Aphantasie

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L'aphantasie est un trouble, congénital, qui peut se manifester à différents degrés, allant d'une forte difficulté à se représenter mentalement des détails ou des couleurs, des odeurs ou sons jusqu'à l'absence totale de capacité de représentation sensorielle mentale.

L'aphantasie est un trouble neurologique qui empêche certaines personnes de créer volontairement des images dans leur esprit — comme visualiser un visage, un paysage ou une scène. Cette particularité a été décrite par le psychologue anglais Francis Galton dans les années 1880, et récemment qualifié d'« affection du spectre de l'imagerie mentale ».

Elle est caractérisée par l'absence (ou une forte réduction) de capacité du cerveau à volontairement produire une représentation sensorielle. On cite souvent l'absence d'image mentale qui est typique, mais la moitié des personnes atteintes décrivent une impossibilité de créer des images ou sensation (en étant éveillé) dans toutes les modalités de la sensorialité (pas uniquement concernant les images visuelles). Curieusement, la majorité des aphantasiques sont néanmoins capables de rêver visuellement (avec des images). Cette neuroatypie est au moins en grande partie d'origine génétique.

Elle peut rendre les souvenirs personnels (autobiographiques) moins vivants, moins détaillés et moins intenses sur le plan du ressenti ; et elle est souvent associée à une difficulté à reconnaître les visages et à l'autisme. La capacité à créer des images mentales joue un rôle central dans la pensée, la mémoire et la créativité chez la majorité des individus, mais l'aphantasie ne semble généralement pas constituer un handicap fonctionnel dans la vie quotidienne, ce qui montre que le cerveau dispose d'alternatives pour ces fonctions.

Dans le champ de la neurodiversité et de l'étude de la conscience, depuis les années 2010, l'imagerie mentale, et plus largement le domaine de la « simulation mentale » (la capacité à modéliser intérieurement des événements sensoriels, conceptuels ou futurs), font l'objet de nombreuses études. Un nombre croissant de chercheurs proposent d'« éviter les termes basés sur le déficit, tels que « aphantasie » » et de plutôt parler de neurodiversité[1],[2].

Étymologie, vocabulaire

Le mot aphantasie vient du grec ancien : a- : préfixe privatif, qui signifie « sans » ; et phantasia (φαντασία) : qui signifie « image », « apparition » ou « imagination ».

L'aphantasie est le contraire de l'hyperphantasie (capacité à produire une imagerie mentale très vive et précise, avec de probables sous-types d'imagerie extrême, mais qui ne sont pas encore bien définis)[3]. Les premiers résultats suggèrent que des altérations de la connectivité entre les réseaux fronto-pariétal et visuel pourraient fournir le substrat neuronal des imageries visuelles extrêmes.). Ces deux différences interindividuelles semblent plus répandues dans l'expérience humaine qu'on ne le pensait. Longtemps méconnue ou négligées, elles suscitent, depuis les années 2010/2020, un intérêt croissant en neurosciences cognitives, en psychologie et en philosophie de l'esprit, dont pour ce qu'elle révèle sur la diversité des expériences mentales et sur les fondements de la conscience visuelle.

La prophantasie est la « capacité à projeter mentalement des images dans l'environnement externe »[4].

Histoire et éléments de définition

Des auteurs, comme Ágnes Welker et ses collègues en 2025, proposent d'éviter les termes suggérant un déficit, tels que « aphantasie », et plaident pour une perspective neuroaffirmative de la « diversité des simulations mentales »[1].

Cette entité neurologique reconnue[5], aussi qualifiée d'« affection du spectre de l'imagerie mentale »[6],[7], a été décrit pour la première fois par Francis Galton en 1880[8],[9], puis il est resté largement non étudié jusque dans les années 2010[10], notamment car le taux de de personnes connues comme étant touchées semble assez faible[11].

En 2015, l'intérêt pour ce phénomène (parfois improprement confondu avec une vie sans imagination)[12] s'est renouvelé après la publication, en 2015, d'une étude menée par une équipe dirigée par le professeur et neurologue Adam Zeman, qui étudie notamment les bases neuronales de l'expérience à l'Université d'Exeter, qui lui a donné le nom d'aphantasia, du grec phantasia (défini comme un état d'imagerie volontaire réduite ou absente), qui rapelle que tous les humains n'ont pas d'images visuelles volontaire, par exemple en lisant un livre, en écoutant une histoire, ou en pensant à des proches ou sous l'effet d'un son ou encore d'une musique ou d'une odeur évocatrices d'un souvenirs.

En janvier 2015, avec le financement issu d'un prix de l'innovation du Conseil de recherches en arts et en sciences humaines (AHRC), A. Zeman a lancé un projet pluridisciplinaire de recherche baptisé « The Eye's Mind : a study of the neural basis of visual imagination and its role in culture » (« L'esprit de l'œil : une étude des bases neuronales de l'imagination visuelle et de son rôle dans la culture »), conduit avec une philosophe (Fiona Macpherso, de l'Université de Glasgow), un neuroscientifique (Crawford Winlove de l'Université d'Exeter), un historien de l'art (John Onians), une artiste (Susan Aldworth) et un postdoctorant (Matthew MacKisack) visant à étudier les capacités variées des humains à imaginer et visualiser mentalement plus ou moins distinctement, en lien avec l'expérience[13]. Le projet comprend trois parties : une méta-analyse des études disponibles sur l'imagerie mentale ; une revue des théories historiques de l'imagination visuelle ; et une enquête sur les extrêmes du spectre de vivacité mentale — de l'aphantasie (absence d'image mentale) à l'hyperphantasie (imagerie ultra-vivide). En 2017, un financement complémentaire a permis l'organisation d'un colloque et d'une exposition artistique réunissant des créateurs aphantasiques et hyperphantasiques. Entre 2015 et 2020, le projet a produit de nombreuses publications scientifiques, conférences et événements culturels, dont l'exposition itinérante « Extreme Imagination – Inside the Mind's Eye ». L'équipe poursuit ses recherches et cherche à mieux comprendre les variations individuelles de l'imagination humaine.

D'autres études ont suivi, montrant notamment (en 2021) que la plupart des personnes atteintes d'aphantasie sont en quelque sorte intérieurement aveugles[14] lorsqu'elles sont éveillées, mais "voient" néanmoins des images mentales lorsqu'elles rêvent[15],[16]. A l'opposé de ce spectre, on trouve les individus dits hyperphantasiques (qui ont des images mentales au contraire, très précises et détaillées).

Certains auteurs pensent que l'aphantasie peut aussi altérer l'imagerie mentale involontaire (rêve, mais aussi image rémanente qui selon une étude récente a une intensité significativement réduite chez les personnes aphantasiques comparées aux témoins), et que les recherches actuelles distinguent souvent mal l'imagerie volontaire et involontaire. Prouver que l'imagerie involontaires est préservée chez tout ou partie des aphantasiques se heurte à des limites méthodologiques et conceptuelles[17] ; l'imagerie involontaire n'étant pas un bloc homogène, il faudrait examiner chaque type d'imagerie involontaire séparément ; et en l'absence de preuve de préservation de ces formes d'imagerie, ces auteurs proposent une redéfinition de l'aphantasie comme un déficit global de la génération d'images mentales (qu'elles soient volontaires ou non)[17].

Cette particularité renvoie à la notion d'imagerie visuelle interne (mentale). Selon Margherita Arcangeli (chercheuse à l'Institut Jean Nicod/CNRS-EHESS-ENS/PSL, travaillant sur l'imagerie mentale), l'aphantasie dit quelque chose de la nature et du rôle de nos capacités imaginatives ; et si l'on admet que la notion d'imagerie mentale (ce qui se produit quand nous nous représentons des objets sensoriellement sans stimulation directe des sens)[18] peut avoir deux sens : celui d'un contenu mental (imagerie mentale stricto sensu), mais aussi celui d'une attitude psychologique (imagination sensorielle en l'occurrence), il pourrait y avoir trois variante possibles de l'aphantasie :

  1. « une altération de l'imagerie mentale uniquement » ;
  2. « une altération de l'imagination sensorielle uniquement » ;
  3. « une altération à la fois de l'imagerie mentale et de l'imagination sensorielle ».

Selon elle, des moyens empiriques permettent de savoir dans quelle catégorie situer une personne aphantasique, mais elle relèverait le plus souvent de la seconde variante (trouble de l'imagination sensorielle uniquement), sachant que l'imagination sensorielle n'est qu'une partie de nos capacités d'imagination ; on ne peut pas en déduire que les aphantasiques sont dépourvus d'imagination. Leur lacune d'imagination sensorielle est sans doute compensée par d'autres formes d'imagination, comme le montrent les aphantasiques artistes ou créateurs[18].

L'aphantasie et son contraire (hyperphantasie, qui est la capacité à produire une imagerie mentale vive et très précise) s'avèrent plus fréquentes qu'on le pensait dans l'expérience humaine. Longtemps méconnues ou négligées, ces deux conditions suscitent, depuis les années 2010/2020, un intérêt croissant de la part des neurosciences cognitives, de la psychologie et de la philosophie de l'esprit, dont pour ce qu'elle révèle sur la diversité des expériences mentales et sur les fondements de la conscience visuelle[19]. L'hyperphantasie semble parfois associé à la Synesthésie et/ou à certaines formes de l'autisme[20].

Prévalence

Elle a longtemps été inconnue et très sous-estimée, jusqu'à ce que, en 2015, une étude sur l'aphantasie, puis une exposition d'artistes aphantasiques suscitent un fort intérêt médiatique dans le monde anglo-saxon, et au-delà. Cette médiatisation a elle-même engendré une mobilisation citoyenne, avec une remontée de plus de 14 000 témoignages d'expériences d'imagerie mentale absente ou au contraire hyperréaliste/[16]. Ce corpus spontanément créé a montré qu'un pourcentage plus important qu'attendu de la population était concerné[16]. Il a aussi permis aux scientifiques de produire des statistiques plus solides, dont sur les liens entre vivacité de l'imagerie et genre, mémoire autobiographique, transmission familiale ou métiers (confirmant une tendance vers les sciences chez les aphantasiques).

De premières estimations ont quantifié le nombre de personnes congénitalement touchées à environ 2 à 3 % de la population mondiale, selon Bill Faw (2009)[21] et Zeman et al. (2015)[22],[16].

Selon un questionnaire rempli par environ 2 000 participants auto-évalués atteints d'aphantasie et 200 participants atteints d'hyperphantasie, l'aphantasie semble plutôt associée à des professions scientifiques et mathématiques[23]. À l'inverse, les individus atteints d'aphantasie déclaraient une auto-efficacité plus faible dans les domaines artistiques[24], alors que l'hyperphantasie est associée à des professions « créatives »[16].

En 2024, Zeman estime, sur des bases scientifiques, qu'« environ 1 % et 3 % de la population souffrent respectivement d'aphantasie et d'hyperphantasie extrêmes »[3], un résultat très différent de celui obtenu quand on demande aux individus d'eux-mêmes estimer la prévalence de l'aphantasie et/ou de l'hyperphantasie dans la population générale[25]. Olesya Blazhenkova et al. (2025) ont ainsi découvert qu'après avoir répondu à des questionnaires sur leurs aptitudes verbales et visuelles, et qu'ils aient renseigné leur sensibilité sensorielle, les individus interrogés donnent des estimations de prévalence allant de 27 à 32 % pour l'aphantasie et de 37 à 53 % pour l'hyperphantasie ; les auteurs se sont intéressés à l'influence des compétences cognitives des personnes sur leurs estimations ; ils concluent que celles qui ont une forte imagerie d'objet estiment que l'hyperphantasie est plus répandue, alors qu'aucune corrélation n'a été observée avec les compétences spatiales ou verbales ; les perceptions individuelles influenceraient donc les croyances sur la diversité cognitive visuo-spatiale dans la population[25].

Mécanismes et corrélats neuronaux

L'aphantasie est le manque ou l'absence d'imagerie visuelle (forme d'imagination sensorielle créant des expériences assez similaires à la perception, mais sans stimulus extérieur). Pour confirmer les hypothèses explicative (d'abord basées sur des éléments subjectifs), il était nécessaire d'identifier les régions du cerveau impliquées, ce à quoi plusieurs dizaines d'études ont été consacrées[26].

Une méta-analyse récente a utilisé l'algorithme d'estimation de probabilité d'activation (ALE, utilisé pour les méta-analyses en neuroimagerie basées sur les coordonnées) pour 40 études de neuro-imagerie, portant sur 464 participants. C'est la première fois que cet algorithme est associé à la parcellisation neuroanatomique fine proposée par Glasser et al. (2016), considérée comme l'atlas anatomique humain le plus détaillé alors disponible. Les auteurs ont relié les coordonnées d'activation des 40 études à la cartographie de 180 régions anatomiques du cerveau. Elle a trouvé plusieurs activations cérébrales significativement liées à l'aphantasie :

  • Le lobule pariétal supérieur — surtout dans l'hémisphère gauche — a montré une forte activation, confirmant son rôle de contrôle "descendant" (top-down) dans l'imagerie mentale ;
  • Des activations ont aussi été observées dans les aires prémotrices inférieures et le sillon frontal inférieur, en lien avec la composante sémantique des tâches d'imagerie
  • Plusieurs régions impliquées dans le mouvement oculaire (dont les champs oculaires supplémentaires et cingulaires dits SCEFs, et les champs oculaires frontaux dits FEFs), étaient activées ; suggérant ou confirmant que l'imagerie mentale mobilise des processus liés à l'action ;
  • La zone V1 du cortex visuel primaire a été activée même les yeux fermés (soutenant les théories selon lesquelles l'imagerie visuelle utilise les mêmes circuits neuronaux que la perception réelle) ;
  • l'activation du lobe temporal s'est limitée à la zone PH et à des régions du gyrus fusiforme proches de la zone dédiée à la reconnaissance faciale.

Effets

Les effets scientifiquement évoqués puis mis en évidence par Milton & al (2021) sont les suivants[27] :

  • Effets sur certaines composantes de l'imagination : les hyperphantasiques obtenant de meilleurs scores que le groupe de contrôle, lui-même supérieur aux aphantasiques[27]. L'imagerie mentale est supposée jouer un rôle important pour la mémorisation, dans la rêverie et la créativité[16],[28].
  • Effets sur la mémoire : malgré des performances similaires aux tests de mémoire standard par rapport aux personnes neurotypiques (population témoin), des différences notables avec la population générale existent pour la mémoire autobiographique[28]. Des recherches récentes ont permis de mieux cerner ces spécificités. Elles ont montré que les individus aphantasiques ont aussi généralement une moindre représentation mentale d'autres modalités sensorielles (diminution cependant ni systématique ni totale). Ces personnes rapportent des souvenirs autobiographiques (et des projections vers le futur) qui sont moins riches sur le plan phénoménologique ; ceci laisse penser que l'imagerie visuelle joue un rôle constructif dans la représentation mentale des événements épisodiques. Leurs rêves sont moins fréquents et moins détaillés que ceux des individus dotés d'une imagerie mentale[28].

En revanche, leurs capacités de mentalisation spatiale semblent préservées[28]. On pourrait espérer qu'en affectant la mémoire, l'aphantasie pourrait protéger du stress post-traumatique, mais ce n'est pas le cas[28]. « Des études portant sur des populations saines et cliniques ont établi un lien entre la vivacité, la richesse et la fluidité de la mémoire autobiographique et la vivacité de l'imagerie (D'Argembeau et Van der Linden, 2006, Greenberg et Knowlton, 2014, Rubin et Greenberg, 1998, Vannucci et al., 2016) »[16]. Une étude récente (2021) sur les performances de personnes aphantasiques dans des tâches de mémoire de travail visuelle a montré que les aphantasiques ont des stratégies cognitives différentes, mais des scores comparables pour la mémorisation de formes, d'orientations ou de positions spatiales, cependant, certains effets perceptifs typiques (ex : effet d'orientation oblique) leur échappent, suggérant qu'ils mobilisent des circuits cognitifs alternatifs, notamment des stratégies verbales ou symboliques. Ceci remet en question les modèles classiques de l'imagerie mentale (fondés sur la réactivation perceptive) et le rôle central traditionnellement attribué à l'imagerie mentale dans la mémoire visuelle, et confirme la diversité et la plasticité des mécanismes cognitifs[19].

  • difficultés rapportées pour la reconnaissance des visages — avec d'autres traits communément associés au TSA (trouble du spectre de l'autisme).
  • Personnalité : Les aphantasiques sont généralement moins extravertis (alors que les hyperphantasiques le sont plutôt plus que la moyenne)[27];
  • activité cérébrale : L'IRMf montre une moindre connectivité entre les cortex préfrontaux et le réseau visuel chez les aphantasiques (et au contraire plus développée chez les hyperphantasiques)[27] ; et lors de tâches de visualisation, les aphantasiques montrent moins d'activation du cortex pariétal antérieur que le groupe de contrôle et les aphantasiques[27].

Aphantasie et rêves

Le rêve (hormis de rares cas particulier de rêve éveillé, etc.) est réputé être un processus involontaire. Et l'aphantasie est généralement définie comme l'incapacité à générer volontairement des images mentales. Elle n'affecte cependant que rarement toutes les formes d'imagerie involontaire. Cette affirmation repose sur le constat que de nombreuses personnes aphantasiques rapportent avoir des rêves visuels, bien qu'elles ne s'estiment pas capable de visualisation consciente (ou inconsciente) par ailleurs.

Un premier indice scientifique est venu d'une étude préliminaire sur 21 personnes se décrivant comme ayant une faible imagerie volontaire : dans ce groupe, 17 personnes aphantasiques ont dit néanmoins faire l'expérience de rêves visuels. Ensuite, une enquête plus large, menée par Zeman et al. (2020) auprès de 2 000 individus aphantasiques a confirmé cette tendance (avec 63,4 % d'entre eux rapportant des images mentales dans leurs rêves).

Cette dissociation entre imagerie volontaire et involontaire présente chez une grande majorité des aphantasiques est notamment soulignée par Dijkstra et al. (2019), qui évoquent une distinction entre la simulation automatique inconsciente, telle que celle impliquée dans le rêve, et la simulation délibérée et consciente propre à l'imagerie volontaire (p. 430). En 2021, Whiteley a renforcé cette idée en parlant d'une dissociation neurophysiologique marquée entre les deux formes d'imagerie mentale, la capacité volontaire étant absente chez la majorité des sujets aphantasiques (p. 2113). Enfin, Milton et al. (2021) considèrent que la présence d'imagerie dans les rêves chez les aphantasiques indique qu'ils peuvent expérimenter des images mentales lorsque l'exigence de génération volontaire est levée (p. 11).

Ces observations contribuent à redéfinir les contours de l'imagerie mentale et à mieux comprendre la diversité des expériences cognitives.

Aphantasie et créativité

La question de l'aphantasie et de la création artistique a suscité des initiatives dans le monde de l'art. En particulier, des collectifs internationaux comme l'Aphantasia Network (et l'Aphantasia Club en France) se sont constitués pour rassembler et exposer les œuvres d'artistes qui vivent avec cette condition. En 2019, une exposition a été organisée par l'artiste Susan Aldworth (et partiellement archivée sur le site de l'université de Glasgow), en collaboration avec des chercheurs des universités d'Exeter et de Glasgow, Adam Zeman, Matthew MacKisack et Fiona Macpherson[29].

Selon les recherches de Paolo Bartolomeo, l'aphantasie est un léger défaut de la conscience phénoménale, mais qui ne prive pas d'un accès mental aux informations visuelles (couleurs, formes) mais le cerveau ne les traduit pas en images mentales visuelle. La créativité, y compris artistique reste possible et la personne peut compenser son « handicap » via d'autres stratégies cognitives, comme des listes mentales de caractéristiques, ce qui leur permet de se souvenir et de créer. Il cite à titre d'exemples Ed Catmull (qui fut président de Pixar) et qui a pu superviser la création et les effets spéciaux de Toy Story (ou d'autres films), Glen Keane qui a, lui, été animateur de la Petite sirène de Disney ou encore Susan Baquie, plasticienne auteure de collages et peintures nébuleux expliquant : « C'est une représentation figurative qui émerge, née de l'action de fabriquer. »; sans jamais visualiser mentalement les scènes ou personnages. Tous travaillent sans images mentales visuelles internes[30].

Recherche scientifique

Dans un premier temps, les recherches sur l'aphantasie se sont surtout concentrées sur divers aspects de ses effets cognitifs[11]. Plusieurs études ont évalué ses conséquences sur la mémoire, qu'elle soit verbale, visuelle, à court ou à long terme, ainsi que sur la recherche visuelle. D'autres travaux ont spécifiquement examiné l'impact de l'aphantasie sur la reconnaissance des visages, en tenant compte de la complexité de la tâche et des interférences verbales. Les fondements neuroscientifiques des déficits de la mémoire autobiographique ont été analysés, tout comme l'influence de cette condition sur les processus empathiques. Enfin, d'autres études ont cherché à mieux classer l'aphantasie, en évaluant son statut médical, ses répercussions sur la vie quotidienne et ses implications possibles sur d'autres formes d'imagerie que la vision. La recherche (en neuroscience notamment) porte en particulier sur les mécanismes neurochimiques de l'imagerie mentale, sur les effets de leur altération et pourrait déboucher sur des « thérapies » nouvelles pour les aphantasiques[11].

Un premier frein à la Recherche était que, l'imagerie mentale étant un phénomène hautement subjectif, et les personnes aphantasiques étant — comme tout le monde — soumises à l'un des biais les plus communs « tout le monde pense comme moi » (Brons, 2019)[31], elles peuvent ne jamais comprendre qu'elles sont à ce point différentes de la moyenne. Ceci a rendu l'aphantasie difficile à détecter puis à quantifier, en rendant donc également difficile la constitution de larges panels d'études. Des tests d'auto-évaluation ont été mis au point dans les années 1960-1970, tels que le « Vividness of Visual Imagery Questionnaire » (VVIQ, Marks, 1973)[32] et le « Questionnaire On Mental Imagery » (QMI, Sheehan, 1967)[33]. Les premiers échantillonnages en grand nombre n'ont pu être faits que récemment (ex. : par Dawes et al. en 2020[28] ; Zeman et al. en 2015[34]). L'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), éventuellement associée à des questionnaires (ex. : « Visualisez le soleil s'élevant au-dessus d'une chaîne rocheuse en un ciel clair. À quel point votre image mentale est-elle vivante sur une échelle de 1 à 5, où 1 s'apparente à une photo, et 5 est un concept sans image ? »)[35], a aussi permis de mettre en évidence, et quantifier certaines différences individuelles dans la vivacité de l'imagerie mentale (même en l'absence de rapport subjectif)[35].
De premières différences de comportement ont alors pu être scientifiquement mises en évidence.

Dans un premier temps, faute de mieux, ce sont des dispositifs d'auto-évaluations qui ont été les plus utilisées pour évaluer l'imagerie intérieure, mais on sait qu'elles sont subjectives et sujettes à des biais[1]. Des méthodes plus objectives ont été développées en complément :

  • l'imagerie cérébrale (résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) principalement, avec aussi l'Électroencéphalographie (EEG) utilisée pour détecter les réponses neuronales à des stimuli visuels ou narratifs censés évoquer des images mentales, montrant chez les aphantasiques, certaines réponses émotionnelles et perceptives atténuées et suggèrant une dissociation entre les circuits sensoriels et les processus cognitifs impliqués dans l'imagerie)
  • la Magnétoencéphalographie (MEG) qui semble prometteuse car à résolution temporelle très fine) ;
  • une méthode dite d'« amorçage de l'imagerie en rivalité binoculaire », qui a servi à étudier l'influence de l'imagerie mentale sur la perception, mais avec résultats également ambigus[1]. Elle permet théoriquement d'évaluer la force de l'imagerie mentale en observant si une image imaginée peut influencer la perception visuelle réelle. Les personnes aphantasiques ne présentent généralement pas l'effet de priming observé chez les témoins, ce qui indique une absence de représentation sensorielle suffisamment forte pour moduler la perception.
    En 2025, une nouvelle version de cette méthode « sans rapport de la tâche » a été proposée, basée sur « une évaluation du nystagmus optocinétique par suivi oculaire, souvent couplé à l'IRMf et visant à fournir une mesure plus fiable des changements perceptifs », qui introduit aussi un « concept d'amorçage conceptuel, qui ne repose pas sur l'imagerie sensorielle mais fait appel à des représentations abstraites »[1]. Selon le groupe de chercheurs hongrois qui la propose ; lors de l'amorçage de l'imagerie visuelle, la modulation perceptive est « corrélée à la vivacité auto-déclarée, et les participants présentant une faible vivacité n'ont pas montré d'effets modulateurs. Cependant, lors de l'amorçage conceptuel, des effets ont été observés sur l'ensemble du spectre de vivacité, démontrant que les représentations conceptuelles, tant concrètes qu'abstraites, peuvent influencer la perception. Ces résultats remettent en question les interprétations purement sensorielles de l'imagerie mentale »[1].

Ces trois moyens d'exploration indiquent que quand les personnes aphantasiques tentent de visualiser mentalement quelque chose, elles activent moins que les autres, voire pour certaines pas du tout, les régions visuelles primaires du cerveau (notamment le Cortex visuel primaire (ou Région V1, ou « aire 17 de Brodmann », considéré comme étant la porte d'entrée du traitement visuel dans le cerveau). Cette absence d'activation remet en question les modèles classiques de la formation d'images mentales, fondés sur la « réactivation perceptive »[1].

Un autre biais possible était qu'en outre, les aphantasistes peuvent développer des mécanismes compensatoires (Jacobs et al., 2018)[36]. Pour mieux les repérer, la mesure du temps réaction s'est montrée utile, car les stratégies alternatives alternatives à l'imagerie mentale sont souvent plus lentes[37] (fait observé dès 1988 par Wallace, qui notait que les temps de réponse dans les tâches de recherche visuelle étaient influencés par la vivacité de l'imagerie visuelle : les imageurs vifs étaient plus rapides que les mauvais imageurs). Il a été postulé que l'imagerie visuelle agit comme une « stratégie descendante » (top-down) pour améliorer la performance dans les tâches de recherche visuelle ; et des recherches antérieures avaient déjà montré que la vivacité de l'imagerie visuelle raccourcit les temps de réponse.

Un autre frein, rappelé par Monzel en 2021, a été que pour trancher dans le débat sur l'imagerie mentale, il fallait des preuves que les personnes aphantasiques n'avaient réellement pas d'imagerie visuelle interne (et que les différences de comportement observées, ne résultaient pas d'un manque d'efforts de création d'images mentales de leur part).

Les neurosciences ont apporté de premières preuves, par exemple avec Pearson (2019) qui a développé un modèle de hiérarchie inverse (modèle qui décrit l'imagerie visuelle comme le « processus neuronal inverse de la perception visuelle »)[38] : alors que les stimuli visuels captés par l'œil entrent d'abord dans le cortex visuel où ils sont interprétés et manipulés par des régions frontales (traitement de fond) ; les images mentales suivent, elles, le chemin inverse, c'est-à-dire qu'elles sont initiées par des régions frontales et créées dans le cortex visuel (traitement dit descendant ou top-down). Les premiers résultats empiriques de cette théorie sont déjà disponibles, suggérant que les aphantasiques et les non-aphantasiques diffèrent en fait dans la connectivité entre plusieurs régions préfrontales et le réseau occipital visuel (...). « Cela implique une absence réelle d'imagerie visuelle chez les aphantasiques et non un seul manque d'efforts »[11].

En outre, des indices forts d'origine au moins en partie génétique plaide aussi pour une neuroatypie (zeman et al. en 2020 ont montré que l'aphantasie se produit particulièrement souvent au sein de membres d'une même famille)[16],[11].

Dans leur première recherche sur l'aphantasie[34], Zeman et ses collègues ont étudié à l'aide de questionnaires des volontaires qui s'étaient auto-diagnostiqués à la suite de la lecture d'un article dans Discover. Bien que cet article porte sur un patient ayant perdu la capacité de créer des images mentales suite à une opération médicale[39], certaines personnes ont contacté les chercheurs parce qu'ils reconnaissaient là un phénomène qu'ils vivaient depuis la naissance. Dans cette étude[34], les chercheurs ont découvert que même si les participants avaient déclaré ne pas pouvoir créer d'images mentales, un certain nombre d'entre eux rapportent la vision involontaire d'une image mentale. Les participants ont également rapporté que l'aphantasie leur causait de la difficulté à se souvenir d'évènements passés de leur vie.

Ce dernier élément est confirmé par une autre étude[28], dirigée par Alexei Dawes et publiée en 2020, qui a conclu que les personnes aphantasistes ont non seulement une capacité plus faible à se souvenir visuellement d'évènements passés, mais aussi une très faible capacité à imaginer visuellement des évènements futurs (y compris avec d'autres détails sensoriels).

De plus, une étude publiée en 2018[40] montre que l'aphantasie est effectivement une incapacité à produire une image mentale, et non une simple incapacité à prendre conscience d'images qui seraient néanmoins produites (ce qui correspondrait à un manque de métacognition). Cette étude suggère également une cause possible à l'aphantasie. Les deux chercheurs, Rebecca Keogh et Joel Pearson, expliquent que les aphantasistes sont incapables d'activer leur cortex visuel pour créer des images mentales à cause d'un manque de connexion de rétroaction provenant du cortex frontal.

L'effet Stroop, bien connu de la psychologie expérimentale, est l'interférence cognitive qui survient lorsqu'un mot désignant une couleur est imprimé dans une encre d'une couleur différente. Une hypothèse récente et controversée serait que cette interférence serait en partie due à l'imagerie mentale : la lecture du mot déclencherait une image mentale de la couleur, qui perturberait la perception de la couleur réelle. Pour Merlin Monzel et al. (2025)[41], si cette hypothèse est vraie, les personnes atteintes d'aphantasie — incapables de générer des images mentales — ne devraient pas présenter cet effet. Or, selon une étude basée sur un large échantillon (151 aphantasiques et 110 témoins, cet effet Stroop est effectivement réduit chez les aphantasiques, mais sans disparaitre complètement. C'est une première preuve empirique que l'imagerie mentale contribue au moins en partie à l'effet Stroop (et cela montre qu'elle interférant avec la perception visuelle)[41].

En 2024, Raquel Krempel et Merlin Monzel invitent à caractériser plus largement l'aphantasie, comme « déficit de formation de l'imagerie mentale, volontaire ou non », une définition selon lui plus appropriée, car « la caractérisation de l'aphantasie en tant que déficit volitionnel est susceptible d'amener les chercheurs à donner des explications incorrectes pour l'aphantasie, et à rechercher les mécanismes erronés sous-jacents »[17].

En 2025, une thèse fait un point sur le sujet, notamment sur le profil neurocomportemental des personnes aphantasiques, et sur les impacts de ce phénomène sur la perception, la mémoire, et les fonctions cognitives et affectives.
À partir d'une méta-analyse de 11 études, l'auteur, Merlin Monzel conclue à :

  • des déficits cognitifs (l'absence d'imagerie mentale implique notamment un « manque de guidage attentionnel par l'imagerie visuelle »[11], qui affecte les tâches de recherche visuelle et les stratégies de mémorisation, notamment lorsque leur difficulté augmente), mais tempérés par des processus adaptatifs (par exemple basés sur l'analyse de traits isolés, comme la reconnaissance d'un nez dans un visage, qui ne sont pas altérés).
  • l'existence de bases neuronales pouvant expliquer les déficits de mémoire visuelle autobiographique chez les aphantasiques (liés à une activité modifiée de l'hippocampe (hypoactivé) et du cortex visuel (hyperactivé). Cette hyperactivation du cortex visuel pourrait masquer les signaux d'imagerie potentiels.
  • peu d'impacts négatifs au quotidien en générale : malgré un profil neurologique distinct, l'aphantasie n'entraîne que peu de difficultés au quotidien pour les personnes concernées. 34,7 % des patients concernés rapporte une détresse, mais qui peut aussi être causée par des variables tierces.

Ce travail s'est basé sur des études 1 et 2 des conséquences sur les performances de recherche visuelle ; une autre l'étude 3 porté sur la mémoire verbale et visuelle à court et long terme, deux autres études 4 et 5 ont ciblé la capacité de reconnaissance des visages selon la difficulté de la tâche et de l'interférence verbale. Une autre étude 6 a recherché les bases neuronales des déficits de la mémoire autobiographique dans l'aphantasie, Une étude 7 a examiné comment les processus empathiques sont aussi influencés par la capacité à créer des images mentales. Trois autres études ont cherché à classer l'aphantasie en termes de signification pathologique, de troubles de la vie quotidienne et de troubles des modalités d'imagerie mentale non visuelle (la représentation mentale de son ou de musique, de sensations tactiles ou d'odeurs.. pourraient aussi être affectées par l'aphantasie et — selon Merlin Monzel — mériteraient d'être davantage étudiées à l'avenir).

L'absence d'imagerie mentale pourrait éventuellement aussi affecter le sens de l'orientation et la réalisation d'objectifs au quotidien. Ce constat, s'il est confirmé renforce les théories selon lesquelles l'imagerie visuelle a des effets mesurables sur le comportement humain.

Notes et références

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Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Vidéographie


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