Le musée se situe au bord de l'Hudson, à l'extrémité septentrionale de Manhattan. Il s'agit d'une énorme bâtisse en forme d'abbaye de style néo-romano-gothique, entourée de jardins de 1,6 hectare. Le bâtiment du musée a été conçu par l'architecte Charles Collens, sur un site d'une colline escarpée, avec des niveaux supérieurs et inférieurs. Il contient des jardins médiévaux et une série de chapelles et de galeries thématiques, notamment les salles romane, de Fuentidueña, de la Licorne, espagnole et gothique.
La conception, la disposition et l'ambiance du bâtiment sont destinées à évoquer un sens de la vie monastique européenne médiévale. Au sud, se trouve le Fort Tryon. Les collections sont présentées dans l'ordre chronologique: d'abord l'art roman puis l'art gothique et enfin le début du XVIesiècle.
Ces différents éléments architecturaux ont été incorporés à l’édifice néo-romano-gothique construit à cet effet pour les accueillir, afin de constituer un ensemble d'espaces, de salles, de galeries et de jardins qui offrent un cadre harmonieux et évocateur dans lequel les visiteurs peuvent découvrir la riche tradition de la production artistique médiévale de l'Europe.
Une grande partie des sculptures des Cloisters a été acquise par George Grey Barnard, sculpteur américain et fervent collectionneur d'art médiéval. Barnard, qui travaille en France avant la Première Guerre mondiale, achète chez des antiquaires et des particuliers des sculptures médiévales et des fragments architecturaux provenant de monastères vendus comme biens nationaux à la Révolution et démantelés par leurs propriétaires, à une époque où les Européens ont amoindri leur intérêt pour ce patrimoine et où les autorités manquent de moyens efficaces pour préserver ces biens[2]. À son retour aux États-Unis, il présente au public sa collection dans un bâtiment en briques sur Fort Washington Avenue. C’est la première installation d'art médiéval de ce genre en Amérique.
Cette collection est achetée par John D. Rockefeller Jr. en 1925 pour la somme de 100 000 $[3] et forme le noyau de la collection du musée.
John D. Rockefeller Jr. en fait don au Metropolitan Museum of Art et les nouveaux bâtiments du musée sont édifiés sur le site actuel et ouverts au public en 1938. Depuis, The Cloisters possède la plus grande collection d'art médiéval du continent américain[4]: il abrite environ 5 000 œuvres d'art et d'architecture.
En 2003, la députée française Chantal Robin-Rodrigo formule le vœu que la France réclame la restitution des œuvres qu'elle juge avoir été déplacées de façon «frauduleuse». En réponse, le ministère des Affaires étrangères rappelle que le déménagement des biens à l'époque doit au moins autant à l'action des propriétaires français qu'à celle de Barnard, et que la nature privée des biens du Metropolitan Museum of Art ne permet pas à l'État français de revendiquer leur retour en France[5].
Cette reconstitution présente des chapiteaux et des éléments sculptés provenant de plusieurs cloîtres des Pyrénées, dont une partie du cloître des Cordeliers de Tarbes. Aucune pièce ne proviendrait du cloître de l'abbaye cistercienne de Bonnefont[6]. Le jardin du cloître expose 250 espèces de plantes cultivées au Moyen Âge.
Les arcades trilobées gothiques du prieuré de Froville, du XIIIesiècle, furent achetées par George Blumenthal, un richissime banquier américain, en 1922. Elles furent ensuite démontées et installées dans sa propriété parisienne. En 1930, à la mort de son épouse Florence, ses biens partent pour New York et sont remontés au musée du cloître en guise d'exemple d'un style gothique trilobé très épuré[7].
Les chapelles
Chapelle gothique
La chapelle gothique est située au rez-de-chaussée du musée et a été construite pour présenter ses vitraux et ses grandes collections de sculptures, dont des sarcophages de gisants.
La salle romane contient trois grandes portes d'église, l'entrée principale des visiteurs jouxtant le cloître de Guilhem.
Salle du Trésor
La salle du Trésor a été ouverte en 1988 pour célébrer le 50e anniversaire du musée. Elle se compose en grande partie de petits objets de luxe acquis par le Met après avoir construit sa collection initiale et s'inspire largement des acquisitions de la collection de Joseph Brummer. La salle contient la collection du musée de manuscrits enluminés, le reliquaire en argent en forme de bras français du XIIIesiècle et un jeu de cartes à jouer du XVesiècle.
Les collections
Le musée des cloîtres abrite des collections de l'époque médiévale. La collection d'œuvres d'art du musée comprend environ cinq mille pièces. Les visiteurs peuvent admirer des objets datant du XIIeauXVesiècle. Parmi les œuvres les plus remarquables se trouvent les sept tapisseries des Flandres représentant La Chasse à la licorne exécutées entre 1495 et 1505[8] mais aussi le retable de Mérode, exécuté par Robert Campin[9].
Le crucifix de 1125–1150, d'origine autrichienne, est du type Christ triomphant. Les yeux grands ouverts, il apparaît vivant, symbole de la conviction qu'il a vaincu la mort [10].
Vitrail représentant saint Nicolas, début du XIIIesiècle.
Dans Un shérif à New York (1968) de Don Siegel, avec Clint Eastwood, on aperçoit le site en contrebas, lors de la première scène, puis lors de la rencontre finale entre Coogan et Ringerman.
↑Sara Dodge Kimbrough, Drawn from life - The story of four American artists whose friendship & work began in Paris during the 1880s, University press of Mississippi, 1976, page 143.
↑Campbell, National Gallery Catalogues (new series): The Fifteenth Century Netherlandish Paintings, p.72, Lorne Campbell, 1998 (ISBN9781857091717); voir aussi l'article de 1974 du même auteur: TSTOR..
↑François Boespflug, La Crucifixion dans l’art: Un sujet planétaire, Bayard Editions, , 559p. (ISBN978-2-227-49502-9), p.60.
↑Lucas Destrem, La France comme vous ne l'avez jamais vue, Paris, Autrement, , 130p. (ISBN9782080447586), p.107.