Gaston Lavy, Versailles — Gare des matelots dans Un de la territoriale, 1920
Nous voici installés dans les cantonnements que la onzième Compagnie vient de quitter, le premier peloton loge dans une jolie villa située en face la route qui conduit à la gare, le second dont je fais partie, a pour local un grand hangar de l’autre côté de la route dans les bâtiments du Génie nommés « La Faisanderie ». Comme à St-Cyr notre literie se compose d’une botte de paille pour deux, les débuts sur ce couchage primitif furent bien durs mais, les côtelettes sont faites maintenant au manque d’élasticité de cette mince couche de paille et nous y dormons très bien. Notre rôle consiste à assurer le service de garde à la gare des matelots et au parc du Génie des Mortemets voisin de la gare ; de plus, nous fournissons journellement une corvée pour aider aux embarquements. Le reste du temps est occupé en exercices et petites manœuvres plutôt ridicules sous la conduite de notre Capitaine qui affectionne les formations défensives contre la cavalerie « Cavalerie à droite, Cavalerie à gauche, cavalerie en avant ! »

