Ouistreham

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Ouistreham
Ouistreham Riva-Bella
Ouistreham
La capitainerie du port de Caen-Ouistreham.
Blason de OuistrehamOuistreham Riva-Bella
Blason
Image illustrative de l’article Ouistreham
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Intercommunalité Caen la Mer
Maire
Mandat
Romain Bail
2026-2032
Code postal 14150
Code commune 14488
Démographie
Gentilé Ouistrehamaise, Ouistrehamais
Population
municipale
9 212 hab. (2023 en évolution de +1,44 % par rapport à 2017)
Densité 926 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 16′ 45″ nord, 0° 15′ 30″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 32 m
Superficie 9,95 km2
Type Centre urbain intermédiaire
Unité urbaine Ouistreham
(ville isolée)
Aire d'attraction Caen
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Ouistreham
(bureau centralisateur)
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Ouistreham
Ouistreham Riva-Bella
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Ouistreham
Ouistreham Riva-Bella
Liens
Site web https://ouistreham-rivabella.fr/

Ouistreham [wistʁeam] est une commune française située dans le département du Calvados en région Normandie,

Elle se trouve sur le littoral de la Manche et est une commune balnéaire, avec notamment le quartier de Riva-Bella. Pour le souligner, la municipalité utilise depuis 2014 la dénomination de Ouistreham Riva-Bella, bien que sa demande de changement de nom ait été rejeté par le Conseil d'État. La station balnéaire est au débouché du port de Caen-Ouistreham sur le canal de Caen à la mer.

Sword Beach, une des plages du débarquement de juin 1944 englobait la commune de Ouistreham.

Géographie

Situation

La commune est au nord de la plaine de Caen, en rive gauche de l'embouchure de l'Orne, à l'extrémité est de la Côte de Nacre, partie centrale du littoral calvadosien de la Manche.

Par la route, l'agglomération est à 9.5 km à l'est de Douvres-la-Délivrande, à 14 km au nord-est de Caen et à 19 km à l'ouest de Cabourg[1]. Pour cette dernière, la distance orthodromique n'est que de 10 km[2].

Ouistreham se trouve dans l'aire d'attraction de Caen ainsi que dans sa zone d'emploi, et est la ville-centre de son bassin de vie[I 1].

Communes limitrophes

Ouistreham est principalement bordée à l'ouest par Colleville-Montgomery, au sud par Saint-Aubin-d'Arquenay et Bénouville, à l'est par Merville-Franceville-Plage et Sallenelles.

Géologie et relief

La superficie de la commune est de 9,95 km2 ; son altitude varie de 0 à 32 mètres[5].

La ville se trouve dans la baie de Seine, une zone géologique située de part et d'autre de l'estuaire de la Seine : sa rive nord avec Le Havre et son agglomération, et sa rive sud avec Honfleur jusqu'à Deauville.

Hydrographie

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Ouistreham[Note 2].

Ouistreham, située dans le bassin Seine-Normandie, est bordée par la baie de Seine sur la Manche.

La commune est drainée par le Dan, le canal de Caen à la Mer et un autre petit cours d'eau[6],[Carte 1].

Le Dan, d'une longueur de 20 km, prend sa source dans la commune d'Anisy et se jette dans le canal de Caen à la mer à Blainville-sur-Orne, après avoir traversé huit communes[7].

Le canal de Caen à la mer, un canal, chenal navigable d'une longueur de 14 km, prend sa source dans la commune de Caen et se jette dans l'embouchure de l'Orne sur la commune, après avoir traversé six communes[8].

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le marais de Venoix, d'une superficie totale de 3,5 ha (0 ha sur la commune)[Carte 1],[9].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[10]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[11]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[12] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[13]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[14],[15].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 658 mm, avec 11,4 jours de précipitations en janvier et 7,2 jours en juillet[10].

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sallenelles à 3 km à vol d'oiseau[16], est de 11,8 °C, l'amplitude thermique annuelle est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 735,8 mm[17],[18]. La température maximale relevée sur cette station est de 41 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −11,2 °C, atteinte le [Note 3].

Statistiques 1991-2020 et records station SALLENELLES (14) - alt : 7 m, situation : lat : 49°15'51"N, lon : 0°14'04"O (à 2,4 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
16
2.1.2022
19,5
27.2.2019
25,4
31.3.2021
28,5
21.4.2018
29,5
27.5.2005
36,9
29.6.2019
41
25.7.2019
35,9
1.8.2013
35
13.9.2016
30,1
1.10.2011
22,7
1.11.2015
17,5
30.12.2021
41
2019
Maximale moyenne 8,9 9,5 11,7 14,8 17,4 20,5 22,7 22,8 20,9 17,2 12,6 9,5 15,7
Moyenne 6 6,2 7,9 10,3 13,1 16,2 18,2 18,1 16,3 13,4 9,4 6,6 11,8
Minimale moyenne 3,2 2,9 4 5,8 8,7 11,8 13,6 13,5 11,6 9,6 6,3 3,6 7,9
Record de froid
date du record
−9,5
7.1.2009
−11,2
11.2.2012
−4,8
1.3.2005
−3,1
13.4.2021
−1
1.5.2021
4,7
7.6.2015
5,8
31.7.2015
7,2
20.8.2014
1,8
30.9.2018
−0,5
21.10.2010
−5,2
30.11.2016
−7,8
29.12.2005
−11,2
2012
Précipitations
Hauteur (mm) 63,5 54,5 51,8 46,1 57,2 57,4 45,3 67,1 48,5 79,7 81,5 83,2 735,8
≥ 1 mm (jours) 13,6 11,9 10,5 8,5 9,4 8,1 7,8 9,5 7,9 12,1 13,8 15,3 128,3
≥ 5 mm (jours) 4,8 3,8 3,5 3 4,3 3,8 2,4 4,2 2,8 5,8 5,7 6 49,9
≥ 10 mm (jours) 1,2 1,2 1,1 1,1 1,8 1,6 1,1 2,3 1,2 2,5 2,2 2,3 19,5
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
20,5
31.1.2014
21
10.2.2020
22,4
29.3.2007
34,7
24.4.2014
29
28.5.2018
37,4
25.6.2006
55,8
4.7.2006
35,2
13.8.2011
29,6
23.9.2012
38
2.10.2021
43,8
13.11.2010
25,8
4.12.2011
55,8
2006
Source : « Fiche 14665001 » [PDF], sur meteofrance.s3.sbg.io.cloud.ovh.net/data, édité le : 06/10/2026 dans l'état de la base
8,9
3,2
63,5
30 mm
60 mm
jan.
9,5
2,9
54,5
fév.
11,7
4
51,8
mars
14,8
5,8
46,1
avril
17,4
8,7
57,2
mai
20,5
11,8
57,4
juin
22,7
13,6
45,3
jui.
22,8
13,5
67,1
août
20,9
11,6
48,5
sep.
17,2
9,6
79,7
oct.
12,6
6,3
81,5
nov.
9,5
3,6
83,2
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[19], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Milieux naturels et biodiversité

Le chemin des Pèlerins dans le bois du Caprice.

Réparti sur trois communes (Colleville-Montgomery, Saint-Aubin-d'Arquenay et Ouistreham), il abrite notamment des salamandres et des espèces végétales telle que la rare Torilis des moissons (Torilis arvensis), l'Orchis maculé et l'Ophrys abeille[20]. Le bois est traversé par le chemin des Pèlerins, voie qui était empruntée par les Romains pour rejoindre leur camp à Bernières-sur-Mer[réf. nécessaire].
  • À l'est de la ville, la pointe du Siège est un éperon sableux qui dévie le cours de l'Orne à son embouchure dans la baie de Sallenelles. Une tour permet l'observation des oiseaux sédentaires et migrateurs qui nichent dans la baie. Cette diversité de milieux et d'espèces a conduit à une protection de l'espace. La partie est de la pointe du siège est sous protection du conservatoire du littoral.

Urbanisme

Vue aérienne de Ouistreham en 2012.

Typologie

Au , Ouistreham est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[21].

Elle appartient à l'unité urbaine de Ouistreham, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[22],[I 1].

La commune fait également partie de l'aire d'attraction de Caen, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[I 1]. Cette aire, qui regroupe 296 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[23],[24].

La commune, bordée par la baie de Seine, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[25]. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit[26].

Occupation des sols

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (42,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (34,7 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (28,5 %), zones humides côtières (19,9 %), terres arables (16,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (11,3 %), prairies (7,4 %), forêts (4,9 %), eaux continentales[Note 5] (3,8 %), eaux maritimes (3,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (3 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,2 %)[27].

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Habitat et logement

En 2023, le nombre total de logements dans la commune était de 4 985, alors qu'il était de 4 521 en 2017 et de 4 497 en 2012[I 2].

Parmi ces logements, 70,3 % étaient des résidences principales, 25,3 % des résidences secondaires et 4,4 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 59,4 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 39,1 % des appartements[I 3].

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Ouistreham en 2023 en comparaison avec celle du Calvados et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (25,3 %) supérieure à celle du département (17,9 %) et à celle de la France entière (9,7 %).

Le logement à Ouistreham en 2023.
Typologie Ouistreham[I 3] Calvados[I 4] France entière[I 5]
Résidences principales (en %) 70,3 75,8 82,4
Résidences secondaires et logements occasionnels (en %) 25,3 17,9 9,7
Logements vacants (en %) 4,4 6,2 7,8

Voies de communication et transports

Voies routières

On accède par la route à Ouistreham en venant de Caen par l'ancienne route nationale 814 (actuelle RD 514) et l'ancienne Route nationale 814a (actuelle RD 515) aménagée en voie rapide.

Transports urbains

Depuis son incorporation à la communauté urbaine Caen la mer, la commune est desservie par les bus du réseau Twisto :

Liaisons maritimes

Ouistreham est reliée à Caen par le canal de Caen à la mer. Le port de Caen-Ouistreham est le port de commerce de Caen. La commune est desservie, depuis 1986, par des ferries trans-Manche vers Portsmouth (Royaume-Uni). Ces ferries sont actuellement exploités par la compagnie Brittany Ferries. Ils prennent environ 1 000 000 passagers par an, et effectuent trois allers-retours quotidiens.

Le port de commerce, comme le port de plaisance (650 anneaux), sont gérés par la Chambre de commerce et d'industrie de Caen. On trouve aussi un petit port de pêche devant les écluses du canal.

Liaisons cyclables

La voie verte de Caen à Ouistreham permet de relier Caen à vélo. La commune est aussi le point de départ de la véloroute 43 jusqu'à La Rochelle.

Toponymie

Entrée de la ville.

Ouistreham est mentionnée dès 1086 sous la forme Oistreham[28] et sous les formes Oystreham, Hoistreham également en 1086[29] ; Oistreham en 1259[30] ; Oistrehannum en 1260[31] ; Ouistrehannum en 1281[31] ; Oestream et Hoistrehan vers 1300[32] ; Ostreham et Ostrehan au XIVe siècle ; Hoystrehan en 1371 ; Estrehan en 1620[33] ; Oyestreham au XVIIIe siècle (carte de Cassini)[34] et XIXe siècle[35],[36].

Elle tirerait son nom d'origine germanique d'un établissement de colons saxons[37], implantés dans la région en tant que mercenaires (autour des IVe et Ve siècles). Cependant, il n'existe aucune attestation de ce toponyme antérieurement au XIe siècle. En outre, on rencontre dans la toponymie normande de nombreux éléments anglo-saxons, langue proche du vieux saxon, qui sont à mettre en relation avec l'installation de colons venus d'Angleterre avec les Scandinaves autour du Xe siècle.

Le second élément -ham représente le vieil anglais hām « maison », « foyer », « groupe d'habitations », dont procède pour l'essentiel le vieux normand ham « village » (cf. Le Ham)[37], d'où les diminutifs hamel « hameau, foyer » et hamelet « petit hameau ».

Le premier élément Ouistre- est plus difficile à déterminer. Pour Albert Dauzat et Charles Rostaing qui se basent sur la forme du XIe siècle Oistreham, régulièrement attestée par la suite, il s'agit d'un terme vieux saxon qu'ils donnent sous la forme ooster « est »[38], mais T. F. Hoad[39] cite ōstar « est » (cf. vieux haut-allemand ōstar[40], ex. : Österreich, nom allemand de l'Autriche et le suédois öster « est »), l'évolution phonétique est analogue à celle du latin ostrea qui a donné le vieux français oistre (> huitre), attesté au XIIIe siècle et en usage jusqu'au XVIIe siècle.

Par contre, René Lepelley envisage, à la suite d'Auguste Longnon et de Louis Guinet, une étymologie par le vieil anglais westre « ouest »[41], en se basant sur la régularité des formes Estreham ou Etreham attestées pour ce lieu jusqu'au XVIIIe siècle. À cela s'ajoute un argument topographique : ouest ne peut signifier qu'« à l'ouest de l'embouchure de l'Orne ». Longnon et Guinet ont proposé le vieux saxon westar de même sens[42],[43], ce qui en ferait un toponyme plus ancien. Le vieil anglais westre « ouest » n'est pas mentionné par T. F. Hoad[44], mais le vieil anglais west semblable au vieux saxon west et Duden[44] cite le moyen haut-allemand wester issu du vieux haut-allemand westar. Auguste Longnon a rapproché Ouistreham du nom de lieu anglais Westerham (Kent, Westarham 871 - 889, Oistreham 1086). Il convient sans doute de comparer l'élément Oistre- des formes anciennes, avec Oister- trouvé dans (Maisnillus) Oisterlandi attesté en 1059, aujourd'hui le Mesnil-Sterling au Tréport (Seine-Maritime) « Le village de l'ouest ». Ouistreham est située à l'ouest de l'embouchure de l'Orne, lieu marquant.

Remarques : en théorie, [w] est passé à [v] au XIIe siècle en normand septentrional (au nord de la ligne Joret où se situe Ouistreham), la forme moderne attendue à partir du vieil anglais *Westreham devrait donc être *Vêtreham. Cependant on constate en toponymie des cas où [w] s'est amuï devant -e ou -i, d'où une possible forme hypothétique *Westarham ou *Westreham devenue Estreham, puis Étreham. Elle serait comparable aux formes anciennes véritablement attestées Wellebuoth 1070 - 1081 > Elbeuf ; Wellebot(um) 1218 > Elbeuf-sur-Andelle ou encore Wicard(i) vill(a) 1025 > Incarville, etc., où le [w] s'est amuï. Ce particularisme phonétique n'est observé par François de Beaurepaire, que dans la toponymie de la Haute-Normandie[45]. En fin de compte, ni Louis Guinet, ni René Lepelley à sa suite, n'expliquent pourquoi dès la forme primitive on trouve Oistreham au lieu du *Westerham attendu. La difficulté phonétique reste double : chute d'un W- initial précoce et insolite dans la région et passage du groupe /estre/ à /oistre/ inexpliqué, car il faut encore supposer une forme *Eistreham antérieure, qui n'a d'ailleurs guère de raison d'être et une francisation précoce *Eistre- > Oistre-, théoriquement impossible à l'époque. L'analogie avec le français moderne ouest est fortuite et va d'ailleurs à l'encontre de cette explication puisque ce mot n'est pas attesté avant le milieu du XIIe siècle, de plus, sa forme est west, avant de devenir ouest à partir de la fin du XIVe siècle. Il s'agit d'un emprunt au moyen anglais.

Depuis fin 2014, la municipalité a choisi d'utiliser le nom de Ouistreham Riva-Bella, d'après le quartier balnéaire de la commune[46].

Histoire

Antiquité

Le « camp romain » du Catillon.

Un « camp romain » (du Catillon ou du Castillon) était situé sur la rive gauche de l'Orne près de Bénouville. Il a été nivelé, il n'en reste qu'une petite partie du rempart nord-ouest[47]. En réalité, l'archéologie moderne exclut l'hypothèse qu'il s'agisse d'un camp romain, en tout cas pas du Haut Empire, les archéologues n'ayant jamais mis au jour de camp romain datant de cette période dans le Nord de la Gaule, hormis Arlaines à Ressons-le-Long (Aisne)[48], et vraisemblablement pas non plus du Bas Empire. L'expression Camp romain ou Camp de César s'applique de manière générale à des ouvrages datant de l'Âge de fer ou du Moyen Âge.

Ancien Régime

L'église Saint-Samson et la grange aux dîmes forment, dès le début du hameau de Ouistreham, le cœur de cette cité. Sa proximité avec la mer a fait que le bourg s'est développé vers la grève, au nord. Ouistreham était un village de pêcheurs et de paysans où l'activité était aussi liée au commerce maritime. Ouistreham connut l'essor de son port grâce à l'extraction et à l'exportation de la pierre de Caen et de Ranville. Il y subsiste encore quelques maisons typiques de pêcheurs.

En 1779, pour protéger l'embouchure de l'Orne des attaques anglaises, trois redoutes sont construites selon les plans de Vauban, à Ouistreham, Colleville et Merville.

Époque contemporaine

Les redoutes sont désarmées en 1816, et celle de Ouistreham a été vendue à un particulier qui la transforma en maison de maître. Des vestiges de la redoute sont encore visibles au « Petit Château de la Redoute » au 38 boulevard Boivin-Champeaux.

En 1866, une première villa est construite dans les dunes. Son propriétaire, M. Longpré, fabricant de corsets à Caen, lui donne le nom de Belle Rive. Un peintre qui avait remarqué que les couchers de soleil sur les grèves de Ouistreham ressemblaient à ceux qu'il avait eu l'occasion d'admirer en Italie, de Belle Rive en fit Riva Bella. Peu à peu les dunes et marécages disparaissent pour laisser place à des villas et le premier casino est édifié.

Au tout début du XXe siècle, la station balnéaire se développe autour de ces luxueuses villas et des infrastructures de loisirs : thalassothérapie et casino de Ouistreham.

Le , la société anonyme des Établissements Decauville Aîné ouvre à titre provisoire une voie ferrée d'intérêt local à voie étroite (60 cm) entre Ouistreham et Luc-sur-Mer. Cette ligne, prolongée en 1891–1892 jusqu'à Dives-sur-Mer et Caen, est reprise en 1894 par la Société anonyme des Chemins de fer du Calvados. Elle reste pendant longtemps la ligne la plus rentable du réseau des Chemins de fer du Calvados. Alors que les autres lignes sont fermées les unes après les autres dans les années 1930, la ligne Luc - Ouistreham - Caen est conservée. Endommagée pendant le Débarquement de Normandie, elle ferme en 1944[49].

En 1912-1913, est fondée la société balnéaire de la plage de Riva-Bella. Formée entre différents propriétaires, cette société anonyme a pour objet « l'amélioration générale et le développement de la station balnéaire de Riva-Bella, la location de la plage et des lais de mer, leur mise en valeur et exploitation directe ou indirecte ». Il est prévu dans les statuts de la société, dont la durée est fixée à cinquante ans, que Riva-Bella devienne une commune autonome ou un syndicat obligatoire[50].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Ouistreham est occupée par les troupes allemandes. À partir de 1942 la zone de la plage devient un no man's land ; 123 villas en bordure de la mer sont rasées pour faire place aux défenses du Mur de l'Atlantique : 80 ouvrages en béton et un poste d'observation d'artillerie surplombant la plage « le grand bunker » sont édifiés.

Char Shermann débarquant à Sword Beach.

Lors du Débarquement de Normandie, le , ce poste de surveillance devient un lieu stratégique et sa prise permet d'assurer l'assaut allié sur la plage de Sword Beach. Le commando no 4 franco-britannique commandé par le colonel Robert Dawson, comportant les 177 fusiliers marins français du 1er BFMC du commandant Philippe Kieffer[51] (faisant partie intégrante de la première brigade spéciale de Lord Lovat) a ensuite atteint les ponts de Bénouville (Pegasus Bridge) et Ranville et opéré ainsi la jonction avec les parachutistes de la 6e DAP (Airborne britanniques) après des combats de rues à Ouistreham.

Le , Ouistreham a accueilli la cérémonie internationale du 70e anniversaire du débarquement et de la bataille de Normandie (5 millions de téléspectateurs en France ; 1,2 milliard dans le monde). Étaient présents 1 800 vétérans, 19 chefs d'État et 8 000 invités d'honneur et Ouistrehamais en tribunes.

Politique et administration

La mairie.

Rattachements administratifs et électoraux

Rattachements administratifs

La commune se trouve dans l'arrondissement de Caen du département du Calvados et dans la région Normandie[I 1], ces deux derniers étant à la fois des circonscriptions administratives de l'État et des collectivités territoriales.

Elle faisait partie de 1801 à 1982 du canton de Douvres-la-Délivrande, année où elle devient le chef-lieu du canton d'Ouistreham[5]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.

Rattachements électoraux

Pour les élections départementales, la commune est depuis la réforme de 2014 le bureau centralisateur d'un nouveau canton d'Ouistreham[I 1] porté de 7 à 11 communes.

Pour l'élection des députés, elle fait partie de la quatrième circonscription du Calvados.

Intercommunalité

Ouistreham a intégré le [52] la communauté d'agglomération Caen la Mer, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 2002 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.

Cette communauté d'agglomération fusionne le avec les anciennes communautés de communes Entre Thue et Mue et Plaine Sud de Caen [53] pour former une communauté urbaine qui conserve la dénomination de Caen la Mer et dont Ouistreham est donc désormais membre[I 1].

Élections municipales et communautaires

Le conseil municipal est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire[54]. Depuis 2014, avec la mise en place de l'élection au suffrage direct dit « fléché » dans les communes de 1 000 habitants et plus, les électeurs de la commune désignent également leurs représentants au sein des conseils intercommunaux ou métropolitains[55]. Les bulletins de vote présentent à cet effet une double liste.

Compte tenu de la population communale, comprise entre 5 000 à 9 999 habitants[Note 6], le nombre de sièges à pourvoir lors des élections municipales de 2020 et celles de 2026 est de 29[56], y compris le maire et ses adjoints..

Élections récentes

  • Au second tour des élections municipales de 2014 dans le Calvados, la liste UMP menée par Romain Bail qui remporte la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 2 824 voix (54,51 %, 23 conseillers municipaux élus dont 2 également communautaires), devançant largement celle DVG menée par le maire sortant André Ledran, qui recueille 2 356 voix (45,48 %, 6 conseillers municipaux élus dont 1 également communautaire).
Lors de ce scrutin, 33,26 % des électeurs se sont abstenus[57].
  • Au premier tour des élections municipales de 2020 dans le Calvados, la liste LR menée par le maire sortant Romain Bail obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 2 163 voix (51,24 %, 23 conseillers municipaux élus dont 2 également communautaires), devançant très largement celles menées respectivement par :
- Raphaël Chauvois (DVG, 1 269 voix, 30,06 %, 4 conseillers municipaux élus dont 1 également communautaire) ;
- Sophie Börner (EELV, 789 voix, 18,69 %, 2 conseillers municipaux élus).
Lors de ce scrutin marqué par la pandémie de Covid-19 en France, 46,74 % des électeurs se sont abstenus[58].
  • Au premier tour des élections municipales de 2026 dans le Calvados, la liste HOR menée par le maire sortant Romain Bail obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 3 365 voix (63,74 %, 24 conseillers municipaux élus dont 2 également communautaires), devançant très largement celle DVG menée par Raphaël Chauvois, qui recueille 1 914 voix (36,26 %, 5 conseillers municipaux élus dont 1 également communautaire).
Lors de ce scrutin, 32,57 % des électeurs se sont abstenus[59].

Liste des maires

Liste des maires successifs[60],[61]
Période Identité Étiquette Qualité
1792 1797 Jacques Foucu    
1797 1809 Pierre Lair    
1809 1817 Louis Deliens    
1817 1825 Jean-François Deliens    
1825 1831 Pierre Lair    
1831 1831 François-Louis Vimard    
1831 1834 Nicolas Vasnier    
1834 1836 Jean Esnault    
1836 1848 Frédéric Cussy    
1848 1875 Victorien Debled    
1875 1888 Georges de Brémoy    
1888 1906 A. Lemarignier père    
1906 décembre 1919 A. Lemarignier fils    
décembre 1919 février 1943 Alfred Thomas   Décédé en fonction
18 février 1943 mai 1945 Charles Lefauconnier    
mai 1945 août 1946 Georges Le Corsu   Notaire
Démissionnaire pour raisons de santé
août 1946 mai 1953 Léopold Éloy   Commissaire divisionnaire honoraire de la Ville de Paris
Adjoint au maire (1945 → 1946)
Chevalier de la Légion d'honneur, officier des Palmes académiques
mai 1953 mars 1965 Charles Lefauconnier   Dirigeant d'entreprise, ancien résistant
mars 1965 novembre 1965 Alexandre Jourdan   Employé, ancien adjoint au maire
Mort en fonction
décembre 1965 mars 1971 Émile Gallon   Ancien directeur de CEG à Caen
Officier des Palmes académiques
mars 1971 mars 1977 Jean Ternisien   Scientifique, docteur en sciences
Conseiller scientifique en 1969 auprès du premier ministre Georges Pompidou
mars 1977 mars 1983 René Laclavière[62] DVD Conseiller maître à la Cour des comptes
Chargé de conférences à l'université de Caen
mars 1983 janvier 1984[63] André Ledran PS Professeur agrégé d'histoire-géographie
Conseiller général d'Ouistreham (1982 → 2015)
Élections municipales annulées par le Conseil d'État en raison de la diffusion tardive d'une lettre de soutien ministérielle
mars 1984[64],[65] avril 2014 André Ledran[66],[67] PS Professeur agrégé d'histoire-géographie
Député du Calvados (1986 → 1988)
Conseiller général d'Ouistreham (1982 → 2015)
avril 2014[68] en cours
(au 5 août 2026)
Romain Bail LR puis
HOR[69]
Professeur d'histoire-géographie chargé des sections internationales
Vice-président de Caen la Mer (2020 → )
Réélu pour le mandat 2026-2032[70] ,[71]

Jumelages

La ville est jumelée avec :

Équipements et services publics

Espaces publics

La commune est une ville fleurie (trois fleurs) au concours des villes et villages fleuris[73] et une station nautique trois étoiles[74].

Enseignement

Ouistreham dispose de trois établissements publics d'enseignement primaire, les écoles primaires Briand et Charcot, ainsi que de l'école maternelle Coty, auxquels il faut ajouter un établissement privé : l'école primaire et maternelle du Sacré-Cœur.

Un collège public se trouve dans la commmune, le collège Jean-Monnet.

Équipements culturels

Ouistreham dispose de plusieurs équipements culturels

  • l'école intercommunale de musique. L'action de l'école est soutenue par l'association Actimusique ;
  • des orchestres : un big band (OJBB) et un orchestre d'harmonie (L'Union musicale) ;
  • l'association de danse ;
  • l'Office municipal d'Action culturelle (OMAC) ;
  • deux associations de théâtre (L'AET et Les Agités) ;
  • une chorale membre d'À Cœur Joie.
  • La bibliothèque municipale

Le centre socio-culturel (ouvert en ) vise à accueillir et fédérer les activités culturelles dans la ville.

Le « cinéma Michel Cabieu » d'Ouistreham.

L'association loi de 1901 « Cinéma Michel Cabieu » gère l'unique salle de la commune depuis 1983. Cette salle d'environ 380 places est située dans un bâtiment à colombages, dans le style classique normand. Catherine Frot est marraine du cinéma ainsi que, depuis 2010, Jacques Perrin.

Équipements sportifs

Le stade Philippe-Kieffer accueille un terrain de football, une piste d'athlétisme, un gymnase conventionnel (20 × 40 m) ainsi que le dojo et le gymnase Gérard-Legoupil. Le stade Petit-Bonheur est constitué de six terrains permanents afin d'accueillir les adhérents du club de football chaque semaine. Le Cosec, comme ses frères jumeaux en France, est un gymnase construit dans les années 1970, pendant la forte période de développement des activités physiques et sportives.

Le circuit Ouistreham-Riva-Bella accueille des courses de karting.

Postes et télécommunications

Ouistreham est labellisée Ville Internet depuis 2018[75].

Population et société

Démographie

Napoléon Ier a surnommé « Bédouins » les habitants d'Ouistreham[76].

Ils sont plus habituellement appelés Ouistrehamais[77].

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[78]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[79].

En 2023, la commune comptait 9 212 habitants[Note 7], en évolution de +1,44 % par rapport à 2017 (Calvados : +2,22 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8547961 0501 1041 1621 1491 3591 1941 133
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 2211 2591 2431 2491 1961 2221 2061 1941 354
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6881 5231 5742 0132 2202 5842 7903 5274 342
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
4 7805 2236 1406 3106 7098 6799 2099 2529 381
2015 2020 2023 - - - - - -
9 1779 4389 212------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[80].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement âgée.

En 2023, le taux de personnes d'un âge inférieur à 40 ans s'élève à 30,6 %, soit en dessous de la moyenne départementale (45,3 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 64 ans est de 36,1 % la même année, alors qu'il est de 23,4 % au niveau départemental[81],[82].

En 2023, la commune comptait 4 135 hommes pour 5 077 femmes, soit un taux de 55,11 % de femmes, supérieur au taux départemental (51,94 %)[83],[84].

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :

Pyramide des âges de la commune en 2023 en pourcentage[83]
HommesClasse d’âgeFemmes
8,2
80 ou +
14,2
23,4
65-79 ans
25,6
15,8
55-64 ans
16,2
18,0
40-54 ans
16,7
11,7
25-39 ans
9,6
10,2
15-24 ans
8,0
12,7
0-14 ans
9,6
Pyramide des âges du département du Calvados en 2023 en pourcentage[84]
HommesClasse d’âgeFemmes
4,7
80 ou +
8,2
15,9
65-79 ans
17,7
12,9
55-64 ans
12,9
18,9
40-54 ans
18,1
17,1
25-39 ans
16,1
13,5
15-24 ans
12,1
17,1
0-14 ans
15

Manifestations culturelles et festivités

Tous les deux ans le centre socioculturel organise les Ouistreham Jazz Escales. Ce festival de jazz est né en 2007 et se déroule la dernière semaine de janvier ou première semaine de février. Il s'efforce de faire découvrir diverses formes de musique improvisée et de faire participer les élèves de l'école de musique et les scolaires[réf. nécessaire].

À cette occasion, la Ville a accueilli, en , Amir, Tal, Cris Cab, Imany, Julian Perretta, Souf, Sasha, Boostee et Morgan Nagoya[réf. nécessaire].

La Normandy Beach Race, est la première « Beach Race » vintage de France. Elle se déroulait tous les ans en septembre depuis 2019 et jusqu'en 2021 date à laquelle la fréquence est passée à 2 ans sur la plage de Riva-Bella avec une piste aménagée sur la sable sur 1/8 de mile, soit 200 mètres, pour des voitures et des motos d'avant 1947 qui s'élancent pour des courses deux par deux[réf. nécessaire].

Sports et loisirs

L'Association Jeunesse sportive de Ouistreham fait évoluer deux équipes de football en ligue de Basse-Normandie et une troisième équipe en division de district[85]. Le club dispose également d'une section basket-ball qui présente deux équipes masculines et deux équipes féminines dont une en Pré-Nationale[86] et d'une section handball.

La commune est labellisée Ville active et sportive depuis 2018[87].

Vie associative

On recense environ 120 associations présentes au cœur de Ouistreham, aussi bien au niveau sportif (football, basket, tir à l'arc, voile, tao yin-qi gong, yoga, danse, tennis, etc.), culturel (théâtre, cinéma, musique, chorale), défense du patrimoine, éducatif qu'au niveau de l'action sociale.

Économie

Selon l'INSEE, en 2014 :

  • Population active : 3329
  • Chômeurs : 539
  • Taux de chômage : 14,1 %
  • Revenu moyen par ménage : 21 212€ / an
  • Taux de propriétaires : 57,4 %
  • Prix moyen de l'immobilier (vente) : 2 000 € / m²
  • Prix moyen de l'immobilier (location) : 10 € / m² / mois

La commune partage le port de commerce avec Caen. Elle possède aussi en propre un port de plaisance.

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

L'église Saint-Samson du XIIe siècle.

La prospérité du bourg, dont le trafic portuaire était florissant durant la période anglo-normande, ainsi que le patronage de l'abbaye aux Dames ont contribué à l'enrichissement de ce monument.
La nef à six travées accompagnées de collatéraux est prolongée par un avant-chœur coiffé d'une grosse tour et un chœur qui se termine par une abside en hémicycle. Bien que la construction d'origine date de 1150, l'ensemble a subi des restaurations radicales à la fin du XIXe siècle, ce qui a provoqué une modification sensible de son organisation architecturale et de sa sculpture.
L'église veilla sur le bourg en remplissant au travers des siècles, outre sa vocation religieuse, plusieurs fonctions : fortifiée au XIVe siècle elle joua un rôle de défense, comme en témoignent les canons déposés sur son mur sud, et de protection car le clocher servit aussi de phare et les pilotes surveillaient la mer d'une lucarne aménagée au-dessus de l'abside.
L'intérieur de l'église conserve encore des statues et un mobilier intéressants, ainsi que deux vitraux commémorant la libération de la ville lors de la Seconde Guerre mondiale. Au sud de l'église, s'élève le monument aux morts, remarquable par la présence du marin et du fantassin, le tout surmonté d'un coq.

La grange aux dîmes.

  • La Grange aux dîmes Logo monument historique Inscrite MH (1971)[89], attenante à l'église Saint-Samson, est constituée par un ensemble de bâtiments anciens datant des Xe et XIe siècles entièrement rénovés à la fin du XXe siècle. En effet, jusqu'à la Révolution française, Ouistreham étant une baronnie appartenant l'Abbaye aux Dames (Caen), la population lui était redevable de la dîme (impôt représentant environ un dixième des récoltes et des troupeaux) qui était entreposée dans ces bâtiments. L'architecture de cette grange est similaire à celles construites en Angleterre durant la même période et montre ainsi l'importance de l'influence des échanges anglo-normands à l'époque.
On peut trouver mention de la grange aux dîmes de Ouistreham dès 1257 dans un censier commandé par l'abbesse de Caen : « Y avait une grange à dîmes. La dixmes d'Oystreham, Saint-Aubin, du Port et de Colleville appartenaient à l'abbaye. »
Cette grange, qui a été restaurée et aménagée sans perdre sa configuration originelle, est transformée en salle de réception.

Le phare d'Ouistreham vu du terre-plein de l'écluse.

  • Le phare de Ouistreham, érigé en 1905 en remplacement de l'ancien phare carré de 13 mètres de haut, est un phare de granit, cylindrique, de 38 mètres de haut, peint en rouge et blanc et doté de 171 marches. Visible à 16 milles marins, il indique aux marins la zone des dangereux rochers des Essarts grâce à un secteur rouge montrant la direction à ne pas prendre.
  • Au lieu-dit le Maresquier, on peut trouver une petite maison en pierre, rénovée, sur la berge ouest du canal de Caen à la mer, c'est l'ancienne résidence de vacances d'Aristide Briand.

L'ancienne maison de villégiature d'Aristide Briand.

Patrimoine culturel

Le musée du Mur de l'Atlantique.

Musées

Statues et monuments

  • La statue en bronze d'Aristide Briand Les Méditations, située place du Général de Gaulle, réalisée par Émile Guillaume, inaugurée par le préfet Alexandre Angeli en . Son déboulonnement et sa fonte sont envisagés sous le régime de Vichy, dans le cadre de la mobilisation des métaux non ferreux. Finalement, les autorités renoncent et la retirent de la liste des statues en bronze sacrifiées.
  • Signal, monument commémoratif du débarquement allié. Il fait partie d'une série de monuments semblables, portant le même titre, situés dans les communes où le débarquement de 1944 eut lieu. Il est financé par l'argent tiré de la vente d'épaves du Débarquement. Il est inauguré le sur un blockhaus, situé à l'emplacement où a été édifiée la gare maritime. Le monument est retiré lors de la construction de celle-ci et placé sur le rond-point de l'avenue du grand large (RD 84), à l'intersection avec le quai Jean Charcot et la rue Émile Herbline.
  • La Flamme, située au 23 boulevard Aristide Briand, réalisée en aluminium par Yvonne Guégan, inaugurée le par François Mitterrand. Elle est élevée sur une coupole de tir. Les noms des 177 Français qui ont participé au débarquement le matin du sont gravés sur le métal. Autour, dix petites stèles portent le nom des commandos morts entre Colleville-Montgomery et Ouistreham.
  • La statue en bronze de Lord Lovat, située au 23 boulevard Aristide Briand, inaugurée en .
  • La statue en granit de Philippe Kieffer, située au 23 boulevard Aristide Briand, inaugurée par sa fille Dominique en .
  • Le calvaire, route de Caen.

Casino

Le casino.

Le casino de Ouistreham (Pierre Dureuil architecte), sur le thème de la mer, est un établissement du groupe Lucien Barrière. Il dispose de 145 machines à sous, deux tables de Blackjack, une table de roulette anglaise, une table de hold'em poker de contrepartie et deux tables de boule. L'établissement comporte également la brasserie « Le Doris », le restaurant « La Croisière » et la discothèque « Le Cercle ».

Coucher de soleil sur la plage de Ouistreham

Ouistreham dans les arts et la culture

Ouistreham en littérature
Ouistreham au cinéma
Ouistreham en musique
  • Tournage du clip de Marina Kaye On my own. Tourné en intégralité à Ouistreham Riva-Bella, au Dansoir et sur la plage.
Ouistreham en peinture

Louis Valtat, Barques et voiliers à Ouistreham, vers 1930.

Personnalités liées à la commune

  • Michel Cabieu (1730-1804), milicien. Il repoussa les Anglais qui tentaient de débarquer à Ouistreham en 1762. Il fut honoré par la convention en 1790 et fut surnommé le général Cabieu. Le cinéma et une avenue portent son nom.
  • Jean-Joseph Sulpis (1826-1911), graveur d'architecture, est mort à Ouistreham le .
  • Le sculpteur Antoine Watrinelle (1828-1913) est mort dans une maison construite selon ses plans à l'embouchure de l'Orne.
  • Aristide Briand (1862-1932), homme politique, y possédait une résidence de vacances (qui existe encore, le long du canal de Caen à la mer) et un yacht (la Simounelle). Une avenue et un groupe scolaire portent son nom.
  • Jeanne Messager (1887-1971 à Ouistreham), musicienne.
  • Le stade de Ouistreham est nommé d'après le capitaine de corvette Philippe Kieffer (1899-1962), commandeur de la Légion d'honneur, Compagnon de la Libération, Croix de guerre 1939-1945 (quatre citations) et Military Cross (Royaume-Uni). Une stèle commémorative à son image fut apposée sur la plage en 1969.
  • Georges Simenon (1903-1989), écrivain, y résida et y localisa son roman Le Port des brumes.
  • L'esplanade menant à la plage et au casino porte le nom d'un des hommes du commando no 4 : le commandant Alexandre Lofi (1917-1992), Compagnon de la Libération, officier de la Légion d'honneur et commandeur dans l'ordre national du Mérite, Croix de Guerre avec 3 citations à l'ordre de l'armée et titulaire de la Military Cross (haute distinction britannique).
  • Augustin Hubert (né le à Nantes), officier de marine français mort au champ d'honneur le à Riva Bella (Ouistreham) lors du débarquement de Normandie.
  • Léon Gautier (1922-2023), membre des commandos Kieffer, débarque à Colleville-Montgomery et longe la plage pour libérer Ouistreham. Il y habite de 1992 à sa mort[93].
  • Édouard Zarifian (1941-2007), psychiatre, décédé dans la commune.

Héraldique

Blason de Ouistreham Blason
Tiercé en pal : au 1er de gueules aux trois demi-léopards d'or passant l'un sur l'autre et mouvant du flanc senestre, au 2e de gueules aux deux demi-léopards d'or passant l'un sur l'autre et mouvant du flanc dextre, au 3e d'or au lion de sable chargé d'une crosse du champ, le tout sommé d'un chef d'azur chargé d'un drakkar adextré d'une coquille et senestré d'une étoile de six rais, le tout d'argent[94].
Détails
Ce blason reprend celui de l'abbaye aux Hommes de Caen mêlant les armoiries de l'Angleterre et les armoiries de la Normandie.
Le lion de sable sur fond d'or rappelle les armes de Flandres en référence à Mathilde de Flandres — femme de Guillaume le Conquérant — qui est liée à l'abbaye caennaise (d'où la crosse sur le lion de Flandres).
Le chef de ce blason, sur le thème et la couleur de la mer, évoque le pan côtier de la bourgade.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Pour approfondir

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Bibliographie

  • Fabrice Corbin, Ouistreham en guerre, Sword Beach juin 1944, Heimdal, 2001 (ISBN 978-2840480112)
  • Rémy Desquesnes, 6 juin 1944, Sword beach Ouistreham, Ouest France, 1989, (ISBN 978-2737304163)
  • M. Giard, Ouistreham, Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1994, (ISBN 2854804775)
  • Yves Lecouturier, Ville de Ouistreham, Orep, 2004 (ISBN 2912925657)
  • Karine Le Petit, Carnets de bord Caen-Ouistreham, Un port de commerce, Crecet Basse Normandie, 2005 (ISBN 2950860192)
  • Claude Le Roy, Jean Lesage, Ouistreham - Riva-Bella à l'heure du débarquement, Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1982
  • Eugène Liot, Ouistreham, Lion et Luc-sur-Mer, G. Monfort, Paris, 1980 (BNF 34751080)
  • Jean Provot, Histoire de Ouistreham : des origines à 1939, Imprimerie Lafond, Caen, 1976 (Notice BNF n°FRBNF34691593)

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. ↑ Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
  2. ↑ Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
  3. ↑ Les records sont établis sur la période du au .
  4. ↑ La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  5. ↑ Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  6. ↑ Pour déterminer le nombre de conseillers municipaux à élire, la dernière population municipale authentifiée entrée en vigueur avant le scrutin est retenue, c'est à dire la population millésimée 2023 pour les élections de 2026.
  7. ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
  8. ↑ Ce dossier de l’Insee reprend, pour la commune, le Code Officiel Géographique, le découpage territorial, l'intercommunalité, les zonages d’études, le dossier complet de la commune, un comparateur de territoires, les données statistiques et les définitions des termes géographiques (zonages administratifs, d’étude, etc.).

Cartes

  1. 1 2 « Réseau hydrographique de Ouistreham » sur cartes.gouv.fr (consulté le 10 avril 2025).
  2. ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

Site de l'Insee

Autres sources

  1. ↑ Distances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr
  2. ↑ Selon le site Lion 1906
  3. ↑ « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée », sur geoportail.gouv.fr.
  4. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée », sur geoportail.gouv.fr.
  5. 1 2 3 Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. ↑ « Fiche communale d'Ouistreham », sur le système d’information pour la gestion des eaux souterraines (consulté le )
  7. ↑ Sandre, « Le Dan »
  8. ↑ Sandre, « Le canal de Caen à la Mer »
  9. ↑ « Le millésime 2022 de la BD TOPAGE® métropole est disponible », sur eaufrance.fr (consulté le ).
  10. 1 2 Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116,‎ (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012, lire en ligne, consulté le )
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