Germaine Krull

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Germaine Krull
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
WetzlarVoir et modifier les données sur Wikidata
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Formation
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Fratrie
Berthe Krull (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Prononciation

Germaine Krull (née le à Wilda, un quartier de Poznań (Empire allemand) et morte le à Wetzlar (Hesse)) est une photographe allemande.

Biographie

Fille de parents allemands, Germaine Krull est éduquée par des précepteurs.

En 1916, elle étudie la photographie à la Lehr-und Versuchsanstalt für Photographie, Chemiegraphie, Lichtdruck und Gravüre (« Centre d'enseignement et d'expérimentation en photographie, chimigraphie, phototypie et gravure » fondée en 1900, la section sera ouverte aux filles en 1905) à Munich. Elle fréquente la bohème munichoise et rencontre un anarchiste russe, Tobias Axelrod (1887-1938) (de), qu'elle épouse en 1919. Elle s'implique dans les luttes révolutionnaires de cette époque[1]. L'assassinat le de Kurt Eisner, secrétaire du Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne (USPD) et premier ministre de Bavière par un étudiant nationaliste, intensifie les troubles et violences politiques. Un éphémère gouvernement insurrectionnel d'inspiration communiste, la République des conseils de Bavière parvient au pouvoir, puis son écrasement s'accompagne d'une féroce répression des militants d'extrême-gauche par les contre-révolutionnaires. Arrêtée et condamnée à mort, Germaine Krull échappe in extremis à son exécution. Elle s'enfuit à Berlin[2].

Germaine Krull ouvre un atelier de portrait près du Kurfürstendamm. Elle poursuit ses activités politiques, vend sous le manteau des portraits de Lénine et fréquente les dadaïstes berlinois et les expressionnistes. Elle rencontre le cinéaste Joris Ivens avec qui elle s'installe aux Pays-Bas. Elle expérimente la photographie d'architecture et collabore aux revues i-10 et De Filmliga (nl) (créée en 1927).

Paris, Monaco

En 1925 ou 1926, Germaine Krull s'installe à Paris. Son approche « objective » de la photographie, sa fascination pour la machine et son « détournement poétique et graphique », l'architecture métallique et le monde industriel, et la modernité de ses sujets lui valent le surnom de « Walkyrie de fer » ou « Walkyrie de la pellicule »[3]. La Nouvelle Revue française publie alors une petite monographie dans une collection intitulée Photographes nouveaux. Influencée par le photographe László Moholy-Nagy, elle fréquente les surréalistes et rencontre Éli Lotar et Florence Henri. Elle collabore ensuite au nouveau magazine français VU.

Elle collabore par des photographies, tandis que les textes en sont rédigés par Georges Simenon, aux deux premiers ouvrages de la collection à fort tirage « Phototexte », éditée par Jacques Haumont, des livres policiers populaires dont le concept novateur, qui peut être considéré comme précurseur du roman-photo, consiste en la combinaison de textes et d'images. Mais seul le titre La Folle d'Itteville est édité en août 1931. L'ouvrage suivant, L'Affaire des 7 également cosigné par Georges Simenon et Germaine Krull, dont la publication prochaine est annoncée sur le dernier plat de la couverture de La Folle d'Itteville, ne paraît pas comme prévu, faute de succès commercial du premier ouvrage de la collection.

Elle s'installe en 1935 à Monaco, où elle travaille jusqu'en 1940 pour le casino, photographiant les célébrités[4].

Correspondante de guerre

Après l’armistice du 22 juin 1940 il lui faut fuir la France. Elle ne peut se rendre aux États-Unis, son époux Joris Ivens, qui y séjourne de à , ayant déclaré aux autorités américaines ne pas être marié[5]. Elle obtient un visa pour le Brésil et embarque à Marseille le sur le Capitaine-Paul-Lemerle à destination de la Martinique[6]. À Fort-de-France elle est internée dans une ancienne léproserie avec ses compagnons de voyage en attente d'un nouveau bateau. Elle poursuit ensuite son voyage à bord du Duc d'Aumale avec une escale à Saint-Laurent-du-Maroni[7], puis à bord du Correio Brasileiro de Belém à Rio de Janeiro. Elle séjourne au Brésil jusqu’en puis, via Le Cap, rejoint Brazzaville, chef-lieu de l'Afrique-Équatoriale française ralliée dès à la France libre. Elle y dirige le service de photographie de la France Libre et réalise des reportages de propagande sur les activités de production en Afrique-Équatoriale française[8].

Après un passage à Alger, elle accompagne le 6e Groupe d'armées des États-Unis lors du débarquement des Alliés en Provence en , puis la 1re armée française jusqu'à la fin de la guerre. Lors de la campagne d'Alsace, elle participe à la libération du camp de concentration du Struthof, puis de Vaihingen (une annexe du Struthof située près de Stuttgart). Ses photographies paraissent dans l'ouvrage La Bataille d'Alsace, accompagnées d'un texte de Roger Vailland.

En 1946, elle part en Indochine comme correspondante de guerre. Parcourant l'Asie du Sud-Est, elle en rapporte plus de deux mille photographies sur l'art bouddhique. Germaine Krull entreprend également des recherches sur la photographie en couleurs. Elle appelle ses réalisations des « silpa-grammes[3] ».

Bangkok

En , elle s'associe avec cinq autres personnes (dont Phot Sarasin et Jim Thompson) pour reprendre l'hôtel Oriental de Bangkok (aujourd'hui Mandarin Oriental, Bangkok), dont elle devient la première directrice, malgré son absence d'expérience dans l'hôtellerie (elle en a revendu sa part de l'établissement en 1967).

Après avoir vécu en Inde dans un ashram, elle rentre en Allemagne en 1955.

En 1967, André Malraux, alors ministre de la Culture et son ami de longue date, lui consacre une exposition au Palais de Chaillot, à Paris.

Se confiant rarement, Germaine Krull a tout de même accordé des entretiens à l'historienne Françoise Denoyelle au tout début des années 1980.

Quand on lui a demandé pourquoi elle faisait des nus : « parce que c'est beau depuis toujours et qu'un matin d'été ça m'a plu. »[3]

Durant son existence, ses engagements sont aussi anti-colonialistes et féministes.

Publications

. Recueil de photographies avec des textes de Jean Cocteau, Paul Morand, Georges Simenon et André Suarès :

  • Métal, 1927
  • 100 x Paris, 1929
  • Le Valois, 1930
  • Études de nus, 1930
  • La Route-Paris-Biarritz, 1930
  • La Folle d'Itteville, texte de Georges Simenon,
  • Marseille, 1935
  • La Route-Paris-Méditerranée
  • La Bataille d'Alsace, texte de Roger Vailland
  • Bangkok. Siam City of Angels, texte de Dorothea Melchers, Londres, 1964
  • Tales from Siam, texte de Dorothea Melchers, Londres, 1966
  • Germaine Krull, la vie mène la danse, autobiographie établie par Françoise Denoyelle à la suite de ses entretiens, Éd. Textuel - coll.L'écriture photograhique, 2015

Réalisations cinématographiques

Les deux derniers films sont des productions de l'Office français d'information cinématographique.

Expositions

Hommages

Plaque de la rue Germaine Krull

La rue Germaine-Krull, dans le 13e arrondissement de Paris, porte son nom en sa mémoire[10].

Notes et références

  1. http://coopimage.com/histoire/krull.html
  2. « Germaine Krull », sur AWARE Women artists / Femmes artistes (consulté le 23 octobre 2020)
  3. a b et c Elvire Perego, voir Bibliographie
  4. Yasmine Youssi, « Germaine Krull, une esthète moderne », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le 9 septembre 2020).
  5. Germaine Krull, La vie mène la danse, éditions Textuel, en coédition avec le Musée du Jeu de Paume, coll. « L’écriture photographique », , 416 p. (ISBN 978-2-84597-522-4).
  6. Germaine Krull et Jacques Rémy (préf. Adrien Bosc, Olivier Assayas, photogr. Germaine Krull, Jacques Rémy), Un voyage, Marseille-Rio 1941, Stock, coll. « La Bleue », , 300 p. (ISBN 2234087562). Sur le Capitaine-Paul-Lemerle sont présents nombre d'artistes et intellectuels fuyant le nazisme dont André Breton, Wifredo Lam, Claude Lévi-Strauss, Jacques Rémy (Raymond Assayas), Anna Seghers, Victor Serge.
  7. Son reportage sur le bagne guyanais paraît pour la première fois en 2019 dans l'ouvrage Un voyage, Marseille-Rio 1941.
  8. Michel Frizot et Collectif Hazan, Germaine Krull, Hazan, coll. « Catalogues d'exposition », , 200 p. (ISBN 978-2-7541-0816-4).
  9. « Germaine Krull (1897-1985) », sur Le Jeu de Paume (consulté le 9 septembre 2020).
  10. « La rue Germaine-Krull - Paris - 13e arrondissement », sur www.parisrues.com (consulté le 30 octobre 2020)

Annexes

Bibliographie

Liens externes


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