Marceline Desbordes-Valmore, Amour partout dans Poésies en patois 1896
AMOUR PARTOUT À INÈS
Portrait de Marceline Desbordes
par Constant Joseph Desbordes
T’es le petit cœur qui roule
Tout à l’entour de mon cœur !
T’es le p’tit Jésus d’ ta mère !
Tiens ! gnia pas d’ souffrance amère
Que ma fill’ n’en soit l’ vainqueur.
Quoiqu’ tu vienn’ d’avec les anges,
Faut manger pour bien grandir.
Mon enfant, j’ t’aim’ tant qu’ ça m’ lasse ;
C’est comme un’ cord’ qui m’enlace,
Qu’ çà finit par m’étourdir.
Quand j’ vois ton p’tit nez tout rose,
Tes dents blanch’ comm’ des jasmins ;
J’ prends tes yeux pour mes étoiles,
Et quand j’ te sors de tes toiles
J’ tiens l’ bon Dieu dans mes deux mains !
T’es le petit cœur qui roule
Tout à l’entour de mon cœur !
T’es le p’tit Jésus d’ ta mère !
Tiens ! gnia pas d’ souffrance amère
Que ma fill’ n’en soit l’ vainqueur.

