En , la station est rachetée par le banquier d'affaires Matthieu Pigasse et rejoint le groupe Combat, aux côtés des Inrockuptibles et du festival Rock en Seine. Au cours des années 2020, elle développe une nouvelle programmation mêlant son univers musical à des émissions orientées à gauche et l'arrivée de nouveaux animateurs, dont plusieurs sont issus de France Inter. Ce virage éditorial plus militant se traduit par un succès d'audience, mais suscite également des polémiques médiatiques et des critiques dans le débat public.
D'autre part, la station « pirate » parisienne Radio Ivre créée en propose à sa collègue « libre » de réunir leurs forces autour d'une fréquence FM commune. La station Nova-Ivre est alors créée[b].
Dès l'élection de François Mitterrand à l'élection présidentielle de , Radio Verte et Radio Ivre sont absorbées par Radio Nova, le , sous l'égide de Jean-François Bizot avec le soutien du mensuel Actuel[3]. En , elle fusionne avec Ark en Ciel FM, la radio de Bertrand Him, lors de la seconde attribution de fréquence par la CNCL[4].
À partir de , Radio Nova obtient des fréquences en France au-delà de Paris. La station fait partie du groupe Nova Press, qui édita également un mensuel, Nova Magazine et exploite un label de disque Nova Records et la station TSF Jazz (Paris 89,9 MHz). Nova Magazine a interrompu sa parution en , après dix ans d'existence. Jean-François Bizot, dans le dernier édito, explique : « Nous, soutiens de la presse et fiers de l'être, avons vécu le grignotage de la souris. Ben oui, gratuit sur le Net, gratuit dans le métro, gratuit à la radio et qui vous en voudra de sauter au-dessus du cadavre de Gutenberg ? ».
Radio Nova fête en , le 11/11/11 à 11 heures très exactement, ses 30 ans en réalisant une émission de 30 heures animée par 30 animateurs répartis sur tous les fuseaux horaires[5]. Cette même année, la station quitte le GIE des Indés Radios dont elle est membre jusqu'alors[6].
En le groupe Novapress cherche des investisseurs intéressés par Radio Nova pour ouvrir son capital. À cette date, selon son directeur Bruno Delport, le groupe est rentable, mais ne dispose pas des moyens de se développer[7]. Libération serait candidat au rachat du groupe[8], en concurrence avec le groupe NRJ, NextRadioTV, Les Inrocks, Didier Quillot et Fiducial[9]. En , Matthieu Pigasse (propriétaire des Inrocks) entre en négociation exclusive pour racheter le groupe[10], ce qu'il annonce avoir fait le à titre personnel, sans coactionnaire[11]. En , Emmanuel Hoog devient le directeur général de Nova Press, qui comprend notamment Radio Nova, succédant ainsi à Bernard Zekri[12].
Le , Radio Nova étend sa diffusion en s'associant localement avec la station associative lyonnaise RTU (Radio Trait d'Union)[13],[14], laquelle passe ainsi de la catégorie A à la catégorie C[15].
En , Radio Nova entre dans le dépôt légal de l'INA, assurant ainsi l'archivage de l'intégralité du programme diffusé à l'antenne[16].
Logo de l'émission "La dernière".
En , la radio annonce une nouvelle émission pour la rentrée intitulée La Dernière, animée par trois personnalités issues de l'ancienne émission Le Grand Dimanche soir (ex Par Jupiter!) de France Inter : Guillaume Meurice, licencié par Radio France en [18], Juliette Arnaud et Aymeric Lompret, rejoints par Pierre-Emmanuel Barré. L'émission est enregistrée en direct et en public au théâtre L'Européen. Les circonstances de la fin de l'émission de France Inter lui valent une forte couverture médiatique. Selon Guillaume Meurice, cette émission est à l'initiative de Matthieu Pigasse[19],[20],[21],[22]. L'émission connaît un très grand succès d'audience, qui contribue au redressement des audiences sur l'ensemble de la grille de la radio[23],[24].
En , Médiamétrie relève la très forte augmentation d'audience de Radio Nova, qui a multiplié par 4 en deux ans son audience avec près de 800 000 auditeurs[25].
Programmation
La radio est réputée pour sa programmation musicale différente, éclectique et à la recherche de nouveautés[26]. Au fil de son histoire, Radio Nova, en marge de la mode musicale, où passent les premiers freestyles de groupes comme Assassin ou NTM, a fait connaître de nouveaux courants musicaux : le hip-hop, la « sono mondiale » (ou world music), les musiques électroniques, etc. Aujourd'hui, elle revendique sa programmation comme un « grand mix ».
En premier lieu, Nova se spécialise dans le rock alternatif, le post-punk, la new wave, la techno et la pop anglaise. À partir de , Nova choisit de diffuser de la world music (originellement appelée « sono mondiale »). Vers , la programmation musicale change pour devenir principalement reggae, funk et accueillir les premiers rappeurs français[27]. Vers , Nova se tourne vers l'acid jazz. En , elle accompagne l'émergence des musiques électroniques, notamment la French touch. En , La programmation musicale est principalement chill-out, ambient, drum and bass.
En , la radio lance trois webradios différentes du programme national et des décrochages locaux de Bordeaux et Lyon, ces trois flux (Nova V.F, Nova la Nuit et Nova Vintage) permettant aux auditeurs d'explorer plus en profondeur l'univers musical de Nova[28]. Le , la radio lance en collaboration avec le festival Longueur d'ondes le Prix SACD - Radio Nova pour l'écriture de fictions sonores courtes[29].
Positionnement éditorial
Durant les années 2020, la station fait évoluer sa ligne éditoriale avec le développement de programmes mêlant humour et commentaires politiques. Cette orientation s’accompagne de l’arrivée de plusieurs humoristes issus de Radio France et d’un traitement plus direct de l’actualité[30],[31],[32],[33].
Selon plusieurs médias, cette évolution se traduit par un positionnement politique plus explicite à l’antenne, avec des contenus et des invités souvent décrits comme « marqués à gauche », dans un contexte où son actionnaire Matthieu Pigasse revendique un engagement médiatique contre l'extrême droite. Cette ligne éditoriale plus affirmée est diversement appréciée sur la scène médiatique : alors qu'elle est saluée par Libération et L'Humanité[30],[32], elle est également décrite comme clivante par Le Parisien, Le Point ou Franc-Tireur[23],[34],[35]. Une analyse publiée dans Marianne oppose notamment les humoristes de Radio Nova à l'esprit historique de Charlie Hebdo, estimant que la station pratiquerait une approche plus militante et politisée de l'humour[36].
Le 15 avril 2026, Libération rapporte un management « brutal, humiliant et autoritaire » au sein du groupe Combat et de Radio Nova mise en place par Wassila Meddas, directrice des marques mais également la compagne de Matthieu Pigasse[40], Selon le quotidien, plusieurs salariés estiment que « certains dossiers seraient devenus intouchables car décidés directement par l'actionnaire », créant des tensions entre une partie de la rédaction et certains animateurs. C'est le cas de Akim Omiri, dont son recrutement est, selon l'enquête, imposé directement par Matthieu Pigasse. Celle-ci rapporte des signalements internes portant sur « des blagues jugées homophobes, antisémites ou misogynes » tenues dans l'émission La Riposte[41],[42]. Interrogé sur France Culture et dans l'émission Quotidien, Pigasse met en avant le principe de liberté d'expression pour justifier ces choix éditoriaux[43],[42].
En mai, dans une chronique pour La Dernière, Pierre-Emmanuel Barré déclare qu’un éventuel cancer touchant Gabriel Attal ne lui inspirerait pas de compassion et met en scène Sophia Aram écrasée dans un accident de voiture : « C’est violent, mais elle, elle met des guillemets à un vrai génocide, alors je peux bien lui mettre une Kangoo imaginaire dans la gueule. »[44]. Cette dernière dénonce un acharnement visant à la faire taire sur l’islamisme et le conflit israélo-palestinien[45]. Caroline Fourest accuse quant à elle les humoristes de Radio Nova de multiplier les attaques personnelles contre leurs opposants idéologiques[45]. Pauline Bock dans Politis et Arrêt sur images souligne enfin que Fourest critique un biais politique chez Nova tout en étant elle-même associée à une ligne pro-Printemps républicain et pro-israélienne via son magazine Franc-Tireur, et un esprit « Charlie » à géométrie variable[46]. Bérengère Viennot écrit dans Le Point que cette séquence se distingue de l’humour noir traditionnel par l’absence de distance satirique et par une rhétorique qu’elle juge susceptible d’exposer les personnes visées à des risques réels[47]. Matthieu Pigasse défend l’indépendance de Radio Nova, présentée comme « un espace libre, parfois irrévérencieux, mais toujours vivant »[48].
La station a aussi permis à Grünt, une émission mettant en scène des freestylesrap, de voir le jour, en leur laissant utiliser leur équipement pour les enregistrements des premiers freestyles[49].
Identité visuelle
Logo de à .
Logo de à .
Logo de à .
Logo depuis .
Notes et références
Notes
↑Le , Andrew Orr, cofondateur en de Radio Nova et réalisateur de plusieurs créations radiophoniques sur cette antenne, meurt d'un cancer[2].
↑Dans le contexte du génocide à Gaza, Guillaume Meurice est licencié à la suite d'une blague comparant le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou à « une sorte de nazi, mais sans prépuce » ce qui lui vaut des accusations de propos antisémites classées sans suite. L'émission Le Grand Dimanche soir, rare émission satirique de grande écoute en France[17], est quant à elle arrêtée.