Florence Monique Yvonne Arthaud naît dans la famille des éditeurs grenoblois Arthaud. Elle est la cadette des trois enfants de l'éditeur Jacques Arthaud (1932-2014), renommé durant les années 1960 et 1970 grâce à la publication d'ouvrages d'art et de récits de grands explorateurs et navigateurs tels Bernard Moitessier (1925-1994) et Éric Tabarly (1931-1998)[3],[4].
Elle apprend très jeune à naviguer au club de voile d’Antibes, avec son frère aîné, Jean-Marie, né en 1955, et le benjamin, Hubert, né en 1961. En 1974, à dix-sept ans, elle réussit le baccalauréat et se prépare à devenir médecin. Cependant, elle est victime d'un grave accident de voiture qui la plonge quelque temps dans le coma et lui vaut un pronostic de séquelles à vie, dont une paralysie partielle. Elle reste six mois à l’hôpital de Garches, et contre toute attente, après deux ans, elle se rétablit complètement[5],[6], avec l'aide du père jésuiteMichel Jaouen[7].
Pendant sa convalescence, elle effectue sa première traversée de l'Atlantique à dix-huit ans avec le navigateur et écrivain Jean-Claude Parisis[8],[9], premier amour de sa vie, rencontré en 1976 aux États-Unis.
En 1986, lors de la troisième édition de la Route du Rhum, elle se déroute pour porter assistance à Loïc Caradec. Elle retrouve le catamaran Royale retourné mais sans trace du marin[3],[10].
Le promoteur immobilier Christian Garrel finance la construction de son trimaranPierre 1er[11],[12]. En août 1990, elle s'attaque au record de la traversée de l'Atlantique Nord à la voile en solitaire d'ouest en est de New York au cap Lizard en Angleterre, détenu par Bruno Peyron. En 9 jours, 21 heures et 42 minutes, elle améliore la performance de près de deux jours[5]. En novembre de la même année, elle remporte la Route du Rhum, rejoignant Pointe-à-Pitre après 14 jours, 10 heures et 10 minutes[3],[13]. Elle est la première femme à gagner cette course[14]. Elle ne parvient toutefois pas à faire construire un nouveau maxi-trimaran pour se lancer dans le défi du trophée Jules Verne, en raison de la crise immobilière dont souffre son sponsor[12],[9].
En 2001, une tragédie la frappe très durement : sur le bateau familial, son frère aîné se suicide d'un coup de revolver dans une calanque que fréquentait la famille.
En 2002, elle se met en tête de battre le record du tour du monde en solitaire et tente de rassembler des fonds pour racheter le trimaranSport-Elec, sur lequel a couru Olivier de Kersauson[16].
En 2010, pour le vingtième anniversaire de sa victoire, elle ne réussit pas à trouver de sponsor : « J'étais un peu dégoûtée. Ils avaient rouvert la course aux grands voiliers. C'était le 20e anniversaire de ma victoire et j'avais l'intention d'y participer sur un immense trimaran, Oman (30 m). Mais je n'ai pas réussi à avoir ce bateau, ils ont préféré le donner à un homme (Sidney Gavignet, qui a abandonné sur avarie). Ça m'a définitivement dégoûtée et je me suis dit "bon, j'arrête !"[17]. »
Le , elle tombe de son bateau en pleine nuit au large du cap Corse. Disposant d'une lampe frontale et d'un téléphone portable étanche, Florence Arthaud parvient à appeler sa mère qui prévient son frère. Le CROSSMED est alors alerté, et trois heures vingt minutes après son appel de détresse, elle est récupérée par le biais de la géolocalisation de son téléphone portable. Consciente mais en état d'hypothermie, elle est hélitreuillée vers l'hôpital de Bastia et en sort le lendemain[9],[3].
Vie privée
Florence Arthaud épouse en premières noces Loïc Lingois[18], un navigateur professionnel né en 1966, avec lequel elle s'installe à Marseille. En 1993, elle met au monde leur fille, Marie[18].
En 2005, elle se remarie à Porquerolles avec Éric Charpentier, marin lui aussi et ami de longue date, mais l'union ne dure pas non plus[18]. De 2009 à 2015, elle a une relation avec la réalisatrice et productrice Kaya Lokay[19].
Dans son autobiographie, publiée en 2009, Arthaud ne cache rien des jours difficiles, de l'alcool qui lui coûte son permis de conduire en 2010, de la défection des sponsors qui anéantit tous ses projets[21]. Elle trouve du réconfort auprès de l'association La roue tourne, qui vient en aide aux célébrités dans le besoin ou qui ont des difficultés.
Selon ses dernières volontés, Florence Arthaud est incinérée et ses cendres déposées sur l'île Sainte-Marguerite, en face de Cannes[22], une cérémonie en mer a eu lieu également[23].
Autres activités
En 1989, elle participe à l'album Quelque part… c'est toujours ailleurs de Pierre Bachelet. Cette chanson débute par : « Ce soir-là je me promenais Avenue de l’Océan… » Pierre Bachelet fait là référence au fait que les parents de Florence possédaient une belle villa au 8, Avenue de l’Océan à Pornichet qui en 1989 a été vendue à un entrepreneur du transport. Elle y interprète trois chansons en duo avec le chanteur : Flo (qu'ils chantent ensemble sur la scène de l'émission de Michel DruckerStars 90), Typhon (qui est une nouvelle version d'un titre chanté par Bachelet en 1982[24]) et Quelque part… c'est toujours ailleurs). Les paroles décrivent la relation de Florence Arthaud avec la mer[3].
Son autobiographie, Un vent de liberté, préfacée par Olivier de Kersauson[25], paraît en 2009[26]. Avant sa mort, Florence Arthaud travaille sur un projet de course réservée aux femmes, dont la première édition doit se dérouler en Méditerranée durant l'été 2015[9].
L'année qui précède sa disparition, elle travaille avec l'écrivain et dramaturge Jean-Louis Bachelet à l'écriture de nouveaux mémoires. Le livre Cette nuit, la mer est noire, paraît le 19 mars 2015, soit dix jours après sa mort, aux éditions Arthaud[27].
Petit Hérisson rêve de la mer, illustrations Gwendal Blondelle, photographies de Caroline et Rémy Gauvin, Forcalquier, éditions Le Sablier, collection Les p'tits champions de l'environnement, 2015, 44 pages, (ISBN978-2-84390-333-5).
↑Dans l'album Les Corons en 1982, Pierre Bachelet chante cette chanson comme s'il était un marin. Dans la version de 1989, Florence Arthaud est prise dans le typhon, Pierre Bachelet fait la voix de son ancien amour.
↑Marianne Payot, « Mort de Florence Arthaud: la parution de son livre "Ce soir la mer est noire", avancée », L'Express, (lire en ligne, consulté le ).
↑(en) « TWOSTAR 1981 », sur Royal Western Yacht Club of England (consulté le )
↑Neptune nautisme, « Florence Arthaud et Miss Dubonnet », juin 1980.
↑ Florence Arthaud, Fiancée de l'Atlantique, Rueil-Malmaison, Pen Duick, 1981, p. 86 : « Nous sommes dixièmes, troisièmes dans notre classe et premier équipage féminin. »