Située dans la banlieue ouest de Paris, Suresnes n'est qu'un simple village jusqu'au XIXe siècle. Ses coteaux couverts de vignobles produisent cependant un vin réputé, prisé par les rois, alors que de riches Parisiens se font construire aux XVIIe et XVIIIe siècles de vastes propriétés autour du quartier historique.
Le village bénéficie également de la venue de pèlerins, attirés par le calvaire religieux construit au XVIIe siècle sur le mont Valérien, qui surplombe Suresnes. Des guinguettes se développent sur les bords de Seine, jusqu'à constituer une part importante de ses activités économiques du XIXe au début du XXe siècle.
La révolution industrielle transforme radicalement la physionomie de la commune. Les anciennes demeures aristocratiques et bourgeoises laissent place à des usines aéronautiques et automobiles. Les vignes disparaissent et des villas ou des logements ouvriers sont créés sur leur emplacement.
L'emblématique maire socialiste de Suresnes Henri Sellier accompagne particulièrement cette urbanisation et ces changements sociaux dans l'entre-deux-guerres, en décidant notamment la construction de la cité-jardin de Suresnes.
Durant la Seconde Guerre mondiale, un millier de résistants sont fusillés dans la forteresse du Mont-Valérien, construite le siècle précédent à la place de l'ancien calvaire, ancrant Suresnes dans la mémoire nationale. Par la suite, les usines disparaissent, remplacées jusqu'à la fin du siècle par des lotissements immobiliers et des sièges de grandes entreprises.
La superficie de la commune est de 379 hectares ; l'altitude varie de 29 à 162mètres[1]. Le niveau le plus bas est la Seine, le plus élevé est le mont Valérien.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 648 mm, avec 10,9 jours de précipitations en janvier et 7,8 jours en juillet[2]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée par la station météorologique la plus proche, située à Toussus-le-Noble à 16 km à vol d'oiseau[4], est de 11,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 677,0 mm[5],[6]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[7].
Urbanisme
Typologie
Au , Suresnes est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[8].
Elle appartient à l'unité urbaine de Paris[Note 1], une agglomération inter-départementale regroupant 407 communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 2],[9],[10]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune du pôle principal[Note 3],[10]. Cette aire regroupe 1 929 communes[11],[12].
Morphologie urbaine
Schéma de Suresnes.
• Rose foncé (quartier historique, centre-ville) • Vert foncé (au nord, quartier Écluse-Belvédère, au sud, quartier République), • Vert moyen clair (quartier Liberté, plateau nord), • Vert clair (quartier Mont-Valérien, plateau sud), • Bleu foncé (cité-jardin), • Rouge (barrage-écluse), • Pentagone : forteresse du Mont-Valérien.
La commune de Suresnes est située sur les pentes du mont Valérien. On distingue généralement le bas de Suresnes, le long de la Seine, et les plateaux, en hauteur. Érigées sur les coteaux, les lignes ferroviaires séparent ces deux zones, néanmoins reliées par plusieurs voies routières (boulevard Henri-Sellier, avenue Franklin-Roosevelt, etc.) et piétonnes (passerelle et souterrains).
La commune de Suresnes est organisée en six quartiers[14] :
En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 21 708, alors qu'il était de 19 828 en 1999[a 1]. Parmi ces logements, 93,4 % étaient des résidences principales, 1,2 % des résidences secondaires et 5,4 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 13,0 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 85,4 % des appartements[a 2]. La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 37,4 %, en hausse sensible par rapport à 1999 (29,9 %). La part de logements HLM loués vides était de 33,8 % (soit 69 % de plus que le taux de 20 % requis par la loi SRU) contre 38,9 %, leur nombre étant constant 6 861 contre 6 856[a 3].
Suresnes allie des zones pavillonnaires et un habitat collectif. La commune compte 38 % de logements sociaux[15].
Le centre-ville se concentre autour des plus anciennes maisons de Suresnes, des immeubles du tournant du XXe siècle et quelques lotissements immobiliers récents. Dans le quartier Écluse-Belvédère, plus au nord, là où se trouvaient autrefois des usines, ont été construits de nombreux lotissements immobiliers, même s'il reste également un certain nombre d'immeubles anciens.
Toujours en bas de Suresnes, dans le quartier République, tout au sud, on note la présence de lotissements et d'immeubles, mais dans une proportion moins dense. À mesure qu'on monte sur les coteaux on trouve davantage de maisons avec jardin.
Les plateaux de Suresnes sont diversement lotis : le quartier Liberté, au nord, est essentiellement pavillonnaire et compte surtout des maisons avec jardin, le quartier Mont-Valérien, au milieu, comprend davantage d'immeubles et de résidences de tours d'habitation, jusqu'à la cité-jardin, au sud, qui, mis à part quelques maisons, est surtout composé d'un ensemble homogène d'immeubles en brique rouge[15].
Village anglais
Dans le centre-ville, au bord du quai Gallieni, se trouve le « Village anglais », compris entre les rues Diderot et du Bac et les avenues de la Belle-Gabrielle (ancienne rue du Colonel-Picquart) et des Conférences de Suresnes (ancienne rue Frédéric-Passy).
Il doit son nom aux maisons mitoyennes alignées comme dans une ville anglaise, avec un style harmonieux. Datant de 1923, dans un contexte où l'architecture anglo-normande est en vogue et l'usage de la brique favorisé dans les projets urbains inspirés de ce qui se fait outre-Manche, il est construit sur le site de l'ancienne teinturerie Meunier, disparue en 1893.
Chaque habitation est unique, elles sont construites en brique, en pierre meulière et en moellon, certaines ayant des poutres apparentes. Les toits sont à deux pans, avec des tuiles. Une partie des maisons comporte un jardin, situé côté rue.
Près du Village anglais, 15, quai Gallieni, se trouvait autrefois la guinguette « La Belle Gabrielle », un genre d'établissement où l'on buvait et dansait, et qui connut son apogée entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle[17],[18],[19],[20].
De nouveaux aménagements immobiliers ont lieu au début du XXIe siècle, comme celui de l'îlot Sisley, près de la Seine, qui accueille entre 1 500 et 1 900 habitants[21].
Occupation des sols simplifiée
Le territoire de la commune se compose en 2017 de 3,61 % d'espaces agricoles, forestiers et naturels, 15,84 % d'espaces ouverts artificialisés et 80,55 % d'espaces construits artificialisés[22]
En bord de Seine, le quai Marcel-Dassault permet de rejoindre Saint-Cloud tandis que le quai Gallieni assure la continuité vers Puteaux et le quartier d'affaires de La Défense. À l'intérieur de la commune, la rue de la République et la rue de Verdun constituent des axes secondaires importants reliant respectivement Saint-Cloud et Puteaux.
Située en bord de Seine, Suresnes a longtemps dépendu du fleuve pour ses échanges. Avant la construction du pont de Suresnes, la traversée s'effectuait exclusivement par bac, les ponts les plus proches se situant à Neuilly et Saint-Cloud.
Quai bas de Suresnes, avec le barrage en arrière-plan.
Au XIXe siècle, dans le contexte de la Révolution industrielle, la Seine est progressivement aménagée afin de faciliter la navigation et le transport des marchandises. Entre 1866 et 1933, des services réguliers de navettes fluviales relient Suresnes à Paris, contribuant au désenclavement de la commune et au développement des activités de loisirs, notamment les guinguettes installées sur les quais[23],[24],[25].
Le premier pont est inauguré en 1842, remplacé à plusieurs reprises avant l'ouvrage actuel, mis en service en 1950 et aligné sur le boulevard Henri-Sellier[26],[23].
Parallèlement, plusieurs barrages-écluses sont construits entre le XIXe siècle et le XXe siècle, permettant de réguler le niveau du fleuve et d'améliorer la navigation entre Paris et Rouen. Aujourd'hui, l'écluse de Suresnes constitue un point majeur du trafic fluvial en région parisienne[25],[27],[28].
Le bassin de Saint-Cloud – Suresnes a également accueilli des activités nautiques et aéronautiques au début du XXe siècle, avant de devenir un site dédié aux sports nautiques (ski nautique, wakeboard, aviron, canoë-kayak).
Pistes cyclables et vélos en libre-service
Piste cyclable le long du quai Gallieni.
Suresnes dispose de plusieurs aménagements cyclables, principalement situés le long de la Seine, notamment sur le quai Gallieni, ainsi que sur les coteaux, en particulier le boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny.
Le service de vélos en libre-service Vélib' Métropole est présent depuis 2009, avec plusieurs stations implantées en centre-ville et à proximité des quais. Des espaces de stationnement pour vélos existent également aux abords des gares, notamment à la gare de Suresnes-Mont-Valérien.
Suresnes ne dispose pas de station de métro sur son territoire. Des réflexions ont toutefois été engagées concernant un éventuel prolongement de la ligne 2 vers le centre-ville, sans concrétisation à ce stade.
Dans le cadre du Grand Paris Express, la commune bénéficiera indirectement de la future station Rueil – Suresnes Mont-Valérien de la ligne 15, améliorant les connexions avec l'ouest et le sud de l'Île-de-France.
Les mentions anciennes de la localité sont : Surisnas 918[29], Surisnis dicitur 1070[30], Girardus de Serenes v.1169[31], ecclesiam de Surinis 1177[32], 1207[33], villa de Serenes 1299[34], Sorenae, SerenaeXIIIe siècle[35], SocraineXIVe siècle[29], SuranusXIVe – XVe siècles[29], Soresne et Sureynes 1544[29], Surasne, Surayne, Suraine, Sureine, Souresne[29], Suresnes v.1757[36], Surènes v. 1850[36].
En 1804, on proposait de façon fantaisiste d'être issu de « sur Seine »[37]. En 1965, l'historien local René Sordes proposa sur des bases approximatives l'hypothèse que Surisnas, pourrait être l'accusatif du pluriel Surisnae, qui serait un nom d’origine celtique, sa terminaison en na indiquant qu’il s'agirait d'un hydronyme[38]. Il affirma que Camille Jullian, sans citer sa source, voyait dans Surisnae un nom de source « chante-souris » ; c'est peu probable[39]. Ce mot ou cette déesse des sources n'ont jamais été documentés dans les dictionnaires de la langue gauloise[40]. Enfin, Ernest Nègre[41],[42] et Marianne Mulon[43] ont proposé une hypothétique racine hydronymique *sor- préceltique.
La Seine près de Suresnes du peintre Alfred Sisley (1879).
Le site aurait été occupé par les Gaulois. La première mention historique de Suresnes date de 884, quand le roi des Francs Carloman II fait don à l'abbaye de la Croix-Saint-Leufroy (Normandie) d'un domaine qui comprend « Surisna ». Les raids vikings conduisent les moines de l'abbaye à se réfugier en région parisienne, leur communauté fusionnant avec celle de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
Le roi Charles le Simple reprend alors la donation de Carloman et transmet, via Robert, comte de Paris, le domaine à l'abbaye en 918[44],[45],[46]. Cette dernière institution religieuse exerce alors un contrôle sur ce territoire, qui durera jusqu'à la Révolution.
En 1070, Suresnes devient une paroisse, dont l'église Saint-Leufroy a pour origine une chapelle du début du Xe siècle. Du Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle, il s'agit d'un hameau puis d'un village, non relié aux axes de communication vers la capitale, qui vit essentiellement de sa production viticole – des vignobles couvrant ses coteaux, comme dans toute l'Île-de-France depuis des siècles[47] – ainsi que de la pêche sur la Seine[48].
Entre le Xe et le XVe siècle, la population de Suresnes passe de 300 à 600 habitants. En 1250, le servage y est aboli. Plusieurs évènements dramatiques marquent Suresnes et les villages alentour : inondations (1080), famine (1088), ergotisme (1150), guerre de Cent Ans (1358) ou encore guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons (1411).
En conséquence, en 1569-1570, des fortifications sont construites ; elles n'empêchent pas les affrontements liés aux guerres de religion, l'église Saint-Leufroy étant incendiée en 1590[49],[50].
À partir du XVe siècle, des ermites prennent l'habitude de se retirer au sommet du mont Valérien, formant une communauté à l'écart, qui prie et cultive la vigne[52].
En 1633, un calvaire religieux y est également installé, donnant naissance à un important pèlerinage jusqu'à sa fermeture en 1830. Dans le bas de Suresnes, des guinguettes et des hôtels se développent, pour accueillir les dévots, avant et après leur passage[45],[53]. Autour du quartier historique, des aristocrates et bourgeois parisiens se font également construire de vastes demeures garnies de jardins, comme le château de Suresnes (situé au niveau de l'actuel parc du Château), le château de la Source mitoyen[54] et le château des Landes (à l'emplacement de l'actuel parc des Landes), propriété de Philippe Panon Desbassayns[55].
Gravure d'Edmond Morin présentant les ruines de l'abbaye de Longchamp (bois de Boulogne) dans la première moitié du XIXe siècle, avec Suresnes et le calvaire du mont Valérien en arrière-plan, avant sa conversion en fort.
Le XIXe siècle donne à Suresnes les grands traits de son actuel urbanisme. En cent ans, le petit village isolé devient une ville industrielle bien reliée aux axes de communication, dont la vocation agricole disparaît.
En 1842 est inauguré le premier pont de Suresnes. Il est détruit pendant la guerre franco-prussienne de 1870, un nouvel édifice lui succédant en 1874, lui-même remplacé en 1950 par le pont actuel[56],[57]. Durant le conflit cité, Suresnes, qui compte alors 5000 habitants, est une ville de garnison, en raison du mont Valérien voisin.
Après la défaite de la France, le roi de Prusse Guillaume Ier traverse la Seine à Suresnes, passant un pont fait de bateaux après l'incendie de l'édifice durant la guerre[58].
Au début du XIXe siècle, une teinturerie s'était installée à Suresnes, préfigurant sa mutation urbaine. Avec les blanchisseries, cette activité proto-industrielle domine pendant plusieurs années, jusqu'à la construction d'usines automobiles et le transfert vers le nord du pays de la filière textile[61].
À partir de la fin du siècle, la ville connaît une industrialisation progressive mais rapide, qui se matérialise par l'installation de plusieurs usines le long de la Seine. Des maisons et des villas bourgeoises sont également élevées sur ses coteaux[45]. Peu à peu, la vigne disparaît[20], ainsi que la plupart des grandes demeures de l'Ancien régime. Par ailleurs, grâce au développement des transports (train, tramway, bateau), les Parisiens viennent nombreux se divertir dans les guinguettes de Suresnes (« À la Belle Gabrielle », « Le Moulin Rose », etc.), parfois au retour des courses de l'hippodrome de Longchamp, situé juste de l'autre côté du fleuve, dans le bois de Boulogne[62].
Entre 1865 et 1869, le couturier Charles Frederick Worth se fait construire une demeure à Suresnes, sur un terrain de 15 000 m2. Le bâtiment de style historiciste, mêlant des éléments médiévaux et florentins, est l'œuvre de Denis Darcy. Le jardin comportait bosquets, pavillons et cascades, ainsi que des vestiges du palais des Tuileries, alors que l'esthétique des ruines est en vogue. De l'édifice original, seule subsiste une porte monumentale située 15 avenue Franklin-Roosevelt, ainsi que le pavillon construit plus tard par son fils, dit pavillon Balsan.
Le reste des bâtiments a été rasé et le jardin loti dans les années 1930 afin d'accueillir l'hôpital Foch[53],[63],[64],[65],[66].
À partir de 1887, l'administration classe désormais Suresnes comme « ville » et non plus comme « village ». L'actuelle mairie de Suresnes est inaugurée en 1889, après avoir occupé de nombreux emplacements depuis 1787, dont la maison où le physicien Hippolyte Fizeau réalisa en 1849 une célèbre expérience de mesure de la vitesse de la lumière. De style néoclassique, le nouvel hôtel de ville est l'œuvre de Jean Bréasson[67],[68],[69].
La mairie et la salle des fêtes, dans les années 1930.
La salle des fêtes.
Usines le long du quai de Suresnes.
Les mosaïques de l'ancienne usine de Blériot Aéronautique à Suresnes sont exposées à leur emplacement d'origine, même si le bâtiment originel a été détruit en 2004. L'actuel édifice est occupé par le groupe Airbus[70], puis par SKEMA Business School.
Au tournant des XIXe – XXe siècles, dans un contexte d'industrialisation qui conduit de nombreuses entreprises à s'installer le long des berges de la Seine de la banlieue ouest-parisienne[71], jouant de la proximité avec la capitale et d'aménités géographiques particulières (transport par voie fluviale), Suresnes devient une ville industrielle dont la population ouvrière s'accroît. Elle compte de nombreuses usines, dont les constructeurs automobiles Unic et Saurer (qui emploie plus d'un millier de Suresnois), d'avions Levavasseur, Nieuport, Farman et Blériot Aéronautique, de parfums (Coty)[53], ainsi que la biscuiterie Olibet (fondée en 1880 et qui emploie 400 ouvriers et ouvrières fabriquant 30 tonnes de gâteaux par jour jusqu'en 1940, année où elle est démolie)[72],[20]. Modifiant considérablement la vie de Suresnes, de jour comme de nuit, l'activité de ces entreprises provoque les plaintes de nombreux riverains[45].
L'imprimerie des Cahiers de la Quinzaine (1900-1914), fondée par l'écrivain Charles Péguy, a son siège à Suresnes. Il arrivait à ce-dernier, avec l'homme politique Jean Jaurès, de marcher de Paris jusqu'à ce bâtiment en évoquant les paysages de l'Île-de-France, la « beauté industrielle » de Puteaux ou encore la littérature[73].
Comme les villes voisines situées le long de la Seine, Suresnes est touchée par la crue de 1910 ; le 29 janvier, Le Journal écrit : « À Suresnes, l’eau a monté dans la nuit de 40 cm, envahissant les maisons du quai jusqu'au premier étage et causant dans l'intérieur de la commune de nouveaux ravages »[74].
En 1914, lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Suresnes devient l'un des principaux centres de fabrication d'obus. Via la SPAD, qu'elle a acquis, l'usine d'avions Blériot, construite en 1915-1917 au croisement d'un quai de Seine et de la rue du Val-d'Or, voit travailler 2500 ouvriers dans 28 000 m2 d'ateliers, qui produisent 23 unités par jour[75],[76].
Aménagé sur le versant est du mont Valérien, le cimetière américain de Suresnes, inauguré en 1919 par le président Woodrow Wilson, accueille les sépultures de plus de 1 500 soldats américains morts durant le conflit[77].
De 1941 à 1944, le prêtre catholique Franz Stock accompagne les condamnés à mort sur le plan religieux et civil. C'est aussi ici que, le , l'écrivain et résistant français Jacques Decour (Daniel Decourdemanche) meurt pour la France, fusillé par les nazis. La résistante Noor Inayat Khan, qui a grandi à Suresnes et s'est engagée dans le Special Operations Executive, meurt à Dachau en 1944[80].
Dans la seconde moitié du siècle, les usines périclitent et deviennent des friches industrielles. Couvrant 10 % de la surface de la ville, elles sont peu à peu remplacées par des bureaux à partir des années 1980, notamment des sièges de grandes entreprises (en lien avec le quartier d'affaires de La Défense, situé dans la commune voisine de Puteaux), et des lotissements immobiliers.
À l'origine ville industrielle, Suresnes devient une cité du secteur tertiaire aux bâtiments modernes ; il faut monter vers les coteaux pour trouver une densité moindre, des maisons plus traditionnelles et davantage de nature, alors que le quartier historique du bas Suresnes ne conserve que quelques maisons anciennes autour de la place du Général-Leclerc.
Le long du boulevard Henri-Sellier, la partie occidentale de ce quartier avait en effet été rasée dans les années 1970 afin d'accueillir des tours, une dalle et une passerelle, provoquant le mécontentement de la population. Des travaux ultérieurs ont néanmoins été menés afin d'intégrer de façon plus harmonieuse ces édifices contemporains au reste de la ville, notamment avec l'aménagement de l'esplanade des Courtieux ou la construction d'un conservatoire de musique et d'une fontaine. Quant à la cité-jardin, elle est entièrement rénovée dans les années 1980-1990[20],[45].
Jusqu’à la loi du 10 juillet 1964[81], la commune fait partie du département de la Seine. Le redécoupage des anciens départements de la Seine et de Seine-et-Oise conduit la commune à intégrer les Hauts-de-Seine[82], à la suite de son transfert administratif, qui prend effet le .
Dans le cadre de la mise en œuvre de la volonté gouvernementale de favoriser le développement du centre de l'agglomération parisienne comme pôle mondial est créée, le , la métropole du Grand Paris (MGP), dont la commune est membre[86].
Le siège de l'intercommunalité est situé à Puteaux, rue Jean-Jaurès. Elle est présidée depuis 2022 par Joëlle Ceccaldi-Raynaud, également maire de Puteaux.
Socialiste pendant l'entre-deux-guerres avec Henri Sellier (important théoricien et réalisateur du logement social en France), ainsi que sous la IVe République, communiste à la Libération, la ville est depuis 1983 ancrée au centre-droit.
Élections municipales de 2026 : Guillaume Boudy, maire sortant, se représente comme tête de liste pour conduire sa liste « Suresnes avec Guillaume Boudy », Xavier Iacovelli, sénateur et ex-opposant local, mène une liste d’union citoyenne et divers courants du centre-droit, et Jérôme Pellerin conduit une liste de rassemblement de la gauche et de l’écologie sous l’intitulé « Suresnes Sociale et Écologique »[104],[105].
Suresnes dispose d'un commissariat de la police nationale, situé 1 bis place du Moutier et 32 boulevard Henri-Sellier. Le siège de la police municipale est, lui, situé 3 bis rue Carnot.
En 2021, la ville possède, selon les sources, entre 89 et 300 caméras de surveillance, afin de lutter contre « les dépôts sauvages, infractions routières graves, rassemblement de personnes, stationnements irréguliers, tentatives d’intrusion » et de permettre l'intervention rapide des services de police, tout en écartant le « recours à la reconnaissance faciale ». 13 agents sont affectés à la vidéosurveillance au sein du centre de surveillance urbain. La ville prévoit d'expérimenter l'intelligence artificielle avec une entreprise privée pour détecter « les comportements suspects »[114],[115].
Politique environnementale
Suresnes met en œuvre une politique environnementale diversifiée, invitant ses habitants et touristes à utiliser les moyens de transport alternatifs à la voiture personnelle[116].
La ville compte de nombreux parcs et squares dans ses différents quartiers, sur une surface totale de 42 hectares. Par ailleurs, près de 7000 arbres de 68 genres et de nombreux massifs floraux couvrent la commune. Depuis de nombreuses années, Suresnes est récompensée par le comité concours des villes et villages fleuris de 3 fleurs sur 4[117],[15].
Inauguré en 1988, le parc du Château est l'ancien parc d'une propriété bourgeoise et aristocratique de l'Ancien régime. On parle à l'origine du « château de Suresnes » ou du « château de Bel-Air ». Il fut la propriété des hommes politiques Étienne Clavière puis Paul Barras, lequel y reçut notamment Napoléon Bonaparte et son épouse Joséphine. En 1803, il est acquis par la princesse de Vaudémont, qui agrandit le domaine et fait aménager un parc à l'anglaise, à l'origine de l'actuel parc du Château. En 1904, l'entreprise Coty installe une usine de parfums sur la partie nord de ses dépendances, au château de la Source mitoyen. En 1875, le médecin Valentin Magnan crée dans le château de Suresnes une fondation pour névrosés, qui eut notamment pour patiente Adèle Hugo après la mort de son père. La fondation Magnan subsiste jusqu'en 1975, lorsque le château est vendu à un groupe immobilier. Au milieu des années 1980, le château est détruit et remplacé par un lotissement immobilier, tandis que le parc, réaménagé, ouvre en 1988 au public sous le nom de « parc du Château ». Longeant le quai Léon-Blum, il est pourtant seulement accessible depuis la place Eugène-Sue, rue de Saint-Cloud[118],[119],[120],[121].
Sur les coteaux de Suresnes, le parc des Landes est pour sa part l'ancien jardin du château des Landes, construit par l'aristocrate Lechat-Deslandes en 1781, la déformation de son nom conduisant à parler du château Deslandes puis du château des Landes. Propriété du comte Philippe Panon Desbassyns de Richemont et de son épouse Eglé Mourgue au siècle suivant[122], il est détruit durant la guerre franco-prussienne de 1870. L'ancienne orangerie du château subsiste néanmoins un temps, où habita Alice Hoffmann, de la famille du président américain Franklin Delano Roosevelt. Une partie du domaine accueille ensuite une ferme, qui fournit les Suresnois en lait jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale[123],[124]; elle est par la suite transformée en parc public. Par ailleurs, l'école de plein air de Suresnes se situe au sommet de l'ancienne propriété des Landes[125].
En 2009 sont créés des jardins familiaux sur les anciennes friches SNCF de la station de tramway Belvédère, en contrefort de la ligne du Transilien. 40 parcelles sont mises à la disposition des habitants (avec cabanes, récupérateur d'eau et point d'eau). La cité-jardin compte aussi 40 jardins familiaux sur des terrains de l'office public HLM, administrés par l'Association des jardiniers de Suresnes[126].
Square des Bels-Ébats et son kiosque à musique[Note 4].
En 2007 et 2011, Suresnes a sollicité et reçu le label Ville Internet @@@ « libre »[128].
En 2019, Suresnes reçoit du Conseil de l'Europe le Label européen d’excellence en matière de gouvernance (ELoGE), qui distingue les collectivités les plus exemplaires en matière de gouvernance[129].
Jumelages
Massifs floraux dans le parc des Landes, chaque parterre de fleurs étant dédié à une ville avec laquelle Suresnes est jumelée.Suresnes Square à Holon (Israël).
Entre 1905 et 1914, un premier jumelage réunissant Suresnes et Puteaux avait été initié avec la ville anglaise de Keighley, grâce à l'épouse du maire Alphonse Huillard, d'origine anglaise. Outre des visites réciproques et des cadeaux échangés, l'amitié entre les trois villes s'illustra lors de la crue de la Seine de 1910, après laquelle Keighley récolta de l'argent pour remettre en état les bâtiments dévastés et aider les chômeurs[130],[131].
Au début du XXIe siècle, Suresnes est jumelée avec :
Ces jumelages ont pour objectif de favoriser les échanges scolaires, culturels, sportifs ou économiques entre citoyens et, selon la municipalité, de « faire progresser l'esprit européen et à développer le sentiment de citoyenneté européenne ». Des séjours dans les villes jumelles, en réciprocité avec celles-ci, sont ainsi organisés le printemps et l'été pour les adolescents de 14-16 ans[135].
Population et société
Foyer Merlin-de-Thionville ou « château de la Grève », dans le square Germain-Bazin. Ce petit hôtel particulier de style Napoléon III doit son nom à une grève survenue peu de temps avant sa construction, en raison de l'exposition universelle de 1867, qui avait causé une hausse des prix. De nos jours, il abrite des services municipaux[61] ; depuis 2025, la Maison du Tourisme et des Projets[136].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[137],[Note 5].
En 2023, la commune comptait 48 956 habitants[Note 6], en évolution de +1,43 % par rapport à 2017 (Hauts-de-Seine : +2,82 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 39,2 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (38,4 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 16,4 % la même année, alors qu'il est de 20,0 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 23 458 hommes pour 25 305 femmes, soit un taux de 51,89 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (52,41 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[139]
Hommes
Classe d’âge
Femmes
0,6
90 ou +
1,3
3,8
75-89 ans
6,2
10,0
60-74 ans
10,8
19,1
45-59 ans
19,5
25,0
30-44 ans
25,3
19,5
15-29 ans
18,2
22,1
0-14 ans
18,8
Pyramide des âges du département des Hauts-de-Seine en 2022 en pourcentage[140]
Par ailleurs, Suresnes dispose depuis 2009 d'un établissement scolaire privé : l'école Saint-Leufroy (maternelle et primaire), créée en septembre 1988 par des familles de la ville[148].
Fidèle à son histoire viticole, Suresnes est animée chaque année par le Festival des vendanges (le 1er week-end du mois d'octobre). La 34e édition a eu lieu les et , sur le thème « Demain commence hier ». Ce festival honore la fin des récoltes des vignes de la ville avec sa confrérie créée en 1984, qui se réunit pour déguster le vin produit ; elle est célébrée par des défilés, des spectacles de rue, des concerts et une fête foraine[155]. Cependant, la fête des vendanges sous cette forme n'est pas reconduite par la nouvelle municipalité à partir de 2020[156].
Organisé à l'hippodrome ParisLongchamp, le festival de musique Solidays se déroule chaque été à la frontière de Suresnes, dans le bois de Boulogne. La ville constitue donc un point d'accès important à l'évènement.
Santé
L’hôpital Foch est un établissement de santé privé d’intérêt collectif dont l'activité repose, en 2010, sur un effectif de 2 000 collaborateurs, dont 300 médecins[157].
Le maire assure la gestion du Centre médical municipal Raymond-Burgos (CMM). Cet établissement de santé dispense des soins de ville et réalise une activité de prévention et d’éducation à la santé. Les spécialités présentes sont la médecine générale, la gynécologie médicale, la nutrition, les soins infirmiers, la pédicurie, la chirurgie-dentaire, la chirurgie-orale/stomatologie et l'orthodontie (pour les moins de 16 ans)[158].
Pour les seniors, Suresnes possède deux résidences autonomies-personnes âgées, trois résidences service privées, quatre EHPAD et trois espaces de loisir dédiés[15].
Historiquement liés aux loisirs, les débuts du sport suresnois se font comme de nombreuses communes fluviales en lien avec la Seine : des joutes navales très populaires étaient organisées, opposant des compétiteurs juchés sur des barques, qui devaient se renverser à l'aide de leurs lances. Mais la plus ancienne association sportive de la commune est L'Espérance de Suresnes, créée en 1888, dont le nom renvoie à l'atmosphère revanchiste de l'époque. Nourrissant l'espoir de retrouver l'Alsace et la Lorraine perdues en 1870, de nombreuses sociétés sportives se créent en effet dans le pays, les exercices militaires préparant, sous couvert de sport, les Français à la guerre future. Cette association omnisport, devenue club de tir, existe encore de nos jours[159].
Les Britanniques aidèrent beaucoup à la diffusion du sport dans la société occidentale, tout comme les idées hygiénistes et la promotion de l'idéal antique du « mens sana in corpore sano ». En 1902, M. Hacquin fonde l'association de gymnastique des « Touristes de Suresnes » et en 1908 deux Britanniques créent la société les White Harriers (les « Lévriers blancs »), ou WH, un club omnisports surtout porté vers l'athlétisme, qui s'installe à Suresnes dans les années 1920. Le boxeur suresnois Roger Brousse(en) participa aux Jeux olympiques de 1924 mais fut exclu après avoir été accusé d'avoir mordu son adversaire ; durant cette même compétition, des sportifs suresnois de la salle Haquin participèrent à une compétition de savate[159]. En ce qui concerne le football, Suresnes comptait à l'époque trois clubs : la section football des WH, la Jeunesse sportive de Suresnes (JSS) créée en 1936 par Henri Sigogneau et le Football club suresnois (FCS) de M. Porteron, qui jouait en première division, disputa les 32e de finale de la Coupe de France et gagna la coupe de Paris. Le FCS s'entraînait à l'emplacement actuel du stade Maurice-Hubert, sur un terrain loué à des agriculteurs. Il disparaît en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale. Quant à la JSS, elle fut championne de Paris FSGT en 1937-1938 mais sera dissoute en 1942, après avoir rallié la FFF et gagné la Coupe du Matin la même année. La JSS jouait à Bagatelle[160].
Participants au championnat d'Europe d'aviron 1931 sur la Seine, à Suresnes.
La pratique sportive se démocratise en effet dans l'entre-deux-guerres, favorisée à Suresnes par le maire Henri Sellier, qui y voit un élément culturel et sanitaire important. Il est à l'origine à l'origine de la construction du premier gymnase de Suresnes et du développement du sport dans les établissements scolaires municipaux. À l'époque, on se baignait encore dans la Seine ou dans un bassin aménagé sur une péniche ; il faut attendre 1968 pour que la piscine des Raguidelles soit inaugurée[159],[161]. Elle comprend un grand bassin de 25 x 12,5 m, un petit bassin de 12,5 x 10 m, une pataugeoire et un solarium[162].
Devenu jardin ouvrier, l'ancien terrain de football du FCS est racheté après la guerre par le maire de Suresnes Paul Pagès, qui y créé le stade Maurice-Hubert (du nom d'un ancien dirigeant de la JSS et résistant). Recréée, la JSS joue en première division de 1945 à 1953 puis en promotion de première division. Avec l'arrivée d'Antoine Jurilli, elle revient en première division. Le club crée par ailleurs une école de football, d'où sort notamment Robin Leclercq. En 1965, la JSS accède à la division d'honneur, où elle reste jusqu'en 1993, puis en division d'honneur régionale pendant deux ans. Durant cette période, la JSS gagne deux coupes des Hauts-de-Seine et participe à une finale de la Coupe de Paris[160].
En 1973, le maire Robert Pontillon inaugure le stade Salvador-Allende sur le mont Valérien, en hommage à son ami chilien victime d'un coup d'État. En 1983, il est renommé stade Jean-Moulin, à l’occasion du quarantenaire de sa disparition. Un portrait en pointi-sculpture du résistant, réalisé par l'artiste Magguy Crouzet, orne la façade[163]. Il accueille depuis 1975 le Rugby Club de Suresnes, issu de la section rugby des WH[159].
Équipements et clubs actuels
Outre le stade Maurice-Hubert, le stade Jean-Moulin et la piscine des Raguidelles, la ville dispose de nombreux bâtiments destinés au sport, parfois situés à la lisière des communes voisines de Rueil-Malmaison et Nanterre. Elle compte ainsi trois gymnases, deux centres sportifs, deux sites de tennis, quatre boulodromes et un centre équestre[164],[15].
La ville accueille une soixantaine de clubs sportifs, qui comptent 9 300 licenciés, dont[15] :
White Harriers Suresnes (WH Suresnes), club d'athlétisme créé en 1908[165] (omnisports jusqu'en 1976).
Jeunesse sportive de Suresnes (JSS), club de football créé en 1936, jouant en championnat Paris Île-De-France en division « PH, Promotion d'honneur »[160].
Du Moyen Âge jusqu'à sa destruction en 1906, l'église Saint-Leufroy est le principal lieu de culte de Suresnes. En 1908-1909 lui succède l'église du Cœur-Immaculé-de-Marie, érigée un peu plus au nord. D'autres lieux de cultes catholiques voient le jour au cours du siècle, au fur et à mesure de l'urbanisation de la commune.
Depuis janvier 2010, la commune de Suresnes fait partie du doyenné du Mont-Valérien, l'un des neuf doyennés du diocèse de Nanterre[173].
Créée en 1987, l'association Beth Yossef de Suresnes administre une synagogue[177].
Culte musulman
L’association Al Badr assure la célébration du culte musulman dans un local municipal. Le , les conseillers municipaux votent ainsi à une large majorité la signature d'un bail emphytéotique de mise à disposition à cette association d'un local acquis par la municipalité pour la somme de 977 000 €[178]. Il s'agit de la mosquée Salam, qui se trouve 5 rue des Velettes.
Économie
Endettée de 96 050 milliers d'euros en 2012[179] soit 2 067 euros par habitant[180], la commune de Suresnes a une capacité d'autofinancement nette après remboursement d'emprunts de 5,9 millions d'euros[181].
Le budget de Suresnes s'élève à 106,8 millions d'euros pour 2012[182] : 27,3 millions d'euros de dépenses d’investissement et 79,4 millions d'euros de dépenses de fonctionnement.
Revenus de la population et fiscalité
En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 37 603 €, ce qui plaçait Suresnes au 4 059e rang parmi les 31 525 communes de plus de 39 ménages en métropole[183].
Emploi
En 2009, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 30 936 personnes, parmi lesquelles on comptait 80,3 % d'actifs dont 73,3 % ayant un emploi et 7,0 % de chômeurs[a 4]. Au tournant des années 2020, le taux de chômage est l'un des plus bas du département[15].
Au tournant des années 2020, on compte environ 27 000 emplois dans la zone d'emploi, contre 22 737 en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 22 850, l'indicateur de concentration d'emploi est de 123,9 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre un peu plus d'un emploi par habitant actif[a 5],[15].
Du Moyen Âge à l'époque contemporaine, l'activité économique de Suresnes est principalement tournée vers l'exploitation de prés et de vignes sur les coteaux du mont Valérien, dont la réputation participe à la renommée du village. Le pèlerinage sur le calvaire conduit également au développement de structures d'accueil des fidèles de la région (hôtellerie, tavernes, etc.). Au milieu du XIXe siècle, les rives de la Seine voient construire des guinguettes à destination de clients surtout Parisiens, au fur et à mesure que le réseau de transport vers la capitale se densifie (train, tramway, bateaux). Des activités proto-industrielles commencent aussi à se développer (notamment des teinturiers[61]) mais c'est surtout à partir de la fin du siècle et du début du suivant, dans le contexte de la Révolution industrielle, que la vie économique de Suresnes se modifie radicalement. Les industries quittent alors la capitale pour la banlieue, à la recherche d'espace et de voies de communication pour véhiculer le charbon nécessaire à la production (notamment via la Seine), ou naissent in situ au fil des rapides avancées technologiques[150].
Tournée initialement vers les industries pionnières de l'automobile (Darracq, Talbot, Le Zèbre, Latil ou encore Saurer) et de l'aviation (Levavasseur, Nieuport et Blériot Aéronautique) à partir des années 1890-1900, Suresnes voit ensuite s'installer d'autres entreprises comme le fabricant de postes récepteurs La Radiotechnique ou l'usine de biscuits Olibet, qui emploie 400 ouvriers, dont 80 % de femmes. L'arrivée de ces nouvelles activités modifie en profondeur les bords de Seine de la commune, où s'élèvent alors de nombreuses usines. Outre la transformation de la morphologie urbaine, le petit village laissant place à une ville industrielle, la population ouvrière s'accroit fortement, ce qui conduit dans l'entre-deux-guerres le maire Henri Sellier à multiplier la construction de logements sociaux et d'équipements scolaires, médicaux et de loisirs[150],[20].
Reconversions
L'ancienne parfumerie Coty et son extension contemporaine.
L'activité industrielle décroit fortement au milieu du XXe siècle, avant de disparaître, laissant de nombreuses friches se développer jusqu'aux années 1970-1980, avant leur destruction, bientôt remplacées par des bâtiments modernes et des sièges de grandes entreprises ou du tertiaire, notamment le long du quai Gallieni[20].
Dans les années 1980-1990, de nouvelles entreprises s'installent ainsi à Suresnes, sortant la ville d'une période de déclin, notamment Schneider, Laden, Ignis, Cegetex, Saint Gobain Isover, Coriolis, Mexmark, Sony Pictures, Biopharma, le central téléphonique du PMU ou encore des agences de publicité. Aérospatiale y regroupe ses activités de recherche et développement, tandis que la Société européenne de propulsion y crée des moteurs de lanceurs de satellites[150]. En octobre 1988, Suresnes reçoit la Marianne d'Or de l'essor économique[184]
L'usine Coty peut être citée comme un exemple de cette reconversion de l'ancienne industrie suresnoise : en 1909, l'industriel François Coty développe dans son usine des bords de Seine une « Cité des parfums », qui emploie jusqu'à 4 000 personnes sur 500 000 m2[185]. Le parfumeur y conçoit L'Origan, Ambre Antique, Au Cœur des calices, Chypre ou encore Émeraude. Devant le succès rencontré, l'usine est agrandie. Vers 1936, l'architecte Jean Barot construit de nouveaux bâtiments, destinés à la savonnerie, la fabrication des poudres et fards, l'administration, les services sociaux, les magasins et les locaux techniques, la production de parfums se poursuivant dans l'édifice originel. L'entreprise y continue sa production jusque dans les années 1970. Plus tard, le site abrite l'usine de pellicules Agfa-Gevaert.
En 2003, la société Heines entame la rénovation de l'édifice en rajoutant une extension en verre de cinq étages sur le bâtiment original en briques, afin d'accueillir le siège du groupe de communication Havas-Euro RSCG[186],[150], remplacé en 2016 par le groupe Bel[187].
En 1998, la ville initie une charte de qualité Suresnes Qualité Plus (SQ+), désormais gérée par l'association pour la promotion de la qualité du commerce et de l'artisanat suresnois.
XXIe siècle
Entreprise Philips, 41-43 rue de Verdun, l'une des nombreuses entreprises ayant son siège à Suresnes.
En 2019, selon le Répertoire des entreprises et des établissements de l'INSEE, Suresnes compte 4 423 entreprises, allant de 1 à 1 000 salariés. 137 sociétés relèvent du secteur industriel. 7 000 personnes habitent et travaillent à Suresnes et 20 000 salariés d'autres communes viennent quotidiennement y travailler. L'hôpital Foch est le plus gros employeur de la ville, avec 2 300 salariés[150]. En 2021, sur un parc total de 400 000 m2, le taux de vacance est de 8,1 %[188].
Spécialisés notamment dans les domaines du génie logiciel et des systèmes complexes, de la santé, des sciences de la vie et du numérique[15], les principaux pôles d'activités et de recherche présents à Suresnes sont l'hôpital Foch, Philips et Placo. Mais des entreprises y ont également localisé certaines de leurs divisions[Note 7]. Louis Dreyfus Armateurs, Servier (pharmaceutique), Bel (agro-alimentaire), Comme j’aime, Kaefer Wanner (leader français d’isolation thermique), Subsea 7 (infrastructures sous-marines) ou encore Messer France (gaz) y ont aussi leur siège. En 2001, la start-up de logiciels médicaux Voluntis est créée à Suresnes, avant d'entrer en bourse en 2019[150].
Le départ de certaines entreprises de la ville à la suite de fusions ou de regroupements[Note 8] en conduit d'autres à y effectuer des allers-retours, comme Dassault Systèmes qui avait quitté la ville, avant de finalement revenir en 2019 et d'implanter des activités dans le quartier République. Outre ces grands groupes, la commune accueille également des établissements de taille intermédiaire, des PME et des start-up, comme Merito (conseil en gestion), Gwards (sécurité), Whaller, Groupe XXII (intelligence artificielle) ou encore Serious Factory (réalité virtuelle)[150].
Son centre-ville comprend, sur une zone semi-piétonne, plus de 200 commerces, dont de nombreux cafés-restaurants avec terrasse, ainsi que des enseignes nationales dans la galerie commerciale Bagatelle[15]. Au total, Suresnes compte 600 commerces et artisans[15].
Il existe trois associations fédérant les entreprises de Suresnes : SUP Entrepreneurs, Club Protéine Suresnes et Suresnes Business Club[189],[190].
Suresnes dispose de deux marchés : le marché Zola, en plein-air sur la place du Général-Leclerc, dans le centre-ville (mercredis et samedis matin) alors uniquement réservé aux piétons, et le marché Caron-Jaurès, sous une halle couverte, près de la cité-jardin (jeudis et dimanches matin)[191],[15].
Marcel Mouloudji a composé la chanson En passant par Suresnes (« En passant par Suresnes / La belle j'ai rencontré / Démon, ange ou sirène / Elle m'a comme envoûté »…). Il a vécu quinze ans dans la commune. Une école maternelle et élémentaire (10-12 rue de Sèvres) porte depuis son nom en son honneur[204].
La chanson Rue Roger-Salengro (2010) de Juliette fait référence à sa jeunesse passée à Suresnes[205].
Plusieurs peintres ont représenté Suresnes. On peut citer Joseph Le Pan de Ligny (Coteaux de Suresnes, arbres en fleur), Constant Troyon[209], Alfred Sisley (La Seine près de Suresnes, 1879 et Après la débâcle, la Seine au pont de Suresnes, 1880), Gaston de La Touche (Vue de Suresnes, 1886)[210], Georges Pajot (Suresnes vue du Mont Valérien, 1890)[211] ou encore Henri Rousseau (La Seine à Suresnes).
Équipements culturels et associatifs
En 2000 est créé Suresnes Animation, qui gère des activités de loisirs et de lien social dans plusieurs centres dans les différents quartiers de Suresnes[212]. On peut aussi citer le Conseil communal de la jeunesse (CCJ) et Suresnes information jeunesse (SIJ)[15].
Théâtre
Construit en 1938, le théâtre Jean-Vilar (initialement baptisé « centre de loisirs Albert-Thomas ») accueille depuis 1993 le festival international de rencontres entre la danse contemporaine et le hip-hopSuresnes Cités Danse. Cette manifestation a permis à son directeur Olivier Meyer de créer un « pôle de production, diffusion et transmission de la danse hip-hop » appelé Cités danse connexions, et inauguré le [213]. Ce centre accueille trois chorégraphes en résidence par an, des programmes pédagogiques destinés aux danseurs, et une salle de 230 places.
Bibliothèques
La première bibliothèque municipale de Suresnes date de 1863. Il s'agit alors d'une salle de la mairie destinée à développer l'instruction et de la culture des ouvriers suresnois. Après avoir occupé un local rue Melin, elle déménage en 1924 dans l'ancien presbytère, alors situé boulevard de Versailles. En 1974, trois bibliothèques de quartiers s'y ajoutent, ainsi qu'un biblio-club destiné aux enfants et un bibliobus. Le bâtiment principal est transféré dans la cité de l'Europe en 1979 puis, en 1997, provisoirement déplacé rue des Carrières, afin de permettre la construction à sa place de l'actuelle médiathèque de Suresnes, qui ouvre en 2000[214].
De nos jours, Suresnes administre deux bibliothèques : la médiathèque principale, dans le quartier centre-ville (5 rue Ledru-Rollin), qui propose 130 000 documents sur 2 000 m2, et la bibliothèque des Sorbiers dans le quartier cité-jardin (5 allée des Platanes). Cette dernière ferme en 2019, remplacée par la médiathèque de la Poterie (10 allée Jean-Baptiste-Lully), qui ouvre dans le même quartier début 2020[214].
Par ailleurs, chaque établissement scolaire dispose d'une bibliothèque-centre documentaire, progressivement installées à partir de 1988[214].
École d’arts plastiques
L’école d’arts plastiques enseigne neuf disciplines : peinture, aquarelle, arts graphiques, vidéo, photographie, sculpture, céramique, dessin et histoire de l'art (« La passerelle des arts », avenue du Général-de-Gaulle, quartier centre-ville).
Cinéma et musique
Le studio Guillaume Tell, premier cinéma de Suresnes (sous le nom Le Capitole), devenu un studio d'enregistrement.
En 1920, la construction d'un cinéma est autorisée, 20 avenue de la Belle-Gabrielle. Nommé Le Capitole, il compte 900 places. Il ferme en 1985 et est remplacé l'année suivante par le studio Guillaume Tell, destiné à l'enregistrement musical. En 1999, un nouveau cinéma Le Capitole ouvre 3 rue Ledru-Rollin. Classé « art et essai « et labellisé « jeune public », il dispose de quatre salles[215] (644 places), proposant des rencontres avec des réalisateurs ou des comédiens plusieurs fois par an[216].
Si Le Capitole était le premier cinéma de la ville, il y eut par la suite jusqu'à six autres cinémas à Suresnes, la plupart disparaissant dans les années 1950 ou 1960 : le cinéma municipal de la salle des fêtes (place de la mairie) à partir de 1920, celui de la guinguetteLe Moulin-Rose (boulevard de Versailles, actuel boulevard Henri-Sellier), Le Kursaal du Val d'Or (1, rue Carnot), le Magic Ciné (22, avenue de Verdun), le Novelty, anciennement Kursaal jusqu'en 1938 (38, avenue Jean-Jaurès) et Le Suresnes, dans l'actuel théâtre Jean-Vilar[216].
Le conservatoire de musique, de danse et d'art dramatique de Suresnes est reconnu « à rayonnement communal » par le ministère de la Culture. Disposant d'une équipe pédagogique des trente-deux professeurs, il accueille huit cents élèves. Créé en 1971, il est d'abord installé dans l'école Jules-Ferry, puis au « château de la Grève » de la rue Merlin-de-Thionville, puis au théâtre Jean-Vilar, avant de prendre ses quartiers en 2007 dans un nouveau bâtiment construit à la place de l'ancien centre commercial du Quadrant, 1 place du Puits-d'Amour, dans le quartier Centre-ville. Il est successivement dirigé par : le saxophoniste Georges Gourdet (1971-1992) ; Bruno Rossignol (1992-1997) ; Bruno Garlej (1997-2021) ; la pianiste et danseuse Rosine Dupuy (à partir de 2021)[217],[218].
La ville de Suresnes a accueilli la Maîtrise des Hauts-de-Seine (dont le chœur d'enfants de l'Opéra de Paris). Créée en 1985 par le conseil général, elle siégeait dans les bâtiments du collège Henri-Sellier et comptait 470 enfants chanteurs âgés de 7 à 16 ans. En 2017, la Maîtrise déménage sur l'île Seguin (à Boulogne-Billancourt), intégrant les locaux de La Seine musicale.
Présentant l'évolution de la ville, il est tout particulièrement axé sur l'urbanisme social des années 1920 et 1930. À travers sept séquences, les visiteurs découvrent ainsi le passé religieux et militaire du mont Valérien, l'histoire agricole et viticole de la ville puis le passé industriel avec ses entreprises de blanchisserie, biscuiterie, parfumerie, aéronautique, automobile et d'électroménager (Olibet, Coty, Worth, Darracq, Blériot, ou bien encore La Radiotechnique, devenue Philips).
Au premier étage, la personnalité d'Henri Sellier (maire de Suresnes de 1919 à 1941) est évoquée grâce à des dons de sa famille, ainsi que ses projets urbains (la cité-jardins en particulier) et ses projets sociaux (École de plein air, groupes scolaires, etc.) des années 1920-1930.
La muséographie est moderne et interactive, avec de nombreux multimédia pour tous les publics. Le projet architectural a été confié aux architectes « Encore Heureux ». Il s'appuie sur l'ancienne gare Suresnes - Longchamp, réhabilitée et dotée d'une extension moderne, permettant d'accueillir les espaces d'exposition temporaire, l'atelier, le centre de documentation.
Il est le point de départ d'un parcours dans la ville ponctué par 21 mâts, qui présentent les édifices majeurs de son histoire contemporaine.
Suresnes organise chaque année en septembre une exposition de voitures anciennes sur la terrasse du Fécheray, en hommage à l'histoire industrielle de la commune, où plusieurs usines automobiles étaient installées. En 2019 a lieu la huitième édition ; environ 200 véhicules sont présentés[221].
Spécialités gastronomiques
Les sarments (chocolats).
Les flâneries suresnoises.
Les gigolettes de lapin à la suresnoise.
Vin de Suresnes
Situées sur les pentes du mont Valérien, 4 rue du Pas-Saint-Maurice, et offrant une vue panoramique sur Paris, les vignes de Suresnes comptent environ 5 000 pieds, pour une production annuelle de 4 000-5 000 bouteilles par an[222], vendues sur les marchés, à l’office du tourisme et sur Internet. Au milieu du site se trouve la cave, un bâtiment moderne conçu d’après les plans de l’œnologue Jacques Puisais. Le critique gastronomique Périco Légasse est responsable de la vinification[223]. Les caves des vignerons se visitent sur rendez-vous[224].
Vignes municipales de Suresnes, au Pas-Saint-Maurice.
Histoire
Suresnes s'enorgueillit d'être la seule commune d'Île-de-France « à faire du vin dans les règles de l’art ». Depuis 1983, il existe même un adjoint au maire qui compte les « vignes » parmi ses délégations. Pour promouvoir cette activité, la municipalité s’appuie sur l’histoire, rappelant notamment qu’à la fin de l'Empire romain, l’autorisation de planter des vignes accordée aux habitants de Lutèce s'était accompagnée de l’arrivée de légionnaires, avec des pieds de vigne dans leurs bagages, donnant naissance au vignoble francilien. Au XIIe siècle, les moines de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés favorisèrent la culture de la vigne sur le mont Valérien, en raison de ses pentes, constamment ensoleillées, et de sa terre de bonne qualité[225]. Sous l'Ancien régime, le vin de Suresnes était prisé des rois de France et fut même recommandé à ses patients par un chirurgien de l'Hôtel-Dieu[223], qui fit planter des vignes à Suresnes pour fournir son hôpital. À partir du XVe siècle, les cuvées de Suresnes portaient le nom « Clos des Seigneurs » et « Les trois arpents » ; il s'agissait surtout de vin blanc (chardonnay et meslier), plus à même de passer les rudes hivers de la région, et quelques plants de rouge (pinot noir), moins prisé[225]. Bien plus tard, en 1799, Joséphine Bonaparte vint à Suresnes prendre un bain de raisins en fermentation pour soigner des rhumatismes, selon une thérapie prescrite par son médecin Jean-Joseph Sue[226].
Le vin de Suresnes a été célébré par des artistes, par exemple Guillaume Colletet en 1629, qui écrit un poème intitulé Le trébuchement de l'ivrogne, dont voici un extrait : « Par le pied du vieux Silène / Bref, par tous les appâts de ce vin de Surène… »[227]. On peut également citer l’épître de l'abbé de Chaulieu sur le marquis de La Fare : « Et l'on m'écrit de Surène / au cabaret l'on a vu / La Fare et le bon Silène / qui, pour en avoir trop bu, / retrouvoient la porte à peine / du lieu qu'ils ont tant connu »[228]. Florent Carton dit Dancourt compose aussi Les Vendanges de Suresnes (1695)[229], pièce jouée au Théâtre-Français[225].
Le Grand hiver de 1709 détruisit la vigne, qu'il fallut donc replanter. Le rouge ayant supplanté le blanc dans les goûts de l'époque, les vignerons cultivèrent désormais du gamay. Si le vignoble s'agrandit, passant de 80 à 178 hectares en un siècle, et la production se fit plus abondante, la qualité du vin de Suresnes régressa, notamment au XIXe siècle, même s'il restait apprécié des ouvriers, qui venaient boire un « p'tit bleu de Suresnes » dans les guinguettes qui bordaient désormais la Seine[225].
De même que le vignoble francilien, la vigne suresnoise disparut au tournant du XXe siècle, avec le développement des activités industrielles (aviation, automobile), de l’urbanisation qui en a découlé (logement), de l'épidémie de phylloxéra et des progrès de transport, permettant d’acheminer plus facilement le vin produit dans d’autres régions de France. Alors qu'en 1860 Suresnes produisait 6 220 hectolitres, la récolte s'élève à seulement 33 hectolitres en 1913[225].
Renaissance du vin de Suresnes
L'action de la municipalité au XXe siècle tente cependant de perpétuer le souvenir de la vigne suresnoise[223]. En 1965, alors que la production de vin avait presque disparu, l'adjoint au maire et petit-fils de maître de chais bordelais Étienne Lafourcade[230] fait planter des cépages blancs (85 % de chardonnay et 15 % de sauvignon) sur 70 ares, au Pas Saint-Maurice, le long du boulevard du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny. Ce terrain argilo-calcaire avait été acheté en 1926 par le maire Henri Sellier, qui avait constaté les conséquences de l'urbanisation galopante et déjà fait planter quelques ceps, mais qui étaient tombés à l'abandon, faute de soins suffisants. À partir de 1983, la plantation et la vinification sont professionnalisées, le domaine passant à un hectare[231]. La vigne de Suresnes est classée site protégé. Suresnes est l'une des rares villes d'Île-de-France à encore posséder un vignoble et à produire du vin[222]. Il s'agit même de nos jours du seul vin commercialisé dans la région[232]. En 1984 est créée la Confrérie du Taste-Vin de Suresnes, par l'association du Clos du Pas Saint-Maurice, qui veille à entretenir et sauvegarder cet héritage. Deux fois dans l'année, le jour de la Saint-Vincent (patron des vignerons) le 22 janvier et lors de la fête des Vendanges le premier dimanche d'octobre, ont lieu des cérémonies d'intronisation de nouveaux membres, parmi lesquels on compte de nombreuses personnalités[233]. Début 2020, le vin de Suresnes fait l'objet d'une indication géographique protégée (IGP)[234]. L'histoire viticole étant inséparable de celle de la commune, de la vigne figure sur le blason de Suresnes[225].
François Coty (né Spoturno) (1874-1934), parfumeur et industriel français, fondateur de l'entreprise de parfums Coty, aujourd'hui multinationale, considéré comme le père fondateur de l'industrie moderne de la parfumerie. Il installe sur une partie des terrains du château de la Source, son usine, la « Cité des parfums ».
Henri Sellier (1883-1943), homme politique, ministre de la santé et maire de Suresnes (1919-1941), président de l'Office public d'habitations à bon marché de la Seine (OPHBM), promoteur de la construction de logements sociaux intégrant notamment hygiène et espaces verts.
Elles peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui :
D'azur à la croix de gueules chargée en cœur d'un écusson octagonal d'argent au liseré d'or surchargé des lettres S et L entrelacées de sable, et cantonnée de quatre fleurs de lis d'or.
« Nul ne sort de Surenne, qui souvent n'y revienne », devise de Suresnes inscrite sur une façade du lycée Paul-Langevin.
Le « S » et le « L » entrelacés renvoient à saint Leufroy, patron de la ville qui donna son nom à l'ancienne église Saint-Leufroy (détruite en 1906).
La devise de Suresnes est : « Nul ne sort de Surenne, qui souvent n'y revienne ».
Une grande partie de la bibliographie historique disponible concernant la commune de Suresnes a été rédigée et éditée par la Société historique de Suresnes, fondée en 1926[lire en ligne]
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↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Paris comprend une ville-centre et 406 communes de banlieue.
↑Situé au croisement de la rue de la Liberté et de la rue Huche, il remplace la halle du marché Marcel-Legras, incendiée en 2005[127]. En 2009 est inauguré à la place le square des Bels-Ébats, doté d'un kiosque à musique, d'espaces de jeux pour enfants et d'une salle polyvalente.
↑Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations de référence postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population de référence publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
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