Soprano dramatique dotée d'une voix imposante, Jessye Norman s'est rendue célèbre dans le répertoire de la musique des XIXeetXXesiècles, particulièrement allemande et française.
Biographie
Famille et études
Jessye Norman naît à Augusta en Géorgie (États-Unis) dans une famille très pieuse de musiciens amateurs: sa mère est pianiste et sa grand-mère chante dans le chœur local[2].
Après sa scolarité à Augusta, elle intègre l'université Howard[3] d'où elle ressort en 1967 diplômée en musique. Elle passe l'été au conservatoire de Baltimore puis elle achève un master à l’université du Michigan, où elle travaille avec le barytonPierre Bernac[2]. L'année suivante, elle reçoit une bourse de l'Institute of International Education qui lui permet de participer au concours international de musique de la Radiodiffusion bavaroise ARD à Munich dont elle est lauréate[2].
Carrière
C'est ainsi que sa carrière commence en Europe où elle s'installe en 1969. En décembre, elle signe un contrat de trois ans avec le Deutsche Oper à Berlin-Ouest et fait sensation, à l'âge de 23 ans, en Elisabeth dans Tannhäuser[2]. Les premiers rôles et contrats se succèdent, elle se produit dans les années qui suivent avec plusieurs compagnies d'opéra allemandes et italiennes.
En 1970, elle fait ses débuts à Florence dans Deborah de Haendel et l'année suivante on l'entend, entre autres, dans Idoménée de Mozart à Rome, dans L'Africaine de Meyerbeer à Florence et dans Les Noces de Figaro au Festival de Berlin. En 1971, Norman, après une audition, décroche le rôle de la comtesse pour l'enregistrement par Philips des Noces de Figaro avec l'Orchestre symphonique de la BBC sous la direction de Colin Davis. En 1972, elle chante à Berlin le rôle-titre d'Aida, rôle qu'elle chantera plus tard cette année-là à la Scala de Milan[2]. La même année, elle chante Aida en Californie au Hollywood Bowl et au Wolf Trap à Washington D.C., et elle donne un récital Wagner au festival de Tanglewood (Massachusetts). Durant l'automne de 1972, elle triomphe en Cassandre à Covent Garden dans Les Troyens de Berlioz[2]. Elle fait aussi cette même année ses débuts au festival d'Édimbourg. Elle retourne aux États-Unis en 1973 pour faire ses débuts sur la scène du Lincoln Center.
Parallèlement, elle chante et enregistre les répertoires allemand et français de lieder et de mélodies, de Beethoven à Berg et de Berlioz à Poulenc, mais aussi Duke Ellington et de nombreux spirituals — notamment un concert mémorable de spirituals en 1990 à Carnegie Hall avec la soprano Kathleen Battle et James Levine à la baguette.
En 2000, elle donne la première de woman.life.song, cycle de pièces chantées, écrites par la compositrice Judith Weir pour une voix solo et un orchestre de chambre. L'œuvre, commanditée pour Jessye Norman par Carnegie Hall, emprunte des textes à trois autrices: Toni Morrison, Maya Angelou et Clarissa Pinkola Estés. Elle retrace la vie d'une femme, de sa jeunesse à sa vieillesse.
L'attitude en public de la cantatrice, qui combine une apparente hauteur avec des éclairs d'un humour désarmant, la place dans la tradition des divas. De fait, beaucoup voient en elle l'inspiratrice du rôle-titre du film français de 1981, Diva. Sa voix et sa personnalité ont conduit ses fans à la surnommer Just Enormous («Énorme tout simplement»)[réf.nécessaire].
Mort
Jessye Norman meurt le à New York des suites d’un sepsis consécutif à une opération de la colonne vertébrale survenue quatre ans plus tôt[6]. Elle avait 74 ans[2].
Le nom de Jessye Norman apparaît sur un très grand nombre de disques personnels et collectifs, à partir de 1969 jusque dans les années 90: des récitals de lieder et de mélodies françaises; des participations à des enregistrements d’opéras, d'oratorios, de cantates et de musique symphonique ou religieuse; enfin, des disques de spirituals, de chants sacrés et de standards américains.