Miss.Tic

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Miss.Tic
Miss.Tic à la galerie Lelia Mordoch, à Paris, en 2012.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Radhia AounalVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Miss.TicVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Période d'activité
Père
Mohammed Aounallah (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Ginette Baudin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web
signature de Miss.Tic
Signature.

Miss.Tic est une artiste de street art française, née le à Paris où elle est morte le [1].

Elle est connue pour ses œuvres au pochoir, essentiellement sur les murs de Paris. Plasticienne et poétesse d'art urbain, elle réalise ses œuvres dans le paysage pictural et urbain à partir de [2].

Son style est caractérisé par la représentation sensuelle de femmes aux cheveux sombres, accompagnées d'aphorismes exprimés sous forme de jeux de mots qui prônent la liberté[3].

Biographie

Jeunesse

Miss.Tic est née Radhia Aounallah[a] le dans le 10e arrondissement de Paris. Fille de Mohammed Aounallah, immigré tunisien, tantôt ouvrier, tantôt fort des Halles, et de Ginette Baudin[6], normande et « paysanne éclairée »[7], elle grandit à Montmartre avant que sa famille ne s’installe, en , à la cité des Aviateurs, à Orly. En , sa mère, son frère et sa grand-mère meurent dans un accident de voiture ; les séquelles de ce drame feront d’elle une « gauchère obligée »[7]. En , son père meurt d’une crise cardiaque ; elle a seize ans.

Formation

Après ses études secondaires, elle se forme aux travaux d’arts appliqués : décor de théâtre, maquette, photogravure[8],[9]. Elle fait notamment du théâtre de rue aux côtés de la compagnie Zéro de conduite[10]. En , l'artiste part en Californie, à Los Angeles et San Francisco[11], où elle participe aux excès des milieux underground[12]. De retour en France deux ans plus tard après un dépit amoureux, elle décide d'utiliser ce sentiment comme pratique artistique[12],[10], avec le pochoir à la bombe aérosol comme technique et les murs comme support[13]. Elle emprunte son pseudonyme au personnage de sorcière railleuse Miss Tick[7] du Journal de Mickey.

Carrière

En , Miss.Tic utilise les murs des quartiers de Ménilmontant, de Montmartre, du Marais, de Montorgueil et de la Butte-aux-Cailles[14] comme lieux d’expression directe et synthétique[13] pour y raconter sa vie, ses désirs, ses ruptures sentimentales, ses travers et ses fantasmes, et joue sur les stéréotypes de la femme séductrice, notamment le fétichisme. Son œuvre suscite un questionnement, foulant aux pieds les archétypes de la « femme marchandise »[7].

Pendant des années, ses pochoirs sont perçus par les autorités comme une expression de l’insécurité : en , elle est arrêtée pour « détérioration d’un bien appartenant à autrui […] par des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain » et condamnée en par la Cour d'appel de Paris à une amende de 22 000 francs (3 350 )[13],[10],[11]. Profondément choquée et refusant d’être prise pour une délinquante, elle négocie avec les mairies, les commerçants et les habitants du 5e et du 20e arrondissement, mais également de la Butte-aux-Cailles, qui tombent d’accord pour qu’elle imprime ses pochoirs sur certains murs[10],[11]. De plus, dès les années 1990, certains artistes de rue font leur entrée dans les galeries d’art[15], les institutions se mettent peu à peu à reconnaître l'art urbain et Miss.Tic va pouvoir se défaire d’une marginalité inconfortable[13]. Elle expose dans des galeries mais reçoit également des commandes de marques qui s’intéressent à son travail et à son image de Parisienne et de sorcière ludique[13] : un loueur de véhicules utilitaires (UCAR)[16], un malletier (Louis Vuitton), un couturier (Kenzo), un maroquinier (Lamarthe)[17]Paul Personne décide également de tourner un clip entouré de ses œuvres[10].

Les expositions dans des lieux de renom se font plus fréquentes, des foires d'art contemporain l’invitent, à Venise ou à Miami. En , elle entre dans la collection du Victoria and Albert Museum de Londres[12] et le cinéaste Claude Chabrol lui commande une affiche pour son film La Fille coupée en deux[17]. En , La Poste émet lors de la Journée internationale des droits des femmes des timbres reproduisant des œuvres de Miss.Tic, inspirées de ses pochoirs[18],[19]. La même année, au cours de l'été, l'Institut français de Berlin expose pendant dix semaines, sous le titre « Bomb it », une quarantaine de ses œuvres produites les dix dernières années[20]. En , l'Agglomération de Montpellier choisit Miss.Tic pour la réalisation du design de la ligne 5 de tramway de son réseau[21], prévue en , mais le projet initial est abandonné après le changement d’équipe municipale[22] et n'est pas maintenu par la nouvelle majorité, qui l'accordera à Barthélémy Toguo[23],[24].

À l'occasion d'une exposition à Deauville en , elle propose d'apposer ses créations sur les murs de la Côte Fleurie, de Villerville à Trouville-sur-Mer[25],[26].

Mort

Miss.Tic meurt dans le 15e arrondissement de Paris le à l'âge de 66 ans des suites d'un cancer[27],[11]. Ses obsèques ont lieu salle de la Coupole au crématorium du Père-Lachaise le [28].
























Image externe
Miss.Tic photographiée par le célèbre Studio Harcourt.[29].

Hommage

  • Une allée Miss.Tic, traversant le parc des Saules, a été inaugurée le à Orly, ville où elle a vécu[30].
  • Le square Miss.Tic, anciennement square Saint-Médard, a été officiellement inauguré le au 34, rue Censier dans le 5e arrondissement de Paris[31].
  • À la vie, à l'amor, première exposition des œuvres de Miss.Tic depuis sa disparition au Palais des Papes à Avignon du au . Un parcours inédit à travers plus de 300 œuvres soigneusement sélectionnées par Antoine et Charlotte Novat, avec comme curatrice Camille Lévy-Sarfati qui a conçu cette exposition, assistée de Maxime Gurriet qui retrace près de 40 ans de la vie de Miss.Tic, entre poésie urbaine et activisme artistique[32],[33],[34].

Principales expositions personnelles

Ses principales expositions personnelles sont les suivantes[13],[35] :

  • Première exposition, librairie Épigramme, Paris
  • Fragments et Multiples, galerie Couleur, Paris
  • Miss.Tic, galerie Christophe, Paris
  • Miss.Tic, galerie Sanguine, Paris
  • Tout achever sauf le désir, EPITA, Paris
  • Je ferai les trottoirs de l'histoire de l'art, FIAP, Paris
  • L’art me ment, galerie Sacha Tarasoff, Paris
  • Je ne fais que passer, galerie La Pochade, Paris
  • Muses et Hommes, espace Paul Ricard, Paris
  • Dangereuse sous tous rapports, palais de justice, Lyon
  • Les actes gratuits ont-ils un prix ?, galerie Artazart, Paris
  • Je t’aime temps, rétrospective -, espace Envie d’art, Paris
  • Héroïne, galerie Bernard Guillon, Paris
  • Miss.Tic Erotic, galerie Artitude, Paris
  • Vain cœur vain cul, galerie Au-dessous du Volcan, Paris
  • Une Nuit avec Miss.Tic, galerie Artazart, Paris
  • Miss.Tic, galerie Papegoyen, Oslo, Norvège
  • Femme mur, Nuts Gallery, Paris
  • Miss.Tic Attak, galerie Fanny Guillon-Laffaille, Paris
  • Maudites sorcières, galerie W, Paris
  • Quand on aime, on a toujours 20 ans, galerie W, Paris
  • Parisienne, galerie Lélia Mordoch, Paris
  • Femmes capitales, mairie du 13e arrondissement, Paris
  • Miss.Tic Présidente, galerie de la Butte aux Cailles, Paris
  • Toi et Moi (avec Jean Faucheur), galerie Chappe, Paris
  • Je crois en l'éternel féminin, galerie Fanny Guillon-Laffaille, Paris
  • Je prête à rire, mais je donne à penser, galerie W, Paris
  • Go Homme, galerie Lélia Mordoch, Paris
  • Folle à délier, galerie Fanny Guillon-Laffaille, Paris
  • Parisienne, Ion Art Gallery, Singapour
  • Bomb it, Institut français, Berlin
  • Festival Art Rock, Saint-Brieuc
  • Secret d'atelier, galerie Lélia Mordoch, Paris ;
  • Miss.Tic, Institut français de Barcelone, Espagne
  • Les Uns et les Unes (suite), galerie L'Œil ouvert, Paris
  • En cartoon, elles cartonnent, galerie Brugier-Rigail, Paris
  • Flashback, galerie Lélia Mordoch, Paris[36]
  • Rétrospective, Galerie Berthéas, Vichy[37]
  • Muses et Hommes, galerie Lélia Mordoch, Paris[38]
  • Des mots cœurs, galerie Brugier-Rigail, Paris[39]
  • Bombe Textuelle, Art to Be Gallery, Lille[40]
  • Rock’n’Girls, galerie Lélia Mordoch, Paris[41]
  • Art Urbain, Le Comœdia Espace d’Art, Brest
  •  : Je suis partie pour rester, galerie Mathgoth, Paris. Rétrospective due à ses beaux-enfants — Antoine et Charlotte Novat, qui forment l’entité « Atelier Miss.Tic » — et de Mathilde et Gautier Jourdain, fondateurs de la galerie Mathgoth[42],[43].

L'ensemble de ses expositions est listée sur son site officiel[44].

Collections et commandes publiques

Foires d'art contemporain

    • Art Miami, galerie Lélia Mordoch, Miami, États-Unis
    • Palmbeach 2, galerie Leila Mordoch, Palm Beach, États-Unis
    • Venice international art fair, galerie Leila Mordoch, Venise, Italie
    • Les Élysées de l'art, galerie Lélia Mordoch, Paris, France
    • Bridge Art art fair, galerie Lélia Mordoch, Miami, États-Unis
    • Palmbeach 3, galerie Lélia Mordoch, Palm Beach, États-Unis
    • Slick Art Fair, galerie Lélia Mordoch, Paris, France
    • Les Élysées de l'art, galerie Lélia Mordoch, Paris, France
    • Slick Art Fair, galerie Lélia Mordoch, Paris, France
    • Art Miami, galerie Lélia Mordoch, Miami, États-Unis
    • Les Élysées de l'art, galerie Lélia Mordoch, Paris, France
    • 8ème avenue Art Show

Publications

Bibliographie

Monographies

  • Christophe Genin, Miss.Tic : Femme de l’être, Bruxelles, Paris, Les Impressions nouvelles, coll. « Réflexions faites », , 189 p., 25 cm (ISBN 978-2-87449-057-6) ; rééd. , 205 p. (ISBN 978-2-87449-231-0).
  • (en + fr) Camille Lévy-Sarfati (dir.), Miss.Tic : À la vie à l'amor : Art dans la ville, poétique de la révolte (-), Paris, Éditions Speciwomen / Atelier Miss.Tic, , 223 p., 23 cm (ISBN 978-2-9594669-0-8).

Citations

Articles

Vidéographie

Podcasts

Notes et références

Notes

  1. Un certain mystère a longtemps entouré son identité réelle. Connue à l'état civil sous le nom de Radhia Aounallah[4],[1], elle a également utilisé celui de Radhia de Ruiter, d'après son premier mari, et de Radhia Novat, d'après son second[5].

Références

  1. 1 2 « AOUNALLAH Radhia », extrait du fichier des personnes décédées de l'Insee, sur deces.matchid.io.
  2. Antoine Mansier, « Mort de la graffeuse Miss. Tic, pionnière du Street Art », sur Connaissance des arts, (consulté le ).
  3. Virginie Paillard, « Miss Tic : sa vie, son œuvre », sur Paris ZigZag, dernière mise à jour le (consulté le ).
  4. « Compte rendu du conseil d'arrondissement de la mairie du 10e arrondissement » [PDF], sur paris.fr, , p. 47.
  5. (en) « Miss. Tic obituary », The Times, (ISSN 0140-0460, lire en ligne, consulté le )
  6. Acte de décès officiel, Mairie de Paris.
  7. 1 2 3 4 Luc Le Vaillant, « Une femme mur » Accès payant, Libération, (consulté le ).
  8. Gérard, « Miss.Tic, poète d’art urbain à Paris », sur paris-a-nu.fr, (consulté le ).
  9. Miss.Tic 2005.
  10. 1 2 3 4 5 Dominique Le Guilledoux, « Miss-Tic, princesse du graffiti » Accès payant, Le Monde, .
  11. 1 2 3 4 « Miss Tic, princesse du graffiti, est morte à l’âge de 66 ans », Le Monde, , mis à jour le (consulté le ).
  12. 1 2 3 Véronique Cauhapé, « Miss.Tic, tatoueuse de villes », Le Monde, .
  13. 1 2 3 4 5 6 Genin 2008.
  14. Miss.Tic 2006.
  15. « L’histoire du street art et du graffiti », sur fresque-murale.com, Murall.
  16. Carole Boyer, « UCAR et Miss-Tic: un bout de chemin ensemble », sur paris-art.com.
  17. 1 2 « Biographie », sur missticinparis.com, site officiel de Miss.Tic.
  18. Pierre Jullien, « Miss.Tic 12 fois timbrée pour la Journée de la Femme », Le Monde, .
  19. RelaxNews, « Des héroïnes urbaines sur les timbres pour la Journée de la Femme », La Dépêche du Midi, .
  20. (de) « Die Pariser Sprayerin und Street-Art-Künstlerin Miss.Tic »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) (reportage et interview lors l'exposition à l'Institut français de Berlin), ttt – titel, thesen, temperamente (de), sur mediathek.daserste.de, Das Erste.
  21. Y. PO., « Montpellier : un design tout en rupture pour la ligne 5 du tramway », Midi libre, .
  22. 1 2 Anne Devailly, « Décès de la street-artist parisienne Miss.Tic. Sa présence en Occitanie (Montauban, Toulouse) », sur Artistes-Occitanie.fr, .
  23. 1 2 « Dévoilement du design de la ligne 5 de tramway à Montpellier », sur culture.gouv.fr, Ministère de la Culture, DRAC d'Occitanie, .
  24. 1 2 Fabrice Dubault, « Ligne 5 du tramway à Montpellier : la nature et l'artiste Barthélémy Toguo choisis pour décorer les rames », sur franceinfo.fr, France 3 Occitanie, .
  25. Daphné Cagnard-Budiman, « Les pochoirs de Miss Tic s’invitent à Trouville et Deauville », Ouest-France, (consulté le ).
  26. Sophie Quesnel, « Disparition de l'artiste Miss.Tic, elle laissera une empreinte indélébile sur la Côte fleurie », Le Pays d'Auge, sur actu.fr, (consulté le ).
  27. AFP, « Mort à 66 ans de Miss Tic, pionnière de l'art urbain en France », Le Figaro, (consulté le ).
  28. « Mercredi : les obsèques de l'artiste Miss. Tic », Marianne, .
  29. Garbit 2014.
  30. « Inauguration - les journées du patrimoine », Orly Notre Ville, no 473, , p. 15 et 28 (ISSN 0397-3751, lire en ligne, consulté le ).
  31. « Un square en hommage à Miss.Tic, artiste rebelle », sur paris.fr, .
  32. « Exposition Miss.Tic : À la vie, à l’amor », sur palais-des-papes.com, Avignon Tourisme (consulté le ).
  33. « Miss.Tic, pionnière parisienne du street art, investit le Palais des Papes d'Avignon » (extrait du journal de 20 h de France 2 du ), sur franceinfo.fr.
  34. Sophie Bramly, « Miss.Tic, une féministe avant #MeToo célébrée au Palais des Papes », Beaux Arts Magazine, .
  35. « Des mots cœurs », sur galerie-brugier-rigail.com, Paris, Galerie Brugier-Rigail, .
  36. « Miss Tic : Flash Back chez Lelia Murdoch Prolongation jusqu’au  », sur lapanse.com, (version du sur archive.org).
  37. Fabienne Faurie, « La plasticienne Miss-Tic à la galerie Berthéas à Vichy », La Montagne, .
  38. A.H., « Paris : Miss Tic expose ses « Muse et Hommes » dans le VIe », Le Parisien, .
  39. Shirley A., « Miss. Tic - Des mots et des cœurs », sur arts-in-the-city.com, .
  40. Marie Calosso, « Miss.Tic : L’exposition qui réinterprète les stéréotypes sur les femmes », sur cultureXchange, .
  41. Julie Denis, « Miss-Tic Rock'n'Girls », sur arts-in-the-city.com, .
  42. Emmanuelle Jardonnet, « Sélection galerie : Miss. Tic par la galerie Mathgoth » Accès payant, Le Monde, .
  43. « Miss.Tic - Je suis partie pour rester : - », galerie MathGoth.
  44. « Archives » (toutes les œuvres et expositions depuis ), sur missticinparis.com, site officiel de Miss.Tic.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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