Formé au métier de graveur dans l'atelier de James Basire, il met au point vers 1788 un procédé de gravure en relief qu'il nomme «impression enluminée» (illuminated printing), qui réunit le texte et l'image sur une même plaque de cuivre[1]. Il publie ainsi lui-même la plus grande partie de son œuvre poétique, des Songs of Innocence (1789) aux livres dits prophétiques, Milton et Jerusalem.
Sa poésie, nourrie de la Bible, de Milton et des débats religieux et politiques de la fin du XVIIIesiècle, met en place une mythologie personnelle dont les figures, Urizen, Los, Orc ou Albion, servent à décrire les conflits de l'imagination, de la raison et du désir. Peintre et dessinateur, il travaille surtout à l'aquarelle, à la détrempe et à la gravure, et illustre notamment Edward Young, Robert Blair, Milton, le Livre de Job et la Divine Comédie de Dante.
Connu de son vivant d'un cercle restreint d'amateurs et de jeunes artistes, tenu par beaucoup de ses contemporains pour un esprit égaré, il meurt sans notoriété publique. La biographie que lui consacre Alexander Gilchrist en 1863 le fait entrer dans le patrimoine littéraire britannique, et les études du XXesiècle en font l'une des figures principales du romantisme britannique[2].
Biographie
Enfance et formation (1757-1779)
William Blake naît le 28 novembre 1757 à Londres, au 28 Broad Street, dans une famille de commerçants: son père tient une bonneterie. Il n'est pas scolarisé dans un établissement ordinaire et entre en 1768 à l'école de dessin de Henry Pars, dans le Strand[3].
En 1772, à quatorze ans, il est placé en apprentissage chez le graveur James Basire, chez qui il demeure sept ans. Basire travaille pour la Société des antiquaires et charge son apprenti de relever les monuments de l'abbaye de Westminster et d'autres édifices médiévaux, travail auquel les commentateurs rattachent le goût de Blake pour la ligne et pour les formes gothiques. En 1779, il entre aux écoles de la Royal Academy, où il rencontre John Flaxman, Thomas Stothard et George Cumberland[3].
Débuts, mariage et premiers livres enluminés (1779-1795)
Blake gagne sa vie comme graveur de reproduction pour les libraires londoniens. En 1782, il épouse Catherine Boucher, fille d'un maraîcher de Battersea, à qui il apprend à lire, à écrire et à imprimer; elle l'assiste ensuite dans la fabrication et la mise en couleurs de ses livres[3]. En 1783, un groupe d'amis fait imprimer à compte privé son premier recueil, Poetical Sketches. La mort de son frère Robert, en 1787, laisse une trace durable dans son œuvre: Blake attribue à une apparition de ce frère l'idée du procédé d'impression qu'il emploie ensuite[1].
Vers 1788, il expérimente la gravure en relief avec trois traités brefs, All Religions Are One et les deux séries de There Is No Natural Religion, puis l'applique en 1789 à la poésie avec les Songs of Innocence et The Book of Thel. Le procédé lui permet de se passer d'éditeur, d'imprimeur et de typographe, et de produire chaque exemplaire comme un objet distinct, encré et colorié à la main[1].
En avril 1789, Blake et sa femme assistent à la première conférence générale de l'Église de la Nouvelle Jérusalem, réunie à Londres autour des écrits d'Emanuel Swedenborg; c'est la seule occasion connue où Blake s'associe formellement à un groupe religieux. Ses annotations aux ouvrages de Swedenborg et The Marriage of Heaven and Hell (vers 1790-1793) marquent ensuite sa rupture avec l'institutionnalisation de la Nouvelle Église[4].
Installé à Lambeth à partir de 1790, Blake grave pour le libraire Joseph Johnson, dont le cercle réunit Mary Wollstonecraft, Joseph Priestley, Henry Fuseli et, un temps, Thomas Paine[5]. Il publie durant ces années ses livres enluminés les plus politiques, Visions of the Daughters of Albion et America: a Prophecy (1793), Europe: a Prophecy, The First Book of Urizen et les Songs of Experience (1794), puis The Song of Los, The Book of Los et The Book of Ahania (1795). Il exécute également en 1795 la série des grandes estampes en couleurs, douze planches imprimées à la détrempe et reprises à l'aquarelle.
Entre 1795 et 1797, il dessine et grave des illustrations pour les Nuits d'Edward Young. Sur plus de cinq cents aquarelles préparatoires, seules quarante-trois gravures paraissent en 1797: l'insuccès commercial interrompt la publication[3].
Felpham et le procès pour sédition (1800-1804)
En septembre 1800, Blake s'installe avec sa femme à Felpham, dans le Sussex de l'Ouest, auprès du poète William Hayley, qui lui procure des travaux de gravure, de miniature et de décoration. La relation se dégrade: Hayley, qui apprécie l'artisan plus que l'artiste, détourne Blake de ses propres travaux, et celui-ci décide de rentrer à Londres[6].
Le 12 août 1803, Blake expulse de son jardin le soldat John Scolfield, du 1errégiment de dragons cantonné à Chichester. Le militaire porte plainte et affirme sous serment que Blake a tenu des propos hostiles au roi et favorables à une invasion française. La période, marquée par la reprise de la guerre et la crainte d'un débarquement, rend l'accusation lourde de conséquences. Blake est inculpé de sédition et jugé aux assises de Chichester en janvier 1804; les témoignages contradictoires des soldats et les dépositions de ses voisins conduisent à son acquittement[6]. L'épisode laisse des traces dans Milton et Jerusalem, où plusieurs des fils d'Albion portent les noms de personnes mêlées au procès[7].
Dernières années (1804-1827)
Satan frappant Job d'ulcères, vers 1826, détrempe sur bois, Londres, Tate Britain.
Revenu à Londres, Blake entreprend Milton: a Poem et Jerusalem: The Emanation of The Giant Albion, dont les pages de titre portent la date de 1804 mais dont l'exécution s'étend sur plus de quinze ans[7].
En 1805, l'éditeur Robert Cromek lui commande des illustrations pour The Grave, poème de Robert Blair. Le projet initial prévoyait quarante dessins et vingt gravures; Cromek le réduit à une vingtaine de dessins et douze planches, puis confie la gravure à Luigi Schiavonetti, jugeant la manière de Blake trop rude pour le public visé. Le volume, paru en 1808, connaît le succès et vaut à Blake la plus large audience de son vivant, mais la brouille avec Cromek est définitive[6],[8].
En 1809, Blake organise dans la boutique familiale de Broad Street une exposition d'une quinzaine de ses œuvres, accompagnée d'un Descriptive Catalogue rédigé par lui. L'exposition ne donne lieu à aucune vente et à un seul compte rendu, hostile, de Robert Hunt dans The Examiner[7]. Blake grave la même année sa grande planche des Pèlerins de Canterbury, d'après sa propre peinture.
La rencontre du peintre John Linnell en 1818 ouvre une période plus calme. Linnell lui commande la série des Illustrations du Livre de Job, vingt-deux planches gravées entre 1823 et 1826, puis une suite d'illustrations pour la Divine Comédie de Dante, restée inachevée. Un groupe de jeunes artistes qui se nomment les Ancients(en), parmi lesquels Samuel Palmer, Edward Calvert et George Richmond, se forme autour de lui[6].
Blake meurt le 12 août 1827 à Londres. Il est inhumé au cimetière de Bunhill Fields, où sa femme Catherine, morte en 1831, est ensuite enterrée. Un monument lui est consacré au Coin des poètes de l'abbaye de Westminster.
Pratique du graveur
The Beggar's Opera, Act III, 1790, gravure d'après William Hogarth.
Blake exerce d'abord la gravure de reproduction, métier qu'il a appris chez Basire et dont il vit toute sa vie. Sa planche la plus ambitieuse dans ce registre est The Beggar's Opera, Act III, d'après une peinture de William Hogarth représentant une scène de l'opéra de John Gay. Elle mesure environ 45,5 × 58,6 cm et fut acquise par l'éditeur John Boydell[9].
Son apport propre réside dans la gravure en relief, mise au point vers 1788. Dans la gravure en taille-douce, le graveur creuse la plaque et l'encre se dépose dans les tailles; Blake procède à l'inverse: il écrit et dessine directement sur le cuivre avec un médium résistant à l'acide, puis fait mordre le métal non protégé, de sorte que le texte et l'image subsistent en relief. La plaque s'encre alors comme un bois gravé et s'imprime sous une pression modérée. Le procédé, qu'il appelle «impression enluminée» dans son prospectus de 1793, supprime la division du travail propre au livre illustré de l'époque, où gravures et texte typographique étaient produits séparément. Quinze des dix-neuf livres enluminés de Blake sont exécutés de cette manière[1].
Les tirages restent très faibles et chaque exemplaire diffère des autres par l'encre, la mise en couleurs et parfois l'ordre des planches, ce qui conduit les spécialistes à les désigner par des lettres (copy A, copy B, etc.)[1].
Les témoignages recueillis par ses premiers biographes rapportent que Blake dit avoir eu des visions dès l'enfance: Dieu à la fenêtre vers l'âge de quatre ans, un arbre peuplé d'anges à Peckham Rye vers neuf ans, des figures angéliques parmi des moissonneurs[10]. Il attribue plus tard à ces apparitions un rôle dans son travail, et sa peinture The Ghost of a Flea (1819-1820) est présentée par John Varley comme la transcription d'une de ces visions.
Sa correspondance en porte la marque. Dans une lettre à William Hayley du 6 mai 1800, il évoque son frère mort treize ans plus tôt, avec qui il dit s'entretenir quotidiennement et dont il écrit sous la dictée[11]. Dans une lettre à Thomas Butts du 25 avril 1803, il justifie son retour à Londres par la possibilité d'y poursuivre ses «études visionnaires» sans être gêné par le doute d'autrui.
Ces déclarations ont orienté sa réception. Plusieurs de ses contemporains, dont Robert Southey et Charles Lamb, hésitent entre l'éloge et le diagnostic de folie; le compte rendu des dessins pour The Grave paru dans l'Antijacobin Review en 1808 recommande ainsi la camisole à l'auteur de la dédicace[8]. La biographie de Gilchrist, en 1863, consacre une part de son argumentation à réfuter cette accusation[2]. Les travaux universitaires du XXesiècle, notamment ceux de Northrop Frye et de David V. Erdman, déplacent la discussion vers la cohérence interne du système mythologique et vers son ancrage dans les controverses religieuses et politiques de l'époque[4].
1791: Mary Wollstonecraft, Original Stories from Real Life, nouvelle édition illustrée par Blake pour Joseph Johnson, le texte ayant paru sans gravures en 1788[12].
1796: John Gabriel Stedman, Narrative of a Five Years' Expedition against the Revolted Negroes of Surinam, Londres.
Élohim créant Adam, 43 × 54 cm, Londres, Tate Britain[18];
Nabuchodonosor, 54 × 72 cm, Londres, Tate Britain[19].
Environ quatre-vingts aquarelles de sujets bibliques commandées par Thomas Butts à partir de 1799, dont Les Anges planant au-dessus du corps du Christ dans le sépulcre, vers 1805, 42 × 31 cm, Londres, Victoria and Albert Museum[20].
Satan dans sa gloire originelle, vers 1805, aquarelle, 43 × 34 cm, Londres, Tate Britain[21].
Séries d'aquarelles pour les poèmes de Milton, dont Le Paradis perdu (ensembles de 1807 et 1808).
tome 1, présentation et traduction de Pierre Leyris, 1974: Esquisses poétiques (extraits), Une île de la Lune, Chants d'innocence et d'expérience;
tome 2, présentation et traduction de Pierre Leyris, 1977: poèmes tirés de divers manuscrits, L'Évangile éternel, Les Portes du Paradis, annotations aux Aphorismes sur l'Homme de Lavater;
tome 3, traduction de Pierre Leyris, présentation de Jacques Blondel et Pierre Leyris, 1980: Deux Traités sur la religion, Tiriel, Le Livre de Thel, La Révolution française, Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, Visions des filles d'Albion, L'Amérique, Le Premier Livre d'Urizen, L'Europe, Le Chant de Los, Le Livre d'Ahania, Le Livre de Los;
tome 4, présentation et traduction de Jacques Blondel sous la direction de Pierre Leyris, 1983: Vala ou Les Quatre Vivants.
Les Chants d'Innocence (1992) et Les Chants d'Expérience (1993), traduction d'Alain Suied, Paris, Arfuyen.
Milton, suivi de Une vision du jugement dernier, édition établie et traduite par Pierre Leyris, préface de Kathleen Raine, Paris, José Corti, coll. «Domaine romantique», 1999.
Écrits prophétiques des dernières années, suivi de Lettres, traduction et préface de Pierre Leyris, Paris, José Corti, coll. «Domaine romantique», 2000.
Postérité
Fortune critique
Dans la décennie qui suit sa mort, le nom de Blake n'est plus guère connu que de collectionneurs et de quelques survivants de son entourage. La publication en 1863 de Life of William Blake, «Pictor Ignotus», commencée par Alexander Gilchrist et achevée après sa mort avec le concours de Dante Gabriel Rossetti, de William Michael Rossetti et d'Algernon Swinburne, change cette situation: l'ouvrage est largement recensé et fixe pour longtemps l'image de l'artiste[2]. Swinburne publie en 1868 le premier essai critique d'ampleur, puis W. B. Yeats et Edwin Ellis donnent en 1893 une édition des œuvres assortie d'une lecture ésotérique.
L'étude universitaire du système mythologique s'ouvre avec Fearful Symmetry de Northrop Frye (1947), relayée par les travaux de David V. Erdman sur le contexte politique (1954), le dictionnaire de S. Foster Damon (1965), puis par l'historiographie du radicalisme populaire anglais, dont Witness Against the Beast d'E. P. Thompson (1993). Le William Blake Archive, ouvert en 1996, met en ligne les reproductions collationnées des exemplaires de ses livres enluminés.
En France, la réception passe par la traduction du Mariage du Ciel et de l'Enfer par André Gide en 1922, puis par l'édition bilingue dirigée par Pierre Leyris à partir de 1974.
La formule du Mariage du Ciel et de l'Enfer selon laquelle «si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie» a donné son titre à l'essai Les Portes de la perception d'Aldous Huxley (1954), puis son nom au groupe de rock The Doors[25].
En littérature, Jacques Prévert met Blake en scène dans le poème Noces et banquets du recueil Paroles, où il cite l'un des proverbes de l'Enfer. Le roman Dragon rouge de Thomas Harris (1981) construit son personnage de tueur autour des aquarelles du Grand dragon rouge; le film homonyme de Brett Ratner (2002) et la série Hannibal reprennent ce motif. Onze citations de Blake ouvrent des chapitres du Miroir d'ambre de Philip Pullman (2000). Dans Sur les ossements des morts d'Olga Tokarczuk (2009), la narratrice traduit Blake en polonais et le cite à plusieurs reprises. L'Innocence (Burning Bright) de Tracy Chevalier (2007) prend pour cadre le voisinage de Blake à Lambeth.
Au cinéma, Dead Man de Jim Jarmusch (1995) donne à son personnage principal le nom du poète, qu'un compagnon indien prend pour l'auteur des poèmes. The Doors d'Oliver Stone (1991) fait expliquer par Jim Morrison l'origine du nom du groupe.
L'écrivain et éditeur Jean-Paul Michel a donné le nom de «William Blake & Co.» à sa maison d'édition.
Dans la culture populaire
Édition
L'écrivain, poète et éditeur Jean-Paul Michel a nommé sa maison d'édition «William Blake & Co».
Littérature
Le poème Noces et banquets de Jacques Prévert, paru dans son recueil Paroles, a pour personnage central William Blake, fait référence à son ouvrage Le Mariage du Ciel et de l'Enfer, et en cite le proverbe «C'est avec les pierres de la loi qu'on a bâti les prisons et avec les briques de la religion les bordels».
Le roman Dragon rouge de Thomas Harris fait référence à l'œuvre de William Blake, notamment son tableau Le Grand Dragon rouge et la Femme vêtue de soleil. Harris fait d’ailleurs une erreur dans le titre du tableau, en désignant The Great Red Dragon and the Woman Clothed with the Sun comme objet de l’obsession du tueur en série Francis Dolarhyde, puisqu’elle correspond plutôt à une autre œuvre de Blake, plus suggestive, The Great Red Dragon and the Woman Clothed in Sun où l’on voit nettement la queue du dragon s’enrouler autour de la femme. Le film Dragon rouge, tiré du roman de Harris, rectifie cette erreur en citant la bonne œuvre.
Un projet de «livre-réseau» a été lancé par if:book, un éditeur anglais, pour encourager la création autour de l'œuvre de William Blake, que ce soit dans la lecture, l'écriture ou le numérique[27].
Dans Sur les ossements des morts d'Olga Tokarczuk, le personnage principal, Janina Doucheyko, est fascinée par l'œuvre de William Blake et le cite plusieurs fois. Elle aide un de ses anciens élèves à le traduire de l'anglais au polonais.
Dans L'Innocence (Burning bright) de Tracy Chevalier, le roman offre une vision réaliste du poète et de sa vie à Lambeth[28].
Dans La Nuit qui ne finit pas (Endless Night) d'Agatha Christie, le personnage d'Ellie fredonne un poème de William Blake en jouant de sa guitare. Ce poème est également présent à la première page du roman. Le narrateur, Michaël Rogers, croit d'ailleurs qu'il s'agit d'une chanson.
Dans Origine de Dan Brown, figurent de multiples références à l'œuvre de William Blake; elles participent à l'intrigue du livre.
Dans L’Anomalie (prix Goncourt 2020) d'Hervé Le Tellier, le personnage de Blake tire son pseudonyme du nom de William Blake. Il est dit que ce personnage de tueur à gage a lu l’écrivain après avoir vu le film Dragon rouge (avec Anthony Hopkins), et parce qu’il en a aimé un poème («Et je bondis dans ce monde dangereux: Impuissant, nu et criard / Comme un démon caché dans un nuage»). L’auteur du roman ajoute: «Et puis Blake, black et lake, noir et lac, ça claque[29].»
Les «portes de la perception»
La formule de Blake «Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme comme elle est, infinie[30]» (Le Mariage du ciel et de l'enfer) a inspiré le choix du nom de l'essai Les Portes de la perception d'Aldous Huxley, ainsi que le nom du groupe de rock The Doors.
Bande dessinée
Dans From Hell d'Alan Moore et Eddie Campbell, le comic book rend un grand hommage à Blake avec les propos de Sir William Gull, médecin franc-maçon très réputé, lors d'une redécouverte de Londres et ses quartiers.
Dans le manga Arago, le personnage de Seth cite souvent des vers de William Blake.
Dans Wolverine: Les Origines de Paul Jenkins, Joe Quesada, Bill Jemas et Andy Kubert, le poème de Blake Le Tigre est cité, en référence au personnage de Logan.
Cinéma
Dans Le Corps de mon ennemi (1976) d'Henri Verneuil, un hommage à Blake est rendu en le citant juste avant le générique de fin: «Au matin, je vis avec joie mon ennemi gisant sous l'arbre».
Dans The Doors (1991) d'Oliver Stone, le personnage de Jim Morrison explique à Ray Manzarek qu'il a choisi «The Doors» comme nom de groupe à cause d'une citation de Blake: «Si les portes de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l'homme telle qu'elle est, infinie».
Dans Dead Man (1995), le réalisateur Jim Jarmusch rend hommage de plusieurs façons à Blake, notamment en prenant pour héros un homonyme contemporain de William Blake, incarné par l'acteur Johnny Depp («I am William Blake, don't you know my poetry?») mais aussi en faisant rencontrer celui-ci avec un indien solitaire, admirateur du poète (incarné par Gary Farmer).
Dans Studio 54 (1998) de Mark Christopher, le personnage de Steve Rubell (Mike Myers) cite au cours d'une interview télévisée la fameuse phrase de Blake (dont il déclare qu'il est «son poète préféré»): «La route de l'excès mène au palais de la sagesse».
Dans Lara Croft: Tomb Raider (2001), un de ses vers («Voir le monde dans un grain de sable») est la clef qui permet à l'héroïne Lara Croft de trouver et reconstituer le Triangle de lumière.
Dans Dragon rouge (2002) de Brett Ratner, tiré de l'œuvre du romancier Thomas Harris, de nombreuses références à l'œuvre de Blake apparaissent, dont la plus spectaculaire est le tatouage de dragon sur le dos de Francis Dolarhyde.
Dans Maria Chapdelaine (2021) de Sébastien Pilote, un vers de William Blake est confié au personnage de la mère, Laura: «Le progrès fait p'têt ben des belles routes droites, mais à l'abri du progrès les routes tortueuses sont celles du Génie» (Marriage of Heaven and Hell).
Dans la série Mentalist (saison 2, dernier épisode), le tueur en série John le Rouge cite un extrait du poème The Tyger après avoir sauvé la vie du héros Patrick Jane. Les deux premiers mots («Tyger, Tyger») de ce poème sont, par la suite, régulièrement cités au sein de la série (car constituant le mot de passe d'une organisation secrète).
Autres hommages à William Blake dans Mentalist: le directeur du California Bureau of Investigations (CBI), Gale Bertram, cite pour sa part un extrait du poème A Cradle song (saison 3, épisode 16); le personnage de Brett Partridge est nommé ainsi en référence au tableau de Blake intitulé A Brace of Partridge; le septième épisode de la sixième saison s'intitule The Great Red Dragon en allusion au tableau homonyme de Blake, et révèle par ailleurs que l'organisation dirigée par John le Rouge porte le nom de «Blake Association» en hommage à l'artiste; enfin, Patrick Jane, dans le premier épisode de la troisième saison, lit un poème de Wiliam Blake: The Divine Image (Songs of innocency and of experience).
Dans la série Revenge (saison 1, épisode 14), Emily Thorne cite Blake: «If the doors of perception were cleansed everything would appear to man as it is, infinite».
Dans la série Hannibal qui reprend les personnages créés par le romancier Thomas Harris, le tueur en série Francis Dolarhyde (Richard Armitage) se fait appeler «The Great Red Dragon».
Dans la série The Originals (saison 1, épisode 6), Klaus Mikaelson récite le poème The Poison Tree.
Dans la série The Frankenstein Chronicles, l'inspecteur Marlott croise des personnalités politiques, scientifiques et artistiques dont le poète William Blake (incarné par Steven Berkoff) et la romancière Mary Shelley. Cette dernière donne à Marlott le dernier livre non publié de Blake, The book of Prometeus.
Dans la série animée Batman, l'épisode «Le Tigre de la nuit» («Tyger, Tyger») fait référence au poème The Tyger. La première strophe du poème est également citée deux fois lors de l'épisode.
Dans la série Penny Dreadful (saison 2, épisode 2), Frankenstein récite un passage d'un poème de Blake («…voir le monde à travers un grain de sable…») à Ms Vanessa Hives.
Dans la série Peaky Blinders (saison 6, épisode 1), le personnage de Thomas Shelby(en) récite un passage d'un poème de Blake:
I was angry with my friend;
I told my wrath, my wrath did end.
I was angry with my foe:
I told it not, my wrath did grow.
—William Blake
Musique
Peter Gabriel cite William Blake dans la dernière chanson «Live and let live» de son album «I/O» sorti en décembre 2023. «… Lay the burden down William Blake wakes his sting, drawing out Martin Luther King…».
Le groupe de rock américain The Doors doit son nom à une citation célèbre de Blake, et leur chanson End of the Night cite deux vers de son poème Auguries of Innocence: «Some are born to sweet delight / Some are born to the endless night».
Le groupe français sobrement nommé {Blake}[32] est le seul groupe au monde à avoir mis en musique l'intégralité des poèmes de Songs of Innocence and of Experience. Fruit de 20 ans de travail, le groupe sort actuellement un album par an, et achèvera son intégrale en 2027, date du bicentenaire de la mort de William Blake.
Le groupe de black metal grecque Rotting Christ reprend un prologue rédigé pour une piece dramatic de King Edward the Fourth dans le titre For a Voice Like Thunder de leur album Ritual.
L'album The Westbrook Blake - Bright as fire de Mike Westbrook(en) (CD Impetus Records, 1991)
L'album Zvezda MIX du projet Musical Gestalt Orchestra comporte des poèmes de William Blake.
L'album The Chemical Wedding de Bruce Dickinson lui rend également hommage.
Le chanteur Mort Shuman cite deux vers (traduits) du poète dans la chanson Blake: «Les pierres de la loi font les murs des prisons / Les bordels sont bâtis des briques de la religion.» Cette citation sera à l'origine de la censure de cette chanson sur les radios françaises.
Pascal Dusapin compose en 1985 une pièce pour soprano et clarinette, To God, sur la séquence poétique If you have formed a circle to go into it yourself and see how you would.
Les poèmes The Lamb et The Tyger ont été mis en musique par John Tavener (compositions pour chœur a cappella)
Dans son album Elemental, Loreena McKennitt joue de la harpe sur le poème Prologue intended foe a dramatic piece of King Edward the Fourth
Le groupe Andy Blake & The Dead Men chante différents textes de William Blake. La référence au film Dead Man de Jim Jarmusch est évidente.
Cinq morceaux, sur les quinze de l'album Mothers & Tygers d'Emily Loizeau, contiennent des extraits du recueil Songs of Experience de William Blake.
L'album Songs of innocence de U2 fait référence au recueil les Chants de l'innocence et de l'expérience.
L'album «Ode to William Blake», Rock songs with words from the mind (2011). 16 poèmes mis en musique et chantés[34].
Le groupe Qntal a mis en musique le poème The Tyger sur l'album QNTAL VII (2014).
Le groupe Tangerine Dream avec l'album Tyger (1987) lui dédie un disque avec des paroles tirées de ses poèmes.
Le groupe Atomic Rooster utilise la peinture Nabuchodonosor (Nebuchadnezzar) pour illustrer la pochette de l'album Death walks behind you.
L'album Ensoulment du groupe anglais The The, publié en septembre 2024, comporte un morceau intitulé Sometimes I Drink My Coffee By The Grave Of William Blake. Matt Johnson, fondateur et leader du groupe, indique avoir «souvent bu [son] café près de la tombe de William Blake —bien que, ces jours-ci, il y ait en réalité deux pierres tombales qui lui sont dédiées dans le petit cimetière dissident où il a été enterré lorsqu'il est mort. Au cours des 40 dernières années, j'ai vécu par intermittence à proximité et j'ai toujours trouvé que c'était un endroit inspirant pour s'asseoir et méditer sur la vie»[35].
En 1998, le compositeur français Olivier Greif a écrit un ensemble de mélodies intitulé Imago mundi, op. 347, dont l'une des pièces est sur le poème Night.
Notes et références
12345(en) Joseph Viscomi, «Illuminated printing», dans Morris Eaves (dir.), The Cambridge Companion to William Blake, Cambridge University Press, , p.37-62.
123(en) Gerald Eades Bentley, William Blake: The Critical Heritage, Londres, Routledge, , p.10-12.
1234(en) Aileen Ward, «Chronology», dans Morris Eaves (dir.), The Cambridge Companion to William Blake, Cambridge University Press, , xvii-xx.
12(en) Jon Mee, «Blake's politics in history», dans Morris Eaves (dir.), The Cambridge Companion to William Blake, Cambridge University Press, , p.133-149.
↑(en) Peter Ackroyd, Blake, Londres, Sinclair-Stevenson, (ISBN1-85619-278-4), p.158.
1234(en) Aileen Ward, «William Blake and his circle», dans Morris Eaves (dir.), The Cambridge Companion to William Blake, Cambridge University Press, , p.19-36.
123(en) Robert N. Essick, «Jerusalem and Blake's final works», dans Morris Eaves (dir.), The Cambridge Companion to William Blake, Cambridge University Press, , p.251-271.
12(en) Gerald Eades Bentley, William Blake: The Critical Heritage, Londres, Routledge, , p.110-114.
Jacques Blondel, William Blake: émerveillement et profanation, Paris, Lettres modernes, coll.«Archives des lettres modernes» (no95), , 111p..
Pierre Boutang, William Blake: manichéen et visionnaire, Paris, La Différence, .
Armand Himy, William Blake, peintre et poète, Paris, Fayard, (ISBN978-2-213-63463-0).
Michael Phillipset al., William Blake, le génie visionnaire du romantisme anglais: catalogue d'exposition, Paris, Paris-Musées, , Petit Palais et Musée de la vie romantique.
François Piquet, Blake et le sacré, Didier Érudition, (OCLC490465561).
Patrick Menneteau, «L'unité de la connaissance selon la vision mystique de William Blake», dans Michel Cazenave (dir.), De la science à la philosophie. Y a-t-il une unité de la connaissance?, Paris, Albin Michel / France Culture, 2005, p.329-355(ISBN2-226-15564-3).
Kathleen Raine, «Science et imagination chez William Blake», dans Michel Cazenave (dir.), Science et conscience, les deux lectures de l'univers, Paris, Stock, 1980, p.369-388(ISBN978-2-234-01343-8).
En anglais
(en) Peter Ackroyd, Blake, Londres, Sinclair-Stevenson, (ISBN1-85619-278-4).
(en) Gerald Eades Bentley, William Blake: The Critical Heritage, Londres, Routledge, coll.«The Critical Heritage», .
(en) Jacob Bronowski, William Blake, 1757-1827: A Man Without a Mask, Londres, Secker & Warburg, .
(en) Morris Eaves (dir.), The Cambridge Companion to William Blake, Cambridge University Press, coll.«Cambridge Companions to Literature», (ISBN978-0-521-78677-5).
(en) Kathryn S. Freeman, A Guide to the Cosmology of William Blake, Routledge, .
(en) Northrop Frye, Fearful Symmetry: A Study of William Blake, Princeton University Press, .
(en) Saree Makdisi, Reading William Blake, Cambridge University Press, .
(en) Mei-Ying Sung, William Blake and the Art of Engraving, Londres, Pickering & Chatto, (ISBN978-1-85196-958-6).
(en) Edward Palmer Thompson, Witness Against the Beast: William Blake and the Moral Law, Cambridge University Press, .