Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (en russe : Александр Сергеевич Пушкин, [ɐlʲɪˈksandr sʲɪˈrɡʲejɪvʲɪtɕ ˈpuʂkʲɪn] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est un poète, dramaturge et romancier russe né à Moscou le 6 juin (26 mai) 1799 et mort à Saint-Pétersbourg le 10 février (29 janvier) 1837.
Issu d'une bonne famille de la noblesse russe, il présente la particularité d'avoir, du côté maternel, une ascendance africaine, étant l'arrière-petit-fils d'un esclave affranchi par Pierre le Grand, Abraham Hannibal, par la suite général dans l'armée russe.
Condamné en 1820 à l'exil intérieur (en province) par le tsar Alexandre Ier pour des écrits séditieux, il est autorisé à s'installer à Moscou en 1826 par Nicolas Ier, puis à Saint-Pétersbourg après son mariage en 1831. Durant toutes ces années, il écrit de nombreuses œuvres, mais son activité est interrompue prématurément lors d'un duel avec un Français, Georges d'Anthès, qu'il soupçonnait de vouloir séduire son épouse.
Il était considéré de son vivant comme le plus grand écrivain russe. Les circonstances dramatiques de sa disparition le transforment en véritable légende. Il bénéficie encore aujourd'hui d'une grande popularité en Russie[b].
Biographie
Origines familiales
Alexandre Pouchkine est issue d'une famille relativement aisée de la noblesse russe, férue d'art et de littérature[1], où l'on parle français[2]. À dix ans, il lit Voltaire et La Fontaine dans le texte[2].
Surdoué[4], Abraham Pétrovitch Hannibal (1696-1781) fait une belle carrière en Russie, étant notamment major-général dans l'armée russe.
Il a de nombreux enfants, dont Ossip (1744-1806), époux de Maria Alexeïevna Pouchkina, mère de Nadejda Ossipovna.
Pouchkine et son ascendance africaine
Passionné d'histoire et de généalogie, Pouchkine est fier de ce glorieux aïeul, dont il a hérité certains traits qui le distinguent de ses concitoyens: teint mat, lèvres charnues, cheveux bouclés, ce qui lui vaut d'être surnommé «le singe» par ses camarades de lycée[5].
Si lui-même se considère comme laid[6], ses contemporains soulignent que la vivacité et l'éclat de ses yeux bleu acier illuminent sa peau mate, lui donnent la séduction et le charme d'un prince oriental. Il collectionne les succès féminins, malgré une faible attirance pour les mondanités.
Portrait présumé d'Abraham Hannibal, arrière-grand-père du poète.
Sa mère, qui rejette tout d'abord son fils à cause de son apparence, notamment de sa peau mate[h].
Alexandre a longtemps souffert de son apparence, parfois jusqu'à détester l'image que lui rendent les miroirs[i].
Enfance et adolescence
Rejeté, Pouchkine se réfugie dans la lecture. Lecteur passionné, il trouve dans la bibliothèque familiale des classiques anglais (Byron, William Shakespeare, Laurence Sterne) et français (Molière, Voltaire, Évariste de Parny). Sa profonde connaissance de la culture française et son parfait bilinguisme (qu'il cultiva toute sa vie) lui valent d'ailleurs le surnom[j] de Frantsouz (Француз, «Le Français») parmi ses camarades du lycée de Tsarskoïe Selo[7]. Alexandre Pouchkine étonne aussi son entourage par son aisance à improviser, comme à réciter par cœur des vers innombrables; sa mémoire est infaillible, sa vivacité d'esprit remarquable.
Pouchkine récitant À un ami poète devant Derjavine, peinture d'Ilia Répine, 1911.
De 1811 à 1817, il fait ses études[k] au lycée impérial de Tsarskoïe Selo (ville rebaptisée Pouchkine en son honneur, en 1937), près de Saint-Pétersbourg. Commence alors l'une des plus heureuses périodes de sa vie: c'est dans cet internat qu'il noue de fidèles amitiés (Delvig, Poushine, Wilhelm Küchelbecker); c'est aussi là, dans le parc du palais impérial, qu'il dit avoir connu sa première inspiration poétique. Dès 1814, son poème À un ami poète est publié dans la revue Le Messager de l'Europe. Ces vers, déclamés lors d'un examen de passage, lui valent l'admiration du poète Gavrila Derjavine.
Suivent trois années de vie dissipée à Saint-Pétersbourg. Durant cette période, il rédige des poèmes romantiques inspirés par les littératures étrangères et russe. Il rencontre aussi de grands noms des lettres russes contemporaines, comme Nikolaï Karamzine ou Vassili Joukovski. Ses poèmes sont parfois gais et enjoués, comme Rouslan et Ludmila, mais peuvent aussi être graves, notamment lorsqu'ils critiquent l'autocratie, le servage et la cruauté des propriétaires fonciers. À cette catégorie appartiennent Ode à la Liberté, Hourrah! Il revient en Russie, et Le Village.
Bien que libéral, Pouchkine n'est pas révolutionnaire, ni même vraiment engagé politiquement, contrairement à nombre de ses amis qui participent aux mouvements réformateurs, notamment, en 1825 avec la révolte décabriste[8], survenue à la suite de la mort du tsar Alexandre Ier et de l'avènement de Nicolas Ier.
En 1819, il adhère à une société littéraire «La lampe verte», qui sera à l'origine du cercle dont sortira le mouvement décabriste. Mais en 1825, Pouchkine est en exil en province.
Exil (1820) et premières grandes œuvres
C’est dans cette petite maison du village de Mikhaïlovskoïe, que Pouchkine vécut son exil de 1824 à 1825 (cl. Ria Novosti).Pouchkine dans le Caucase
En 1820, ses poèmes étant jugés séditieux (Gavriliade), Pouchkine est condamné à l'exil par l'empereur Alexandre Ier.
Échappant de peu au bagne en Sibérie, il est d'abord envoyé à Iekaterinoslav (actuelle Dnipro, en Ukraine), où il contracte une violente fièvre. Affaibli, il obtient la permission de voyager dans le Caucase et en Crimée, en compagnie de la famille Raïevski, voyage qui le marque profondément.
Pouchkine est ensuite envoyé à Kichinev en Bessarabie (actuelle Moldavie), où il réside du à , puis part pour Odessa. Pendant cette première partie de son exil, passée dans le sud de l'empire, Pouchkine continue à mener une vie déréglée, consacrée à l'amusement: conquêtes amoureuses, fêtes et jeu. Ce mode de vie et son caractère enthousiaste, colérique et moqueur, l'amènent à plusieurs reprises à des duels, dont il sort indemne.
Condamné à un isolement presque total, le poète s'ennuie, il n'écrit et ne lit que rarement, car les seules distractions qui lui sont permises sont des promenades, des courses à cheval, des visites à ses voisines, Praskovia Ossipova et ses filles et nièces, dans leur propriété de Trigorskoïe. Mais il bénéficie aussi les histoires que lui raconte sa nourrice Arina Rodionovna, à laquelle il vouera une reconnaissance toute sa vie, lui consacrant même des vers.
À la mort d'Alexandre Ier, en , Pouchkine décide d'aller plaider sa cause à Saint-Pétersbourg, mais un pressentiment le fait renoncer. C'est ainsi qu'il évite, à la demande de ses amis voulant le protéger, de se trouver mêlé à la révolte avortée des décembristes, à laquelle participent nombre de ses amis, même s'il se sent proche des idées révolutionnaires du cercle des décembristes[5].
Ces six années d'exil sont essentielles pour l'inspiration de Pouchkine: voyage dans le Caucase et en Crimée[11], découverte de la campagne russe profonde, discussions avec divers aventuriers, contes de sa nourrice. Ce sont aussi celles des premières grandes œuvres, encore fortement marquées par l’influence romantique de Byron: Le Prisonnier du Caucase (1821) décrit les coutumes guerrières des Circassiens; La Fontaine de Bakhtchisaraï (1822) évoque l’atmosphère d'un harem en Crimée; Les Tziganes (1824) est le drame d'un Russe qui tombe amoureux d'une Tsigane; la Gabrieliade (Gavriliada, 1821), dont il devra plus tard se défendre avec acharnement d'être l'auteur - pour échapper à la Sibérie, est un poème blasphématoire qui révèle l’influence de Voltaire. Surtout, Pouchkine entame son chef-d'œuvre, Eugène Onéguine[l] (1823-1830), écrit sa grande tragédie Boris Godounov (1824-1825), et compose les «contes en vers» ironiques et réalistes.
Retour en grâce sous surveillance à Moscou (1826) et maturité
En 1826, une fois matée l'insurrection décabriste, Nicolas Ier autorise le poète à revenir à Moscou. En audience privée, il lui offre le pardon, à condition qu'il renonce aux débordements de sa jeunesse. Et, puisque le poète se plaint de la censure, l'empereur, se posant en protecteur des arts, lui propose d’être son censeur personnel. Pouchkine n’a pas le choix, il accepte pour éviter un nouvel exil.
Ainsi débute pour le poète une nouvelle phase de persécution politique. Pouchkine doit rendre compte de ses moindres déplacements aux autorités. Son activité littéraire est étroitement contrôlée. L'empereur va jusqu’à donner des conseils artistiques à son protégé: ainsi, à propos de l'oeuvre Boris Godounov, «Faites-en un roman à la Walter Scott!» Et le comble est que, simultanément, il passe pour un odieux collaborateur du despotisme aux yeux des libéraux, qui le considéraient comme l'un des leurs.
Pouchkine reprend sa vie oisive et dissolue. Il accompagne aussi l'armée russe de Ivan Paskevitch dans sa campagne militaire de 1828-1829 contre l'Empire ottoman. Cette aventure lui inspire un récit, Voyage à Erzurum, mais lui vaut aussi de nombreux démêlés avec les autorités, qu'il n'avait pas jugé bon d'informer de ses déplacements. Sur le plan littéraire, il achève Poltava (1828), poème à la gloire de Pierre le Grand.
Cependant, l'idée de se marier commence à obséder Pouchkine, persuadé que ce serait pour lui la voie du bonheur. Il jette son dévolu sur une belle jeune femme moscovite, Natalia Nikolaïevna Gontcharova.
Mariage (1831) et vie familiale à Saint-Pétersbourg
Après de nombreuses difficultés, principalement dues à la mère de la jeune fille, qui lui reproche son passé de débauché et de proscrit, Pouchkine finit par l'épouser à Moscou le . D'abord installé à Moscou sur la rue Arbat, le couple déménage très vite à Saint-Pétersbourg.
Pouchkine déploie également une intense activité de journaliste, notamment dans le cadre de la revue littéraire Le Contemporain. Celle-ci lui permet de révéler de nouveaux auteurs, comme Nicolas Gogol, dont il publie Le Nez, et à qui il fournit le sujet du Revizor et des Âmes mortes. Son prestige est énorme. Cependant, une partie du public, regrettant le ton exalté de ses premières œuvres, n'apprécie pas le style dépouillé des dernières. Politiquement, les réformateurs reprochent aussi à celui qu'ils voient comme un symbole de la cause libérale d'adopter une attitude trop servile à l'égard du pouvoir tsariste.
Cependant, si les dernières années de la vie de Pouchkine ne sont pas heureuses, c'est avant tout pour des raisons familiales. Sa famille et celle de son épouse sont une source constante d'instabilité surtout financière, qui gêne ses activités d'écrivain. Son épouse Natalia, avec qui il a eu quatre enfants[m], se révèle aussi particulièrement dispendieuse. Comme les activités de Pouchkine sont constamment contrôlées et interdites par les autorités, il n'a d'autre ressource que de solliciter l'assistance financière de l'Empereur, assortie de nouvelles contraintes et vexations.
Une fin dramatique
Conflit d'honneur avec le baron d'Anthès (1837)
Natalia, qui fréquente assidûment les festivités mondaines, y tombe sous le charme d'un officier français originaire d'Alsace, le baron Georges Charles de Heeckeren d'Anthès[12] (1812-1895).
Ce dernier se faisant de plus en plus pressant et les rumeurs de plus en plus venimeuses, Pouchkine tente une première fois de l'affronter un duel. L'affrontement est évité de justesse, d'Anthès se prétendant amoureux de la sœur de Natalia et l'épousant sur-le-champ. Mais il reprend bientôt ses manœuvres de séduction.
Des lettres anonymes proclamant Pouchkine «coadjuteur du grand maître de l'Ordre des cocus et historiographe de l'Ordre[13]», commencent à circuler. Exaspéré, le poète envoie une lettre d'insultes au père adoptif[Qui?] du baron d'Anthès, qu'il soupçonne d'encourager les entreprises de son fils.
Le 25 janvier 1837 (dans le calendrier grégorien), une nouvelle lettre anonyme apprend à Pouchkine que Natalia a eu un entretien avec d'Anthès. Le duel entre les deux hommes est inévitable[n].
Le duel fatidique (8 février 1837)
Le dernier tir de Pouchkine, par Adrian Volkov.
Pouchkine ayant refusé de retirer ces injures qui attentent à l'honneur du père adoptif et du fils, le duel semble inéluctable. Afin d'éviter tout drame familial, d'Anthès proposa à Pouchkine de se retirer, étant plus aguerri que son adversaire, ce que le poète refusa. Le témoin de d'Anthès, le vicomte Loran d'Archiac, attaché à l'ambassade de France, et le lieutenant-colonel Danzas, ami intime du poète, fixent ensemble les modalités du combat. Le soir du ( selon le calendrier julien en usage alors en Russie), les deux hommes se retrouvent face à face, près du lieu-dit de la Rivière noire, non loin de Saint-Pétersbourg, accompagnés de leurs témoins.
Plus rapide, d'Anthès tire le premier et atteint Pouchkine à la cuisse, faisant choir le poète qui en perd son pistolet. À sa demande, son témoin Danzas lui donne le sien, avec lequel Pouchkine, quoique très souffrant, tire deux balles en direction de son adversaire: la première ricoche sur un bouton d'uniforme et la seconde l'atteint au bras droit. D'Anthès riposte et touche alors le poète au ventre. Mortellement blessé, Pouchkine est ramené chez lui dans la voiture du baron Heeckeren, à l'effroi de son épouse qui s'évanouit en le voyant. Il meurt deux jours plus tard des suites de sa blessure.
Funérailles de Pouchkine
Sa femme le fait allonger dans un cercueil, en costume plutôt qu'en habit militaire[14]. Une foule immense[o] vient rendre hommage à l'écrivain dans sa chambre. Les autorités prennent des mesures pour limiter le plus possible les manifestations publiques[p]. Le service funéraire change de lieu au dernier moment: il devait avoir lieu dans la cathédrale Saint-Isaac mais n'est finalement autorisé que dans le Храм Спаса Нерукотворного Образа (temple du Sauveur de l'image miraculeuse)[15] à Saint-Pétersbourg. Le cercueil est ensuite transporté près de la propriété familiale des Pouchkine pour être enterré au monastère Sviatogorski dans le gouvernement de Pskov.
Suites judiciaires pour le baron d'Anthès
Après la mort de Pouchkine, d'Anthès est incarcéré à la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg, puis passe en jugement. Affirmant l'innocence de Nathalie Pouchkine et la pureté de ses propres sentiments, il est, compte tenu de la gravité des injures reçues, gracié par l'empereur, puis reconduit à la frontière. Sa femme, Ekaterina, qui n'a jamais douté de lui, le rejoint ensuite à Berlin.
Critique
S'il n'invente pas la langue russe moderne comme on le prétend parfois[16], c'est lui qui parachève l'action de ceux qui luttaient depuis des décennies pour imposer le russe tel qu'il était parlé, et non celui, figé, des textes administratifs (oukazes) et religieux. Le deuxième mérite de Pouchkine est d'avoir libéré la littérature russe de l'influence étrangère. Il s'inspire des grands maîtres européens mais sans se faire l’imitateur d’aucun (si ce n'est dans quelques écrits de jeunesse), contrairement à ceux qui l’avaient précédé.
Son style se caractérise par une simplicité, une précision et une élégance extrêmes.
La contradiction entre la vie mouvementée et l'œuvre harmonieuse du poète a inspiré cette considération à Henri Troyat«S'il avait écrit comme il vivait, Pouchkine eût été un poète romantique, inégal dans son inspiration. S'il avait vécu comme il écrivait, il eût été un homme pondéré, sensible et heureux. Il n'a été ni l'un ni l'autre. Il a été Pouchkine[17]».
L'œuvre de Pouchkine est moins connue à l'étranger que celle d'autres écrivains russes, comme Léon Tolstoï ou Fiodor Dostoïevski. Ceci est dû au fait qu'elle est surtout poétique. Or la poésie est difficilement traduisible, en général. Les traductions du XIXesiècle, en particulier, donnent une image particulièrement faussée de la poésie de Pouchkine. Quant à son œuvre en prose, elle est d'ampleur limitée. Par ailleurs, son style, classique, peut paraître sec[réf.nécessaire]; on l'a comparé à celui de Prosper Mérimée (l'un des auteurs qui ont contribué à faire connaître son œuvre en France). Une autre explication, fréquemment donnée par ses biographes[18], est que Pouchkine, solaire, joueur, léger, ne correspond pas à l’image typique de l’écrivain russe maudit.
Nicolas Ier: «Ici tout est calme et seule la mort de Pouchkine intéresse le public et sert de prétexte aux plus sots commérages… Dieu soit loué, il est mort en chrétien.»
Vassili Joukovski: «Notre jeune et prodigieux Pouchkine est l’espoir de notre littérature.»
Nicolas Gogol: «Avec lui, c'est la joie suprême de ma vie qui a disparu.»
Nicolas Gogol: «Je n'entreprenais rien sans son conseil… Je n'ai pas écrit une ligne sans qu'il ne fût devant mes yeux… J'ai le devoir de mener à bien le grand ouvrage qu'il m'a fait jurer d'écrire, dont la pensée est son œuvre.» (Gogol se réfère à son roman inachevé, Les Âmes mortes).
Nicolas Gogol: «La Russie sans Pouchkine — comme c'est étrange.»
Vissarion Belinski: «Ses vers étaient profondément différents quant au fond et quant à la forme d’une année sur l’autre.»
Alexandre Blok«Notre mémoire conserve depuis l'enfance un nom joyeux: Pouchkine. Ce nom, ce son, emplit de soi de nombreux jours de notre vie. Les noms lugubres des empereurs, des chefs de guerre, — les inventeurs d'armes de morts, les bourreaux et les martyrs de la vie. Et puis, à côté d'eux, ce nom léger: Pouchkine.»
Nuits égyptiennes (1835), inachevée, mis en ballet par Anton Arensky (1900)
Un Pelham russe (1835), inachevée
Voyage à Arzroum, autre traduction Voyage à Erzeroum, récit (1836)
Alexandre Radichtchev (1836)
Romans et prose
Eugène Onéguine (1823-1831), roman en vers, mis en opéra par Piotr Tchaïkovski (1879) et en ballet par John Cranko (1965) sur une musique de Tchaikovski (Les saisons) orchestrée par Karl-Heinz Stolze
Rouslan et Ludmilla, 1820, conte en vers inspiré par des contes populaires russes.
Le Visiteur de marbre et autres œuvres théâtrales, Editions Vendémiaire (ISBN2363583582), dont la traduction en français par Andrei Vieru est récompensée par le Prix Russophonie 2021
Journal
Journal secret (1836-1837), publié par Belfond en 2011, probable canular[20](ISBN978-2-7144-4858-3).
Postérité
Destin des pistolets du duel Pouchkine-d'Anthès
La paire de pistolets ayant servi au duel connaît plusieurs propriétaires successifs avant d'être vendue aux enchères et achetée par un collectionneur qui, à sa mort, lègue l'ensemble de sa collection sur les voyages et la Poste à la ville d'Amboise.
Les pistolets, avec leur mallette de voyage, sont aujourd'hui exposés au musée Hôtel Morin de cette ville.
En 1989, ils ont été prêtés par le musée pour une exposition en l'Union soviétique.
En Belgique, dans le quartier bruxellois de Laeken, une statue du poète réalisée par le sculpteur Guergui Frangoulian fut inaugurée le [24].
Statue de Pouchkine à Riga, œuvre du sculpteur russe Alexandre Taratinov, est inaugurée dans le parc Kronvald en 2009. Elle fut démontée en 2023 et restituée au musée de l'Union des artistes lettons pour y être conservée[25].
Collectif, avec les collaborations d'Olga Medvedkova, Georges Nivat, Sergueï Fomitchev, Pascale Melani, Valérie Pozner et André Markowicz, Pouchkine illustré, coéd. Somogy / Bibliothèque universitaire de Strasbourg, (ISBN978-2-7572-0360-6), 2010
↑Lors du concours Name of Russia, visant à désigner le Russe le plus populaire, il termina en quatrième place, avec plus de 516 000 voix, après Alexandre Nevski, Stolypine et Staline, mais loin devant Lénine et Pierre le Grand(ru) (www.nameofrussia.ru)
↑Initié en juillet 1814 dans la loge maçonnique Bouclier du Nord (Северного Щита).
↑Il reçut, selon son fils, une éducation française et laïque.
↑Elle était connue à la cour comme «la belle créole».
↑Selon certaines sources, Abraham Petrovitch Hannibal serait un prince camerounais, longtemps passé pour éthiopien, hypothèse revendiquée par l'intéressé et sa descendance)[3]
↑Il trouve pourtant un grand réconfort auprès de sa grand-mère Maria Alexeïevna, qui l'amène à s'accepter et sait lui faire aimer son arrière-grand-père Abraham Pétrovitch, ancêtre dont il tira toute sa vie durant une grande fierté.
↑Le poète souffrira toujours de son apparence physique; tout - fors son excellente origine, indiscutable - le différencie de ses camarades et amis: brun, des cheveux crépus (comme sa mère), petit (1,66m (5′5″) - il est plus petit que son épouse Nathalie Nikolaïevna, qui mesure 1,73m (5′8″)). L'une des raisons de son amitié indéfectible avec le poète Vassili Joukovski, dont la calme carrière s'oppose en tous points à la vie aventureuse de Pouchkine, semble avoir été cette «camaraderie» dans la différence (Joukovsky, enfant naturel, est à demi-turc, etc.).
↑Il est alors du meilleur ton dans l'aristocratie russe d'entretenir un tuteur français (voire suisse, comme David de Boudry et Frédéric-César de La Harpe, c'est-à-dire moins porté à promouvoir les idées de la Révolution française ou de Napoléon) pour l'éducation des enfants. Un gentilhomme russe parle idéalement russe avec ses domestiques et ses paysans, français avec ses amis et sa famille et parfois allemand avec certains officiers. Le français en tant que langue européenne est appris par toute l'aristocratie européenne. Le français et l'allemand sont les deux langues étrangères obligatoires dans l'enseignement secondaire jusqu'en 1917.
↑Il a notamment pour professeur de français David de Boudry, frère du conventionnel Jean-Paul Marat, homme de grande culture classique et ancien tuteur du père de sa future épouse.
↑Dans Eugène Onéguine, Pouchkine décrit un duel qui ressemble étrangement au combat singulier qui lui a coûté la vie: le paysage est hivernal, les adversaires sont un dandy et un poète jaloux…
↑Selon Henri Gourdin, le duel est probablement un assassinat commandité par le tsar. La thèse est analysée par Henri Gourdin dans l’édition 2010 de sa biographie.
↑La foule a été estimée à 50 000 personnes par August von Liebermann, ambassadeur de Prusse.
↑Elles s'appuient toutefois sur la législation en cours depuis Pierre Ier: interdiction de tout duel, sous peine de mort du ou des participant(s) survivant(s).
Références
↑Notice de Gustave Aucouturier, dans Griboïedov, Pouchkine, Lermontov. Œuvres, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1973, p.1 183.
12Présentation de La Fille du capitaine, d'Alexandre Pouchkine, éd. Jean-Claude Lattès, coll. Bibliothèque Lattès, 1990.
↑ (it)Raffaella Faggionato, L'alambicco di Lev Tolstoj. Guerra e pace e la massoneria russa, Roma, Viella, , p.28, note 15.
↑Lorraine de Meaux, «L’Orient de Pouchkine au cœur de l’imaginaire russe», Slavica Occitania, no35, , p.134 (lire en ligne)
↑Natalia Smirnova, Saint-Pétersbourg ou L'enlèvement d'Europe, Olizane, 1999, p.77 à 79
↑Préface de Louis Martinez au volume I des Œuvres complètes de Pouchkine à l'Âge d'Homme, p.22
↑Последний год жизни Пушкина, Составление, вступительные очерки и примечания В. В. Кунина, Moscou, Правда, 1988, page 595. (La Dernière Année de sa vie de Pouchkine, Compilation, essais introductifs et notes de V.Kunin, Moscou, éd. Pravda, 1988)
↑Последний год жизни Пушкина, Составление, вступительные очерки и примечания В. В. Кунина, Moscou, éd. Pravda, 1988, page 585.
Henri Gourdin, Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (Biographie), Éditions de Paris - Max Chaleil, 2010.
Corinne Pouillot, Pouchkine, le génie de l'amour, Éditions Belfond, Paris, 2005.
Conte du tsar Saltan et de la belle Princesse-Cygne. Traduit par Henri Abril. Illustrations historiques d'Ivan Bilibine. Édition conjointe BNF et Albin Michel Jeunesse, 2018.