À la fin du IVe siècle, la région faisait partie de la province de Ligurie, dont la capitale était Mediolanum (Milan). La culture et la langue romaines supplantèrent au fil des années la civilisation antérieure, et la Lombardie, grâce à la construction de routes ainsi qu'au développement de l'agriculture et du commerce, devint l'une des régions les plus prospères d'Italie. Des personnalités importantes naquirent ici, comme Pline l'Ancien (à Côme) et Virgile (à Mantoue). À la fin de l'Antiquité, le rôle stratégique de la Lombardie fut souligné par le transfert de la capitale de l'Empire romain d'Occident à 'Milan entre 286 et 402 après J.-C. C'est ici que l'empereur romain Constantin promulgua en 313 après J.-C. le célèbre édit de Milan, qui accordait la liberté de culte à toutes les religions dans l'Empire romain. L'évêque Ambroise de Milan en fit un foyer de culture chrétienne.
Haut Moyen Âge
Le royaume lombard (en vert) et les territoires byzantins (en rose) en l’an 600.
Pendant la période des invasions barbares, la Transpadane connut de brèves incursions des Alamansen 260, des Wisigoths entre 401 et 412 puis des Huns en 452. De 493 à 540 et de 544 à 549, le royaume ostrogoth s'étendit sur l'Italie du Nord[4] avec Pavie (Ticinum) pour capitale permanente. Après cela, la région passa sous le contrôle de l'Empire romain d'Orient (Empire byzantin) sous l'empereur Justinien[5]. La reconquête byzantine rétablit pour peu de temps l'autorité romaine sur la péninsule mais vinrent vers 570, un peuple germanique, les Lombards (Longobardi en italien), profita des conflits entre Ostrogoths, Byzantins et Francs pour s'emparer de l'ancienne Cisalpine : Pavie devint leur capitale en 626 et leur royaume prit progressivement le nom de « Lombardie ». Les noblesses franque, bavaroise et lombarde entretinrent des relations étroites pendant plusieurs siècles. Après des querelles initiales et la conversion des Lombards au christianisme au VIIe siècle, les relations entre les Lombards et les populations locales s'améliorèrent. Finalement, la langue et la culture des Lombards s'assimilèrent avec la culture latine, laissant des traces dans de nombreux mots de la langue italienne, des noms (notamment des toponymes), le code civil, des lois, etc.[6] Le lombard, langue germanique, n'est pas à l'origine du lombard, parler roman aujourd'hui en usage dans la région.
Le XIe siècle fut marqué par un essor économique important dans la région, dû au développement du commerce et surtout à des conditions agricoles favorables[6]. Comme dans d'autres régions en Italie, cette évolution mena à une reconnaissance des villes, dont la richesse croissante leur permit de défier le pouvoir suprême féodal traditionnel, représenté par les empereurs germaniques et leurs légats locaux. Ce processus atteint son apogée aux XIIe et XIIIe siècles, lorsque différentes ligues lombardes formées de villes alliées de Lombardie, généralement menées par Milan, vainquirent l'empereur HohenstaufenFrédéric Ier à Legnano[6], ainsi que son petit-fils Frédéric II, à Parme[6].
À la Renaissance, le duché de Milan, ayant absorbé plusieurs petites cités de la ligue lombarde, se structura sous la domination des Visconti (1277-1447) puis des Sforza (1450-1535)[6].
Ce n'est qu'en que les Piémontais, très fortement épaulés par les Français, réussirent à prendre le dessus sur l'Autriche lors des batailles de Magenta et de Solférino. Toutefois le , Napoléon III, rendu inquiet par les pertes dans son armée, stoppa tout. À l'armistice de Villafranca, il obtint le rattachement de la Lombardie au royaume de Sardaigne de Victor-Emmanuel II de Savoie et de Cavour qui, en échange, cédèrent le duché de Savoie et du comté de Nice à la France tandis que l'Autriche conservait la Vénétie jusqu'en 1870[6].
La révolution industrielle fut assez tardive en Italie : vers la fin du XIXe siècle, le décollage de l'industrie, principalement textile, était surtout sensible dans les provinces de Bergame, Brescia, Côme et Milan, le reste de la région étant plus rural. Le travail des enfants, particulièrement des fillettes, représentait une part importante de la main-d'œuvre ; les filles de 10 à 14 ans constituaient 32,5% de la population ouvrière de la province de Côme en 1876, 30,6% dans celle de Bergame, 27,8% dans celle de Milan. Au début du XXe siècle, le travail enfantin diminua en proportion tout en restant courant mais c'est celui des femmes adultes et surtout des hommes adultes qui connut le plus fort développement : 24 438 hommes adultes, 78 743 femmes adultes et 58 130 enfants des deux sexes en 1876 (respectivement 15,2%, 48,8% et 38,0% de la main-d'œuvre industrielle) contre 266 092 hommes, 211 234 femmes, 83 324 enfants en 1911 (respectivement 47,7%, 37,5% et 14,8%)[9].
Dans les années 1980, Milan devient un symbole de croissance économique et de mobilité sociale, caractérisé notamment par l'expression Milan à boire(it)[16]. À cette époque, le groupe socialiste milanais de Bettino Craxi (président du Conseil des ministres de 1983 à 1987) exerçait une grande influence sur le pays. C'est à Milan qu'éclata le scandale du Tangentopoli en 1992. Celui-ci donnera lieu à une enquête du parquet milanais qui débouchera sur une vaste opération anticorruption (s'étendant ensuite à tout le pays) appelé Mains propres[17].
Nord-ouest de la Lombardie vu depuis un satellite. À partir de la droite : le lac Majeur, le lac de Lugano, les lac de Côme et lac d'Iseo, en haut à gauche. Dans la partie supérieure droite, la zone métropolitaine de Milan.
Relief
La surface de la Lombardie est divisée presque également entre les plaines (qui représentent environ 47 % du territoire) et les zones montagneuses (qui représentent 41 %). Les 12 % restants de la région sont vallonnés.
Morphologiquement, la région est divisée en quatre parties : une strictement alpine, une montagneuse ou formée de collines, un niveau de division entre Haute et Basse-Vallée, et enfin la zone située au sud du fleuve Pô. La région est traversée par des dizaines de rivières (y compris le plus grand fleuve en Italie) et est arrosée par des centaines de lacs naturels et artificiels.
Au nord, la Lombardie est bordée par des bassins versants alpins entre la Valteline et les vallées du Rhin et de l'Inn, même si parfois, la frontière traverse la Valteline. À l'est s'étendent le lac de Garde et la rivière Mincio pour séparer la Lombardie d'autres régions italiennes ; au sud le Pô (sauf pour l'Oltrepò pavese et l'Oltrepò mantovano qui se prolongent vers le sud), et à l'ouest le lac Majeur et le Tessin (à l'exception de la région historique de la Lomelline).
Climat
Le climat de la région est de type climat continental humide, les hivers sont froids et humides et les étés sont chauds avec des précipitations plus marquées en été et en automne.
Données climatiques de la ville de Milan (source meteoam) :
température moyenne minimum en janvier : −2 °C, maxi : 5 °C ; précipitations 64 mm ;
température moyenne minimum en juillet : 17 °C, maxi : 29 °C ; précipitations 68 mm.
Première puissance économique régionale d'Italie, la Lombardie produit à elle seule 20,7 % des 1 740 milliards d’euros du PIB italien en 2009, accueillant de nombreux pôles industriels, financiers, et commerciaux du pays. Supérieur de 35 % à la moyenne européenne, son PIB par habitant s'élevait à 33 647,7 euros en 2008, contre 26 277,7 euros pour l'Italie.
En 2023, le PIB de la Lombardie s'élève à 481 milliards d'euros, supérieur à ceux de la Grèce et du Portugal réunis. Le bassin de Milan, Lodi, Monza et Pavie représente 12% de la production industrielle et 14% des services en Italie. Le taux de chômage, 4%, est un des plus bas d'Europe et la reprise après la pandémie de Covid-19 a été exceptionnellement rapide[18].
En Lombardie, en 2005, il y avait 4 millions d’emplois : 63 % travaillaient dans les services, 36 % dans l’industrie, et 1 % dans l’agriculture. Le taux d’emploi régional était de 66,6 % en 2006 : 76,4 % des hommes travaillaient, contre 56,5 % des femmes. L’emploi chez les femmes a augmenté ces dernières années grâce à des politiques sociales de niveau local et national, mais il n’est pas encore au niveau des pays nord-européens (>60 %). Le pourcentage des femmes cadres a, presque, doublé de 1992 à 2005 en passant de 12 % à 20,8 %.
L’économie de la Lombardie se caractérise par une grande variété de secteurs dans lesquels elle s’est développée, des secteurs traditionnels tels que l’agriculture et l’élevage, à l’industrie lourde et légère, jusqu’au secteur des services, qui a fortement évolué ces dernières décennies.
Secteur primaire
L’agriculture était la base du développement économique de la Lombardie. La mécanisation et la restructuration du territoire a permis une augmentation sans précédent[Quand ?] de la production agricole. L’agriculture de la région est principalement axée sur la production de céréales (maïs, soja, blé), de légumes, de fruits (poires et melons) et de vin.
Secteur secondaire
L’industrie est dominée par des PME (petites et moyennes entreprises) souvent à caractère familial, mais aussi par de grandes entreprises. Elle est florissante dans de nombreux domaines : mécanique, électronique, métallurgique, textile, chimie, pétrochimie, pharmacie, alimentaire, rédaction, mobilier, et la production de chaussures. La ville métropolitaine de Milan rassemble plus de 40 % des entreprises lombardes. La zone de concentration maximale d'installations industrielles correspond à la zone de haute plaine-colline : le triangle Milan-Varese-Lecco et le gestionnaire de contrefort qui s'étend vers Bergame et Brescia. Les localisations modernes se superposent à un tissu productif robuste d'une plante ancienne, favorisé par la coexistence de multiples facteurs : la présence d'un marché actif, l'abondance de la main-d'œuvre, la propension à exercer des activités entrepreneuriales ; une question si les facteurs sont associés par la suite à l'offre croissante de services et d'infrastructures et les nouvelles opportunités pour l'utilisation des ressources énergétiques. L'industrie lombarde, incapable de profiter des maigres ressources du sous-sol régional, utilisait du méthane provenant des champs de la vallée du Pô (convoyé vers la région par un réseau dense de canalisations de méthane) et des produits pétroliers. Chaque secteur de produits industriels est représenté en Lombardie. Le système productif régional a été réorganisé principalement à travers des interventions visant à la réalisation d'une expansion des capacités de production des entreprises manufacturières et tertiaires, avec une attention particulière à la diffusion de l'innovation, à l'informatisation de la ré-innovation, les dépenses dans ce dernier secteur ont été au cours de l'année 2000 au-dessus de la moyenne nationale). Les investissements destinés à l'industrie ont dans de nombreux cas impliqué la recherche de nouveaux marchés et le développement d'opérations de fusion et d'acquisition entre complexes de production, visant à créer des groupes d'entreprises, souvent avec la participation de capitaux internationaux ; en revanche, la fréquence des investissements et des opérations d'externalisation motivés par la nécessité de réaliser des économies sur le coût du travail est restée à des valeurs faibles, contrairement à ce qui s'est passé dans les zones plus industrialisées du nord-est du pays. Les dynamiques de réorganisation socio-économique ont contribué, structures d'ensemble, à la définition de processus de recentralisation fonctionnels qui, à leur tour, ont affecté les principaux secteurs de production (en ce qui concerne notamment le secteur tertiaire supérieur et innovant) les principales zones urbaines : ce qui est surtout en ce qui concerne la région milanaise, qui ne cesse de renforcer son rôle de pôle économique et socioculturel d'intérêt international. Parmi les secteurs industriels, ceux de la mécanique (divisée en branches très spécialisées), de la chimie, du caoutchouc et des plastiques ont montré une dynamique satisfaisante, tandis que les productions traditionnelles du textile et de l'habillement, de la transformation et du bois, fréquemment structurées sous forme de districts industriels, ont connu un ralentissement depuis la fin des années 1990, largement lié aux cycles de crise de la demande. Le secteur industriel qui connaît la plus forte expansion est celui des biens d'investissement, tandis que le chiffre d'affaires à l'étranger augmente plus que la moyenne dans le secteur des biens intermédiaires, confirmant la forte présence de ses entreprises lombardes dans le cadre des chaînes de production.
Le commerce et les finances ont un poids important dans le secteur des services. Milan accueille notamment la Bourse italienne, les principaux centres financiers et la Foire de Milan, qui est le plus grand complexe d’exposition d’Europe. Les banques, les transports, les communications et les services aux entreprises tiennent une grande place dans le secteur tertiaire, sans oublier le tourisme (villes, montagnes, lacs).
Au cours des XIXe et XXe siècle, la pression démographique et le retard du développement économique ont poussé près de la moitié de la population régionale à la migration, notamment vers l'Amérique latine. Depuis les années 1980, certaines collectivités locales encouragent les échanges entre les descendants de ces migrants et leurs parents restés en Italie. Deux monuments, à Magnacavallo et en Valteline, sont dédiés aux émigrants[20]. En revanche, dans la seconde moitié du XXe siècle, la Lombardie, le Piémont et la Ligurie, en plein développement industriel, ont reçu des flux migratoires importants en provenance du Mezzogiorno (Italie du Sud)[21]. Au XXIe siècle, la Lombardie est la région italienne qui compte le plus de migrants étrangers avec 815 335 résidents en 2007[22].
Administration
Les provinces lombardes.
La Lombardie est subdivisée en une ville métropolitaine et onze provinces :
La Lombardie et la plaine du Pô sont très exposées à la pollution. Des villes comme Milan, Bergame et Brescia affichent des taux de pollution de l'air bien supérieurs aux taux européens autorisés[23].
Pour faire la lumière sur le danger pour les humains de vivre dans des environnements pollués, le Chicago Energy Policy Institute[24] a récemment développé l'Air Quality Life Index (AQLI), un système capable d'analyser la pollution de l'air dans le monde entier.
Selon les résultats de l'AQLI, la pollution de l'air dans la plaine du Pô affecte si durement les habitants qu'elle coupe environ une demi-année de leur espérance de vie. Les principales raisons pour lesquelles il y a une grande tache de pollution atmosphérique dans la plaine du Pô sont strictement liées au bétail et aux usines. Les engrais NPK, composés d'azote, de phosphore et de potassium, ainsi que les émissions de fumier provenant de l'élevage intensif et les niveaux élevés de dioxyde d'azote libéré par les moteurs diesel et essence sont tous responsables de cette condition d'air désastreuse dans le nord de l'Italie. La région de Lombardie produit des grandes quantités de déchets animaux, un grand contributeur à la pollution. Elle fournit plus de 40 pour cent de la production laitière italienne, par exemple.
Selon une étude publiée dans The Lancet Planetary Health en janvier 2021, qui estime le taux de mortalité associé à la pollution par les particules fines (PM2,5) et le dioxyde d'azote (NO2) dans 1000 villes européennes, Brescia et Bergame en Lombardie ont le taux de mortalité par particules fines (PM2,5) le plus élevé d'Europe. Saronno occupe la huitième place dans un top dix sur dix villes. Milan est également en tête du classement européen - cinquième - en termes de mortalité accrue due au dioxyde d'azote, un gaz qui provient principalement du trafic et en particulier des véhicules diesel. Les données montrent que de nombreuses villes de la plaine du Pô subissent l'impact le plus grave au niveau européen en raison de la mauvaise qualité de l'air, à commencer par la zone métropolitaine de Milan, treizième du classement en termes d'impact des particules fines, où chaque année près de 4 000 décès prématurés - environ 9 % du total - sont recensés[25].
La rose camunienne, motif sculpté sur des roches découvertes dans le Val Camonica, est devenu le symbole de la région. Une nouvelle représentation stylisée datant de 1974 orne maintenant le drapeau de la région de la Lombardie[27].
Les premières manifestations artistiques en Lombardie remontent au Mésolithique, lorsque, à la fin de la glaciation de Würm, commença le cycle historique de l’art rupestres du Valcamonica. Ce cycle se poursuivit au Néolithique et à l’âge du Cuivre, pour ne s’achever qu’à l’époque romaine et médiévale. Le cycle camunien est considéré comme l’un des témoignages les plus importants de la préhistoire à l’échelle mondiale et figure donc sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Par ailleurs, d’autres découvertes ont mis en évidence la présence de populations préhistoriques sur le territoire lombard. Elles sont elles aussi inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans le cadre du site en série « sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes », auquel appartiennent plusieurs sites situés en Lombardie[29].
Les Celtes ont laissé des témoignages que l’on peut aujourd’hui admirer dans les musées archéologiques répartis à travers la région, tandis que la présence des Étrusques est attestée dans la zone de Mantoue. Après la conquête romaine, le développement artistique de la région s’aligna sur les courants stylistiques des conquérants — de la fin de la République à l’époque impériale. Des vestiges monumentaux de cette période historique sont visibles à Brescia (Brixia en latin), à Sirmione (Grottes de Catulle) et à Milan (Mediolanum en latin)[30].
À la fin de l’Antiquité, le territoire lombard gagna en importance, Milan étant devenue la capitale de l’Empire romain d’Occident entre 286 et 402. Cette évolution favorisa également une intensification de la production artistique, dont témoignent notamment des réalisations dans le domaine de l’architecture sacrée, comme la construction des églises paléochrétiennes de Saint-Laurent et de Saint-Ambroise de Milan[30].
Patrimoine médiéval et moderne
La période du haut Moyen Âge, qui coïncide avec l’époque des grandes invasions et lui succède, fut d’une importance capitale pour le développement de l’art régional. Les caractéristiques stylistiques de l’art barbare introduit par les nouveaux peuples contribuèrent en effet de manière significative, en se mêlant aux modèles tardo-antiques (maintenus dans une certaine continuité) ainsi qu’aux influences byzantines, permettant ainsi l’émergence d’un art véritablement lombard[31].
C’est d’ailleurs à la fin du haut Moyen Âge que l’on commence à parler de styles artistiques spécifiquement lombards, comme l’art roman lombard. La contribution la plus importante entre le VIe et le VIIIe siècle fut celle des Lombards, qui occupèrent une grande partie de l’Italie, établirent leur capitale à Pavie et firent de la Lombardie le centre de leur royaume. Ils apportèrent avec eux leur art, dont d’importants témoignages sont conservés – notamment à Brescia (abbaye San Salvatore), Monza, Pavie et Castelseprio – et qui exerça une influence durable sur le développement artistique ultérieur[32].
À partir du XIVe siècle, une grande partie du territoire correspondant à l’actuelle Lombardie passa sous le contrôle des Visconti. Ceux-ci encouragèrent la construction de nombreux châteaux, églises et édifices de style gothique. Parmi ceux-ci figurent notamment la cathédrale de Milan, le château Visconti et l’église Santa Maria del Carmine à Pavie, ainsi que la cathédrale de Monza. Au cours des mêmes décennies, la cathédrale de Crémone, elle aussi de style gothique, fut également achevée[31].
Bergame (chapelle Colleoni) et Brescia, villes lombardes appartenant toutefois à la République de Venise, développèrent un style autonome, fortement influencé par l’art vénitien, notamment en peinture[35].
L'architecture fasciste a été bien représentée en Lombardie avec des édifices comme la Casa del Fascio à Côme. Depuis 1945, les administrations locales, notamment à Milan, se sont efforcées de les masquer ou neutraliser bien que certains lieux commémoratifs du fascisme donnent régulièrement lieu à des manifestations néo-fascistes et à leurs contre-manifestations[38].
Si la Lombardie s'illustre en industrie et en architecture, elle souffre longtemps d'un complexe d'infériorité au plan littéraire : le parler lombard est considéré comme plébéien et le Milanais Alessandro Manzoni, qui devient l'écrivain le plus respecté du Risorgimento, choisit d'écrire son roman historiqueLes Fiancés en toscan littéraire bien que l'action se passe dans le Milanais. Ce décalage entre la langue des élites et celle de l'usage courant se conserve jusqu'à nos jours[39].
L'épidémie de peste de 1630 à Milan, illustration des Fiancés de Manzoni, 1827 : les personnages milanais s'expriment en pur toscan.
Polenta (Polenta e asino, Polenta e osei : génoise en forme de demi-sphère avec des amandes et de la mousse au chocolat. Un oiseau en chocolat y est posé au sommet, d’où « osèi ». Polenta Vunscia, Polenta e Gorgonzola)
Minestra de fasö
Minestrone
Vitello tonnato
Bresaola de la Valtellina
Pizzoccheri della Valtellina (plat de tagliatelles à la farine de sarrasin et de froment, agrémenté de beurre, de légumes verts, d’ail, de sauge, de pommes de terre et d’oignon, le tout nappé de fromage Bitto)
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