claude François, sont inclus dans le volume 8 de son intégrale L'Éternel féminin parue en 2003 (Mercury).
↑ a et b« Pour France Gall, son cancer était « la concrétisation » de son chagrin d'amour après le décès de Michel Berger », Le Huffington Post, (lire en ligne, consulté le ).
↑« France Gall, poupée des sixties et inoubliable interprète de Michel Berger », La Parisienne, (lire en ligne, consulté le ).
↑ a et b« France Gall et Michel Berger, couple inoubliable de la chanson française », Le Monde.fr, (ISSN1950-6244, lire en ligne, consulté le ).
↑Fabienne Thibeault, interviewée par Gilles Trichard, « Le jour où j'ai été embauchée pour Starmania », Paris Match, semaine du 13 au 19 décembre 2018, p. 178.
↑ a et b« France Gall, près du piano, debout », Libération.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
Murielle Bisson et Patricia Martoglio (préf. France gall), Sur les pas de France Gall et Michel Berger : Road-book d'une groupie, Paris, Éditions Descartes & Cie, , 176 p. (ISBN978-2-84446-237-4, présentation en ligne)
France Gall (photogr. Thierry Boccon-Gibod), Michel Berger – Haute fidélité, Paris, Éditions Fetjaine, coll. « Musique », , 144 p., relié, 28 cm x 23 cm (ISBN978-2-35425-377-6) Album-souvenir de photos prises par l'ami d'enfance de Michel Berger, Thierry Boccon-Gibod (auteur, notamment, de nombreuses pochettes d'albums-musique) et commentées par France Gall.
↑Surnom qu'elle porte depuis l'enfance comme l'écrivent notamment Hugues Royer et Philippe Séguy dans la double biographie France Gall, Michel Berger : Deux destins pour une légende : « À cinq ans, Isabelle est surnommée « Babou » — le sobriquet lui restera ». Créditée comme choriste « Babou » par Michel Berger dans ses albums Mon piano danse, Beauséjour, Différences et particulièrement dans l'album Ça ne tient pas debout : « Merci à Jannick et à Babou-amour qui m'ont tant donné, sans oublier Jean-Pierre : ce disque est aussi le vôtre. ».
↑Trois succès de chanteurs français : Parce que tu sais des Chaussettes noires, Il a le truc (adaptation de He's Got the Power(en)) des Gam's, Ne boude pas (adaptation de Take Five) de Richard Anthony et deux chansons originales : J'entends cette musique et, Pardonnez-moi de vivre
↑En septembre 2004, elle est interviewée par Jean-Pierre Pasqualini, dans le no 114 de Platine magazine et cite les « Grands moments dans ma carrière de chanteuse de disques. […] Ma toute première séance en studio pour mon premier disque. Il y avait quatre pistes à l'époque et quatre musiciens autour d'Alain Goraguer : Christian Garros à la batterie, Pierre Michelot à la basse, René Urtreger et Eddy Louiss au clavier. J'ai été aussi impressionnée en 1963 que dix ans plus tard avec Michel. Dès 1963, comme je faisais du jazz, je sentais que ça jouait ! J'avais d'ailleurs fait mon premier essai de voix avec ces mêmes musiciens en juillet 1963 sur la scène du théâtre des Champs-Élysées. Ce fut également la même équipe quand j'ai travaillé avec Gainsbourg. »
↑France cite notamment la choriste Stella Vander, anti-yéyés des années 1960, qui fit une brève carrière solo en refusant le système du show-business (un de ses titres les plus connus intitulé Le Folklore auvergnat est une réaction à Le Folklore américain interprété par Sheila en 1965 ). Stella est l’épouse de Christian Vander, fondateur du groupe Magma dont elle est l’une des fidèles choristes
↑Adaptation française de Maria vai com as outras, écrite, composée et interprétée à l'origine par les Brésiliens Vinícius de Moraes et Toquinho