Saint-Martin (Antilles françaises)

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Saint-Martin
Blason de Saint-Martin
Blason
Drapeau de Saint-Martin
Drapeau
Saint-Martin (Antilles françaises)
Logo de la Collectivité de Saint-Martin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Collectivité d'outre-mer
Chef-lieu Marigot
Assemblée délibérante Conseil territorial de Saint-Martin
Président
Mandat
Louis Mussington (RSM)
2022-2027
Préfet Cyrille Le Vély
Code ISO 3166-1 MAF, MF
Code ISO 3166-2 FR-MF
Code Insee 978
Démographie
Gentilé Saint-Martinois
Population 31 160 hab. (2023 en évolution de −11,81 % par rapport à 2017)
Densité 586 hab./km2
Langues
locales
Français (officielle)

anglais, créole haïtien, néerlandais, espagnol, papiamento, créole guadeloupéen

Géographie
Coordonnées 18° 04′ 31″ nord, 63° 03′ 36″ ouest
Superficie 53,2 km2
Divers
Monnaie Euro
Fuseau horaire UTC-4
Domaine internet .mf et .fr
Indicatif téléphonique +590
Localisation
Localisation de Saint-Martin
Liens
Site web comstmartin.fr

Saint-Martin est une collectivité d'outre-mer française qui administre la partie nord de l'île de Saint-Martin, et les îlots qui en dépendent, depuis le [1],[2]. Avant cette date, ce territoire constituait une commune du département d'outre-mer de la Guadeloupe. Elle est distincte de la partie sud de l’île, appelée Sint Maarten (nom néerlandais), qui forme depuis le un des quatre États du royaume des Pays-Bas.

Son code officiel géographique (code Insee) est le 978 depuis le . Néanmoins, le code 97801 est utilisé par les applications nécessitant une codification à cinq chiffres[3]. Jusqu'en 2007, son code INSEE était le 97127. Son code postal est le 97150, il n’a pas changé depuis la séparation de la Guadeloupe.

Ses habitants sont appelés les Saint-Martinois et la langue officielle est le français. Néanmoins, du fait de l'histoire de l’île, l’anglais est largement maitrisé. De la composante cosmopolite de l'île, de la forte influence nord-américaine et de la nécessité de simplifier les échanges entre les deux parties de l'île[4], l'anglais est largement parlé et compris dans la partie française.

L'euro est la monnaie officielle en partie française de l'île. Le florin des Antilles néerlandaises est la monnaie officielle en partie néerlandaise. Le dollar américain est accepté des deux côtés de l’île et fréquemment utilisé.

La Collectivité de Saint-Martin est une région ultrapériphérique de l'Union européenne, et donc fait partie intégrante de l'UE, de l'espace Schengen, du territoire douanier européen, et de la zone euro, ce qui n'est pas le cas de sa voisine néerlandaise Sint Maarten en tant qu'État autonome des Pays-Bas.

Toponymie

Christophe Colomb aurait ainsi nommé l'île lors de son retour d'Hispaniola au cours de son deuxième voyage, en passant au large avec sa flotte de 17 navires entre le 11, jour de la fête de saint Martin de Tours, et le 18 novembre 1493[5]. Cependant la tradition locale désigne l'île par deux autres noms "Soualiga" (Terre de sel ou terre riche en sel ) et "Oualichi" (l'île aux femmes)[6]. Ces noms proviendraient de la langue des Arawaks, un peuple amérindien qui habitait les Caraïbes avant l'arrivée des Européens.

Le terme Soualiga reflète l'importance des salines de l'île pour les Arawaks et les premiers colons européens tandis que le nom Oualichi honore le rôle important des femmes dans la société arawak. L'origine des termes n'est pas réellement établie car non identifiés dans les dictionnaires anciens ou actuels de langue Arawak ou de langue Caraibe/Kalinagos.

Géographie

Localisation

Partie française de Saint-Martin.

La Collectivité de Saint-Martin est située dans la partie nord de l’île de Saint-Martin, dans l’archipel des Petites Antilles, entre le tropique du Cancer et l’équateur, à environ 18°4′ de latitude nord et 63°3′ de longitude ouest. L’île se trouve à environ 260 kilomètres au nord-ouest de la Guadeloupe et à environ 300 kilomètres à l'est-sud-est de Porto Rico.

La collectivité territoriale française couvre environ 53 km² sur les 93 km² que compte l'île. Le reste du territoire insulaire forme, au sud, Sint Maarten, territoire autonome du royaume des Pays-Bas. La frontière internationale entre les deux entités s’étend sur environ 14,7 km sur l’île, dont près de 10 km de tracé terrestre, le reste traversant notamment le lagon de Simpson Bay. L’île constitue ainsi la plus petite île habitée au monde partagée entre deux États souverains[7].

Elle partage des limites maritimes avec Anguilla au nord, Sint Maarten au sud, Saint-Barthélemy au sud-est et Saba au sud-ouest. Les principaux canaux qui la séparent des îles voisines sont le canal d'Anguilla et le canal de Saint-Barthélemy.

Géologie et relief

Deux ensembles géographiques distincts structurent d’est en ouest le territoire de la Collectivité de Saint-Martin.

À l'Est, une chaîne de mornes (collines) orientée approximativement nord-est à sud-ouest (NE-SO), avec le Pic Paradis comme point culminant à 424 mètres. Cette chaîne de collines s'étend de Marigot vers Cul-de-Sac, formant une colonne vertébrale centrale à travers l'île. Elle inclut de nombreux points culminants dont le mont Careta (401 m), Flagstaff (390 m), la montagne France (386 m), le mont O'Reilly (368 m), le mont des Accords (322 m) ou encore First-Stick Hill (218 m).

Rocher Créole.

Dans la pointe septentrionale de cette chaine de mornes, le massif de Red Rock, avec les collines Pigeon-Pea Hill, First-Stick Hill, Bell Hill et les fonds de baies de l'Anse Marcel et Cul-de-Sac, est rattaché entre Grand-Case et Chevrise par le talweg de Norman.

Ces mornes séparent les vallées de Colombier (la plus profonde), Caréta, Grand-Fond, Moho, Petit-Fond, Jones-Gut, Lotterie, etc. et les plaines de Bellevue, La Savane, Concordia, Quartier d'Orléans (la plus étendue).

À l'Ouest, la presqu'île des Terres Basses, composée d'un plateau et des trois Mornes Rouges, est rattachée par le cordon littoral sableux de Sandy-Ground où se trouve le pont levant qui permet (côté français) le passage des bateaux entre la mer et le grand étang de Simsonbaai.

En plus de l'île Tintamarre et l'îlet Pinel, citons les îlets : Cayes vertes, Petite Clef, rocher Créole, rocher de l'anse Marcel, rochers de la pointe Lucas ... et les deux petites presqu'îles : la pointe du Bluff, le morne Nettlé.

La pointe du Canonnier est le point le plus à l'ouest du territoire de l'Union européenne[8].

Hydrographie

Le réseau hydrographique de Saint-Martin est restreint en raison d’un climat sec malgré les influences tropicales. Il n'y a pas de rivière permanente sur l'île, seulement des ravines généralement sèches qui canalisent les eaux lors des épisodes pluvieux. Néanmoins, on peut trouver de l'eau douce ou légèrement saumâtre[9]:

  • dans les nappes phréatiques via des puits et des forages ;
  • cinq sources à très faible débit (telle la source Moho qui fut captée) ;
  • des «slopes»[10] (mares) disséminés dans les vallées et creusées sur les pentes ;
  • un petit lac d'eau douce régulé par un barrage-poids a été créé en 1975 au lieu-dit «Hope», au pied de la ravine Caréta.

Les eaux qui dévalent les pentes des mornes et des reliefs qui délimitent les bassins versants de l'île, rejoignent les ravines et débouchent dans différents étangs d'eau plus ou moins salée. La plupart d’entre eux communiquent ponctuellement vers la mer par des déversoirs qui s'ouvre naturellement ou creusés pour accélérer la vidange des trop-pleins. L’écoulement dans la mer a donc lieu uniquement en cas de forts épisodes pluvieux, lorsque le niveau des étangs entraine un débordement, facilitant ainsi l'évacuation de l'eau accumulée[9].

La partie française est parsemée d'une dizaine de ces étangs d'eaux saumâtres : l’Étang rouge, le Grand Étang, l’Étang Guichard, l’Étang de la Savane, l’Étang de Grand Case, L’Étang Chevrise, l’Étang de la Barrière, l’Étang de l'Anse Marcel, l'Étang de la Potence, l’Étang aux Poissons et le Grand Étang de Simsonbaai (lagon de Simpson Bay).

Ce dernier est l'un des plus grands lagons d'eau salée des Caraïbes et une des plus grandes baies intérieures de la région. Il s'étend depuis la baie de Simpson jusqu'aux Terres-Basses et Marigot, couvrant à la fois les parties française et néerlandaise de l'île. Il sert de port naturel offrant un havre assez sécurisé pour les activités nautiques et la plaisance.

Les anciennes salines sont les étangs Guichard, de Grand-Case, Chevrise, de la Barière et les Salines d'orient. Elles ont été créées en détruisant les palétuviers qui les bordaient. Aujourd'hui, il ne reste quasiment plus d'autres mangroves que celle de Coconut grove (étang aux poissons) renaissant lentement des dégâts de l'ouragan Irma (2017).

Climat

Saint-Martin bénéficie d'un climat tropical caractérisé par des températures chaudes et un taux d'ensoleillement élevé tout au long de l'année. Le climat est divisé en deux saisons principales : la saison sèche (carême) et la saison humide (hivernage). Carême et hivernage sont séparés par deux intersaisons plus ou moins marquées[11].

Station Marigot - Températures et précipitations moyennes (Période 1990-2020)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température maximale moyenne (°C) 28,6 28,7 29 29,6 30,4 31,3 31,5 31,8 31,7 31,2 30,3 29,3 30,3
Température moyenne (°C) 26 26 26,2 26,9 27,8 28,8 28,9 29,2 29 28,6 27,7 26,7 27,6
Température minimale moyenne (°C) 23,3 23,2 23,5 24,2 25,3 26,2 26,3 26,5 26,4 25,9 25,1 24,1 25
Précipitations (mm) 68 49 47 60 98 55 97 106 116 157 162 101 1 116


La saison sèche s'étend de janvier à avril et est marquée par des conditions météorologiques avec peu de précipitations. Les températures évoluent entre 21 et 24°C pour les minimales et entre 28 et 31°C pour les maximales. Les mois de février et mars sont les plus secs[11].

La saison humide s'étend de juin à novembre, avec des températures légèrement plus élevées et une humidité accrue. Les températures évoluent entre 25 et 27°C pour les minimales et entre 31 et 33°C pour les maximales. Cette période est également la saison des cyclones, avec un risque accru de tempêtes tropicales entre août et octobre. Les mois d'octobre et novembre sont les plus pluvieux, avec des précipitations pouvant atteindre 160 mm par mois[12],[11].

Saint-Martin reçoit environ 1 116 mm de pluie par an. Les averses sont généralement courtes et intenses. L'île bénéficie en moyenne de 8,3 heures de soleil par jour et la température de l'eau autour de Saint-Martin varie de 26°C en hiver à 29°C en été[12].

Les alizés, soufflant principalement du nord-est, apportent une brise rafraîchissante, surtout sur les côtes est de l'île, comme à Baie Orientale et Oyster Pond. Les zones protégées par les mornes, comme Anse Marcel, offrent des eaux calmes et une végétation luxuriante.

Paysages

Baie de l'Embouchure.
Plage de Baie Rouge.

Les côtes de la Collectivité de Saint-Martin sont bien découpées en une succession de baies et d’anses dont le fond est très souvent constitué de cordons sableux isolant des lagunes de taille très variable et typiques de l’île. Les plages principales du littoral sont :

  • du côté de la mer des Caraïbes: Baie longue, Baie aux prunes, Baie Rouge, Anse des Sables, Baie Nettlé, Anse des pères, Friar's bay, Happy bay, Grand-Case, Anse Marcel ;
  • du côté de l'océan Atlantique: Baie Orientale, Baie de l'embouchure.

La réserve naturelle de Saint-Martin (2 796 hectares marins et 164 hectares terrestres), inclut cette mangrove, la crique de Oyster Pond et salines d'orient, la côte de Pointe des froussards à Cul-de-Sac, les îles Tintamarre et Pinel et des îlets (Caye Verte, Petite Clef…).

Environnement

Cyclones

L'île est située dans une zone de convergence intertropicale, propice à la formation de cyclones tropicaux. Le risque cyclonique constitue le principal risque naturel à Saint-Martin.

Sa localisation au nord de l’arc antillais expose l’île à des phénomènes parfois plus intenses que dans les Antilles méridionales[13]. Les côtes basses, caractérisées par des systèmes lagunaires et des cordons sableux de faible altitude, sont particulièrement vulnérables aux submersions marines et aux houles cycloniques.

L’exposition au risque est renforcée par la concentration des populations et des activités sur le littoral[14].

La saison cyclonique s’étend généralement de juin à novembre, avec un maximum d’activité entre août et octobre[15].

Principaux phénomènes ayant affecté l'ile directement depuis 1950
Nom Date de passage Catégorie Vents Pression
Philippe 03/10/2023 Tempête tropicale 85 km/h 1.001 hPa
Irma 06/09/2017 Cat.5 287 km/h 0914 hPa
Gonzalo 13/10/2014 Cat.1 139 km/h 0984 hPa
Maria 11/09/2011 Tempête tropicale 083 km/h 1005 hPa
Debby 22/08/2000 Cat.1 120 km/h 0993 hPa
Lenny 19/11/1999 Cat.2 157 km/h 0975 hPa
Jose 21/10/1999 Cat.1 120 km/h 0992 hPa
Bertha 08/07/1996 Cat.1 130 km/h 0983 hPa
Luis 05/09/1995 Cat.4 213 km/h 0942 hPa
Frédéric 03/09/1979 Tempête tropicale 093 km/h 1000 hPa
Claudette 19/07/1979 Tempête tropicale 065 km/h 1010 hPa
Betsy 29/08/1965 Tempête tropicale 065 km/h N/A
Donna 05/09/1960 Cat.3 204 km/h 0952 hPa
Alice 02/01/1955 Cat.1 120 km/h 0991 hPa
Dog 01/09/1950 Cat.3 194 km/h N/A

Séismes

Saint-Martin est située dans une zone de subduction liée à l’enfoncement de la lithosphère atlantique sous la plaque Caraïbe. Elle est classée en zone de sismicité 5, le niveau le plus élevé en France[16].

L'analyse des données sismiques historiques et instrumentales montre que Saint-Martin a subi plusieurs séismes de magnitude modérée à forte. Le séisme de 1843 est l'un des plus anciens séismes documentés qui a affecté la région des Petites Antilles. Bien que les dommages spécifiques à Saint-Martin ne soient pas largement détaillés, l'ensemble de la région a subi des secousses importantes.

Derniers séismes majeurs dans les Antilles françaises[17]
Date Lieu Magnitude Intensité Morts
11 janv. 1839 Martinique 7 - 8 IX Entre 300 et 4000
8 fev.1843 Guadeloupe 8 - 8.3 IX - X 1500
Saint-Martin V N/A
21 nov. 2004 Les Saintes 6.3 VII 1
29 nov. 2007 Martinique 7.4 VI 6

Bien que les forts séismes soient peu fréquents, Saint-Martin subit régulièrement des secousses de faible à moyenne intensité de magnitudes variant entre 3.0 et 5.0, qui rappellent la nature sismiquement active de la région[18].

Entre 2014 et 2019, près de 4 600 séismes ont été enregistrés dans les Antilles françaises, dont une partie à Saint-Martin. Parmi ces séismes, la majorité avait une magnitude inférieure à 3.0, ce qui signifie qu'ils sont généralement peu ressentis et causent rarement des dommages. Cependant, 1 535 séismes avaient une magnitude comprise entre 3.0 et 4.0, et 313 séismes avaient une magnitude comprise entre 4.0 et 5.0[18].

Dans les zones côtières constituées de sols sableux saturés en eau, des phénomènes de liquéfaction des sols peuvent survenir lors de séismes, entraînant une perte de cohésion des terrains.

Volcanisme

Saint-Martin appartient à l’arc volcanique externe des Petites Antilles, aujourd’hui inactif[19]. L’île ne présente pas d’activité volcanique actuelle.

Elle peut toutefois être indirectement affectée par l’activité volcanique des îles voisines, notamment la Soufrière (Guadeloupe) ou le volcan de Montserrat, par des retombées de cendres ou des phénomènes associés.

Milieux naturels et biodiversité

Urbanisme

Lieux-dits, hameaux et écarts

Marigot, chef-lieu de la collectivité territoriale, constitue la principale agglomération, devant Grand-Case et Quartier d'Orléans. Le reste de l'habitat, très dispersé, s'étend un peu partout sur les zones basses proches du littoral et dans les hauteurs.

La collectivité d'outre-mer de Saint-Martin a subdivisé son territoire en quartiers, en application des articles L2313-1 à L2313-4 du Code général des collectivités territoriales, afin de favoriser la participation des habitants à la vie locale et d'améliorer la gestion des services publics de proximité[20].

Quartiers Lieux-dits ou hameaux
Quartier 1 Quartier d'Orléans - Spring - Belle Plaine - Oyster Pond - Baie Orientale
Quartier 2 Grand Case - La Savane - Morne O'Reilly - Cul de Sac - Chevrise - Anse Marcel - Mont Vernon - Pinel - Tintamarre
Quartier 3 Colombier - Rambaud - Saint-Louis - Friar’s Bay - Cripple Gate - Morne Valois - Pic Paradis
Quartier 4 Concordia - Spring - Agrément - Galisbay - Hameau du Pont
Quartier 5 Marigot - Saint-James - Bellevue
Quartier 6 Sandy-Ground - Baie Nettlé - Terres Basses

Logement

Le parc de logements de la collectivité de Saint-Martin s’inscrit dans un contexte de fortes contraintes structurelles, liées notamment à l’insularité, à la pression foncière et à l’exposition aux risques naturels. En 2021, le territoire compte environ 17 200 logements selon l’Insee[21].

Les résidences principales représentent environ 75 % du parc, tandis que les logements secondaires ou occasionnels en constituent 10,5 % et les logements vacants 14,9 %[22].

La structure du parc se caractérise par une faible proportion de propriétaires occupants, estimée à 21,1 % en 2021[22]. Cette situation reflète des difficultés d’accès à la propriété dans un contexte de forte pression immobilière.

Le marché du logement est marqué par une tension importante, se traduisant notamment par des niveaux de loyers élevés dans le parc privé, atteignant en moyenne 22 €/m² en 2022[22].

Le parc locatif social demeure limité au regard des besoins de la population. En 2022, il comprend 1 701 logements[22]. La gestion de ce parc est assurée par plusieurs opérateurs, parmi lesquels la SEMSAMAR, principal bailleur du territoire, qui en détient 63,8 %, devant la Société immobilière de la Guadeloupe (28,2 %) et la SIKOA (7,8 %)[22]. Plusieurs analyses institutionnelles soulignent ainsi un déficit structurel d’offre de logements accessibles[23].

Les difficultés d’accès au logement contribuent à la persistance de formes d’habitat précaire sur le territoire[22].

Le parc de logements a été fortement affecté par le passage de l’ouragan Irma en 2017, qui a endommagé une part importante du bâti. Les années suivantes sont marquées par une phase progressive de reconstruction et de réhabilitation, accompagnée d’une reprise de la production de logements, sans toutefois résorber l’ensemble des tensions structurelles du marché[22].

Voies de communication et transports

Voies routières

Le réseau routier saint-martinois est géré par la Collectivité de Saint-Martin, compétente en matière d’entretien, de rénovation et d’administration des infrastructures routières sur l’ensemble de son territoire. Il s’organise autour d’une ceinture principale d’environ 16 km, la route nationale 7 (RN 7), qui ceinture l’île, complétée par un réseau secondaire reliant les quartiers et les plages[24],[25]. La RN 7 débute et se termine à la frontière connectant Marigot à Quartier d'Orléans en passant par Rambaud, La Savane, Grand-Case Mont-Vernon et la Baie Orientale.

La frontière entre la partie française et la partie néerlandaise, issue du traité de Concordia de 1648, traverse l’île sur environ 10 kilomètres. Elle n’est matérialisée par aucun dispositif de contrôle, permettant une libre circulation des personnes et des biens entre les deux parties. Cette situation favorise les échanges et la coopération entre les deux territoires.

Transport en commun

Infrastructures de transport.

La collectivité territoriale de Saint-Martin mène des actions visant à structurer et améliorer l’offre de transports en commun[26].

Les moyens de transport en commun incluent des minibus privés qui desservent les principales routes de l'île. Ces minibus, bien que gérés par des opérateurs privés, suivent des itinéraires définis et des horaires fixes pour offrir un service fiable et organisé. Des efforts sont également déployés pour instaurer des arrêts clairement identifiés et des informations accessibles sur les lignes desservies et les horaires[24].

Transport aérien

L'aéroport de Grand-Case Espérance a été construit sur un remblai de l'étang de Grand-Case. Il a la particularité d'avoir deux codes IATA: CCE et SFG. Il dessert principalement des vols régionaux en provenance de la Guadeloupe, de la Martinique et des îles voisines, assurant la desserte interinsulaire.

Transport maritime

Saint-Martin dispose de deux ports. Le port de Galisbay-Bienvenue qui est destiné au trafic de marchandises tandis que la gare maritime de Marigot se consacre au trafic de passagers.

Le port de commerce traite environ 30% du trafic de marchandises de l’ensemble de l’île. Depuis 2001, ce port reste l’unique point d’entrée des produits pétroliers pour la partie française.

En raison de sa proximité avec la partie néerlandaise, le port de Galisbay fait face à une concurrence directe avec le port de Philipsburg, dont les infrastructures plus profondes et mieux dimensionnées captent une part importante du trafic maritime. Néanmoins, le port de commerce joue un rôle stratégique en période de crise comme cela a été le cas lors de la pandémie de Covid-19 en 2020 ou après le passage d’Irma en 2017 : il a notamment permis l’accostage de bâtiments militaires pour l’acheminement du matériel sanitaire gérant la logistique d'urgence pour toute l'île[25],[27].

La gare maritime de Marigot est un hub maritime clé pour Saint-Martin. Il accueille des ferries réguliers qui relient l'île à Anguilla et Saint-Barthélemy[28]. Ces services de ferry sont essentiels pour les déplacements des résidents et des touristes entre les îles, facilitant ainsi le commerce et les échanges culturels. En plus des ferries, elle reçoit également des bateaux de croisière, contribuant à l'économie touristique de l'île.

Marinas à Saint-Martin.

Plaisance

La partie française de l’île compte également quatre marinas : les marinas Fort Louis et Port La Royale situées respectivement dans la baie de Marigot et le lagon de Simpson Bay et la marina de l’Anse Marcel. À cela s'ajoute une quatrième marina située exactement sur la frontière à Oyster Pond, la marina Captain Oliver's. Jusqu’en 2023, cette marina présentait une situation particulière : les eaux relevaient de la juridiction néerlandaise tandis que les terres étaient françaises. Un accord signé entre la France et les Pays-Bas en mai 2023 a clarifié la frontière, plaçant désormais l’ensemble de la marina sous juridiction française[29].

Les baies de Grand Case, de Cul-de-Sac et de Marigot constituent les principaux mouillages naturels traditionnels de l’île.

Vulnérabilité et gestion des risques

En urbanisme, on distingue l’aléa du risque : l’aléa correspond à un phénomène naturel, tandis que le risque résulte de la rencontre entre cet aléa et des enjeux humains, économiques et environnementaux. À Saint-Martin, la vulnérabilité du territoire est élevée en raison de la forte exposition des populations et des infrastructures.

Vulnérabilité face au risque cyclonique

La localisation de l’île au nord de l’arc antillais l’expose à des phénomènes cycloniques parfois plus intenses que dans les Antilles méridionales[13]. Cette exposition est accentuée par les caractéristiques géomorphologiques du littoral, constitué en grande partie de cordons sableux et de systèmes lagunaires de faible altitude, particulièrement sensibles aux submersions marines et aux houles cycloniques[13].

La vulnérabilité du territoire ne s’explique toutefois pas uniquement par ces caractéristiques physiques. Elle résulte également de dynamiques d’urbanisation, de facteurs démographiques et de contraintes socio-économiques[30],[31].

La croissance démographique et le développement du tourisme ont conduit à une concentration des populations et des activités économiques dans les zones littorales basses. Malgré l’existence de réglementations telles que la loi Littoral de 1986, des constructions ont été réalisées dans des secteurs exposés, notamment à Sandy Ground, Marigot, Grand-Case ou Quartier d’Orléans[31],[32]. Cette situation accroît la vulnérabilité du territoire, notamment en matière de protection des populations et de continuité des activités économiques.

L’artificialisation de ces milieux littoraux, notamment par la disparition partielle des mangroves et des zones naturelles de drainage, a réduit la capacité du territoire à absorber les impacts des aléas cycloniques. La présence de logements précaires dans certains secteurs exposés constitue également un facteur aggravant.

Vulnérabilité sismique et liquéfaction des sols

Carte représentant l’aléa sismique et le potentiel de liquéfaction à Saint-Martin

Saint-Martin, en raison de sa localisation, est exposée à un aléa sismique élevé du fait du passage de la lithosphère atlantique sous l'arc des Petites Antilles. Saint-Martin est classée dans la zone de sismicité 5, le niveau le plus élevé de l'échelle de zonage sismique en France[16].

À Saint-Martin, la vulnérabilité sismique est accentuée par la présence de zones potentiellement sujettes à la liquéfaction des sols, en raison des caractéristiques géologiques et hydrologiques du littoral.

Certaines zones urbanisées présentent une vulnérabilité spécifique liée à la liquéfaction des sols. Les zones côtières de Saint-Martin, notamment Sandy-Ground, Marigot, Grand-Case ou Quartier d'Orléans, sont particulièrement sujettes à la liquéfaction. Composées de sols sableux saturés en eau, elles peuvent perdre leur cohésion lors de secousses sismiques, entraînant des déformations importantes et des effondrements de structures.

Pour déclencher la liquéfaction des sols dans ces zones, un séisme d'une magnitude modérée à forte est nécessaire. Selon les études de l’Association Française du Génie Parasismique (AFPS), les séismes de magnitude 5.0 ou plus peuvent provoquer ce phénomène[33].

Vulnérabilité volcanique

Les études menées sur les dépôts volcaniques de l’arc antillais distinguent plusieurs types d’éruptions, de fréquence et d’intensité variables, dont certaines peuvent avoir des effets à l’échelle régionale.

À Saint-Martin, le risque volcanique direct est quasi nul. Toutefois, des effets indirects peuvent survenir en lien avec l’activité des volcans des îles voisines, notamment en Guadeloupe, à Montserrat ou à Saba. Les principaux impacts potentiels concernent des retombées de cendres susceptibles d’altérer la qualité de l’air, de perturber les activités et d’endommager les infrastructures.

Des phénomènes secondaires, tels que des tsunamis liés à des événements volcaniques majeurs, sont également évoqués à l’échelle régionale, bien que leur probabilité demeure faible.

Gestion et adaptation

La gestion des risques constitue un enjeu majeur pour l’aménagement du territoire. Elle repose sur des politiques de prévention, notamment les plans de prévention des risques naturels (PPRN), ainsi que sur des stratégies d’adaptation visant à renforcer la résilience face aux aléas naturels et au changement climatique.

Dans ce cadre, la réduction de la vulnérabilité aux séismes s’appuie sur la combinaison de la surveillance des aléas, du respect des normes de construction parasismique et des actions de sensibilisation des populations.

En 2007, le Plan Séisme Antilles (PSA) a été mis en place afin de renforcer la résilience des infrastructures et d’améliorer la préparation des populations face au risque sismique. Il prévoit notamment l’application de règles de construction conformes aux normes Eurocode 8, ainsi que des programmes de formation, d’information et de gestion de crise[34],[35].

Depuis le 1er mai 2011 avec l'entrée en vigueur du zonage sismique[18], ces normes s’imposent aux constructions neuves afin de limiter leur vulnérabilité aux secousses. Des dispositions simplifiées existent pour les maisons individuelles et les petits bâtiments[35].

Histoire

Carte des Petites Antilles, dont Saint-Martin, dans le Isolario de Benedetto Bordone, 1534.

Au fil du temps, l'île de Saint-Martin est passée successivement du statut de colonie hollandaise à celui de possession espagnole, anglaise puis française.

Les recherches archéologiques montrent qu'elle fut visitée ou habitée au cours de la période précolombienne par des peuples Ciboneys, Arawaks et Taïnos.

À partir de 1624, des Français s'installent sur la côte Est de Saint-Martin, au lieu-dit "Orléans"[36].

Au cours des siècles suivants, l'île sera revendiquée par les Espagnols, les Hollandais, et les Britanniques.

Occupations anglaises

La partie française de l'île a été conquise à 9 reprises par les Anglais durant son histoire :

Au XXe siècle, la participation de la population de l'île aux deux guerres mondiales changera sa vocation. En 1940, l'anglais devient langue officielle, aux côtés du français et du néerlandais, pour faciliter les échanges avec les militaires alliés. Durant la seconde guerre mondiale, elle intensifie les échanges avec les États-Unis qui devient son unique fournisseur. En 1943, la marine américaine construisit un aéroport sur le site actuel de l’Aéroport international Princesse-Juliana[37]. Il devint une importante base aérienne pour les États-Unis. Les alliés quittent l'île en 1945.

Le 17 mai 1994 est signé le Traité franco-néerlandais sur les contrôles aux frontières de Saint-Martin pour les personnes entrant à Saint-Martin par les aéroports.

Evènements majeurs

Le 6 septembre 2017, l’ouragan Irma ravage Saint-Martin. L’œil du cyclone, d’un diamètre d’environ 50 km, traverse directement l’île dans l’après-midi (heure locale). Il s’agit alors du phénomène le plus puissant ayant touché le territoire, surpassant les ouragans Luis (1995) et Donna (1960).

À Saint-Martin, les stations météorologiques ne sont pas détruites, mais certaines sont arrêtées de manière préventive avant le passage du mur de l’œil, ce qui limite les relevés durant la phase la plus intense. Une rafale d’environ 250 km/h est néanmoins enregistrée avant l’interruption des mesures[38].

À Saint-Barthélemy, une rafale maximale de 244 km/h est mesurée avant l’arrêt des observations[38]. Les analyses postérieures de Météo-France indiquent toutefois que les vents ont probablement dépassé 300 km/h au plus près du mur de l’œil[39]. Le bilan humain officiel s’élève à 11 morts à Saint-Martin[40].

Les destructions matérielles sont considérables : plus de 90 % des bâtiments sont endommagés ou détruits. Les secteurs de Marigot, Grand-Case et Philipsburg figurent parmi les plus touchés. Des infrastructures hôtelières sont gravement endommagées, des habitations rasées et de nombreux navires sont projetés à l’intérieur des terres.

Le coût total des dégâts pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy est estimé à environ 3 milliards d’euros, dont 1,9 milliard de pertes assurées[41]. L’ouragan constitue, en 2026, la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire de l’assurance outre-mer[42].

Avant 2017, l’ouragan Luis constituait la principale référence en matière de catastrophes cycloniques dans la mémoire collective et institutionnelle du territoire[43]. Toutefois, l’ampleur des dommages causés par Irma, tant sur le plan humain qu’économique, dépasse largement ceux observés lors des événements précédents. L’importance des indemnisations versées après le passage du cyclone confirme ce changement d’échelle[42].

Irma s’impose ainsi comme un événement de rupture dans l’histoire récente de Saint-Martin, révélant la forte vulnérabilité du territoire face aux phénomènes cycloniques majeurs.

Politique et administration

L'Hôtel de la collectivité à Marigot.

Statut et représentation

Avec l'île de Saint-Barthélemy, Saint-Martin formait le 3e arrondissement de la Guadeloupe (les Îles du Nord), lequel ne possédait pas de chef-lieu. Lors du référendum du , avec un taux de participation de 44,1 %, plus des trois quarts des suffrages exprimés (76,17 %) se sont prononcés en faveur de l'évolution statutaire de la commune en collectivité d'outre-mer (COM). La loi organique créant la nouvelle collectivité a été adoptée par le Parlement le [44] et est entrée en vigueur le .

Saint-Martin a le statut de région ultrapériphérique et fait donc partie de l'Union européenne. En revanche, sa voisine néerlandaise Sint Maarten (qui s’est détachée de la fédération des Antilles néerlandaises pour devenir un État autonome au sein du Royaume des Pays-Bas depuis le ) a opté pour le statut européen de pays et territoires d'outre-mer (PTOM) et ne fait donc pas partie de l'Union européenne.

Administrativement, elle ne comprenait avant la réforme statutaire de 2007 qu'une seule commune, divisée en deux cantons électoraux.

Le représentant de l'État est le préfet de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin, fonction de plein exercice créée par décret le 9 janvier 2025[45]. Il siège à l'Hôtel de préfecture à Saint-Martin. L'hôtel de la collectivité, la préfecture ainsi que la plupart des administrations et services sont localisés dans le chef-lieu Marigot.

Auparavant, le représentant de l'État était le préfet de la Guadeloupe, assisté sur place par le préfet délégué de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin (alias des Îles du Nord).

Sénateur de Saint-Martin : le premier est Louis-Constant Fleming de 2008 à 2013, suivi par Guillaume Arnell de 2014 à 2020 puis Annick Petrus depuis 2020.

Député de Saint-Martin : à la suite du redécoupage électoral de 2010, les îles Saint-Martin et Saint-Barthélemy, jusqu'alors intégrées à la 4e circonscription de la Guadeloupe, sont représentées collectivement à l'Assemblée nationale par un seul député élu dans la circonscription de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Actuellement, il s'agit de Frantz Gumbs (ancien président de la Collectivité de Saint-Martin de 2007 à 2012), élu député lors des élections législatives de 2022[46],[47].

Conseil territorial

La nouvelle collectivité d'outre-mer est composée d'un conseil territorial de 23 membres élus au suffrage universel pour cinq ans, d'un conseil exécutif de sept membres issus du conseil territorial mené par le président de la collectivité et d'un conseil économique social et culturel de 23 membres issus de la société civile. Il existe aussi six conseils de quartier. La COM exerce les compétences communales, départementales, régionales et certaines compétences de l'État qui lui sont transférées.

Le conseil territorial est renouvelé lors des élections territoriales de mars 2022 et Louis Mussington est élu président le suivant.

Fiscalité

La loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 a conféré à la collectivité d’outre-mer de Saint-Martin une compétence propre en matière fiscale[48]. L’article LO 6314-3 du code général des collectivités territoriales prévoit que la collectivité fixe les règles applicables en matière d’impôts, droits et taxes[49]. Le produit des impositions perçues sur le territoire est ainsi attribué à la collectivité elle-même[48].

Cette autonomie fiscale s’inscrit dans le cadre de l’article 74 de la Constitution[50]. Elle s’accompagne de la mise en place d’un système fiscal distinct de celui applicable dans les autres collectivités territoriales françaises.

Toutefois, cette autonomie demeure encadrée : le recouvrement de l’impôt est assuré sous l’autorité de l’État[49], et certaines matières juridiques continuent de relever de la compétence nationale, notamment en droit civil et en droit des sociétés[48].

Le régime fiscal repose sur un principe de territorialité défini par la convention fiscale conclue entre l’État et la collectivité[51]. Celle-ci précise les règles de détermination du domicile fiscal et les modalités d’imposition des revenus, ainsi que les mécanismes visant à éviter les doubles impositions[51].

Cette convention prévoit notamment qu’une personne physique transférant son domicile fiscal depuis une autre collectivité territoriale française demeure, en principe, imposable en France pendant une durée de cinq ans, sauf exceptions[52].

Équipements et services publics

Eau et déchets

L’approvisionnement en eau potable à Saint-Martin repose exclusivement sur le dessalement de l’eau de mer, en raison de l’absence de ressources naturelles en eau douce exploitables sur le territoire[53]. La production d’eau potable est assurée par une usine de dessalement située en périphérie de Marigot à Galisbay[54], complétée par des installations de stockage et, de manière marginale, par des unités privées. Cette dépendance structurelle rend le système particulièrement sensible aux contraintes énergétiques et aux aléas techniques.

La gestion de l’eau et de l’assainissement est assurée dans le cadre de délégations de service public. Malgré des améliorations engagées après le passage de l’ouragan Irma en 2017, le réseau demeure marqué par des difficultés importantes, notamment des pertes élevées estimées à environ 45 % et des enjeux persistants en matière de qualité de l’eau distribuée[55].

La gestion des déchets constitue un enjeu structurant pour le territoire, en raison de l’insularité, des contraintes foncières et de la croissance de la production de déchets liée notamment à l’activité touristique. En 2021, environ 47 588 tonnes de déchets ont été traitées sur le site des Grandes Cayes, principale installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) de la partie française de l’île[56].

La gestion des déchets relève de la compétence de la collectivité de Saint-Martin et est assurée par un prestataire, dans le cadre d’un service délégué. Le territoire dispose également d’une déchèterie et d’un écosite de recyclage, mais les capacités de valorisation restent limitées[56],[54].

Le développement du tri et du recyclage demeure contraint par l’éloignement géographique et la taille du territoire, qui limitent les économies d’échelle et nécessitent l’exportation d’une partie des déchets vers des filières extérieures. Un Plan territorial de prévention et de gestion des déchets (PTPGD) encadre ces politiques, en visant à améliorer la collecte, la valorisation et le traitement des déchets à long terme[56].

Enseignement

Voir éducation à Saint-Martin (Antilles française)

Saint-Martin est rattachée à l'Académie de la Guadeloupe administrativement vis-à-vis du ministère de l'Éducation nationale et du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. À la rentrée 2022, la collectivité compte 19 établissements scolaires publics, dont 14 destinés au premier degré et 5 au second degré, soit autant qu’en 2021, mais 2 de moins qu’à la rentrée 2017 (établissements détruits après le passage du cyclone Irma et non reconstruits depuis). Elle ne dispose pas d’établissement privé sous contrat, mais compte toutefois une dizaine d'établissements privés hors contrat[57].

Nombre d'établissements scolaires pour la rentrée 2022
Enseignement public
1er degré 14
Maternelle 6
Élémentaire 8
2nd degré 5
Collège 3
Lycée 2
Total 19

Les importants dégâts irrémédiables, occasionnés par le passage de l’ouragan sur le collège Soualiga et de Quartier d'Orléans, ont considérablement perturbé le système éducatif, entraînant des montées en charge dépassant les capacités d’accueil maximales des autres équipements éducatifs de l’île.

Dans le cadre de la reconstruction post-Irma mais également pour mieux répondre aux enjeux environnementaux, les travaux de construction d'un futur collège de 900 places à La Savane ont démarré en avril 2023. Ce futur établissement complètera l’opération de reconstruction du collège Roche-gravée-de-Moho de Quartier d’Orléans de 600 places, vétuste et lui aussi fortement endommagé par l’ouragan en 2017. Les collèges 900, à La Savane, et 600, à Quartier d’Orléans doivent être livrés fin 2025 pour viser une rentrée en septembre 2026[57],[58],[59].

Saint-Martin propose actuellement quelques formations supérieures, uniquement dans les sections de techniciens supérieurs. En 2022-2023, environ 70 étudiants étaient inscrits dans les BTS offerts par les lycées publics Robert Weinum et Daniela Jeffry[60]. Néanmoins, la collectivité fait face à un exode de ses étudiants qui quittent l'île pour poursuivre des études supérieures en raison du nombre limité d'options éducatives locales. Cette situation entraîne une perte de jeunes talents et pose des défis significatifs pour le développement local.

Afin d'améliorer la situation de l'enseignement supérieur, plusieurs mesures ont été envisagées. En 2024, une antenne de l'Université des Antilles était en cours de mise en place pour offrir des cursus de proximité et limiter l'exode des étudiants[61]. La montée en puissance de ce projet, prévue entre 2023 et 2026, vise à renforcer l’offre locale de formation post-baccalauréat, dans l’objectif de permettre aux jeunes de poursuivre leurs études sur le territoire et de réduire les départs vers d’autres pôles universitaires.

Par ailleurs, la collectivité a décidé de mettre en place un soutien financier à destination des étudiants poursuivant leurs études à Saint-Martin. Cette aide vise notamment à couvrir certains frais liés à la vie étudiante, tels que l’acquisition de matériel informatique, les transports ou la restauration[60].

Pour ceux devant quitter l'île, l'Académie de la Guadeloupe délivre aux étudiants saint-martinois des attestations d'inexistence de formations universitaires afin de leur permettre de candidater en France hexagonale, dans un autre DROM-COM, ou dans l'UE/EEE[62]. Ce sésame en main leur permet d'être éligible au dispositif « Passeport pour la Mobilité des Études » (PME) de LADOM. Ce dispositif offre une prise en charge totale ou partielle des frais de transport (aérien et ferroviaire) entre le lieu de résidence et celui des études. Ce dispositif est disponible pour les étudiants résidant habituellement en outre-mer et remplissant certaines conditions d'âge, financières et académiques[63].

Santé

Saint-Martin possède un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et un centre hospitalier général Louis-Constant Fleming, situé à Concordia Spring à Marigot.

Le centre hospitalier Louis Constant Fleming de Saint-Martin possède un service d’accueil des urgences (SAU), accessible en continu, et une Structure mobile d’urgence et de réanimation (SMUR). En 2021, l’établissement compte 92 lits. Le service de maternité est labellisé au niveau 2B1 pour prendre en compte l’isolement et l’éloignement. Cependant, certaines spécialités telles que l’urologie, la cardiopédiatrie ou encore la chirurgie infantile, la neurochirurgie ne sont pas disponibles localement. Les habitants sont donc contraints de quitter l’île afin d’effectuer les soins complexes correspondants. Cependant l’établissement permet, par convention avec les établissements de Guadeloupe, la venue à Saint-Martin de ces spécialistes pour des consultations avancées. Ceux-ci décident ainsi soit la poursuite d’un traitement sur place soit l’hospitalisation dans leurs services en Guadeloupe[57].

En cas de nécessité, des évacuations sanitaires (EVASAN) sont organisées, par avion privé, depuis Saint-Martin vers la Guadeloupe. Le Centre Hospitalier Louis Constant Fleming y consacre chaque année une somme de 2,5 millions d’euros[64].

L'on compte également une douzaine de pharmacies et multiples médecins généralistes ou spécialisés. À mi-juin 2022, 23 médecins libéraux, 61 infirmiers diplômés d’État libéral (IDEL), 20 chirurgiens et 36 kinésithérapeutes sont recensés sur l’île de Saint-Martin[57].

En 2022, l’EHPAD Bethany Home offre une capacité d’accueil de 28 places, contre 40 initialement, en raison des dommages causés par l’ouragan Irma[57].

La clinique privée Wataki, portée par le groupe Manioukani, a été inaugurée en janvier 2026 à Saint-Martin, dans le quartier de Concordia à proximité de l’hôpital Louis-Constant Fleming Elle prend en charge les affections psycho-traumatiques tout en développant la télémédecine. La clinique comprend des capacités d’hospitalisation de jour (environ 25 à 30 places) et une unité d’hospitalisation complète avec des lits adaptés. Le projet médical de la clinique Manioukani répond aux besoins de la population de Saint-Martin et des îles environnantes en termes de soins de suite et de réadaptation après une hospitalisation aigüe ou dans le cadre du suivi d’une pathologie chronique[65].

Justice, sécurité, secours et défense

Les missions de justice, de sécurité et de secours à Saint-Martin sont assurées par les services de l’État, en lien avec la collectivité. Le territoire dispose notamment d’un tribunal de proximité rattaché au tribunal judiciaire de Basse-Terre, compétent pour les affaires civiles et pénales de première instance[66],[67].

La justice administrative est assurée par le tribunal administratif de Saint-Martin, créé par le décret n° 2008-452 du 13 mai 2008. Cette juridiction est compétente pour connaître des litiges opposant les administrés aux autorités administratives. Son siège est fixé à Basse-Terre et son greffe est assuré par celui du tribunal administratif de Basse-Terre[68].

Plusieurs évolutions institutionnelles ont été envisagées afin d’adapter l’organisation judiciaire aux spécificités du territoire, notamment la création d’un tribunal de plein exercice et d’un établissement pénitentiaire local[69].

Le territoire a été fortement affecté par l’ouragan Irma en 2017, qui a endommagé de nombreux équipements publics, y compris les infrastructures administratives et de sécurité. Le palais de justice existant, composé notamment d’un bâtiment historique conçu par l’architecte Ali Tur dans les années 1930, a fait l’objet d’une remise en état après le cyclone. Selon l’Agence publique pour l’immobilier de la justice, il ne répond plus aux exigences fonctionnelles ni aux normes contemporaines du service public de la justice[70].

Dans ce contexte, un projet de cité administrative et judiciaire a été engagé à Concordia afin de regrouper sur un site unique plusieurs services de l’État et juridictions. Ce complexe, d’une surface d’environ 8 000 m², doit être mis en service à l’horizon 2025-2026[70].

Les missions de sécurité intérieure sont assurées principalement par la Gendarmerie nationale, organisée autour d’un commandement spécifique aux îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy), reposant sur environ 200 militaires. Ce commandement, créé le 13 janvier 2024, s’inscrit dans le renforcement de l’autonomie institutionnelle des deux collectivités vis-à-vis de la Guadeloupe[71]. La gendarmerie assure la sécurité publique sur l’ensemble du territoire à travers plusieurs unités.

Le territoire dispose d’une brigade territoriale implantée à Marigot[72]. Avant le passage de l’ouragan Irma, une brigade territoriale était également implantée à Quartier d’Orléans. Celle-ci ayant été détruite lors du cyclone, une nouvelle brigade, dite brigade d’Espérance, a été ouverte en 2019 à Hope Estate afin de la remplacer[73],[74].

Par ailleurs, une caserne située à La Savane regroupe le commandement de la compagnie ainsi que plusieurs unités spécialisées, dont une brigade motorisée spécialisée dans la sécurité routière[75]. Le dispositif comprend également une brigade de recherches ainsi qu’un peloton de surveillance et d’intervention (PSIG), chargé des missions de renfort et d’intervention[76].

La Police nationale complète les missions de sécurité intérieures. Certains services spécialisés, notamment en matière de police judiciaire, de renseignement et de contrôle aux frontières, sont présents à Saint-Martin dans le cadre de la direction territoriale de la Guadeloupe[77].

La Police aux frontières (PAF) assure le contrôle des flux migratoires aux points d’entrée du territoire, notamment à l’aéroport et dans les infrastructures portuaires. En l’absence de centre de rétention administrative, les personnes en situation irrégulière peuvent être retenues dans un local de rétention administrative, avant un éventuel transfert vers la Guadeloupe pour l’organisation de leur éloignement[78].

Ces forces sont complétées par une police territoriale placée sous l’autorité de la collectivité, issue de l’ancienne police municipale antérieure à la création de la collectivité d’outre-mer en 2007. Elle est chargée notamment de missions de tranquillité publique, de prévention et de surveillance de la voie publique[79].

Les missions de secours sont assurées par le service territorial d’incendie et de secours (STIS) de la collectivité de Saint-Martin, institué par le décret n° 2024-549 du 14 juin 2024[80]. Entré en vigueur le 1er janvier 2025, ce service se substitue au rattachement antérieur au service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de la Guadeloupe et constitue un établissement public autonome chargé de la gestion des secours sur le territoire[81].

Conformément au code général des collectivités territoriales, le STIS assure la prévention, la protection et la lutte contre les incendies, ainsi que le secours d’urgence aux personnes et la gestion des risques. Il s’appuie notamment sur un centre d’incendie et de secours situé à La Savane, dans le secteur de Grand-Case, hérité de l’organisation antérieure et intégré au dispositif territorial depuis la création du service[82].

La défense du territoire relève des Forces armées aux Antilles, dont les moyens sont principalement basés en Guadeloupe et en Martinique. À Saint-Martin, leur présence est ponctuelle et se manifeste principalement dans le cadre d’opérations de soutien aux forces de sécurité et de gestion de crise, notamment lors du passage de l’ouragan Irma.

Dans ce cadre, le Régiment du service militaire adapté (RSMA) de Guadeloupe intervient également ponctuellement à Saint-Martin, notamment dans le domaine de l’insertion professionnelle des jeunes, à travers des actions de formation et d’accompagnement.

Population et société

Démographie

L’évolution démographique de Saint-Martin est étroitement liée aux flux migratoires.

Évolution de la population  [ modifier ]
1962 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011 2016
4 0015 0616 1918 07228 51829 07835 26336 28635 746
2021 2023 - - - - - - -
31 47731 160-------
(Sources : Base Insee, population sans doubles comptes jusqu'en 1999[83] puis population municipale à partir de 2006[84].)

Jusqu'en 1980, la partie française de l'île était peu peuplée et était caractérisée par une forte émigration vers la Guadeloupe, La République dominicaine et les Antilles néerlandaises[85]. La population de la partie française a connu une très forte croissance à la faveur du développement du tourisme consécutif à la loi de défiscalisation DOM-TOM de 1985. Les besoins de main-d’œuvre des secteurs du tourisme et du bâtiment ont déclenché une forte immigration de travail et de peuplement. La population s'est diversifiée en raison des flux migratoires en provenance essentiellement de Haïti dont l’instabilité politique a encouragé les départs, mais aussi de la République dominicaine et d'autres territoires anglophones des Caraïbes. Selon le recensement de la population réalisé par l’Insee en 2020, près d'un tiers des habitants de Saint-Martin aujourd'hui est issu de l’immigration (30,0%)[57].

Sur une période de 8 ans, la population a été multipliée par près de 3,5 passant de 8 000 habitants en 1982 à 28 000 habitants en 1990. Cette croissance étant due pour les deux tiers à l’immigration. Après cette phase d'explosion démographique, la population a stagné entre 1990 et 1999. Il y a eu de nombreux départs, mais le solde des entrées/sorties négatif a été compensé par le solde naturel positif. Selon un recensement de 1999, il y avait près de 29000 résidents.

Entre 1999 et 2006, il y a eu une nouvelle augmentation de 17% de la population. Le solde naturel positif associé au solde des entrées/sorties positifs a permis cette augmentation.

Au recensement de 2012, la partie française compte 35 742 habitants. Ensuite, la population est restée très stable jusqu'en 2016.

En 2017, la population légale s'élève à 35 107 habitants (population municipale au ). On estime de 7000 à 8000 le nombre de personnes qui ont quitté Saint-Martin et Saint-Barthélemy dans les jours qui ont suivi Irma[86],[87]. Depuis de nombreuses personnes sont revenues. Mais les chiffres de recensement publiés en 2024 sur la population en 2021, 31 477 habitants, précisent l'ampleur du déclin de la population provoqué par l'ouragan. Pour la sixième année consécutive, la partie française perd des habitants. En dix ans, la population de Saint-Martin a baissé de 13,2%, elle a perdu 4809 habitants. 2014 est une année charnière : jusqu’à cette date, la population croissait, depuis elle diminue. Sauf en 2018 quand une hausse a été observée (+ 2%), suivie d’une stagnation l’année suivante. Cette décroissance démographique s’est surtout accentuée entre 2019 et 2024 (-12% avec 4269 habitants en moins[88]).

Histogramme de l'évolution démographique

Langues

La seule et unique langue officielle de la partie française de Saint-Martin est le français. Il est utilisé dans la vie courante par la population dans les administrations, les écoles et les médias locaux et dans la rue. Dans les faits, la population mobilise des répertoires linguistiques d’une grande diversité. À l'instar des autres territoires français des Outre-mer, le monolinguisme en langue française ne concerne qu’une minorité de la population. Plusieurs langues sont parlées au sein de la population en raison de sa diversité culturelle, de l'histoire de la partie française ou à la présence d’immigrés et de descendants d’immigrés.

Bien que l'île de Saint-Martin soit historiquement franco-hollandaise, la langue vernaculaire est un créole à base lexicale anglaise en raison de l'influence historique et géographique de l'anglais dans la région, ainsi que des échanges économiques et migratoires[89]. Dans la partie française comme dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, la majorité des insulaires parle une variété d'anglais caraïbéen comme langue maternelle devant les créoles haïtien ou guadeloupéen, l'espagnol et le néerlandais. Il s'agit en somme d'un anglais caractérisé par de nombreux écarts par rapport à l'anglais standard, et ce, sur les plans de la phonétique, de la phonologie, de la morphologie et du vocabulaire ou de la grammaire[90],[91].

Ce n'est pas l'anglo-américain, ni le Black English, mais un anglais saint-martinois (en anglais: West Indian English). À Saint-Martin même, cet anglais est parfois qualifié de patois ou d'English Patois, d'anglais-pays ou encore un peu péjorativement de broken English («anglais cassé»)[89].

En réalité, les recherches sociohistoriques et linguistiques universitaires suggèrent qu'il s'agit en fait d'une langue créole anglaise[92]. Il s'agit d'une variété de ce que les linguistes appellent le «créole des îles Vierges», ou «anglais créole des îles Vierges» bien que cette terminologie soit rarement utilisé par les locuteurs eux-mêmes. Ce créole est composé de plusieurs variétés parlées dans les îles Vierges et dans les îles voisines de Saba et Saint-Eustache, où il est connu sous les noms d'anglais de Saba et d'anglais eustachois, respectivement[93]. Ces variétés sont toutes aisément compréhensibles entre elles.

L'idée qu'il existerait un unique créole à base lexicale française propre à Saint-Martin est erronée. Dans les faits, plusieurs créoles à base lexicale française coexistent et sont utilisés dans la vie quotidienne par différentes communautés au sein de la population locale, surtout dans les interactions informelles et familiales.

Les créoles parlés à Saint-Martin incluent principalement ceux d'Haïti, de la Guadeloupe et dans une moindre mesure ceux de la Martinique de la Dominique et de Sainte-Lucie. Ces créoles partagent une base lexicale française commune et sont largement intelligibles entre eux. Cela s'explique par leur développement similaire durant la période coloniale française, où des esclaves africains ont adopté et adapté la langue française introduite par les colons[94].

Historiquement, Saint-Martin était une commune de la Guadeloupe jusqu'en 2007. Cette relation a façonné les pratiques linguistiques des locuteurs créolophones, rendant leur créole très proche du créole guadeloupéen. Une partie importante de la population dans l'administration ou l'enseignement venait de la Guadeloupe, apportant avec elle ses pratiques linguistiques et influençant ainsi le paysage créolophone local.

Depuis les années 1980, le créole haïtien domine le paysage créolophone de Saint-Martin en raison de l'importante immigration haïtienne. Cette influence se manifeste dans le vocabulaire, la phonologie et certaines structures grammaticales, enrichissant les pratiques linguistiques des locuteurs créolophones et les rendant plus diversifiées. Le créole haïtien a progressivement pris le dessus sur le créole guadeloupéen, qui dominait auparavant.

Les créoles martiniquais, dominiquais et sainte-lucien sont également présents, mais de manière plus marginale. Leur influence sur le paysage linguistique créolophone de Saint-Martin est moindre comparée à celle des créoles guadeloupéen et haïtien.

À Saint-Martin, l'espagnol est l'une des langues parlées en raison de l'immigration provenant de pays hispanophones. Une partie importante des locuteurs espagnols à Saint-Martin provient d'immigrants d'Amérique latine. La République dominicaine, en particulier, en raison de sa proximité géographique, mais également de Cuba, et d'autres pays hispanophones de la région[95].

Les hispanophones à Saint-Martin forment une communauté bien intégrée qui maintient ses traditions linguistiques et culturelles tout en s'intégrant dans la vie locale. L'espagnol est couramment utilisé dans les interactions quotidiennes, dans les commerces et au sein des foyers hispanophones.

L'espagnol est également présent dans certains médias locaux et peut être enseigné comme langue étrangère dans les établissements scolaires, bien que le français et l'anglais restent les langues principales du système éducatif.

Cultes

Eglise catholique de Grand-Case.

Saint-Martin est une île multiculturelle avec un paysage religieux diversifié, influencé par son histoire, l'immigration et les échanges culturels. La majorité de la population de Saint-Martin se considère comme croyante, avec un fort ancrage dans le christianisme, bien que des données précises sur la proportion exacte de croyants ne soient pas spécifiées dans les sources récentes.

Le protestantisme, dans toute sa diversité, constitue le premier courant religieux. Il inclut diverses dénominations telles que les églises pentecôtistes, méthodistes, évangéliques, adventistes du septième jour et baptistes. Ensemble, les protestants forment une partie importante de la communauté chrétienne[96].

Le catholicisme romain constitue le second grand groupe religieux de l'île. Le territoire français de Saint-Martin fait partie du diocèse de Basse-Terre rattaché à l'Église catholique de France. Le diocèse regroupe les territoires de Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Une soixantaine de prêtres sont en activité dans le diocèse[97],[98],[99] et desservent plusieurs églises, dont l'église Saint-Martin-de-Tours de Marigot. Le siège épiscopal est à Basse-Terre, ville de Guadeloupe, dans la cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe.

Les Témoins de Jéhovah sont également présents, avec deux salles du Royaume, et organisent des réunions en plusieurs langues (anglais, français, créole haïtien et néerlandais).

L'hindouisme est pratiqué par une petite partie de la population, principalement en raison de l'immigration en provenance de l'Asie du Sud. Les pratiques hindoues sont maintenues à travers des rituels domestiques et des rassemblements communautaires.

Une petite communauté musulmane suit diverses branches de l'islam, y compris les traditions sunnites et chiites.

Le rastafarisme possède une petite communauté d'adeptes qui pratiquent leur religion librement et mettent souvent l'accent sur une vie naturelle, en portant des dreadlocks et en suivant un régime alimentaire unique appelé Ital, qui favorise la pureté et la santé naturelle[100].

La diversité des lieux de culte reflète celle de la population. La religion occupe une place notable dans la vie sociale et culturelle, influençant notamment les fêtes, les coutumes et les dynamiques communautaires.

Médias

Presse écrite

La presse locale de Saint-Martin comprend plusieurs titres d’information en français et en anglais, diffusés sur l’ensemble de l’île.

  • Le Pélican : journal d’information locale paraissant quotidiennement.
  • St. Martin's Week : journal gratuit d’information paraissant plusieurs fois par semaine.
  • The Daily Herald : quotidien d’information en langue anglaise diffusé sur l’ensemble de l’île.

D’autres publications, notamment sous forme d’infolettres ou de médias numériques, complètent cette offre, parmi lesquelles Faxinfo, SXMINFO, Soualiga Post, Le 97150 et Unity Ya Magazine.

Médias en ligne

Le développement du numérique a favorisé l’essor de médias exclusivement en ligne, contribuant à la diffusion de l’information locale. Parmi ceux-ci figurent notamment SXMINFO et Soualiga Post[101],[102].

Radios

Le territoire est desservi par plusieurs stations de radio publiques et privées[103].

  • Guadeloupe La 1re : radio généraliste publique de proximité du réseau de France Télévisions.
  • Radio Transat : station musicale diffusée en FM sur 105,9 MHz.
  • Tropik FM : station diffusée en FM sur 97,5 MHz.
  • Radio Calypso : station diffusée en FM sur 102,1 MHz.
  • Youth Radio : station diffusée en FM sur 92,5 MHz.
  • RDI FM : station diffusée en FM sur 89,9 MHz.
  • Radio SOS : station diffusée en FM sur 95,9 MHz.
Télévision

L’offre télévisuelle comprend des chaînes locales ainsi que les principales chaînes nationales françaises diffusées en outre-mer[104].

  • Guadeloupe La 1re : chaîne de télévision publique de proximité.
  • IO TV : chaîne de télévision privée locale.
  • Carib’inTV : chaîne de télévision privée généraliste et trilingue commune à Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Les chaînes nationales françaises, dont France 2, France 3, France 4, France 5, Arte et la chaîne d’information internationale France 24, sont également accessibles.

Économie

Historiquement, l'économie de Saint-Martin reposait principalement sur l'agriculture vivrière et l'exploitation des salines jusqu'aux années 1950. L'île a connu plusieurs cycles économiques: le tabac (1630-1674), l'indigo (1680-1700), le coton (fin du XVIIe siècle aux années 1820), le sucre (XVIIIe siècle au début du XXe siècle), et enfin le sel (fin XIXe aux années 1960) jusqu'à la fermeture de la dernière saline à Grand-Case en 1961[5]. Ces activités traditionnelles ont graduellement laissé place à d'autres formes d'économie, notamment avec le développement du tourisme qui a commencé à prendre de l'importance au milieu du 20ème siècle.

Aujourd'hui, l'économie de Saint-Martin s'est diversifiée vers les services, en particulier le tourisme, le commerce et les services financiers régionaux. Elle est marquée par un grand nombre de petites et moyennes entreprises et un secteur informel notable . Malgré les défis posés par des catastrophes naturelles dans son histoire récente, l'économie montre des signes de résilience et d'adaptation .

L'économie de la partie française de Saint-Martin est façonnée par sa configuration géographique unique, se distinguant nettement du sud néerlandais. En effet, Sint Maarten, état autonome du royaume des Pays-Bas, est classée comme Pays et Territoire d'Outre-Mer (PTOM), ce qui lui confère un statut différent vis-à-vis de l'UE. Elle bénéficie d'une certaine autonomie réglementaire et fiscale qui lui permet d'adopter des politiques économiques propices à un environnement économique plus commercial et compétitif.

En revanche, la collectivité territoriale de Saint-Martin, en tant que Région Ultrapériphérique (RUP) de l'UE, reçoit un soutien financier substantiel de l'Union européenne, ce qui favorise son développement économique et social. Cependant, cette intégration implique également l'application directe des politiques économiques et du droit européen, qui peuvent parfois représenter des contraintes réglementaires et économiques. Ces règles strictes, tout en garantissant des normes élevées, peuvent limiter certaines formes de flexibilité économique ou d'innovation locale.

Cette dualité territoriale engendre des dynamiques économiques divergentes, des déséquilibres influant sur le développement, les opportunités, les flux de travail et les investissements entre les deux parties de l'île.

Performance économique et PIB

En 2019, le PIB de Saint-Martin s'élevait à 582,6 millions d'euros, marquant une augmentation significative après le choc économique majeur que le territoire a d'abord subi après l'impact dévastateur de l'ouragan Irma en 2017. Ce dernier a entraîné une réduction drastique du PIB de 8% en 2017 et 8% supplémentaires en 2018. Cette période difficile a été suivie d'un rebond impressionnant en 2019 avec une croissance de 19,7%, illustrant la résilience et les efforts de reconstruction de l'île. Cependant, la crise sanitaire de la COVID-19 a de nouveau plongé l'économie en 2020, provoquant une baisse de 12,5 %. En 2021, la croissance a repris avec une augmentation de 4,9%, mais cela n'a pas suffi à compenser pleinement les pertes subies au cours des années précédentes[105],[106].

Évolution du PIB de Saint-Martin (2014-2021)[105],[57]
Année PIB (en millions d'euros) Variation annuelle (%)
2014 586.6 -
2015 578.4 -1.40
2016 575.0 -0.59
2017 529.0 -8.00
2018 486.7 -8.00
2019 582.6 +19.70
2020 509.5 -12.55
2021 534.3 +4.87

En 2019, le PIB par habitant s’élève à 17 800 €, en hausse de 1,6% en moyenne par an depuis 2014. Il est nettement inférieur à celui de la Guadeloupe (-41%), de la Martinique (-42%) et de Sint-Marteen (-34%) mais reste supérieur à celui de la Guyane (+15%) et nettement plus élevé que celui de Mayotte (+45%). Dans la zone Caraïbe, Saint-Martin se classe dans le top 10 des PIB par habitant les plus élevés.

Tourisme

Le tourisme est le pilier de l'économie de Saint-Martin, représentant une part significative du PIB et de l'emploi (26,1% en 2020). L'île en port franc compte de nombreuses boutiques en duty free dont certaines de grand luxe (habillement, bijoux, caméras, cigares, alcools, meubles…). Il y a beaucoup de restaurants de gastronomie française, cuisine caribéenne ou cuisine internationale. Grand-Case, village de la côte nord-ouest composé de pittoresques maisons en bois cernées d'hibiscus, offre des restaurants en bordure de plage qui lui valent d'être souvent désignée dans les guides touristiques comme la «capitale gourmande de la Caraïbe»[107].

Les infrastructures touristiques, y compris les hôtels et les ports de plaisance, ont été sévèrement touchées par l'ouragan Irma, mais des efforts de reconstruction ont permis une reprise progressive. Le nombre de chambres d’hôtel, qui avait chuté après l’ouragan, montre des signes de reprise avec une offre stabilisée autour de 1 600 chambres[107].

En 2022, le secteur a connu une reprise spectaculaire avec une augmentation de 145% de la fréquentation touristique par rapport à l'année précédente. Cette reprise est toutefois limitée par l'insuffisance de structures d'accueil de qualité, certaines portant encore les stigmates de l'ouragan Irma[57].

Commerce et Services

Le commerce, notamment les ventes hors taxes, et les services sont des éléments clés de l'économie. Les principales zones commerciales sont Marigot sur la partie française et Philipsburg sur la partie néerlandaise. Les services financiers jouent également un rôle crucial en soutenant les activités économiques locales.

Répartition de l'emploi par secteur (2020)

  • Tourisme (26,1 %)
  • Commerce (20,7 %)
  • Services non-marchands (33,9 %)
  • Construction (6,6 %)
  • Industrie (4 %)
  • Agriculture et pêche (0,2 %)
  • Autres services (8,5 %)

Pêche et Agriculture

La pêche et l'agriculture sont des secteurs marginaux à Saint-Martin. La pêche locale fournit du poisson frais aux marchés et restaurants de l'île, mais l'agriculture est limitée en raison des conditions géographiques et climatiques.

Secteur de la Construction

Le secteur de la construction a été fortement affecté par l'ouragan Irma, mais les projets de reconstruction ont stimulé une reprise progressive. La promotion immobilière, soutenue par les financements bancaires locaux, contribue désormais à la dynamique du secteur[57].

Marché de l'Emploi

Le marché du travail à Saint-Martin se caractérise par un niveau de chômage élevé. En 2022, le taux de chômage s’établit à 28,8 % de la population active, selon les données consolidées de l’IEDOM[108], soit un niveau nettement supérieur à celui observé en France hexagonale, où il atteint 7,3 % la même année d’après l’INSEE. En recul par rapport à 30,1 % en 2021[109], ce taux reste néanmoins élevé et s’explique en partie par des facteurs structurels propres à l’économie locale. Il est notamment lié à la forte tertiarisation de l’économie, dominée par le tourisme et les services, ainsi qu’à une faible diversification des activités.

Le marché du travail présente par ailleurs des déséquilibres importants, avec à la fois un chômage élevé et des difficultés de recrutement dans certains secteurs. La crise sanitaire liée à la Covid-19, ainsi que les conséquences durables de l’ouragan Irma en 2017, ont accentué ces fragilités dans un territoire fortement dépendant de son environnement économique et touristique. Malgré une reprise économique amorcée par la suite, celle-ci ne suffit pas à résorber durablement le chômage, qui reste à un niveau élevé à l’échelle du territoire[108].

Culture locale et patrimoine

La culture de Saint-Martin se caractérise par un mélange d’influences caribéennes, européennes et nord-américaines, lié à son histoire et à sa situation d’île partagée avec Sint Maarten. Cette diversité se traduit par une forte hybridation linguistique, musicale et festive.

Carnaval

Carnaval de Saint-Martin

Le carnaval constitue l’un des principaux événements culturels du territoire. L’île de Saint-Martin présente la particularité d’accueillir deux carnavals distincts, en raison de sa division entre une partie française et une partie néerlandaise[110]. Dans la partie française, le carnaval se déroule généralement entre février et le début du mois de mars, tandis que dans la partie néerlandaise de Sint Maarten, il a lieu plus tard dans l’année, entre mi-avril et début mai[111].

Ces deux événements, bien que distincts dans leur organisation et leur calendrier, sont étroitement liés par des influences culturelles communes et des échanges constants entre les deux parties de l’île[111].

Les festivités incluent notamment le J’ouvert, qui marque traditionnellement l’ouverture du carnaval au petit matin. Issu du créole français « jour ouvert », le terme désigne l’aube, moment où les participants se rassemblent dans les rues avant le lever du jour dans une ambiance festive, au rythme des percussions, des steelbands et des sound systems[112]. Il se prononce généralement /ˈdʒuː.vɛrt/ (« djou-vèrt »).

Cette tradition, largement répandue dans les carnavals caribéens anglophones, trouve ses origines à Trinité-et-Tobago et s’inscrit dans les pratiques culturelles héritées de la période coloniale et de l’esclavage. Elle constitue une forme d’expression collective issue des traditions afro-caribéennes, développée notamment à la suite de l’abolition de l’esclavage[113],[114].

Des formes proches du J’ouvert existent dans les carnavals de Guadeloupe et de Martinique, notamment à travers des défilés nocturnes ou matinaux, bien que ce terme n’y soit pas employé.

Le carnaval comprend également plusieurs Jump Up, défilés festifs de rue organisés en soirée, mêlant musique, danse et animations dans une ambiance caribéenne. Présents dans les deux parties de l’île et fréquentés par des participants de l’ensemble du territoire, ils témoignent du caractère partagé des traditions carnavalesques de Saint-Martin. Hérités des cultures anglophones de la Caraïbe, ils se distinguent du J’ouvert par leur déroulement nocturne et leur caractère moins rituel.

Dans le carnaval de Sint Maarten, plusieurs Jump Up jalonnent les festivités [115]. Son Unity Jump Up revêt toutefois une portée particulière : par son itinéraire, ses intervenants et son public, il symbolise le dépassement de la frontière interne et l’unité culturelle de Saint-Martin autour d’une tradition carnavalesque partagée.

Le carnaval donne également lieu à une grande parade, défilé structuré organisé selon un parcours défini, rassemblant groupes carnavalesques, chars décorés et participants en costumes élaborés dans les principales rues.

Les célébrations s’achèvent par des défilés de clôture et des événements festifs marquant la fin du carnaval, correspondant à une clôture symbolique du cycle carnavalesque.

Parallèlement, les « Mardis de Grand-Case », organisés chaque année dans le village de Grand-Case, s’inscrivent dans le prolongement de cette culture festive et reprennent certains codes du carnaval. Chaque mardi soir, le boulevard principal devient piéton et accueille un marché artisanal, des animations musicales et des défilés inspirés du carnaval, réunissant habitants et visiteurs autour de la culture locale[116].

Ces manifestations participent à la valorisation de l’artisanat, de la gastronomie et des traditions musicales de l’île, dans une ambiance festive caractéristique des cultures caribéennes[117].

Musique

La musique occupe une place importante dans la culture locale et reflète la diversité des influences de l’île. Plusieurs genres musicaux sont présents :

  • le Zouk , caractéristique des Antilles françaises ;
  • le Reggae et le Dancehall , issus de la culture jamaïcaine ;
  • la Soca et le Calypso (musique) , associés aux traditions carnavalesques caribéennes ;
  • le Kompa , d’origine haïtienne ;
  • la Salsa et d’autres musiques latino-caribéennes, liées notamment à la présence de populations hispanophones sur le territoire.

Les instruments à percussion, ainsi que les Steelpans (tambours métalliques), sont couramment utilisés lors des manifestations culturelles et festives. Plusieurs ensembles de steelpan sont présents sur l’île, parmi lesquels l’association Gunslingers de Grand-Case, fondée par Victor Benjamin[118].

La scène musicale locale repose également sur des artistes issus du territoire ou y ayant développé leur carrière. Parmi eux figure notamment Oswald Clerveus, chanteur de kompa et de zouk, né à Saint-Martin et d’origine haïtienne, qui s’est fait connaître après avoir remporté en 2007[119] le concours « Défi lycéen » en Guadeloupe. Il s’est ensuite imposé sur la scène caribéenne et au-delà dans les genres du zouk et du kompa[120].

Pratiques culturelles et vie locale

La vie culturelle de Saint-Martin est marquée par l’organisation régulière d’événements culturels, notamment des festivals et des manifestations musicales[121].

Plusieurs manifestations rythment ainsi l’année, parmi lesquelles des événements gastronomiques et musicaux tels que le festival « I Love My Ram », consacré aux traditions culinaires et musicales locales, ou encore la fête de Grand-Case et Victor Schœlcher, qui met en valeur la culture du village à travers des animations, concerts et activités populaires[122],[123].

Créé en 2002, le Fish Day s’est progressivement imposé comme un événement culturel incontournable de Saint-Martin, mettant à l’honneur les traditions liées à la pêche et à la mer[124]. Historiquement organisé dans le quartier de Cul-de-Sac, l’événement a été déplacé à Galisbay à partir de 2022, notamment en raison des échouements massifs d’algues sargasses affectant le littoral[125]. Depuis 2022, il se tient à Galisbay, où sont proposées des animations culturelles, des démonstrations culinaires et des dégustations de produits issus de la pêche[126].

Le territoire accueille également des manifestations à dimension internationale, telles que le SXM Festival, événement consacré aux musiques électroniques[127]. Créé en 2016, ce festival réunit chaque année des artistes et des publics venus du monde entier, et s’est imposé comme l’un des principaux événements de musique électronique de la Caraïbe[128].

Organisé sur plusieurs jours, il propose une programmation mêlant concerts, performances artistiques et événements festifs répartis sur différents sites de l’île, notamment des plages, des espaces naturels ou des lieux privés[129]. Cette programmation répartie sur différents sites de l’île contribue à une expérience associant musique, paysage et culture locale[130].

Parmi les événements majeurs figure également la Heineken Regatta, compétition nautique internationale organisée chaque année depuis 1980 dans les eaux de Saint-Martin et de Sint Maarten. Elle réunit des centaines d’équipages venus du monde entier et constitue l’un des principaux rendez-vous de la voile dans la Caraïbe[131].

Au-delà de la compétition sportive, la manifestation s’accompagne d’un programme festif comprenant concerts et animations, attirant un public local et international.

Bien que se déroulant sur l’île voisine d’Anguilla, l’« August Monday », point culminant de son festival estival, attire également de nombreux habitants de Saint-Martin en raison de la proximité géographique et des liaisons régulières entre les deux îles[132].

La population du territoire se caractérise par une forte diversité d’origines, notamment caribéennes, avec une part importante de personnes nées à l’étranger, contribuant à une culture locale marquée par le métissage[133]. Cette diversité se reflète dans les pratiques culturelles, qui s’expriment notamment à travers la gastronomie, les traditions et les manifestations collectives, ainsi que dans des initiatives telles que le Black History Month, consacré à l’histoire et aux héritages afro-caribéens[134].

Monuments et sites

  • Le monument frontalier de commémoration (1964) des accords de Concordia (1648) (à Bellevue).
  • Le Fort LouisMarigot): construit en 1750 sur une hauteur, il offre des vues imprenables sur la baie de Marigot.
  • L'église Saint-Martin-de-Tours, construite en 1941.
  • Le musée Sur la trace des Arawaks, à Marigot dans l'ancienne prison (construite en 1789), retrace cinq mille ans d'histoire insulaire, de l'époque des populations précéramiques jusqu'aux années 1930 (actuellement fermée au public).
  • Les ruines des anciennes habitations-sucreries: Spring (Concordia), La Colombe (Concordia), la plantation Saint Jean (Bellevue), Anse des Pères (Friar's Bay), etc. permettent de contempler à quoi ressemblait une plantation au XVIIIe siècle.
  • L'habitation-sucrerie de la Plantation Mont Vernon bâtie en 1786, ce site comprenant une ancienne résidence sucrière a été détruit par l’ ouragan Irma le 6 septembre 2017.
  • Le musée du rhum (route de Quartier-d'Orléans) (actuellement fermée au public).
  • Le musée du café et des traditions (à Chevrise).
  • Le pont de Durat (1789), à Hameau du Pont.
  • Le four à pain de la préfecture.
  • Le tribunal (1932) rue de la Liberté. Architecte: Ali GeorgesTur.
  • La machine à broyer le sel à Grand-Case.

Moulin à sel.

Dès le XVIIe siècle, les étangs de Saint-Martin furent exploités pour la récolte du sel. La saline de Grand-Case était la plus grande de la partie française et sa production était exportée en France, dans la Caraïbe, au Canada et aux États-Unis. C'est au milieu du XIXe siècle que l'exploitation industrielle du sel commença par Auguste-François Perrinon célèbre abolitionniste. Le sel était broyé à l'aide d'un moulin fonctionnant avec une chaudière à vapeur, aujourd'hui disparue. Côté français, la dernière récolte du sel eut lieu en 1961.

Gastronomie

La gastronomie de Saint-Martin repose sur l’utilisation de produits locaux, notamment les poissons et fruits de mer (vivaneau, thon, mahi-mahi), ainsi que sur des préparations épicées héritées des traditions culinaires antillaises. Parmi les spécialités figurent les accras de morue, les grillades de poisson, le colombo de poulet ou de cabri, les Johnny cakes, petits pains frits typiques de la Caraïbe, ainsi que le locri, plat emblématique de l’île à base de riz cuit en une seule préparation avec de la viande ou du poisson, des légumes, des épices et parfois de la pâte de tomate[135].

La cuisine locale intègre également des influences issues des cultures voisines, notamment haïtienne, dominicaine et jamaïcaine, ainsi que des apports européens, en particulier français, visibles dans la présence d’une offre gastronomique développée.

Le village de Grand-Case est réputé pour sa concentration de restaurants et est souvent présenté comme l’un des principaux pôles gastronomiques de la Caraïbe. Il abrite à la fois des établissements de cuisine traditionnelle locale, appelés « lolos », et des restaurants d’inspiration française[136].

Parmi les boissons traditionnelles figure la liqueur de guavaberry, élaborée à partir d’une baie locale et associée aux fêtes de fin d’année, témoignant de l’héritage culturel de l’île[137].

Jumelage

Logotypes

Logo depuis 2009

Logo officiel de la COM de Saint-Martin.

Logo de la COM de Saint-Martin.

Le logo de la Collectivité de Saint-Martin adopté en 2009 comporte plusieurs éléments symboliques représentant l'identité et les caractéristiques de l'île. Ce logo intègre un ruban bleu formant la lettre stylisée "S" et un ruban vert formant un "M", symbolisant respectivement Saint et Martin. Ces éléments sont placés sous le nom "Saint-Martin" accompagné des mentions "Caraïbe Française" et "French Caribbean", soulignant l'appartenance de l'île à la région des Caraïbes tout en étant une collectivité française.

Emblème depuis 2010

Emblème officiel de la COM de Saint-Martin.

L'emblème de la collectivité d'outre-mer de Saint-Martin, partie française de l'île Saint-Martin représente un pélican en plein vol avec la carte de Saint-Martin sur son œil et l'Obélisque de la frontière sur son aile, ainsi qu'un symbole de paix ; survolant la mer et la plage, il est accompagné de papillons et tient dans ses pattes des fleurs d'hibiscus et de flamboyant. Collines à l'horizon, et, tout en bas, un muret en pierre sèche appelé « mur des esclaves »[138].

Cet emblème en forme d'écu a été réalisé par Claudio Arnell, professeur d’art plastique, à la suite d'un concours organisé par la collectivité en 2010 dont le thème était "L’avenir inspiré par notre héritage". Les 50 candidats devaient s’inspirer du passé et se projeter dans l’avenir[139]. Il a été sélectionné par un jury présidé par Guillaume Arnell et validé par le conseil territorial le 26 octobre 2010.

La version lauréate de cet emblème a été retravaillée pour obtenir une version officielle qui n'est pas une armoirie héraldique mais reste un logo. Cette finalisation a permis d'adapter le design gagnant aux besoins visuels et représentatifs de la collectivité tout en conservant les éléments clés choisis pour symboliser l'identité et l'héritage de Saint-Martin.

Logo 2018-2021: Reconstruction post-Irma


Logo de la COM de Saint-Martin.

Le logo de la Collectivité de Saint-Martin, mis à jour après le passage dévastateur de l'ouragan Irma, incarne un renouveau symbolique pour l'île. Inspiré par le plan de relance intitulé "Phoenix", évoqué par le président Daniel Gibbs, ce nouveau design reflète la résilience et l'espoir de reconstruction. Le logo représente un phénix, cet oiseau légendaire connu pour sa capacité à renaître de ses cendres, survolant l'île de Saint-Martin, qui est stylisée dans un cœur[140].

Ce changement d'identité visuelle, intégrant les couleurs orange et vert - représentatives du parti politique de Gibbs, l'Union pour la démocratie - marque un tournant dans la communication de la collectivité, soulignant son engagement envers la renaissance et la restauration de l'île. Ce logo temporaire, destiné à être utilisé durant la période de reconstruction, symbolise l'optimisme et la solidarité face aux défis, renforçant ainsi le message que "Saint-Martin renaîtra du chaos"[140].

Articles connexes

Notes et références

  1. Article LO6311-1 du Code général des collectivités territoriales.
  2. Pour les évolutions institutionnelles ayant touché l'outre-mer voir J.P. Thiellay, Droit des outre-mers, coll. connaissance du droit, Dalloz, 2007.
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  7. « Smallest shared island (inhabited) », sur Guinness World Records (consulté le ).
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  10. Ce mot de « slopes » ne provient pas de l'anglais, où « slope » signifie « pente », mais de certains dialectes des Pays-Bas.
    (nl) “sloop”, “slop, “slôp””, “sjloop” : étymologiquement, « ce qui se dépose » (naturellement : sédiments, eau…, ou volontairement : déchets), « ce qui tombe » (cf. dictionnaires étymologiques des néerlandais médiéval et néerlandais).
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Voir aussi

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Bibliographie

L'article détaillé indiqué ci-dessus, récapitule par thèmes l'ensemble de la bibliographie concernant la partie française. Les thèmes couvrent l'histoire, la société, l'économie, la nature (faune, flore, géologie, écosystème marin), les guides et divers sujets spécifiques à Saint-Martin.

  • Didier Quentin, Rapport no 3248 sur la proposition de loi organique (no 3164), adoptée par le Sénat, tendant à l’approbation d’accords entre l’État et les collectivités territoriales de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy et de Polynésie française, Paris, Assemblée nationale, , 64 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes

Liens externes


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